' jet ^0^ > **~ * ^ %Ww: \ l : ANNALES DFS SCIENCES NATURELLES TOME VIII. IMPRIME CHEZ PAUL RENOUARD, »PK 6ARANCIÈRE, N. 5, ANNALES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT la zoologie, la botanique, l'anatomie et la physiologie comparées des deux règnes, ET L'HISTOIRE DES CORPS ORGANISÉS FOSSILES: REDIGEES POUR LA ZOOLOGIE PAR MM. AUDOUIN ET MILNE EDWARDS , ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. BRONGNIART ET GUILLEM1N âmmfre Ôirie. TOME HUITIÈME. — BOTANIQUE. PARIS. CROCHARD&O, LIBRAIRES-ÉDITEURS PLACE DE LECOLE-DE-MÉDECINE , B. l3. 1837. 4 v^-' j* *w£ v îX ANNALES SCIENCES NATURELLES. PARTIE BOTANIQUE Notice sur quelques plantes cryptogames nouvellement décou* pertes en France , Par J. B. H. J. Desmàzières; BOTRYTIS EFFUSA. Pi. I , fig. I . (Grév. FI. Ed. p. 468.— Berk. Brit. fungi, p. 343.) Thallo effuso , griseo-purpureo pallido ; floccis hyalinis , den- sissimèintricatis, ramoso-dichotomis, apice furcatis, acutissimis; sporulis raagnis , oviformibus, griseo-fulvis. Nob. Hab. hypogenum in foliis vivis variarum plantarum, in Gai- liâ. (v.v.) Mucor spinacea , Sow. in Herb. Quoique cette espèce n'ait pas encore fignré dans les flores de France, on la trouve assez communément, en automne et au printemps, dans les départemens du nord et imême dans celui de Puy-de-Dôme, d'où elle nous a été adressée pour en savoir le nom. Au premier coup-d'œil, on la prendrait pour un 6 j. b. DESMAziÈRES, — Cryptogames nouvelles. Erineum formant des taches d'un gris pâle , légèrement pour- pré et de cinq à huit lignes d'étendue ; mais au microscope on découvre que son organisation la rattache aux Botrytis , genre dans lequel l'ont placée judicieusement les auteurs anglais. Ses sporules qui n'ont pas moins de un cinquantième de millimètre de grosseur, sont moins transparentes que les filamens. Nous l'avons observée à la face inférieure des feuilles vivantes des Chenopodium , des ^ttriplex, des Urtica et des Rhynanthus. Gréville l'indique sur la feuille des Epinards. Il est possible que le Botrytis farinosa de Fries {Syst. mie. 3 , p. 4°4) so ^ ^ a même plante ; cependant ce mycologue dit que ses rameaux sont simples , allongés et terminés en corymbe. EXPLICATION DE LA FIGURE. * } Botrytis effusa , vu à l'œil nu, b, Un petit groupe à un grossissement de 3oo diamètres. Botrytis olivaceo-lutea , nob. PL i. fig. a. Thatlo elevato expanso ; floccis densis , ramosis , subdicho- tomis ; sporulis ovoideis, copiosis. Hab. in ramis dejectis, in Galliâ. (v.v.). Cette espèce a quelques rapports avec le Botrytis polyspora (Link, Obs. et spec. — Ditm. in Sturm , tab. 35) , dont elle dif- fère principalement par ses sporules ovoïdes. Nous l'avons ob- servée dans le département du Nord. EXPLICATION DE LA FIGURE. a, Botrytis olivaceo-lutea tu à l'œil nu. F b . Un petit groupe vu à un grossissement de 3oo diamètres. Sporocybe Desmazieri. PI. a, fig. 3. (Fries, Syst. myc. vol. 3, p. 343.) Perieonia typhoïdes, Nob. in Herb. j. b. desmazières. — Cryptogames nouvelles. 7 Stipite rigido , nigro , laxè aggregato , simplici aut subra- moso; sporulis concoloribus, ovoideo-appendiculatis , copio- sissimis, minutissimis , semi pellucidis , in capitulum eylindri- cum congestis. Nob. Hab. inchartâ comranni ruf'â semidestructâ, inGalliâ boreali. (v.Y.) Nous avions communiqué cette Byssoïde à Fries , avec la description ci-dessus ; mais les Periconia ayant été judicieuse- ment divisés par ce savant , il la plaça dans son genre Sporo- cjbe, en y attachant notre nom , et avec la, phrase diagnostique ci-après : Nigrescens , stipite aequali , sporidiis ovato-appendiculatis exiguis, diffluentibus , in capitulum ovale congestis. Cette plante , d'une structure remarquable et d'un port très élégant , atteint à peine trois millimètres de hauteur. Elle fut observée par nous se développant, dans une cave, sur du pa- pier roux commun et en destruction. Ses pédicelles, lâchement ramassés, sont noirs, droits, raides, simples ou divisés dans leur partie supérieure en deux, trois ou quatre petites branches terminées chacune par une tête cylindrique ou ovale-oblongue, paraissant granuleuse par l'accumulation des innombrables sporules dont elle est composée. Celles-ci , mesurées au micro- mètre, ont environ un cinquantième de millimètre; elles sont semi-hyalines , ovoïdes et pourvues , à l'une des extrémités, d'un petit appendice ou prolongement qui les rend comme mamme- lonnées. Elles se séparent facilement et tombent, à leur matu- rité , de la partie supérieure des pédicelles que l'on voit blan- châtre et presque transparente. Au microscope , on découvre que ces pédicelles sont composés , dans toute leur longueur, de la re'union de fibres nombreuses, allongées et placées paral- lèlement les unes à côté des autres. On sait que cette organisa- tion , très distinctement filamenteuse, est un des caractères du genre Sporocybe. j. b, desmazieres. — Cryptogames nouvelles. EXPLICATION DE LA FIGURE. a , Sporocyle Desmazieri vu à l'œil nu. b , Cette byssoïde vue à la loupe. e, Vue à un faible grossissement du microscope. d, Sporules représentées à un grossissement d« 3oo diamètres. «, Portion de pédicelle vue au même grossissement. Peziza clavariarum, Nob. PI. 2, fig. 1. Sessilis, nigra , minutissima , sparsa , globosa, extus setis lon- gis , nigris, strictis echinata. Hab. super Clavariam fuligineam vivam , in Galliâ boreali. (v.v.) Peziza nigra, Sow. Engl. fungi , tab. 307. Cette espèce est si petite qu'elle ne peut être bien observée qu'à la loupe. Elle se développe, en automne, à la partie infé- rieure de plusieurs Clavaires , et présente des réceptacles noirs t sessiles, épars, d'abord exactement globuleux, puis en forme de grelot , lorsque l'atmosphère est très humide. Comme elle s'ouvre difficilement , on peut la prendre, au premier aspect , pour une Sphérie. Sa surface extérieure est entièrement héris- sée de poils droits, raides, cloisonnés , pointus au sommet et semi-diaphan<»s. Les thèques sont légèrement claviformes et renferment huit sporules ovoïdes , d'un brun clair. TSolrePeziza clavariarum appartient à la division desLachnea de Fries. Il paraît n'avoir été observé qu'une seule fois en An- gleterre, à Hampstead , le 7 octobre 1792, où il se trouvait sur la Clavaria coralloides. Sowerby, dans YEnglish fungi (vol. 3 , tab. 307), s'est contenté de le signaler sans description et de le figurer sans détails microscopiques (presque toujours négligés à cette époque), sous le nom de Peziza nigra, que nous n'avons pu admettre , parce qu'il exprime un caractère commun à beaucoup d'espèces du genre, et parce qu'il a été employé par Buîliard, dans son Histoire des Champignons, douze ans avant la publication anglaise. Depuis Sowerby, les auteurs ont passé j. b. desmazières. — Cryptogames nouvelles. 9 sous silence l'espèce dont il s'agit; on ne la trouve même pas mentionnée dans le Britishfungi que notre savant ami Berke- ley a fait paraître l'année dernière. Nous ferons remarquer, à cette occasion, que c'est par erreur que Fries a parlé d'un Pe- ziza nigra , Sow. , dans la table générale du Systema mycolo- gicum , ainsi qu'à la p. i5i du vol. 1 de cet ouvrage; c'est du Peziza niger, Sow. , dont il doit y être question , comme le prouve la citation qu'il fait de la table 36g, fig. 8 , de VEnglish fungi. Nous observons chaque année ce champignon sur le Clava- ria fuliginea , P et cet état est constant sur beaucoup de plantes (Rosmarinus offîcinalis, Delphinium, Cytisus Labur- num, Achyranthes , Dictamnus albus, Gratiola officinalis , Cneorum tricoccon, Plumbago Europœa): il ne serait point surprenant néanmoins, d'après tout ce que nous avons vu, la l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. qu'on observât accidentellement des cimes biflores ou triflores sur ces végétaux. Les bractées primordiales d'un pédoncule avortent très fré- quemment,et nous ne devons point nous hâter de déclarer leur manque absolu d'après le fait seul de leur non-apparence. Ainsi dans XArbutus Unedo, les Ribes } le pédoncule en paraît dé- pourvu ; mais l'estivation calicinale dénote leur avortement, et parfois on les voit apparaître , au moment surtout [Arbutus) où les nœuds vitaux cessent d'être assez puissans pour émettre ces petits thyrses latéraux qui donnent l'apparence paniculiforme à l'inflorescence. Sur le calice quinconcial du Tropœolum ma- jus la position du deuxième sépale contre l'axe nous conduit encore au même résultat. Certaines espèces de certains genres sont pourvues de ces bractées (Ledum buxifoliurn), tandis que d'autres du même genre (Ledum palustre) en manquent : il en est de même pour les Cytisus. Cette différence existe parfois ac-^ cidentellement sur la même espèce, ou dans l'étendue du même thyrse {Astragalus gljcyphyllos , Ribes echinatum ). Ainsi, quoique les pédîcelles des Ombellifères , Dipsacées , Sy- nanthérées, Primulacées, Globulaires, Amentacées (la plupart), Reseda, n'offrent pas de bractées latérales primordiales, nous hésitons cependant à admettre leur absence réelle, et nous pen- cherions plutôt pour l'opinion opposée : la fleur monstrueuse de Scabieuse citée par M. Steinheil (Ann. se. Nat. t. 2 5) nous semble venir à son appui. Le calice de ces plantes , dont l'estivation est valvaire ou indistincte, est organisé d'après la formule I; mais cette circonstance ne prouve rien pour ou contre : car il est présumable que, si les cinq premières feuilles se rangeaient en un faux verticille, la quatrième serait adossée à l'axe, la troi- sième et la cinquième se placeraient à droite et à gauche de la feuille-mère, comme le montrent les feuilles de certains bour- geons. Sur le Capparis spinosa, des deux sépales l'un est adossé à l'axe et l'antre est situé au-dessus de la feuille-mère. Il est pro- bable d'après cela qu'il existe deux bractées primordiales décus- sées avec la feuille-mère, et dont l'état d'avortement çst con- stant. Les mêmes remarques et les mêmes difficultés ont lieu l. et a. BRA.VAIS. — Disposition des inflorescences. i3 pour distinguer nettement le thyrse de l'épi dans les plantes mdnocotylédones. Ainsi la limite entre l'épi vrai (Onagraires, la plupart) et le thyrse spiciforme ne peut guère être précisée dans l'état actuel de la science. § 1 5. Sarmentides. Les sarmentides offrent cette particularité qu'un groupe flo- ral quelconque , épi , cime, ou même épi composé ou thyrse (i) s'y comporte comme une fleur unique. On pourra donc pour distinguer les sarmentides entre elles les nommer sarmentides à épis* à cimes, etc.; bien entendu qu'il faudra décrire séparé- ment l'évolution de la sarmentide et celle du groupe floral. Les sarmentides à groupes floraux centripètes offrent, soit dans le nombre des nœuds de leurs axes, soit dans leurs homodromies ou antidromies , des lois un peu moins fixes que celles à groupes centrifuges; l'évolution multinodale prédomine dans les pre- mières, l'ordre uninodal ou binodal dans les secondes. A part cette différence, nous pouvons les étudier toutes simultanément, en leur faisant parcourir les diverses variétés d'organisation que les cimes nous ont déjà offertes. Sarmentide uninodale. — - La sarmentide uninodale peut être hélicoïde, scorpioïde ou distique; citons des exemples de ces trois modes. Sur le Cichorium Iniybus, outre les fleurs ter- minales aux rameaux et pédoncules, il en est d'autres qui nais- sent en groupes axillaires à la base d'un rameau ou d'un pé- doncule. Le premier mérithalle de ce rameau est alors fort court, et son premier nœud donne une fleur sessile dont la spire involucrale est homodrome : la première feuille de ce nouveau pédoncule en fournit un second , et ainsi de suite : on trouve ainsi jusqu'à quatre fleurs homodromes consécutives dont l'évolution spirale se fait autour d'un pseudothalle très court. Ce sont donc des sarmentides uninodales axillaires et con- (i ) Les Ombellifères nous offrent des épis composés soumis à l'inflorescence centrifuge ; les Phytolacea decandra , Ricinus vulgaris nous offrent des thyrses qui se trouvent dans le même i4 l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. tractées, analogues aux cimes des Yucca, Witsenia corymbosa, Les sarmentides de X^fphanes arvensis et sans doute aussi celles des Alchemilla Alpine et vulgaris sont de même, à cela près que le pseudothalle est allongé et que le groupe floral est une cime au lieu d'un épi: il existe io-i5 segmenssur le pseudothalle àe\* arvensis, 4-6 sur celui de XAlpina. Il serait possible que dans ces plantes il'existât une seconde feuille avortée ou du moins sou- dée avec la partie postérieure du limbe perfolié qui enveloppe la tige, et la sarmentide serait alors binodale (i). Les sarmen- tides du Caucalis nodiflora sont uninodales hélicoïdes, mais l'angle de deux feuilles-mères successives paraît surpasser la] va- leur théorique, et , le pseudothalle étant grêle et allongé , il est difficile parfois de répondre, du sens des spires successives. Les sarmentides des Fernonia axillaris , scorpioidea, etc. sont au contraire uninodales scorpioïdes : il est facile de s'as- surer que les fleurs de la rangée de droite ont leur spire géné- ratrice dextrorse, et que celles de la rangée de gauche l'ont en sens inverse- Mais on peut aussi considérer ces sarmentides comme étant multinodales, le nœud inférieur continuant seul le pseudothalle , et les nœuds immédiatement supérieurs pou- vant fournir des fleurs semblables à la fleur terminale ; on trouve souvent en effet plusieurs fleurs ainsi agrégées au même point et dont l'origine est telle que nous venons de l'indiquer : néanmoins il est plus naturel de considérer ce groupe entier comme une inflorescence unique, un épirameux à sa base. On voit par cet exemple que les sarmentides laissent parfois un peu d'arbitraire dans la détermination du nombre de nœuds à admettre sur Taxe commun en-dessous du groupe floral. Les cimes spiciformes du Chelidoniwn majus sont rangées en sar- mentides courtes, scorpioïdes, ordinairement uninodales : quel- quefois c'est le second nœud qui continue ia sarmentide. Le Rhagadiolus Lapsanoides a aussi des sarmentides uninodales. Les sarmentides des Vignes, des Cissus hederaceus, Orientalis, (i) Si le premier pédoncule n'était qu'uniuodal, il serait plus convenable 'de considérer ces cimes comme bipares, et devenant de suite uni pares sur les pédoncules nés du second jioeud: les sarmentide» du Sehhanthus p'mnatus peuvent être envisagées de la même manière. l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. \ 5 pentaphylla, quadrangulus , etc. sont uninodales, distiques, et la première feuille de chacun des segmens consécutifs naît à 1 8o° de la feuille-mère. Les vrilles de ces plantes ne sont autre chose que des grappes florales avortées : il est à remarquer cependant que la ramification des vrilles est toujours exactement distique comme la tige, tandis que les grappes de la vigne suivent l'ordre alterne curvisérié. La sarmentide des Vignes paraît binodale en certains cas (surtout sur le Fitis heterophylla) ; M. ïurpin (Mémoire inédit sur la fécondité de la Vigne) pense qu'alors la vrille a avorté; et en effet, on observe un gonflement au point où elle aurait dû exister. Sur le Cissus pentaphylla , j'ai trouvé une fois une fleur unique oppositifoliée occupant la place d'une cime distique rameuse , ce qui fait une bonne transition à l'avortement complet. Ainsi ce mode de sarmentide serait uni- nodal d'un bout à l'autre , et le groupe floral pourrait avorter, ou se^ changer en vrille distique stérile ou en vrille distique fertile (Cissus), ou en une grappe panicuîiforme à spirale cur- visériée. Les grappes de la plupart des espèces de Vitis sont précédées d'un premier nœud , qui est le nœud 1 de l'axe de la grappe, situé au-dessus de la feuille-mère de cet axe, et fournis- sant lui-même une petite vrille : on pourrait, d'après cela, con- sidérer la sarmentide unmodale de la Vigne comme étant bino- dale ascendante, le nœud inférieur le plus développé continuant seul le pseudothalle, et le supérieur fournissant constamment une petite vrille d un ordre secondaire : sur les Fitis Labrusca, vul- pina, Canadensisj ce premier nœud à vrille manque quelquefois. Sarmentide binodale. — Les sarmentides binodales unipares à nous connues sont scorpioïdes, et habituellement c'est par le développement du nœud supérieur, de même que pour les cimes. Ce genre de sarmentide diffère peu d'une cime scor- pioïde, et en a le plus souvent tous les caractères : telles sont les sarmentides, déjà citées pour ia plupart dans le cours de ce Mémoire , des Solanum , Lasiopetalum Solanaceum et parviflo- rum, Nycterium Amazonicum, Géranium molle et Pyrenaicum^ Erodium Romanum , auxquelles il faut ajouter celles des Rud- lingia lanosa } Rwina humilis , dans lesquelles le groupe floral est centripète, en épi ouen^thyrse spiciforme. Les sarmentides du i6 l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. Rwina offrent les mêmes anomalies que celles de la Belladonne, la feuiile-mère étant à l'état de soudure extrême, et le nœud inférieur donnant un rameau plus ou moins bien développé ; mais le nombre des nœuds est moins fixe, et les axes trinodaux y sont moins rares. Les sarmentides scorpioïdes du seul genre Solanum reproduisent presque toutes les variations de forme ou de position déjà observées sur les feuilles des cimes scor- pioïdes. Passons enfin aux groupes floraux des Asclépias, groupes extrà- axillairesàdeuxdes quatre rangées de leurs feuilles décussées, et formant eux-mêmes deux séries longitudinales parallèles presque opposées entre elles. Si cette disposition est un effet d'inflores- cence centrifuge, nous aurons ici une sarmentide scorpioïde, et de plus binodale. Les feuilles opposées sont-elles géminées ou rapprochées! La première supposition est la plus probable, attendu que les feuilles rapprochées paraissent habituellement distantes entre elles d'un angle de qo° : la position de la fleur cen- trale extrà-axillaire entre deux feuilles géminées, sur une plante voisine, le Vinca rosea , confirme aussicette conclusion. Est-ce le nœud inférieur ou le nœud supérieur qui se développe? Pour résoudre cette seconde question , nous avons examiné les Ascle- pias nigra et Vincetoxicum. Sur l'axe des jeunes cimes de ces plantes , le sens de la spirale est bien visible , tandis qu'il est indistinct sur les Asclépias à cimes contractées : or, en suivant de haut en bas les divergences de cette spire, nous avons trouvé que le nœud inférieur était le seul fertile : ainsi la sar- mentide des Asclépias aurait, à cette différence près, son ana- logue dans la cime à feuilles géminées des Pétunia. Du reste l'extrà-axillarité des inflorescences des Asclépias est absolument pareille à l'extrà-axillarité des fleurs de beaucoup de Cuphcea (le viscosissima , par exemple) , si ce n'est que dans ce dernier cas on a une cime au lieu d'une sarmentide. Il nous a paru qu'on pouvait expliquer l'organisation des Cuphœa en admet- tant qu'il existe une soudure des rameaux axillaires latéraux avec le pédicelle central, et que cette soudure s'effectuait en même temps que le déjètement du pédicelle vers la feuille -mère s'effectue lui même. Que l'on prenne en main l'inflorescence de t. et a. ERA.VAIS. — Disposition des inflorescences. 17 YJlsine média (voy. fig. 11), et que l'on y réalise cette supposi- tion : la dichotomie aura lieu un peu plus haut que précédem- ment. Faisons alors remonter les feuilles géminées jusqu'à la hauteur de cette nouvelle dichotomie; il est évident que le pé- dicelle terminal paraîtra naître en dehors de l'axe du segment précédent, par le fait même de l'extrà-axillarité de ses deux pédoncules latéraux. Telle est, selon nous, la vraie cause de la position des fleurs du Cuphea. Si cette explication est vraie, la soudure que nous imaginons ici pourra être plus ou moins forte et rextrà-axillarité plus ou moins grande dans divers cas : or, c'est en effet ce qui a lieu , et la position de la fleur est plus ou moins anomale suivant les espèces, et même dans les di- verses parties d'un même individu. Si cette disposition orga- nique provenait d'une cause non sujette à varier, l'explication de ces différences deviendrait à-peu-près impossible. Les mêmes variations se rencontrent sur les Asclepias. x\insi sur V Asclepias Syriaca les inflorescences sont extrà-axillaires à tel point qu'elles semblent être également distantes des deux feuilles ; sur X Asclepias tuberosa celte même déviation est peu marquée , et l'apparence scorpioïde et unilatérale des pseudo- thalles de cette plante confirme tout-à-fait notre manière de voir. Telle est donc sans doute la cause de l'énorme déjètement apparent de la partie terminale des axes successifs dans les cimes des Cuphea et dans les sarmentides des Asclepias. On peut remarquer aussi que la majeure partie des anomalies de l'inflorescence des Asclepias se retrouve dans certaines plantes dont l'inflorescence n'est point ambiguë (Alchemilla vulgaris); mais ces explications de détail nous entraîneraient trop loin. Enfin il existe des sarmentides binodales bipares qui ren- trent toutes , sans doute , dans les quatre sections que nous avons établies pour les cimes. Telles sont les sarmentides dicho- tomes des Scabiosa } Dipsacus , des Synanthérées décussées, de f Achyranthes bidentata et Cornus fie rida ; telles sont les sar- mentides à deux épis du Mimosa Julibrissin , qui semblent ap- partenir à révolution ascendante directe ; celles du Géranium V1H. Botaw. — Juillet. 2 i8 l. et à, bravais. — Disposition des inflorescences. rotundifolium, qui se rapportent à l'ordre descendant direct et ne diffèrent point essentiellement des sarmentides unipares du Géranium molle. En regardant avec les botanistes modernes, et d'après les belles observations de MM. Lamarck et A. L. de Jussieu , les fleurs des Eupho'bia comme des groupes de fleurs , la cime dichotomie des Euphorbes devient une sarmentide ; mais, pour simplifie^, nous avons employé de préférence le premier de ces termes dans le cours de ce Mémoire. Sarmçntide multinodale. — Cette sarmentide appartient pres- que exclusivement aux groupes centripètes. Unipare, elle est souvent entremêlée de rameaux nés des nœuds intermédiaires qui peuvent ou non se développer : telle est l'inflorescence des Fumaria officinalis , densiflora , où l'axe de l'épi porte d'abord un , deux , trois ou quatre noeuds vitaux. Parmi les Crucifères, les Senebiera didyma , Cochlearia Coronopus , dont les axes por- tent de cinq à huit nœuds , sont remarquables par une inter- version constante des mérithalles, qui se présente au point où, en suivant la spire génératrice, on passe des gemmes à feuilles aux gemmes à fleurs : ce mode local d'interversion est très fré- quent dans cette famille, et ne met point en défaut l'évolution de !a spire génératrice, la hauteur organique d'une insertion pou- vant différer de sa hauteur apparente. Certaines Ombellifères {Sium nodiflorum, Daucus Mauritanie us ,e\c.) , des Légumineuses (Lupinus albus, varius , etc.), plusieurs Pelargonium, Piper, les Peperomia reniformis , Ricinus vulgaris ont des inflores- cences pareilles : sur \ePhylo/acca decandra y les axes offrent de i à 7 nœuds, et de 5 à 9 sur le Solanum Dulcamara. Ces sarmen- tides ne sont que des cas d'inflorescence oppositifoliée, et ont été déjà signalées, pour la plupart, parMM. de CandolIei'Organ. Vég.t. 1. p. 4^3) et Turpin ( Ann. Soc. hort. t. 1 5. p. 12). Nous ne trouvons plus ici de règle fixe pour le sens des spirales suc- cessives : cependant sur sept pédoncules binodaux de Fumaria officinalis > six fois le nœud supérieur a été homodrome , et une fois antidrome. Les Potamogeton nous offrent souvent des sar- mentides multinodales unipares ou bipares par les nœuds su- périeurs qui se développent après la floraison de l'épi central ; l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 19 les nœuds intermédiaires ne produisent pas de rameaux à feuilles. La sarmentide multinoclale multipare est fréquente dans les Synanthérées. Elle est fort souvent corymbiforme {Achillea , Aster) , et c'est cette circonstance qui a engagé fauteur de l'Or- ganographie à désigner ce mode sous le nom de corymbe (1) : elle peut aussi imiter une panicule (plusieurs Crépis } Arîemi- sia ) ; mais la délimitation de ces divers modes offre peu d'inté- rêt. Enfin elle peut être spiciforme , comme dans certains Gna- phaliwn à fleurs en tête, XHleracium umbellatum , le Cepha- lanthus Occidentalis , etc., et cette disposition se reconnaîtra facilement à la floraison plus précoce de la fleur terminale, mais arrivée à ce point extrême, la sarmentide ne diffère pas d'un épi rameux à sa base , et les deux modes généraux d'inflores- cence centripète et centrifuge finissent encore ici par rentrer l'un dans l'autre. § 16. Lois d'homodromie et cfantidromie. Rapport des spires des axes de même ordre. — Après avoir trouvé, dans les spirales des axes successifs de l'inflorescence, des lois à-peu-près constantes, il est naturel de se demander s'il n'en existerait pas dans l'évolution centripète des axes de même ordre : or il se rencontre certains cas, rares il est vrai, où ces relations existent. Considérons donc un thyrse ou une grappe à ordre alterne cur- visérié. Dans quelques Malvacées {Malva sylvestris , Lavatera arboreà , Sida rhomb'ifolla) que nous avons examinées sous ce point de vue, sur les Pqlygonum Orientale et Convolvulus , (1) Nous avons déjà vu que la même apparence corymbiforme se retrouvait dans les cimes, pourvu qu'elles fussent multinodales multipares , et par la même raison on pourrait leur don- ner le nom de corymbe.) De plus M. de Candolle parle seulement du cas où le groupe flo- ral partiel est centripète ; le cas où les groupes floraux sont centrifuges ne nous a paru signalé d'une manière ^précise par aucun auteur : c'est pour ces motifs que nous avons cru devoir «hanger le nom donné par le botaniste célèbre dont les ouvrages nous out si souvent servi de guide. ao l. et a. drivais. — Disposition des inflorescences. Canna lndica, les premiers pédoncules des cimes axillaires simples sont presque toujours homodromes entre eux d'un bout à l'autre du thyrse : les cimes simples sont alors toutes tournées d'un même côté dans chaque aisselle, la deuxième fleur naissant constamment à droite ou constamment à gauche de la première. Sur d'autres plantes (Saxifraga sarmentosa , Scro- fularia, Polycnemum arvense , Oranger, Aubépine, Maclura aurantiaca . Mercurialis annua) , nous avons aussi remarqué une tendance plus ou moins notable à l'homodromie. Dans les Cucurbitacées et les Passiflores , les axes de l'inflorescence sont également homodromes entre eux tout le long de la tige cen- trale, comme le prouve la disposition semblable des rameaux ou pédoncules latéraux; s'il existe une vrille latérale, elle naît constamment du côté droit ou du côté gauche dans toutes les aisselles successives (i). Sur le Xylophylla latïfolia , exemple remarquable de rameaux distiques-transversaux, une trentaine de rameaux consécutifs nous ont tous offert leur premier gemme placé à droite de la feuille-mère; c'est u-n fait d'homo- dromie d'un genre particulier. Dans les Légumineuses , les épis floraux sont axillaires aux nœuds vitaux d'un axe central; lors- que cet axe suit l'ordre alterne curvisérié, il paraît que ces épis sonljhomodromes entre eux : les Hedjsarum (Onobrychis) Caput galli, saxatile satisfont à cette loi , et il en est de même des Melilotus officinalis , Psoralea bituminosa , divers Cassia : ici, comme dans le Thalictrum cité au § i3, les pédoncules dex- trorses sont habituellement déjetés à droite , et les sinistrorses du côté gauche. Toutefois, sur le Psoralea les pédoncules se déjettent d'une manière inverse, ce qui prouve combien l'on doit se méfier des généralisations établies sur un petit nombre de faits. Mais sur les Légumineuses distiques (Vicia, Orobus 3 La- ihyrus , Medicago), les déjétemens se font alternativement à droite et à gauche, ce qui ferait penser que les épis sont alter- (i) On est peu d'accord sur la valeur organographique de la vrille des Cucurbitacées. L'a- nalogie de ces plante» avec les Passiflores tend à prouver que ce n'est autre chose qu'un gemme accessoire, mais très déj«té. l. et a. bravais. — = Disposition, des inflorescences. 21 nativement dextrorses et sinistrorses, du moins dans la. spire de leurs premiers nœuds. Sur KAnthyllis barba Jouis, il est facile de s'assurer que les axes partiels du groupe floral suivent en ef- fet cette dernière loi, d'après la position de leur première brac- tée stérile. Dans les Staticés rameux, les branches distiques émettent d'autres rameaux sur lesquels le sens de la spire est alternatif, c'est-à-dire que leur première bractée, par exemple, naîtra constamment du côté inférieur de chaque rameau, en supposant la branche centrale horizontale [Statice Limonium): le premier ménthalle est très court, et les autres sont beaucoup plus longs. Quoi qu'il en soit, les groupes floraux portés par ces rameaux distiques éprouvent eux-mêmes des déviations analo- gues, par suite de la déviation de leur bractée n° 1 dont l'état normal est d'être adossée à l'axe du thyrse r chacune de ces brac- tées est déviée constamment du côté interne, ou constamment du côté externe, suivant les espèces. Dans le Tilia Europœa, les rameaux sont distiques; les bourgeons ont leur première feuille grande, différente des autres, et produisant de son aisselle le pédoncule d'une cime triflore : la dorsale, de cette feuille-mère est soudée assez loin avec le pédoncule; or, il est à remarquer qu'ici encore les bourgeons successifs ont tous leur premier gemme regardant dans la même direction, et, par suite, ils doivent être antidromes entre eux : les Tilia alba , Americana (Linu.) , argentea ( de Cand.) , sont organisés de même. Sur les tiges distiques du Medeola Asparagoides > le groupe floral con- tracté provient aussi du premier gemme d'un rameau qui paraît sous forme d'une expansion foliacée analogue à celle des Ruscus, et ces groupes floraux naissant alternativement à droite et à gauche de la feuille-mère du rameau indiquent encore une même disposition. Lorsque les nœuds vitaux d'un thyrse sont déçusses, existe- t-il un rapport entre les axes opposés (Labiées, etc )? En nous laissant guider par l'ordre d'épanouissement des fleurs dans les cimes dichotomiques de ces plantes, nous sommes arrivés à pen. ser que les pédoncules opposés sont antidromes entre eux (Justicia fragrans, Euphrasia Odontites et lutea 3 Salvia pratensis, Ga- leopsis Tetrahit) : mais il faut, pour confirmer notre conclusion» a i l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. qu'il existe un rapport fixe entre l'ordre relatif d'épanouisse- ment des deux fleurs latérales, et le sens de la spire du p- doncule central; un tel guide n'est peut-être pas infaillible. Toutefois, il est important de noter que cette loi d'antidromie serait complètement d'accord avec une loi dont la constance est remarquable, nous voulons parler de l'antidromie relative du premier et'du second gemme d'un pédoncule floral : nous sa- vons en effet que ces deux gemmes peuvent être regardés comme étant primitivement déçusses , et nous avons vu éga- lement que sur les pédoncules à quatre nœuds (Mesembryan- thernum cristallinuin , sarmentides binodales des Géranium , certains Solanum) le troisième et le quatrième étaient aussi anti- dromes entre eux d'une manière plus ou moins fixe. Les rameaux qui viennent se mélanger parmi les cimes ont le plus souvent la même spirale qu'aurait le pédoncule qu'ils remplacent , comme on peut le voir sur les Pétunia > etc. : mais le Malva sylvestris doit être excepté. De plus, les deux premiers gemmes d'un rameau à feuilles offrent souvent dans le sens de leurs spires un ordre non moins constant que celui des pédon- cules binodaux : ainsi sur le Phytolacca decandra le rameau provenant du premier nœud est homodrome, le second anti- drome : c'est l'ordre d'évolution direct. Sur le Tamarix on a presque toujours l'ordre inverse. Sur certaines plantes, où les rameaux ont le ^premier mérithalle très court et le second beau- coup plus allongé, si le premier nœud est habituellement fertile (Ononis arvensis , Cichorium Inlybus ^ tiges centrales des Sta- ticés rameux), il sort de ce nœud un rameau homodrome, qui, par l'aisselle de sa première feuille semblablement placée, en reproduit un second également homodrome, et ainsi de suite, de telle sorte que leur ensemble offre l'apparence d'une cime hélicoïde contractée et axillaire : ce cas d'homodromie n'est peut-être qu'un cas particulier de l'ordre direct des deux pre- miers nœuds. Il semble donc que les gemmes 'latéraux sont pri- mitivement antidromes deux à deux, et tendent ensuite , dans certains cas , à devenir tous dextrorses ou tous sinistrorses, lorsque, de l'état de décussation primordiale, on passe à un ordre alterne bien établi : il faut excepter le cas des rameaux l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. a!3 distiques sur lesquels ces gemmes semblent conserver avec une grande fixité leur tendance originelle. Rapport des spires des axes successifs de végétation. — Mais existe- t-il un rapport entre la spire du rameau central et le serfs dextrorte ou sinistrorse vers lequel semblent converger les gemmes supérieurs? Ceux-ci tendent-ils à devenir homodromes ou antidromes ? Les plantes suivantes, Scrophularia , Cassia corymbosa , Malvacées, Hedjsarum , Mespiltis, P s orale a , nous ont montré leurs rameaux latéraux antidromes avec l'axe cen- tral : les Polygonum , Canna , Melilotus , Polycnemum y of- frent des rameaux homodromes. Sur des tiges sinistrorses de Chenopodium rubrum, nous avons vu constamment les pédon- cules des épis floraux axillaires avoir une spire dextrorse, et de plus, être déjetés du côté droit de l'observateur. Les rameaux des Passiflores , supérieurs aux vrilles , sont antidromes. Considérons enfin le gemme accessoire né entre un rameau et sa feuille-mère. Nous avons déjà vu sur le Thalictrum aqui- legifolium ces gemmes êlre antidromes avec beaucoup de ré- gularité: même fait pour les gemmes rameaux du Melilotus of- jicinalis , et probablement pour les pédoncules floraux du Gen- tiana lutea et autres plantes à cimes sériales simples. Dans ces divers cas , le déjètement semble être un bon indice de l'or- dre spiral, et ce déjètement, quandilest appréciable, indique l'antidromie successive. Les Chelidonium glauclum , TJlex Eu- ropœus y Ipomœa purpurea 3 Ranunculus Ficaria, Phytolacca decandra , Gleditschia, sur lesquels nous avons plus spéciale- ment étudié ces gemmes accessoires dans la partie végétative de la plante, nops ont offert la même loi quoique avec une con- stance un^5eu moindre : ainsi la Ficaire nous donne trois excep- tions «tir 28 cas; le Chelidonium , deux sur une vingtaine, etc.; les gemmes accessoires sous-floraux du Chenopodium rubrum sont encore plus irréguliers. En essayant maintenant de résumer ce paragraphe, nous arrivons aux inductions suivantes, que nous donnons plutôt comme des lois à vérifier que comme des vérités démontrées : i° Lorsque les axes successifs des inflorescences centrifuges ont un petit nombre de nœuds latéraux, ordinairement deux a4 t. et a. mutais. — Disposition des inflorescences. ou quatre, le second nœud est antidrome avec le premier, le troisième avec le second, le quatrième avec le trois ème, et ainsi de suite ; ces antidromies sont d'autant moins fixes qu'on arrive à des gemmes axillaires dont le numéro d'ordie est plus élevé. i° De là résultent deux dispositions distinctes, selon que le pre- mier nœud est homodrome ou antidrome. Ces deux modes se partagent les végétaux en deux groupes inégaux généralement assez naturels ; mais ils peuvent aussi se rencontrer dans des plantes très voisines, ou même dans la même plante, selon les circonstances de la végétation, 3° La ramification végétative n'offre pas de loi générale pareille aux précédentes; mais, dans les cas rares où se trouve quelque fixité dans l'ordre des spirales, les lois précédentes règlent l'ordre des premiers nœuds, et l'on doit leur ajouter les trois suivantes: . 3° bis. Les gemmes opposés paraissent antidromes entre eux : peut-être la première loi n'est-elle qu'un corollaire de celle-ci. 3° ter. Les gemmes consécutifs distiques sont antidromes en- tre eux, souvent déjetés unilatéralement. 3° quater. Sur les axes alternes curvisériés, à une distance suffisamment grande des premiers nœuds, les gemmes ten- dent à devenir homodromes entre eux , tantôt homodromes , tantôt antidromes à la tige centrale. 4° Les gemmes accessoires sont le plus souvent antidromes avec celui qui leur est immédiatement supérieur : cette règle est moins sujette à exception lorsque les gemmes sont des pé- doncules pourvus d'un petit nombre de nœuds. 5° Les gemmes accessoires dextrorses se déjettent ordinaire- ment à droite, et les sinistrorses à gauche; le même effet se produit quelquefois sur des gemmes non accessoires. § 17. Lois générales de V inflorescence. On sera peut-être étonné qu'arrivés à la fin de notre travail nous nous adressions la question suivante: « qu'est-ce-que l'in- florescence?» Et cependant la valeur de ce terme est loin d'être fixée dans la science. Linné et la plupart des auteurs qui ont l. et a. bravais. « — Disposition des inflorescences. 2 5 écrit après lui (Linné , Philos, botan. p. 1 14. — De Cand. théor. élémentaire p. 281. — - Mirbel, Elémens de botan. 1. p. 278. — Link ,Elementa phil. bot. p. 247. — Willdenow, Princ. of bo- tany, p. 65. — A. Richard , Dict. class. hist. nat. art. Inflor. Nouv. El.de botanique, p. 264. — Lesliboudois, Botanogra- phie, p. 173. — De Cand. fils, Iutiod. àîa botanique, 1. p. 121. -^- Lindley , Intr. to botany , p. 129. — Seringe et Guillard, dict. Organ. art. Infl. ) ont défini l'inflorescence, « la manière dont les fleurs sont disposées sur la plante ». Mais, d'après M. Rceper, l'inflorescence est « cette partie du végétal qui ne porte que des axes florifères ». M. De Candolle s'est rangé à cette définition (-i'Vj et tout récemment M. Walker-Arnott (art. Botany de Y Encyclopedia Britannica) l'a également adoptée. M. Turpin (Icon. Végét. p. io6) définit l'inflorescence, «l'as- pect produit par l'assemblage des fleurs » : mais il est visible que ce botaniste a voulu seulement reproduire le sens qu'a- vaient paru y attacher tous les auteurs anciens, lorsqu'ils clas- sèrent les inflorescences seulement d'après leur faciès. Il y a donc eu emploi de ce terme dans deux sens bien dif- férens. Pour nous, nous pensons que la définition donnée par M. Rceper çst préférable, et l'analogie entre la fleur et les grou- pes floraux doit engager à l'adopter. Nous nommons de plus inflorescence partielle un groupe floral subordonné à l'inflo- rescence générale, et jouant dans cette inflorescence le même rôle qu'une fleur unique (i). Sous ce point de vue, il n'est point rigoureux de dire d'une inflorescence qu'elle est centri- (1) M. De Candolle paraît ne point s'êlre aperçu qu'en adoptant la définition de Rœper il changeait la valeur Linnéenne du terme qui nous occupe. « Je désigne avec les botanistes, » sous le nom d'inflorescence X ensemble de la distribution des fleurs sur la plante, ou , comme » le dit M. Rœper, la partie des tiges, etc.» (Organ. vég. t. i. p. 3g5). Le double sens dont le terme ensemble est susceptible aurait-il trompé ce célèbre auteur ? Du reste , la dis- tinction qui nous occupe semble avoir échappé aux auteurs qui ont écrit depuis Rceper , et qui ont adopté la plupart de ses nouvelles définitions. ' (2) Cette analogie dont nous avons déjà parlé plus d'une fois, a été singulièrement déve- loppée par M. Rœper, comme on peut le voir par la phrase suivante : « lnflorescentia est flos plantœ, et flos flos axeos ». Peut-être même la pousse-t-il un peu trop loin: car, si nous avons bien compris toute la pensée de cet ingénieux botaniste, on pourrait dire aussi avec lui : « lnflorescentia est inflorescentia plantœ , et flos lnflorescentia axeos ». a 6 l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. pète ou centrifuge : c'est son évolution tout au plus qui peut être appelée ainsi. Nous réservons donc le nom d'évolution cen- tripète à celle qui se rapporte à des axes floraux de même ordre, et d'évolution centrifuge à celle où nous considérons des axes nés les uns des autres; mais, comme le plus souvent ces deux modes d'évolution sont mélangés, c'est par une pure abstraction de l'esprit que nous les séparons l'un de l'autre. Pour qu'une cime ne renfermât que l'évolution centrifuge, il faudrait quelle fût unipare dans toute son étendue, et même uninodale, un nœud habituellement stérile pouvant se développer accidentel- lement : si elle est bipare, l'évolution centripète apparaît aussi- tôt entre les deux pédoncules de même ordre. Pour qu'un épi , ou un thyrse, ne renfermât que l'évolution centripète, il fau- drait qu'il existât un seul pédoncule à l'aisselle de chaque brac- tée; si ce pédoncule produit un nœud latéral fertile, l'évolution centrifuge se mélange aussitôt à l'autre. Il est donc inexact de diviser les inflorescences en «inflorescences à évolution cen- tripète (inflorescences centripètes des auteurs)», et « inflores- cences à évolution centrifuge (inflorescences centrifuges des auteurs)», à moins de créer pour les trois quarts d'entre elles le groupe des inflorescences mixtes qui rend illusoire cette di- vision, commode cependant pour la pratique. On voit ainsi que l'ordre ascendant et l'ordre descendant sont deux modifi- cations propres à l'évolution centripète; sous ce point de vue, la dénomination de centripète est peu convenable, et donne même une idée fausse de sa véritable valeur; néanmoins, et faute de mieux, nous croyons convenable de la conserver, (i) En combinant ensemble les deux modes d'évolution, nous pouvons reconstruire facilement toutes les inflorescences con- nues Prenons en main une suffisante quantité de pédoncules uniflores distincts : plaçons-les sur un même axe, nous avons un épi ; l'évolution est centripète. Qu'ils naissent les uns des au- tres, nous avons une cime unipare. Plaçons-en deux ou plu. sieurs sur l'un d'entre eux, nous aurons une cime spiciforme ou (i) MM. Seringe et Gaillard ont chaugé les termes anciens en ceux d'introrse et d'«- irorse ; mais cette mutation ne nous paraît pas suffisamment justifiée. l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 27 corymbe, et, en les entremêlant, une cime multipare ou grappe qui nous offrira l'évolution centrifuge sur les axes successifs, et l'évolution centripète sur ceux de même ordre. La cime, et la sarmentide également, dans leur acception la plus générale, of- frent donc une évolution mixte ; de là vient que la cime sem- ble si facilement dégénérer en épi et la sarmentide en thyrse. M. Walker Arnott, dans l'article remarquable cité plus haut, a parfaitement senti cette vérité, et il fait remarquer que le mode centrifuge des auteurs est une forme spéciale du mode centri- pète combiné avec le mode de développement des branches, et que les deux modes doivent parfois se distinguer difficilement sans le secours de l'analogie. Néanmoins, comme l'évolution centrifuge est le cachet propre et essentiel des inflorescences vul- gairement nommées centrifuges , pour simplifier nous ferons abstraction de l'autre moi'e dans nos définitions ultérieures. Maintenant , avec plusieurs épis ou plusieurs cimes, nous for- merons de nouvelles inflorescences. Disposons plusieurs épis entre eux suivant l'ordre centripète, nous aurons l'épi com- posé (Ombellifères) ; suivant l'ordre centrifuge, nous avons la sarmentide à épis (Fumaria). Faisons avec des cimes ce que nous venons de faire pour des épis, nous aurons par le premier mode d'évolution un thyrse (Labiées), par le second une sar- mentide à cimes (Solannm). Continuons encore en suivant le même procédé duplicatif: nous arrivons à des degrés plus com- plexes. Ainsi les sarmentides spiciformes à épis du Vernonia axillaris disposées suivant l'ordre centrifuge, donnent des sar- mentides composées : les thyrses du Phytolacca 3 les ombelles des Sium disposées suivant la même évolution donneront une sarmentide à thyrse ou à ombelle ; mais ces inflorescences com- pliquées sont moins fréquentes que les précédentes. (1) (1) Nous ne doutons pas qu'en étudiant convenablement les inflorescences, on n'en dé- couvre plusieurs qui ne pourront venir se classer dans celles que nous avons signalées : nous nous bornerons seulement à indiquer l'existence d'un groupe anormal d'inflorescences, qui exigerait peut-être qu'on fit de la ramification 'végétative une étude analogue à celle de la ramification pédonculaire. Il est certains cas où une ou deux fleurs semblent naître en quel- que sorte isolées. Les pédoncules qui leur donnent naissance sont des axes d'un certain ordre , et sur leur axe central indéfini , il n'existe pas d'autres pédoncules de même ordre ; mais aux a8 l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. Pour étudier l'ordre de ces diverses évolutions entre elles, nous pouvons partir des fleurs extrêmes et nous diriger vers le centre, ou parlir au contraire des axes les plus internes et mar- cher vers la circonférence. Cette seconde voie est plus conforme à la marche de la nature et d'une application plus facile dans la pratique; nous l'adopterons ici, et nous essaierons enfin de ré- sumer les lois organographiques de l'inflorescence telles que nous les concevons. i° L'inflorescence est une réunion de fleurs groupées entre elles par des corrélations mutuelles. Très souvent elle peut se diviser en d'autres groupes essentiellement homogènes entre eux, et que nous nommons inflorescences partielles : ces inflo- rescences peuvent quelquefois se subdiviser elles-mêmes ; mais il peut se présenter parfois de l'arbitraire dans le mode de cette décomposition. i a Les fleurs, ou les inflorescences partielles qui en jouent aisselles où ces pédoncules auraient dû naître pour former uu épi ou un thyrse, il naitra d'autres rameaux indéfinis analogues à Taxe central et capables de donner naissance à d'autres pédon- cules latéraux également isolés. L'inflorescence du Tamarix Gallica établit une sorte de tran- sition à ce mode: si toutes les feuilles d'un axe de cette plante étaient florifères, ou aurait un épi continu ; mais beaucoup de ces feuilles sont stériles ; d'autres produisent de nouveaux rameaux, axes de nouveaux épis latéraux; souvent 5'axe central se termine par un rameau feuille. Sur certains Asparagus, les fleurs naissent du premier et du second nœuds de chaque rameau : les nœuds supérieurs sont stériles ou donnent des rameaux, mais non point de» pédoncules. Il en est de mêm« pour les Passiflores. L'ensemble de l'inflorescence consiste don( ici en une ramification végétative d'une certaine nature, et qui produit les fleurs par le» nœuds i,ou i et a de chaque rameau. Dans d'autres cas ces pédoncules nés des nœuds i et a peuvent être l'origine d'une cime, ou d'une autre inflorescence partielle, comme ou peut le voir sur la Pariétaire, les Urtica, sur les Ruscus où le nœud i existe souvent seul , mais où il n'est pas rare d'observer également le nœud a se développer et donner naissance à une autre inflo- rescence partielle. Le Statice ferulacea est un exemple bien remarquable de ce mode d'in- florescence : la ramification est distique : chaque fleur termine un pédoncule garni de 3-4-5 bractées sous-florales distiques, indépendamment de la bractée-mère; mais le second nœud de chaque rameau nous a paru constamment le seul capable de donner naissance à des pédon- cules : la feuille i est au contraire constamment stérile ; les feuilles supérieures aux feuilles i et a produisent à leur aisselle des rameaux indéfinis, ou deviennent stériles elles-mêmes. L'inflorescence du Statice ferulacea consiste donc en une ramification distique mullinodale, florifère par les seconds nœuds des rameaux. En voilà assez saus doute pour montrer la nécessité d'uue étude plus spéciale de la rami* fieation 'végétative dans le but de préciser la structure de certaiues inflorescences.^ l. et a. brava is. — Disposition des inflorescences. 29 le rôle, ont deux modes distincts d'évolution, l'évolution cen- tripète et l'évolution centrifuge. 3° L'épi est une inflorescence à évolution centripète. 4° L'épi composé est une inflorescence à évolution deux fois de suite centripète : ainsi il se compose d'inflorescences par- tielles rangées suivant le mode centripète, et ces inflorescences partielles sont des épis. 5° La cime est une inflorescence à évolution centrifuge. 6° Le thyrse est une inflorescence à évolution centripète d'a- bord, centrifuge ensuite. 7 La sarmentide est une inflorescence dont la première évolution est centrifuge ; les inflorescences partielles peuvent appartenir à un des quatre modes précédens. 8° La cime des plantes Monocotylédones paraît être unino- dale dans son type ; elle est hélicoï le ou scorpioïde selon que les pédoncules sont homodromes ou antidromes. 8° bis. Elle peut être binodale, trinodale, multinodalô dans ses premières ramifications ; mais elle tend à devenir uninodale dans les dernières. 9 La cime des plantes Dicotylédones est binodale ou multi- nodale; ce second cas est quelquefois une simple variété de la cime binodale. 9 bis. Dans la cime binodale, l'un des nœuds est homo- drome, l'autre antidrome. Ces nœuds ont ordinairement une tendance inégale à se développer : si le nœud homodrome fait avorter son antagoniste, la cime dégénère en cime hélicoïde ; elle dégénère en cime scorpioïde dans le cas inverse. 9» ter. La cime mullinodale n'offre pas de règle fixe dans les spirales de ses nœuds-vitaux ; elle finit le plus souvent par dégénérer en petites cimes binodales pauciflores ou uniflores : ainsi on peut considérer la cime binodale comme étant le type des cimes Dicotylédones. io° La cime hélicoïde offre un pseudothalle droit, non excen- trique, souvent vertical. ii° La cime scorpioïde a son pseudothalle roulé en volute 3o l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 131,11)6, excentrique, souvent horizontal, les deux rangées de fleurs regardant le ciel. 12° Une cime peut être axillaire ou terminale; en décom- posant cette dernière en cimes partielles axillaires, on arrive souvent à retrouver sur ces dernières les lois que n'offrait pas la cime totale. i3° La cime multinodale à cimes axillaires sujette à cette dé- composition est parfois assez difficile à distinguer du thyrse : si les cimes axillaires sont uniflores, on peut avoir de la peine à la distinguer de l'épi. i4° Les cimes ont un autre mode d'évolution centrifuge par le développement de pédoncules accessoires : ces pédoncules sont de même ordre que ceux nés des autres nœuds du pédon- cule central , et presque toujours antidromes. i5° Les sarmenlides suivent dans leur organisation les mêmes lois que les cimes. Nous n'hésitons pas à penser qu'un des faits les plus dignes d'intérêt dans l'inflorescence est celui de l'homodromie et de l'antidromie de certains pédoncules : il est naturel de se de- mander si c'est bien une cause interne qui détermine cette dis- position. On serait tenté de croire le contraire en voyant les cimes des Borraginées s'étendre, se ramifier et conserver une po- sition toujours pareille, leur convexité tournée vers le ciel, ou en voyant les cimes axillaires doubles contractées des Labiées se développer dans le sens qui leur offre le moins de gêne, c'est- à-dire alternativement du côté opposé à l'aisselle et du côté opposé à la feuille-mère. D'une autre part nous trouvons des cimes entièrement bipares où les mêmes lois ne subsistent pas avec moins de régularité : nous trouvons des cimes hélicoïdes, parfois axillaires et contractées, dont les fleurs prennent la po- sition la plus gênée. Il est donc probable que ces lois se lient avec des détails d'organisation interne qui augmentent leur im- portance et que les faits précédens, où Ton pourrait apercevoir l'effet d'une cause finale externe, ne sont que des corollaires de la structure intime de ces inflorescences. Nous terminerons en disant un mot de l'ordre de floraison qui L. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 3ï nous a peu occupés dans le cours de ce Mémoire, vu qu'il est plutôt du ressort du physiologiste, et dont il ne faut pas con- fondre les lois avec celles éminemment organographiques de l'inflorescence; elles nous paraissent pouvoir se réduire aux trois suivantes : i èrB Loi. Les fleurs épanouissent dans l'ordre de succession des axes qui les portent ; c'est la loi de l'évolution centri- fuge. 2 ème L i f Les fleurs latérales au même axe épanouissent de bas en haut, ou de haut en bas; c'est la loi de l'évolution cen- tripète. 3 èa,e Loi. Les inflorescences partielles suivent dans leur évo- lution d'épanouissement les mêmes lois que les fleurs. Ajoutons que ces trois lois , quoique vraies en thèse géné- rale, sont soumises à des cas nombreux d'irrégularité par l'in- fluence des agens internes ou externes qui réagissent si souvent dans le domaine des faits physiologiques. NOTE PREMIÈRE. Nous ne prétendons point ici soumettre à un calcul rigoureux X inégalité ex- centrique. Ignorant complètement les lois exactes de juxtaposition qu'obser- vent les fibres wisculaires d'un rameau qui se développe, relativement à celles delà tige centrale, nos hypothèses à ce» égard ne peuvent* être qu'approxima- tives : heureusement elles s'écartent peu de la vérité, et l'exactitude de nos ré- sultats sera suffisante dans un sujet aussi peu susceptible de mesures précises. Considérons d'abord le cas le plus simple. Vers l'extrémité d'une tige dont le développement sera désormais stationuaire, naît un bourgeon donnant naissance lui-même à un rameau pareil à la tige centrale: la face latérale sur laquelle est né le rameau grossira plus que la face opposée, et la cuticule sera plus disten- due de son côté. Nous avons représenté (fig. 21 ) la coupe delà tige centrale faite en dessous de ce point dichotomique, et l'on peut observer cette confor- mation , en coupant, à une ligne environ sous le bourgeon latéral, des rameaux de Saules ou de Peupliers. La courbe extérieure est un ovale dont le grand diamètre s'appuie sur l'arête d'exceutricité ; mais cet ovale diffère très peu d'un cercle, et, pour simplifier, nous le supposerons circulaire; reste à savoir dans quel rapport seront déformés les divers arcs qui composent la périphérie. 3a l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. Soit F le point où l'arête verticale d'excentricité rencontre la tranche horizon- tale ; soit M le point où s'est transporté l'ancien point m de la cuticule, par suite de l'interposition des fibres descendantes: soit x l'arc fm, X l'arc FM, X mesurant la divergence apparente du point M relativement à l'arête d'excen- tricité, et x mesurant la divergence réelle; soient r et R les rayons du petit et du grand cercle. Concevons maintenant qu'un arc infiniment petit rdx situé en y, ait crû dans le rapport au. Un arc situé en /'à 180 de y n'aura crû que dans le rapport b:i,b étant nécessairement plus petit que a. Le grossisse- ment de chaque arc diminue sans cesse, à mesure qu'on s'éloigne du point y. a-\-b . . , , Supposons qu'il obtienne sa valeur moyenne au point p situé a go° de f : la différence entre chaque grossissement et la valeur moyenne aura sou maximum en y, sera nulle en />, et deviendra négative entre/? et y y elle suivra donc la marche d'un cosinus. Le grossissement de l'arc rdx peut donc a-\-b . a — b être représente par 1 cosx, cest-a-dire que lare rdx, en se transportant sur la circonférence extérieure, deviendra rdx f 1 cosx ]• Si nous nommons RdlL cet arc infiniment petit ainsi transporté sur la cir- conférence FM, nous aurons RdX = rdxf-^—-\ ■ cosx V et, intégrant par les formules connues de fï m. nous arrivons à jR=r- , X=xA — — ; s in x, J 2 a-f-b ou plus simplement X = x -f- « sin x (i) , en faisant ■ = e. Le coefficient e est constant dans la même tranche, mais il diminue à mesure que la tranche, faite de plus en plus bas, s'éloigne du point de dichotomie : ce même coefficient augmente au contraire avec le temps, à mesure que le rameau latéral se développe. Il ne serait pas sans intérêt dans la science de déterminer les lois de ces deux variations. Quoi qu'il en soit, en nommant d l'état de déve- loppement du bourgeon, l la longueur interceptée entre la dichotomie et la u • - j i r d d * d tranche, e sera une quantité de la forme «T, ou «7» ou «7»-, ou. genera- kment^-, * étant un coefficient d'excentricité propre à chaque végétal, m et n deux nombres que l'observation seule peut déterminer. La quantité e sin x représente la quantité dont le point M est dévié de sa position normale; mais dans la pratique x n'est pas connu, et les mesures di- rectes ne donnent que l'angle X. L'équation transcendante (1) ne pouvant don- ner x en fonction de X, on peut se contenter de remplacer esinx par e sinX, en négligeant les termes du second ordre. Si donc nous nommons p. le déplace- ment du point m , nous aurons fx = e sin M F , ou au besoin p- = e sin mf. Outre le bourgeon développé sur l'arête verticale passant par F ( fi g.. 4o ) , l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 33 concevons-en un second se développant sur Farète F de la même tige cen- trale : la déviation produite par ce bourgeon sur le point M se mesurera par l'expression e' sin mf, de même que , pour le premier, nous avons eu s sin mf. Tous ces effets doivent s'ajouter ou se détruire selon qu'ils se comptent dans le même sens ou dans des sens contraires, et l'on aura en général y. ■= e sin mf 4- e' sin mf -+- e" sin mf" -+-. . . , où il faut remarquer que les angles mf, mf' se mesurent à partir des arêtes d'excentricité et dans un sens constant, dex- trorsum par exemple, et que la déviation p. se compte aussi de la même manière à partir de m. Dans le cas particulier de bourgeons verticillés, on a et par une propriété connue des centres de gravité, l'on a sin rnf-^-sin mf'-\- sinmf... z=z o. Si des bourgeons alternes et en spirale se développent., nous n'avons plus , il est vrai , e = e' =z e".., , à moins que ces bourgeons ne soient géminés; mais les divers termes ne s'entre-détruisent pas moins en grande par- tie, et l'excentricité devient presque insensible. Revenant au cas d'un seul rameau latéral qui s'est développé au-dessus du point F, soumettons le lui-même à l'inégalité excentrique, et faisons naître sur une arête de ce rameau un rameau latéral de second ordre. Concevons que la tige centrale, se déjetant latéralement, cède sa place terminale à son rameau axillaire qui en pa- raîtra l'exacte continuation ; l'arête d'excentricité de celui-ci rencontrera quelque part, en F' par exemple, la tranche horizontale FMF'. La distance angulaire MF' sera égale à la distance qui, sur le rameau intermédiaire, exprime la divergence relative des deux feuilles-mères consécutives. Nous ignorons encore ici les lois que suivent, dans leur juxtaposition, les fibres descendantes d'un rameau à chaque changement d'axe: si la partie de l'axe intermédiaire comprise entre les deux feuilles- mères était extrêmement courte, on conviendra sans peine que tout a du se passer, comme si le second rameau .tvait pris naissance sur la tige cen- trale elle-même au-dessus du i oint F' : or l'allongement de la partie intermé- diaire doit seulement faire varier le coefficient d'excentrierté, que nous nomme- rons e : nous aurons donc encore n=e sin mf-\- e' sin mf (3), e' étant nécessairement plus pelit que e. Le résultat est le même que si le second ra- meau était né sur la tige centrale au-dessus du point F', en conservant intactes la distance qui le sépare de ce point, et sa force de développement. Dans la cime scorpioïde, les pédoncules successifs naissent alternativement sur les deux mêmes arêtes F et F' (fig. 4o). Ou aura donc, en vertu du dernier principe, p. = e sin mf-\~ e' sin mf -f- e" sin mf-\- e'" sin mf. . = (o-\-e" + e"".. ) sin mf-\-(e> -f e'". .) sin mf = E sin mf-j- E' sin mf (4), E et E' étant les coefficiens totaux sur chaque arête. Il faut remarquer ici que E+E' est nécessairement moindre que 1 : car, si tous les pédoncules successifs avaient pris naissance sur une même arête, on aurait eu \>-z=(E-{-E') sin mf; mais en nommant A le grossissement sur cette arête, B le grossissement sur l'arètc opposée, on a aussi p- = — — - smmf; donc E-4-E /= = < î. 11 A-f-B J ' A-j-B Si nous voulons obtenir un résultat unique applicable à tout le pseudothalle VIII. Botaï. — - Juillet. # 3 54 J • et A - bravais. — Disposition des inflorescences. d'un l>out ù l'autre, il faut supposer £ = E' ; ce qui revient à dire que, sur un pédoncule quelconque, l'effet excentrique produit par les pédoncules d'un bord est le même que celui produit par les pédoncules de l'autre bord. Je nomme li- gne médiane supérieure d'une cime scorpioïde , celle qui sépare à distance égale les deux séries de fleurs. Soit ? (fig. 4o) son point de rencontre avec la section faite dans le pseudothalle : soit S l a divergence ff' qui sépare deux feuilles-mères consécutives; on aura sin mf=z sin (ym-\-i/2 £ ), sin mf'=- sm Qf m — \\i £) : donc, par la formule (4), y.= aEcos 1/2 J sin y m (5). Dans cette formule , la ligne médiane supérieure est considérée comme point de dé- part des angles, et tous les points du pseudothalle tendent, par l'effet de l'ex- centricité, à se rapprocher de cette ligne. Soit D l'angle apparent qui sépare les deux séries de feuilles-mères, on aura \\iD — i/2^=2Ecos î/a J sin 1/2* r=Esi>»$, D — £= 2 E sin £ (6); tel est l'angle dont l'écartement angu- laire des deux séries de feuilles est augmeuté par l'effet de l'excentricité. II est évident que les deux séries de pédicelles oppositi foliés sont rapprochées de la même quantité; soit donc d leur angle apparent sur le pseudothalle; on aura S — d = 1 E sin 9 (7) : on déduit des deux équations (6) et (7), — (8) aE = ,i 8 ,MD-M )<9>' ce qui donne le moyen de conclure S et 2 E des mesures directes prises dans la nature. Que la cime soit scorpioïde par le développement du premier ou du second nœud, les résultats seront les mêmes; l'angle S sera seulement un peu différent : mais plus 9 différera de 90 , plus 2 E sin £, et par suite aussi la différence ex- centrique D — 3" , diminuera de valeur. Quant à la cime hélicoïde , sa formule d'excentricité se présentera sous la forme de l'équation (2), et comme les points/", /'.. , seront rangés en spirale, suivant la divergence S, l'excentricité sera la même que dans le cas des bourgeons al- ternes .1 ! spirale qui se développent sur une seule et même tige; c'est-à-dire ) = go — 1/2 £ : on déduit de là par les propriétés des triangles sphériques sin i/aa E± sin 1/3 e sèc \fa$ sin i = tang 1/3 e tar:g 1/2 i, mais comme les angles a, e, i sont très petits, on peut se contenter des équa- tions suivantes : a = e sèc. 1/2^(1) i =z 1/2 e tang 1/2 £ (2). Remettons actuellement chaque pédoncule à sa place ; faisons- les glisser les uns sur les autres , de manière que chacun d'eux vienne s'adapter à l'extrémité de celui qui le précède, avec sa longueur naturelle : si ces longueurs sont égales, le vrai plan d'enroulement sera celui qui les traversera tous daus leur milieu; par le fait il existe une diminution graduelle dans ces longueurs; mais on ne s'écartera pas de l'exactitude, en prenant pour plan d'enroulement celui qui passera par le milieu du pédoncule moyen. L'enroulement total de la cime est susceptible d'une mesure plus ou moins exacte; il suffit, pour cela, de placer le pseudothalle sur un plan (fig. 4i , moitié supérieure) , et de prolonger les lignes des pédoncules extrêmes jusqu'à leur rencontre : concevons qu'entre le pédoncule m M et le pédoncule Rr, il existe m passages d'un pédoncule à celui qui le suit ; il est visible que l'angle total, ainsi obtenu et divisé par m , don- nera l'enroulement partiel e : ainsi nous obtenons l'enroulement partiel en di- visant l'enroulement total par le nombre des changemens de pédoncules ; puis, par les formules (1) et (2) , nous avons les angles i et a. En résumé : i° l'inclinaison alternative des pédoncules est un fait aussi néces- saire que celui de leur enroulement, une conséquence de l'angle axillaire, et s'il est peu sensible à l'œil, c'est que l'inclinaison n'a pas un sens fixe qui la fasse augmenter sans cesse, comme cela arrive pour l'enroulement; a" la vitesse d'enroulement et l'inclinaison alternative sont proportionnelles à l'angle axillaire, et l'une de ces trois quantités ne peut croît; e ou décroître sans que les deux autres ne le fassent dans le même rapport ; 3° enfin l'on peut mesurer, par la for- mule (1), les variations de l'angle axillaire dans les divers végétaux à cimes scorpioïd es , ou, sur le même végétal , à diveiscs époques de sa floraison. On ne doit peut-être point dédaigner, dans l'étude des modifications de la force vitale, de semblables comparaisons rendues faciles par l'éti'de géométrique des végé- taux, et cette note ainsi que la précédente ne donnent même qu'une faible idée îles ressources que peut fournir ce mode d'étude au botaniste organographe. l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. 37 EXPLICATION DES PLANCHhS VH , VIII , IX , X ET XI DU TOME J. PLANCHE VII. Fig. 1. Cime hélicoïde à spire sinistrorse de Y Mstroemeria- revoluta : T tige centrale : i, bractée à l'aisselle de laquelle nait uu pédoncule : a , fleur qui termine ce pédoncule : 2 , brac- tée sous-florale de ce pédoncule, placée à gauche relativement à la bractée 1 : b,c,d , fleurs terminales des pédoncules ; 3 , 4 , 5, bractées sous-florales de ces pédoncules , chacune étant placée à gauche relativement à la précédente. Fig. 2. Cime hélicoïde dextrorse de X Hemerocallis fulva : T tige centrale; 1 bractée à l'ais- selle de laquelle nait le premier pédoncule de la cime : a point de dichotomie, où le second pédoncule se sépare du premier : a' la fleur qui doit plus tard se désarticuler et tomber, si elle ne fructifie pas : 2 bractée sous-florale de la. fleur a' , et bractée-mère du second pédon- cule , soudée avec lui dans une certaine étendue que figure la distance des lignes a et 1 : b, c, d, autres points de dichotomie; 3 , 4 , 5 , autres biactées pédonculaires plus ou moins sou- dées : d' , e', les dernières fleuri. Fig. 3. Coupe transverse d'un sertule à'Alhum Molj : 1 pédoncule de la première fleur d'une des deux cimes, née à l'aisselle de l'une des deux bractées qui , par le fait , composeut la snathe : 1,1', 1", succession des pédoncules d'une cime hélicoïde à spire dextrorse : 2 pédoncule de la fleur née à l'aisselle de l'autre bradée de la spathe ; 2, a', 2", suc- cession des pédoncules de la seconde cime,; les deux cimes se déforment plus ou moins en rentrant l'une dans l'autre. Fig. 4. Cime scorpioïde axillaire du Canna Indica ; Tt tige centrale; 1 bractée-mère du premier pédoncule de la cime : a fleur terminale de ce pédoncule : 2 bractée sous-florale de la fleur a, située à gauche de la bractée 1 : b fleur terminale du second pédoncule, axil- laire à la bradée 2 : 3 bractée sous-florale de la fleur b, ayant à son aisselle le pédoncule de la fleur c; cette bractée est placée à droite de la bractée 2. v Fig. 5. Epi distique d'un Giadïolus (permeabilis) : 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , bractées à l'aisselle desquelles naissent les fleurs : a , c , e , fleurs nées à l'aisselle des bractées 1 , 3, 5, et déje- tées du côté gauche de l'observateur : on a enlevé les fleurs b, d, qui sont a s i dé etées du côté gauche relativement à l'observateur : si les pédoncules de ces fleurs se soudaient avec l'axe central, chacun dans l'étendue d'un mérithalle entier, la fleur a deviendrait opposée à la feuille 2 , la fleur b le serait à la feuille 3 , et ainsi des autres, et de là résul- terait la fausse apparence d'une cime scorpioïde. Fig. 6. Rameau floral de Y Asparagus officinalis : r , 2 , 3 , 4 , 5 . , feuilles successives : p pédoncule filiforme avorté et endurci, né à l'aisselle de la feuille 1 ; a , a , fleurs dont les pédoncules, articulés dans leur milieu, naissent chacun d'un nœud vital du pédoncule^, l'un du côté droit, l'autre du côté gauche: b, b' , fleurs ayant une origine pareille dans l'aisselle de la feuille 2 ; b" troisième fleur qui se développé quelquefois et provient d'un nœud vital du pédoncule de la fleuri': 5,6, feuilles ne donnant plus naissance qu'à un seul pédoncule fertile, le second étant changé à son tour en fausse feuille 17,8, feuilles ne produisant plus que des pédoncules stériles : 9, 10, feuilles donnant naissance à des pédon- cules stériles au nombre de 4 , 5 , 6 dont la coupe transverse imite celle de la fig. 24 (pl.X). Fig. 7. Partie de l'axe florifère d'un Bananier; 1,2, 3, cicatrices des bractées engai- nantes à l'aisselle desquelles naissent les cimes de fleurs : p , p', pédoncules de ces fleurs cou- pés pour rendra la figure moins confuse : ces pédoncules forment deux rangées, l'une voi- sine de l'axe , l'autre voisine de la feuille-mère : p , p , pédoncules extrêmes de cette dernière série : p f , p' , pédoncules extrêmes de la série qui avoisine Taxe. PLANCHE VIII. Fig. 8. Cime scorpioïde axillaire du Sirclitzia Reginœ': T tige centrait- ; t prolongement 38 l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. terminal de la tige, caché sous 'la dernière feuille de la tige, ou spathe générale i : i , spa- the dont on a enlevé la moitié antérieure pour laisser voir le prolongement t et la bractée a : a fleur qui épanouit la première dans l'aisselle de la feuille r , et commence la cime unino- dale axillaire : a bractée née sur le côté gauche du pédoncule de la première fleur, et brac- tée-mère du pédoncule de la seconde fleur : b deuxième fleur née dans l'aisselle de la bractée 9 : c, d, e , pédoncules coupés des autres fleurs. Fig. 8 bis. Section transverse de la cime : i spathe ouverte : a section de l'ovaire de la première fleur: 2 bractée sous-florale de la première fleur : b } c, d, e, sections des ovaires des 2 e , 3 B ,4 e , et 5 e fleurs : /pédoncule d'une 6 e fleur avortée: 3 bractée sous-florale de la seconde fleur, née sur le côté droit du pédoncule; 4, 5, 6, 7, bractées sous-florales des 3 e , 4*, 5" et 6 e fleurs, situées alternativement sur les côtés droit et gauche de leurs pé- doncules respectifs : la gaine qu'elles forment est aussi longue que la spathe commune x. PLANCHE VIL (Suite.) Fig. 9. Fleur idéale d'un Linum , Rosa , etc., terminale à une tige, et dont l'estivation talieinale est quinconciale; m, n,p, feuilles supérieures de la tige, rangées en spirale dex- trorse suivant le système ordinaire : 1 premier sépale, séparé de la feuille p par une diver- gence égale aux divergences qui précèdent : a, 3 , 4 , 5, sépales successifs de plus en plus in- ternes, rangés suivant la continuation de la même spirale. PLANCHE VIII. {Suite.) Fig. 10. Coupe transverse des pédoncules d'un Géranium biflore, faite au poiot de di- chotomie : P pédoncule central : a troisième feuille du pédoncule : a' quatrième feuille du pédoncule, géminée avec la précédente : la spire qui va de a à a' est sinistrorse et se conti- nue de même dans le calice de la fleur terminale : p pédoncule latéral né dans l'aisselle de la feuille inférieure a : b première bractée latérale; b' seconde bractée latérale, géminée avec la précédente : la spire de ce pédoncule est sinistrorse, elle va de a en b, de b en b' et de là au calice de la fleur. ( C'est par erreur que le b supérieur de la fig. 10 a été accentué.) Fig. 11. Cime terminale de VJlsine média : 1 , a, 3, 4 , feuilles supérieures de la tige centrale, bigéminées, et suivant une spirale sinistrorse : a fleur terminale à estivation cali- cinale sinistrorse ; / rangée de poils située du côté opposé à celui où se déjète le pédi- celle de la fleur a, venant aboutir à l'aisselle de la feuille inférieure 1 : g gemme produit à l'aisselle de la feuille 1 ; la feuille supérieure de la gémination ou feuille 2 n'en produit pas ordinairement : r rangée de poils du mérilhalle précédent; ces rangées de poils forment entre elles une spire dextrorse qui va de r à r' : b fleur terminale au pédoncule né à l'aisselle de la feuille 4, et déjetée du côté de sa feuille-mère ; du côté opposé le pédoncule porte une rangée de poils: 1', a', bractées sous-florales , inégaiemeut fertiles : b' fleur terminale au pédon- cule né à l'aisselle de la feuille 5 et déjetée du côté de sa feuille-mère : i" et a" les deux bractées géminées du pédoncule. Fig. 12. Fleur axillaire d'une Légumineuse ( Cassia tomentosa ) , détachée avec son pédon- cule et sa feuille-mère : on a enlevé les organes internes de la fleur pour ne laisser que les épales : F feuille-mère; 1 et 2, cicatrices des bractées sous-florales qui souvent avortent; la bractée a est cachée derrière le pédoncule : 3, 4, 5, 6, 7, les cinq sépales rangés en estiva- tion quinconciale; le sépale 3 est presque exactement au-dessus de la feuille-mère; la spi-e est dextrorse. Fig. i3. Estivation de la corolle du Cercis Siliquastrum , lorsque l'estivation calicinale est dextrorse ; a et d pétales , qui dans les autres Légumineuses forment la carène : b et c les équivalens des ailes : e l'étendard placé en haut, du côté de l'axe ; cette estivation involutive ne diffère de l'estivation quinconciale qu'en ce que le pétale b est recouvert par d, au lieu de le recouvrir. Fig. i3 bis. Estivation involutive de la même corolle, lorsque l'estivation calicinale est sinistrorse ; le pétale b est encore recouvert par le pétale d. Fig. 14. Estivation du calice de Yllelleborus fœtidus ; les sépales , daus Je boutou , se re- l. et a. bravais. — Disposition des injït orescences. 3t) couvrent dans l'ordre de la spire génératrice, par suite de leur grande largeur; la spî; e est dextrorse. Les chiffres sont les numéros d'ordre des sépales considérés comme organes appeudi- culaires. Fig. 14 bis Même estivation avec un défaut de chevauchement ; 5 recouvre 4 au lieu d'eu être recouvert : malgré ce faux recouvrement , il est visible qu'on ne peut se tromper sur !a sens réel de l'estivation. PLANCHE IX. Fig. i5. Cime binodale hélicoide de V Ipomcea Bona nox : a,b, c, d, e,/, les fleurs successives, dont les calices seuls subsistent : D, D' , D", D" , dichotomies successives : 2' feuille-mère du pédoncule n de !a fleur c , soudée avec son pédoncule axillaire jusqu'à la dichotomie su- périeure D ,r : c'est une des deux bractées sous floralesde la fleur b; l'autre bractée sous-florale 1' est située derrière le pédoncule de la fleur b, à la hauteur de la dichotomie D' : 1'' bractée sous-florale inférieure de la fleur c : 2'' bracléesous-florale supérieure fertile de la fleur c\ elle se soude avec son pédoncule axillaire, et, au lieu d'être placée à la hauteur de la dichotomie D", elle est à la hauteur de la dichotomie D"'. La spirale qui va de 2' à 1", de 1" à 2" , et de a" aux sépales quinconciaux de la fleur c est une spirale siuislrorse -. 1, 2 , empla- cemens des bractées sous-florales de la fleur a ; on voit sur la figure la cicatrice de la bractée 1 : toutes ces bractées sont très caduques : m,n,p, segmens successifs du pseudoîhalle. La spirale que forment les bractées 2, a', a" autour du pseudothalle estime spirale dextrorse; les spirales de chaque pédoncule en particulier sont siuistrorses. Pour bien saws'r celte dispo- sition, il est convenable de l'étudier suç. la nature. Fig. 16. Cime binodale scorpioïde du Pétunia nyetaginiflora : a, b, c, d, «, f. fl iirs suc- cessives de la cime: a fleur terminale à la tige centrale; 1 , 2 , 3 , 4 , 5 ou M , les <-ir<: fsuillf supérieures de cette tige centrale : 5 ou M, feuille la plus élevée de la tige, celle à 1 : : sselle de laquelle va se développer un pédoncule axillaire : b fleur terminale du Aloncule axillaire à la feuille M : 1' et a' les deux bractées sous-florales géminées dé la fleur £; i' première bractée située sur la face gauche du pédoncule ; a' seconde bractée ou bractée supérieure, située sur la face droite : 3', 4' , 5', 6' , 7' les cinq sépales en estivation quinconciale, étranges dans l'ordre de la spire génératrice, laquelle est sinistrorse : c fleur terminale du pédoncule axillaire à la feuille a' : 1" et a" les deux bractées sous-florales : 1" est située sur la face droite, et a" sur la face gauche; ainsi la Spire de ce pédoncule est dextrorse : la fleur c est déjetée du côté de la feuille-mère a' : 1''', a'" bractées sous-florales de la fleur d : i 1T , a ,T bractées sous- florales de la fleur e : 2", a'", 2 ,T feuilles-mères des pédoncules des fleurs d, e,f: b, d, f, fleurs de la rangée de droite ; a, c, e fleurs de la rangée de gauche. {A gauche, lisez a" au lieu de 1 " .) Fig. 17. Coupe du pseudothalle de la fig. 16, à la hauteur de la feuille M : M coupe et inser- tion du pétiole de la feuille (fig. 16) ; m coupe du pétiole de la feuille %*• (fig. 16), supposé par la pensée déclinent jusqu'au point où est faite la section : M ; coupe du pétiole de la feuille a' (fig. 16), supposé être décurrent jusqu'à la section : la flèclu. indique le sens de ia spire du pé- doncule de la fleuri (fig. 16J; elle va de M à,»i, de m à M' ; de M' aux sépales: Iv représente une section du calice de la fleur f erminale b (fig. 1 6), rapportée sur la section principale, de ma- nière à conserver la position des sépales relativement aux bractées sous florales. Cette figure représente l'ensemble du système d'une fleur appartenant à la rangée de droite dans unecimu scorpioïde dont le nœud supérieur est fertile : M bractée-mère : m bractée sous-florale infé- rieure stérile : M' bractée sous florale supérieure fertile ;K les cinq sépales en estivation, quin- conciale. Fig. 18. (Pour bien comprendre cette figure , ainsi que les deux suivantes, il est convenable d'avoir bien saisi la fig 1 7). Section du pseudothalle d'une cime trinodale scorpioïde par le a m8 nœud, analogue à la section de la fig. 17. M bractée-mère d'un pédoncule dont la fleur appar- tient à la rangée de droite; m bractée sons-florale 11° 1 stérile; M' bractée W a, fertile; m' bractée n° 3> stérile; K les sépales du calice en estivation quinconciale. Fig. 19. Section analogue à celle de la fig. 17, représentant le calice et le système sous-flo- ral d'une fleur de la rangée de droite dans une cime scorpioïde uninodale : M bractée-mère du pédoncule de la fleur : M' bractée sous-florale uuique : K les sépales du calice en estivation quinconciale. Fig. 10. Section analogue à celle de la fig. 17 , représentant le calice et les feuilles pédon- eulaires, relatifs à une fleur appartenant à la rangée de droite dans une cime binodale sëdrpïcJîdé l\o l. et a. Bit a. vais. — Disposition des inflorescences. fertile par le nœud inférieur : M bractée-mère : M' bractée n° i sous-florale et fertile : m brac- tée n° 2 sous-florale et stérile : K le calice. Fig. ar. Coupe faite sur un même rameau ou pédoncule, avant et après son changement en rameau ou pédoncule excentrique :fmf section du rameau au moment où l'excentricité va se développer : FM circonférence de la section après ce développement :/ point où l'arête d'ex- centricité rencontrait le plan de la section : F arête d'excentricité, après le développement an bourgeon axillaire situé au-dessus du point F; M, P, F', ce que deviennent les points m, p,j\ par l'effet de l'excentricité. Fig. 12. Cime scorpioïde terminale du Cerintke minor : T tige centrale de la plante; m, M les deux feuilles les plus élevées de cette tige, que l'on a coupées près de leur insertion , pour mettre la cime à découvert : a fleur terminale à la tige centrale : b, d,J, fleurs successives de la cime, appartenant à la rangée de droite, et àestivation sinistrorse; c, e, fleurs successives de la rangée de gauche, à estivation dextrorse. La fleura et la tige ï qu'elle termiue ont leur spi- rale sinistrorse, comme la fleur b : a ', a", 2'" bractées-mères successives, coupées très près de leur insertion sur le pseudothalle : D première dichotomie ; la feuille-mère M est placée trop bas ; son pédoncule axillaire est soudé avec le pédicelle de la fleur a. D' seconde dichotomie; la feuille mère 1' est placée trop haut, elle est soudée avec son pédoncule axillaire ; le segment du pseudothalle compris entre D et D' reste privé de feuille, par suite de cette disposition : D" seconde dichotomie, la feuille-mère 1" relative à cette dichotomie est placée trop haut, elle est au maximum de soudure : les autres feuilles %"\ a" sont de même au maximum de soudure. Fig. a3. Cime scorpioïde aphylle de X Alchenùlla alpina, grossie : a,b,c } e, pédicelles cou- pés : a, c, e, g, i, fleurs de la rangée de droite : b, d, f, k, fleurs de la rangée de gauche : le pseudothalle est partagé en segmeus inégaux en longueur : le segment compris entre les inser- tions des pédicelles d et e est beaucoup plus long que les autres. PLANCHE X. Fig. a4. Coupe transverse d'une cime axillaire sessile du Lavandula Stœchas : 1 coupe du pé- doncule de la fleur centrale de la cime : 2 et a', pédoncules nés des deux nœuds sous-floraux du pédoncule 1 : F position de la feuille-mère du pédoncule 1 : q,q , positions des bractées- mères des pédoncules a et a', si ces bractées existaient : -*q, ï'q, lignes suivant lesquelles devraient être dirigés les plans de symétrie des corolles des fleurs 2 et a' dans les Labiées : a p, i'p lignes suivant lesquelles ces plans sont -dirigés par l'effet de la torsion : 3 pédoncule né d'un des deux nœuds sous-floraux du pédoncule a : 3' pédoncule né d'un des deux nœuds sous-floraux du pédoncule a'. Fig. 25. Coupe transverse d'une cime axillaire sessile d'un Lamium Uev'igatum 5 cette cime est une cime binodale scorpioïde double : 1 pédoucule central : 2, 2', pédoncules nés du pâdon- mle 1, axes de second ordre de la cime : 3,3', pédoncules nés des pédoncules 2 et 2', axes de troisième ordre : 4, 4', pédoncules nés de 3 et 3 ; . Fig. 26. Coupe transverse d'une cimeaxillaire sessile d'un Lamium amplèxicaule, pourmon- trer que la fleur 1 appartient à la série concentrique la plus voisine de la feuille-mère : 1, 3, 5 fleurs de la rangée de droite sur la cime partielle de droite : 2, 4, fleurs appartenant à la rangée de gauche dans la même cime partielle. Fig. 27. Coupe transverse d'une cimeaxillaire sessile du Malva s) Ivestris : F la feuille-mère: i pédoncule né à l'aisselle de la feuille F et muni à sa base de deux nœuds vitaux qui se déve- loppent : r rameau né du nœud vital inférieur du pédoncule 1 : a pédoncule né du nœud vital supérieur, muni à sa base de deux nœuds vitaux : r', 3, rameau et pédoncule qui naissent de ces deux nœuds vitaux; rO et 4, rameau et pédoncule nés des deux nœuds vitaux du pédoncule 3 : /•"' et 5, rameau et pédoncule nés des deux nœuds vitaux du pédoncule 4 ■" le rameau r ,lf est entièrement abortif. En enlevant les rameaux r, /•', / -// , r'", il reste les pédoncules i,a, 3, 4, 5 qui forment une cime scorpioïde simple, tont-à-fait analogue à la cime partielle de droite du Lamium amplèxicaule {kg. 2 5). Fig. 28. Figure idéale propre à représenter la manière dont se forme une cime binodale, distique, à nœud supérieur fertile, axillaire et contractée, comme dans le genre Statice. Coupe longitudinale suivant un plan passant par la feuille-mère: F feuille-mère; a fleur qui ter- mine le pédoncule né à l'aisselle delà feuille F : 1 première bractée sous-floralc de ce pédoncule. l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. (\\ adossée a la tigeT : 2 seconde bractée sous-florale, adossée à la feuille-mère F; b fleur née à l'aisselle de la bractée a : i' et a', première et seconde bractées du pédoncule de la fleur b, l'in- férieure 1' étant adossée contre le pédoncule a, la supérieure 2' adossée à la bractée-mère a : c fleur née à l'aisselle de la bractée a' ; 1 ", a", ses deux, bractées sous-florales. Fig. a8 bis. Coupe transverse d'une cime pareille biflore sur les Statice Tripteris et Limo- nium; F feuille-mère ; 1, 2, bractées sous-floralcs de la fleur a; a est très grand et engaine toute la cime ; i'. a', bractées sous-florales de la fleur b, transparentes : 2' avorte quelquefois. La bractée 1 est habituellement plus ou moins déviée de sa position normale, el sa déviation entraîne celle de toute la cime : mais on ne peut bien se rendre compte de ces variations que par de nombreuses figures, ou mieux encore sur la nature. Fig. 29. Ramification dichotomique d'une cime descendante directe du Ccrasllum arvense, supposée étendue sur un plan : s indique les pédoncules sur lesquels la spire génératrice est si- nistrorse ; d, ceux sur lesquels la spire génératrice est dextrorse. Les pédoncules nés du nœud su- périeur du pédoncule précédent sont exprimés par cette particularité qu'ils montent, en allant du côté droit, et plus verticalement; les pédoncules nés du nœud inférieur montent, en allant du côté gauche, et plus horizontalement : les pédicelles terminaux sont enlevés. Fig. 3o. Coupe transverse de la partie droite d'une cime axillaire du Dracocephalum Ca- nariense: 1 fleur centrale: 2 fleur née de la bractée sous -florale droite de la fleur 1 : 3, 3', fleurs nées des deux bractées sous-florales de la fleur 2 : 4 fleur née de la bractée sous-florale de droite de la fleur 3 : 5 fleur née de la bractée sous-florale de gauche de la fleur 4. Fig. 3o bis. Coupe transverse de la même cime plus développée : la fleur 3' fournit par sa bractée sous-florale gauche une fleur 4'. Fig. 3i. Coupe transverse d'une cime axillaire contractée du Monarda didyma : 1 fleur centrale : les lignes ponctuées indiquent la manière dont les fleurs successives naissent les unes des autres : 1, 2,3, 4,5, 6,7,8, 9, 10, 11, indiquent la cime partielle de droite dans son état normal : la fleur a fournit du côté droit une seconde fleur , opposée à la fleur 3, et qui est le commencement d'une cime scorpioïde partielle : la fleur 3 fournit du côté gauche une seconde fleur, opposée à la fleur 4 (du moins dans l'état normal), et qui commence une autre cime partielle : ia fleur 4 fournit du côté droit une seconde fleur, opposée à la fleur 5, et qui commence une autre cime partielle : la fleur 5 et les suivantes n'ont plus assez de puissance végétative, pour qus leur nœud vital sous-floral et de moindre développement fournisse une fleur: t, 2', 3', 4^ 5', 6', 7', 8', 9', 10', 11', 12' indiquent les fleurs de la cime de gauche : les fleurs 2', 3', 4' et 5' fournissent chacune, par leur nœud vital le plus faible, une fleur qui donne naissance à une cime scorpioïde partielle. L'état de coutraclion de la cime déforme puis- samment les positions normales des pédoncules. Fig. 32. Cime scorpioïde double, axillaire, du Symphitum officinale . T tige centrale : F feuille- mère : p pédoncule né à l'aisselle de la feuille F, mais soudé avec la tige centrale : a fleur ter- minale du pédoncule^? .• 1 et 2, bractées sous-florales du pédoncule p : on a coupé la bractée 2 pour laisser voir la cime; la fleur a est déjetée du côté de la tige T , et non vers la feuille-mère ¥ : b, c, d, e, fleurs successives de la cime partielle de droite; b', c', d 1 , e 1 , fleurs successives de la cime partielle de gauche : ces cimes sont aphylles. Fig. 33. Portion de la cime bipare ascendante directe du Nerium Oleander : t segment infé- rieur du pseudothalle : a fleur terminale du pédoncule t, à estivation dextrorse; 3 premier sépale de la fleur a : 1,2, les deux bractées sous- floral es, géminées : t' pédoncule né à l'aisselle de la bractée inférieure 1 ; b sa fleur terminale : b' fleur née à l'aisselle de la bractée supé- rieure 2', à estivation sinistrorse ; b' 1 et b'a, ses deux bractées sous-florales; la bractée b' y est masquée presque en entier par la bractée 2 : 1' et 2', les deux bractées du pédoncule t' : c' fleur née à l'aisse'le de la bractée 1', cachée derrière le pseudothalle : c fleur terminale , et 1", 2" les deux bractées sous-florales du pédoncule né à l'aisselle de la bractée t' : d' fleur néeà l'aisselle de la bractée a" ; d'i, d'2, ses deux bractées sous-florales, stériles : les fleurs b' t c' } d' forment autour dupseudolhalle une spire dextrorse : la fleur c est légèrement déjetée du côté de sa bractée mère 1' ; il en est de même pour les fleurs a et b. PLANCHE XI. Fig. 34. Cime du Vinca rosea y pareille à celle de la fig. 33 : la spire formée ici par les fleurs autour du pseudothall« est sinistrorse , et fuit une révolution en trois tours environ : a f b f c p l\i l. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. d, e, les fleurs terminales au segment précédent du pseudotlialle; la fleur d est à-peu-près au- dessus de la fleur a ; toutes ces fleurs sont extrà-axillaires , et déjetées notablement du côté de leur feuille-mère, bien plus que sur le Nerium; de plus elles sont sessiles, leur pédicelle étant très court; b', c', d', e'/f, les fleurs nées à l'aisselle de chaque bractée supérieure ; elles sont sessiles, ou à pédicelle très court , et dépourvues de leurs bractées soiis-florales qui avor- tent : elles fleurissent long-temps après leurs voisines. Fig. 35. Ramification dichotomique d'une cime bipare ascendante inverse du Ranunculus arvensis, analogue à celle de la fig. 29:$ indique les pédoncules sinistrorses , et d les dex- trorses : les pédoncules produits par chaque nœud supérieur sont à droite 5 ceux provenant du nœud inférieur, à gauche. Fig. 36. Estivation normale de la fleur supérieure ou terminale, dans une dichotomie de la cime du Pentstemon diffusum : 4 premier sépale adossé à l'axe du thyrse ; 5, 6, 7, 8, les autres sépales rangés suivant une estivation quinconciale dextrorse. Fig. 36 bis. Estivation dextrorse de la même fleur, anormale par suite du chevauchement accidentel du sépale 8 sur le sépale 6 ; il résulte delà l'apparence d'une estivation quinconciale sinistrorse, dont le point de départ serait le sépale 5 : c'est précisément l'estivation normale d'une fleur sinistrorse qui possède deux bractées sous-florales. Fig. 37. Estivation normale dextrorse de la fleur inférieure ou axillaire, dans une dichoto- mie de la cime du Pentstemon dijfusum : 3 premier sépale; 4 second sépale adossé à l'axe; 5, 6, 7, les autres sépales : c'est l'estivation normale d'une fleur dextrorse munie de deux bractées sous-florales. {Le numéro 3 a été omis dans la gravure.) Fig. 37 bis. Estivation dextrorse de la même fleur, anormale par suite du chevauchement de 7 sur 5 : il en résulte l'apparence de l'estivation normale sinistrorse d'une fleur à trois bractées sous-florales, les sépales allant dans l'ordre 4, 3, 7, 6, 5. {Même omission que dans la fig. 37.) Fig. 38. Cime géminiflore du Lonicera Xylosteum, et bourgeons accessoires supérieurs de cette plante : T tige centrale : F feuille de la tige; p pédoncule né à l'aisselle de la feuille mère F, et dont la fleur terminale avorte : b, b', les deux bractées de ce pédoncule : a, a' fleurs nées à l'aisselle de ces bractées : 1 bourgeon accessoire, le plus développé de tous, que l'on peut conce- voir comme provenant d'un nœud vital opposé à la feuille F et appartenant au pédoncule p : 2, 3, bourgeons accessoires de plus en plus petits, que l'on peut considérer comme étant des bourgeons accessoires inférieurs relativement au bourgeon 1:1' bourgeon accessoire fort petit situé entre 1 et le pied du pédoncule/?, et que l'on peut considérer comme étant un bourgeon accessoire supérieur relativement au bourgeon 1, et comme devant naître, par suite,j.enlre le bourgeon 1 et l'axe/? auquel le bourgeon 1 est ceusé axillaiie : nous'ne prétendons point que cette explication soit la seule bonne, mais pour le moment nous n'en connaissons pas de plus vrai- semblable. Fig. 39. Exemple de cime sériale pris sur le Gentiana lutea : T tige centrale ;/feuille-mère de la cime, rabattue, et dont on n'a représenté que la coupe : c cicatrice de la cime opposée qu'on a enlevée : a fleur centrale, dont le pédoncule fournit à sa base deux bractées plus petites que la bractée/.- chacune de ces bractées donne une cime sériale de 3 à 4 fleurs, que l'on a également enlevée : c* cicatrice de la cime sériale de gauche : a, b, c, d, e, les cinq pédoncules de la cime sériale, coupés à l'exception du premier : les péJoncules b et d sont déjetés adroite, les pédoncules c et e sont déjelés au contraire du côté gauche. Fig. 40 Coupe du pseudothalle excentrique d'une cime scorpioïde : F, F ; , les arêtes d'ex- centricité sur lesquelles naissent les feuilles fertiles : cp la ligne médiane supérieure :ff'f" m, coupe d'un pédoncule supposé non excentrique, pour montrer dans quel sens a eu lieu le plus graud grossissement. (Voyez Note première.) Fig. 41, 42 et 42 bis. (Voyez Not# deuxième.) j. f. tausch. — Observations botaniques. 43 Observatioiîes BOTANica:, auct. J. F. Tausch. {Flora i836,p, 385.) Apocynum purpureum T. a Gaule erecto, foliis ovato-ellipticis obtusissirais a retusis mucronulatis integerriniis glabris, panicula corymbosa , corollis tubu- a loso-campanulatis calyce quater longioribus (purpureis rauscicapis). » Cette plante envoyée à Prague du Jardin de Hambourg, est originaire de l'Amérique du Nord, et se trouve figurée dans Plukenet, Alm. 35, t. 260, fig. 4. Cette figure fut rapportée jusqu'ici à Y A. cannabinu m L., représenté ce- pendant par le même auteur t. 1 3, fig. 1. ISA. cannabinum a toujours été caractérisé d'une manière défectueuse par les auteurs; c'est ce qui engage M. Tausch a en donner la phrase suivante : « Foliis ovatis mucronatis margine a. revolutis subtus vix puberulis, cymis axillaribus terminalibusque folio bre- « vioribus, corolla calyce i/3 longiore. j> Dans VA. androsœmifolium les ci- mes latérales de même que les terminales sont plus longues que les feuilles. Le Vinca intermedia T. fut confondu jusqu'ici dans les jardins avec le V. minor ; il a les feuilles de celui-ci, tandis que ses e fleurs sont celles du V. her- bacea. Cestrum racemosum T. « Staminibus edentulis, racemis axillaribus ses- « silibus folium subaequantibus, pedicellis alternis bracteatis calycem obtuse- « dentatum subaequantibus, corollis tubo subfiliformi , limbi laciniis liuearibus « acutis conniventibus ( virescentibus), foliis oblongo-lanceolatis subrepandis « glabris. » Cette espèce se rapproche par la structure de sa corolle du C. pendulinum Jacq. , mais le tube de la corolle est plus long et plus étroit. Cestrum Plukenelii T. « Staminibus dentatis, fasciculis paucifloris axillaribus « pedunculo brevissimo villoso suffultis, calycibus corollseque limbo acutis , « foliis lanceolato-ellepticis utrinque acutis subcoriaceis glabris. » Pluk. phyt. t. g5. f. 1. Rapporté à tort par les auteurs au C. lauri folium. M. Tausch pense que le C. diurnum L. cité par Dillen.Elth. t. i54 f. 186 , est la même plante que le C. odontospermum Jacq. Schœnbr. t. 33 1 . Il émet un avis semblable sur les C noctumum L. Dill. t. 1 53. f. i85 et C. subero- sum Jacq. Schœnbr. t. 452. Cette espèce se distingue surtout par ce caractère : a Panicula terminalis magis minusve effusa », commme celle du C.Parqui Lher. La plante de Plukenet Alm. t. 64. f. 3 qu'on a réunie jusqu'ici au C. noctui— num devra former une espèce particulière, très distincte par ses feuilles oppo- sées. Ce dernier caractère la rapproche du C. oppositifolium Lam. dont cepen- dant elle s'éloigne par ses fleurs pédicellées. Nicotiana decurrens T. a Foliis ovatis undulatis basi attenuatis decurrenti- « bus viscosis , caule paniculato, corolla infundibuliformi fauce inflata, limbo « aequali 5 lobo acutiusculo (virescente) ». Celte plante ^est cultivée dans le 44 J - F - tausch. — Observations botaniques. jardin botanique de Prague sous le nom de N. alata, mais elle est très distincte de cette dernière espèce provenant du jardin de Berlin et présente plus d'affi- nité avec le N. Langsdorfii. Le Digitalis purpurascens Lindl. Digit. t. 20 , est très différent du D. purpurascens Roth ; il mérite par sa beauté de porter le nom de l'auteur de la belle monographie des Digitales. M. Tausch l'admet par conséquent sous le nom de D. Lindleyana. Sous les noms de D. fusco-punctata , tubiclosa et denticiir- lata, l'auteur décrit trois plantes qu'il considère comme espèces rfbuvelles et qui très probablement sont encore des formes hybrides de ce genre qui se prêle si bien à cette production. L'auteur convient lui-même, quant à la première de ces trois plantes qu'elle est née de graines, en même temps que le D. iutea. Lors- qu'on se rappelle les expériences intéressantes de Gaertner à Calwe, elles formes hybrides souvent fort divergentes des plantes-mères, qu'il est parvenu à pro- duire, notre supposition n'en deviendra que plus vraisemblable. Verbena scoparia T. ce Caule herbacco ramo.sissimo hirto adscendente , foliis ce ovatis lanceolatisve inciso-serratis, inferioribus hastato-auiiculatis » spicis ter- ce minalibus valde aggregatis longissimis hirsutis ». — Se rencontre dans les jar- dins , mêlé au V. lasiostachya Liuk. Sous le nom de Lantana involucrala , on rencontre dans les jardins une plante que M. Tausch appelle L. latifolia : cclnermis, foliis oppositis lato-ovatis a acutis subtus subcaneicentibus, capitulis axiilaribus pe.iunculatis folio brevio- cc ribus capitatis involucratis,involucris ovatis acutis, floribus (albis)brevioribus.» Une autre espèce de Lantana est cultivée à Prague sous le nom de L. scabrida Ait., dont elle est cependant différente. M. Tausch la nomme L. inconspicua : ce inermis, foliis oppositis lato-ovatis (subcordatis) acurainatis serra tis scabris , a capiudis axiilaribus pedunoulatis folium subaequantibus capitatis involucratis, ce involucris ovatis acutis : exterioribus capilulum œquantibus ». Flores albide- inum purpurascentes. En consultant le Species plant, de Liuné, on verra sans peine que le bota- tiste Suédois a compris sous le nom de Symphitum orientale le S asperrimum M. B. Il cite avec raison comme synonyme le S. orientale de Tournefort Gor. 7; mais c'estàtortqu'il y réunit leS. constantinopolitanum de Tournef.Cor. y,Voy. 11, p. 2 j3 f cum icon.,queReichenbach appelle S.iauricum et Hornemanu S.bul- latum. M.Tausch propose de conserver à h première plante le nom imposé par Bie- berstein et généralement reçu, et de donner à la seconde le nom de S. orientale L. avec la phrase suivante : ce Gaule ramoso foliisque hirsutis subtus subcanescen- ce tibus petiolatis, inferioribus cordato-ovatis , superioribus ovalis, summis sub- « sessilibus, racemis extra-axillaribus, calycibus campanulatis semiquinquefi- dis ». Le S. orientale Jacq. Ecl. t. 82, en est très différent et constitue proba- blement une espèce nouvelle (S. JacquinianumT '.).En outre deux espèces nou- velles se cultivent sous difféiens noms; l'auteur les décrit de la m inière suivante: S. borragineum T. : ce Caule ramoso foliisque sparsc hirsutis subintegerrimis « petiolatis, inferioribus cordato-ovatis, supcrioiibus ovatis, summis subsessi- j. F. tausch. — Observations botaniques. 4 5 « libus, racemis extra-axillaribus, calycibus cainpanulatis profuude quiuque- coideis involucro foliaceo elongatopatulo cinctis, ce achaeniis aequalibus compressis biaristatis. » —B. cannabinaT . ce Foliis tripar- ce titis, serratis, lacinia média pectinato-pinnalifida , caule stricto, pedunculis co- cc rymbosis, floribus discoideis involucro erecto brevioribus, achaeniis aequalibus ce biaristatis ». La seconde est représentée par Lœsel, Flora prussica ie. 5o. M. Tausch distingue du Silybum cernuum Gaertn. , une autre espèce à la- quelle il donne le nom de S. squarroswn\ de même il a trouvé encore mêlées; au Cirsïum scleranthum M. B. , deux plantes qu'il considère comme nouvelles et auxquelles il impose les noms de C. macrochœtum et supertextum. Haller,helv. t. 18. f. 1 représente un Cirsium dont les auteurs ne font point mention; par ses fleurs il se rapproche le plus du C. tataricum Spr. ; l'auteur lui donne le nom de C.Halleri. L'espèce nouvelle C. lœvigatuml . , du jardin botanique de Prague, se rapproche par les fleurs du C tataricum Spr. , et par les feuilles du C. serra tu loide.t Spr. Le C. virgatum T, est né de graines venues de la Crimée : il est voisin du C. heterophyllum AU. Une dernière espèce du même genre, indiquée par l'auteur est le C. angulosum T. Il se rapproche de la va- riété caulescente du C. acaule , mais ses feuilles au lieu d'être simplement ses- siles sont embrassantes en forme de cœur. Sous le nom de Cardamine macrophylla Willd. , les jardins nourrissent 3 plantes appartenant toutes au genre Dentaria, et nommées par l'auteur D. Gme- Uni (Gmel. sibir. 3. p. 269. t. 62), Willdenowii et Isucanlha. Le Cardamin* mtigera T. se trouve dans l'herbier de Schmtdt, sans indication de localité et 46 3. f. tausch, — Observations botaniques. sous le nom de C. parviflora ; voici la phrase que l'auteur- en donne : « Caule « subfiliformi setuloso, foliis pinnato-sectis 3-4-jugis foliolisque longe petiola- « tis, iisque subcordato-rotundis rotundo-angulalis supra setis rigidis substrigo- a sis, summis ovatis inciso-dentatis, petalis oblongo-linearibus calyce rnajoribus, « siliquis linearibus elongatis stylo longiusculo terminatis erectis. » UArabis colorata T. du jardin de Prague est voisin par son port de Y A. stricto. Huds. lequel cependant s'en distingue par ses siliques dressées et épaisses, et de Y A. procurensW.K. qui s'en éloigne par les rejets rampans, parles feuilles de la tige plus rapprochées et entières, et par les fleurs de grandeur double. Sous le nom d'Arabis stricta, Sieber publia sous le n. 212 de son herbier d'Autriche une plante du Mont Schneeberg en Autriche, que Reichenbach a admise sous le même nom dans son Flora excursoria. Elle doit former une nouvelle espèce à définir ainsi : A. Sieberi T. Caule simplici , foliis subdentatis pube ramosa plus « minusve hirtis ciliatisve, radicalibus spathulatis, caulinis oblongis sessilibus « corymbo conferto multifloro, pedicellis calycem aequantibus, petalis lineari- « oblongis ,siliquis linearibus erectis stylo brevissimo apiculatis ». Par son port , cette plante ressemble beaucoup à YA.pumila Jacq. dont elle diffère par les fleurs très petites , par les pétales linéaires oblongs, par les siliques étroites et par les graines non munies d'un tord. Elle s'éloigne de Y A. stricta Huds. Villars Dauph. t. 38, parle corymbe à fleurs peu nombreuses et éloignées les unes des autres, par les pédicelles munis de bractées, par les fleurs de grandeur double, parles siliques du double plus larges , beaucoup plus longues et terminées par un style épais, très court, enfin, surtout par les pédicelles du fruit épaissis. TJA. sudelica T. Plantae sélect, fi. boh. , espèce rare dans les vallées des Su- dètes, se rapproche des A. hirsuta et sagittata DC, mais sa tige est simple, lisse; ses feuilles sont luisantes à base plus évidemment cordée-auriculée, par la grappe des fleurs plus grande et plus longue à cause des pédicelles allongés, par les fleurs constamment plus grandes et par les pétales en forme de coing oblong. La grappe des fleurs est droite. L'auteur décrit quelques nouveaux Erysimum: YE. chidopodum T., du jar- din, voisin de YE. sessiliflorum ; YE. longirostreT . également du jardin se rap- proche de YE. cuspidatum; YE. brevirostre T. ressemble à YE. mrgatum DC, appartient par ses fruits au groupe desSyrenia, dont il fait le passage aux véri- tables Erysimum par son style raccourci. L'E. stœchadifolium T. fut apporté de Sicile parle docteur Helfert : « Caulibus cespitosis i foliis anguslissime linea- « ribus integerrimis strigoso-incanis subsericeis, petalorum unguibus calyce « longioribus , lamina oblonga, siliquis incanis appressis stylo crasso latitudinem « siliquae bis superante terminatis >>. L'E. macranthum T. rapporté des Alpes par Sieber : « Caulibus cespitosis simplicibus, foliis linearibus integerrimis «pube brevissimastrigoso-scabris, radicalibus dense rosulatis reflexis, caulinis « confertissimis apice recurvatis , unguibus petalorum calycem multo exsupe- «rantibus, laminis orbiculato-obovalis, siliquis erectis stylo longiusculo sub- « filiformicoronatis».La plante présente de l'affinité avec YE. lanceolatumVC. j. f. tausch. — Observations botaniques. 47 Halimolobus , genre nouveau , fondé sur deux Crucifères des jardins bota- niques que l'auteur déclare ne savoir ranger dans acucun des genres admis jus- qu'ici. — « Calyx basi œqualis subpatens deciduus. Petala minima abscondita. « Staraina tetradynama libéra et edentula , quatuor calyce longiora. Siliqua ses- « silis linearis teres torulosa , stylo longiusculo tenuissimo subulato terininata, ce septo membranaceo bilocularis , utrinque dehiscens, serainibas uniseriatis no- « torhizeis.'-Herbae babitu fere Alyssi distinctissimae, totae pilis stcllatis tectae ci- « nerascentes. Caulisrâmosissimus. Flores minimi confertissiini. Corymbi fructi- « ficantes densissimi rainosi (aut potius compositi dicendi). Genus ut videtur « Andreoskiae proximum. » H. patula T. « Caule ramosissimo siliquisque erecto-patulis, foliis inlcrioribus « sinuato-dentatis, superioribus integerrirais ■v.Sisymbrium polyslachyum hort. H. stricta T. : ce Caule ramosissimo stricto, siliquis erectis, foliis omnibus denti- colatis ». Arabis lasioloba hort. h'AZthionema FischeriT. , probablement originaire de la Sibérie, fut envoyé par Fischer : « Siliculislaxe racemosis bilocularibus 1-2 spermis obovatis utrin- « que emarginatis margine alato integerrimis, petalis calyce duplo longïoribus. L' Aï th. Beyrichii T. envoyé de la Perse par Beyrich : ecSiliculis stricte erectis ce bilocularibus î-s-spermis apice divergenti-emarginatis, margine alato inœqua- cc Hter inciso-dentato. » Sous le nom de Callistemon rigidum on cultive à Prague une plante voisine du C. pinifolium DG. : l'auteur la nomme C acerosum et en distingue la der- nière espèce par les feuilles plus courtes, plus étroites, arrondies-subulées, tra- versées à la partie supérieure d'un sillon très petit, par les calices lisses et par les fleurs jaunes-verdâtres, tandis qu'elles sont écarlates et à calice velu dans la nouvelle espèce. Le Melaleuca tenuissima est appelé dans les jardins M. ericifolia. Cette dernière espèce qui a pour synonyme le M. nodosa Sieber herb. Nov. Holl. , s'en distingue au premier coup-d'œil par les branches et les feuilles raides et dressées, par les fleurs disposées en épi terminal ovale-oblong. Dans ses Plantae selectae fl. bohem., l'auteur a publié un S te llaria nouveau dont il donne les caractères : St. linoides : ce Caulibus cespitosis erectis tetrago- cc nis , foliis-lanceolatis glaucis basi ciliatis, pedunculis subterminalibus aggre ce gatis, petalis calyeem œquantibus». Elle est voisine du St. aquatica Poil, et se trouve snr le bord des ruisseaux dans les Sudètes. * Le Sagina cerastoïdes Soi. est a ajouter à la Flore française, Siéber l'ayant rapporté de Corse , mêlé au S. procumbens. Le Papaver nudicaule L. présente, quand on le cultive, des capsules lisses et d'autres couvertes de poils ; leur forme varie également. Une variété de cette plante présente des fleurs couleur orange; et c'est ici qui se rangera probable- ment, le P. miniatum Reichb. Le P. caucasicum, obteuu de graines, donna également des capsules lisses et d'autres couvertes de petites soies. On se rap- pelle d'ailleurs que le P. Argemone se présente également, dans les champs, a 48 j. F. taiîsch. — Observations botaniques. capsules lissf s et hérissées. M. T. fait encore remarquer qu'il a reçu des graines des capsules de Pœonia officinalis L. ( peregrina D. G. ) entièrement lisses et qu'il a trouvé un pied d'Astragalus arenarius à gousses dépourvues entière- ment de poils. Le Corydalis lutea, Siéber, herb. austr., de Montcfalcone, paraît différent du C. lutea., Pers :les feuilles en sont lisses et luisantes des deux côtés : les siliques du moins, lorsqu'elles ne sont pas encore mûres, sont au moins 4 fois plus courtes que les pédicelles. M. Tausch pense que, sous le nom de Cistus laurifolius L., il se trouve deux espèces distinctes; il appelle C Jloribundus une plante que Siéber a rapportée de France, sans qu'on puisse cependant dire si elle est spontanée ou cultivée. Elle a des pétales entièrement blancs et son ovaire est couvert de longs poils blancs. La plante qui se trouve dans les jardins, sous le nom de C. longifolius Lam. ne convient nullement avec la description que Lamarck donne de cette plante r elle se rapproche le plus du C. laurifolius et reçoit le nom de C. grandiflo- rus, T. Sous le nom de C. viscosissimus , l'auteur indique la plante qu'on ren- contre dans les jardins, comme C. purpureus £ albiflorus ; elle se rapproche le plus du C. monspeliensis, L. qui s'en éloigne cependant déjà par ses feuilles ses- siles à trois nervures. — C'est à tort que De Candolle réunit dans le Prodrome le C. capensis, L. au C. laxus Ait.; ce dernier pourrait être rapporté comme var. undulatus au C. hirsutus Lam. Ce qu'on trouve au contraire fréquemment dans les jardins, sous le nom de C. populifolim, pourrait fort bien être le C. ca- pensis, L. \J Acacia lunala, Sieb. Nov. Holl. n. 46i, diffère de la plante cultivée sous ce nom , à laquelle l'auteur donne le nom de A. falcinella, — L' A. spaihu- lata T. se rencontre dans les jardins comme variété de VA. Ion gif u lia ; elle s'en éloigne par les phyllodes très larges et obtuses, portant sur le bord, à leur partie inférieure, des traces de glandes; par ses épis plus rapprochés, d'un jaune pâle et par les ovaires blancs et laineux. — ■ L' A. crassiuscula Wendl. est différent de la plante du même nom, dans l'herbier de la Nouvelle-Hollande de Siéber, n. 464: celle-ci devra porterie nom de A. Sieberiana T. Sous le nom de Psoralea spicata L. , on trouve dans les jardins deux plantes dont l'une du jardin deKew, convient à la phrase de De Candolle Prodr.; l'autre est plus voisine du P. bracteata L. et reçoit le nom de P. parviflora T. Le Gladiolus marmoratusJT. fut rapporté du Cap de Bonne-Espérance par Ecklon. « Spica secunda imbricata multiflora , spathis flores œquantibus, corollœ « riugentis (punctatissimœ) laciniis obtusis : 3 superioiibus sequalibus erectis , « inferiore mediœ lateralibus majori, foliis ensiformibus abbreviatis ». La plante que les jardins de la Hollande ont sous le nom de Gladiolus florihund us ( non Jacq.) est décrite sous celui de G. flabellifer T. Le Crinum odoratissimunij T. est cultivé dans les jardins de Prague sous le nom de C. erubescens., dont il diffère par la grandeur de toutes ses parties , par- les lanières du périgone larges, lancéolées et non linéaires-lancéolées, par les éta- j. F. TA.USCH. — Observations botaniques. 49 mines plus courtes que le style. Une autre espèce nouvelle du même genre, le C. inodorum, T. se cultive sous le nom de C. americanum. Sous le nom de JLuzula maxima D. C. on rencontre deux plantes distinctes; celle que l'auteur regarde comme nouvelle se trouve dans l'herbier d'Autriche de Sieber, ( L. maxima angusiifolia) et reçoit le nom de L. SieberiT 9 Les lanières de son périanthe sont ovales , mucronées et plus courtes que la capsule. Sous le nom de Potamogeton setaceus, L. l'auteur a publié dans son herbier de la Flore de Bohême, une plante qui pourrait très bien porter ce nom linnéen; mais comme le botaniste suédois a compris sous ce nom probablement le P. densusj P. anguslifolius j M. Tausch propose pour sa plante celui de P. condy locarpus : foliis lineari-setaceis uui-nerviis basi stipulatis, spica pauci- « flora, fructibusverrucoso-tricarinatis ». Hab. in fossis stagnantibus Bohemiae.» Les jardins de Prague possèdent sous le nom de Pothos acaulis , Jacq. trois plantes différentes : i° le P. acaulis Jacq. Am. t. 1 53; 2° le P. brachipodus T. que l'auteur croit avoir de la Martinique, par Sieber ; et 3° le P. longifolius T. qui se rapproche beaucoup du P . crassinervius. — Le P. Scolopendrium Hort. que Sprengel réunit au P. acaulis en paraît différer par les feuilles exacte- ment lancéolées à veines bien plus ascendanles. Enfin, sous le nom de P. oblon- gifolius Hort. on rencontre deux espèces distinctes que l'auteur appelle P. oblon- gifolius et erythrurus. Sieber rapporta probablement d'Aquilegia sur le littoral autrichien le Cype- rus procerus, Rotb. mêlé au C. Monti L. Les botanistes autrichiens , pourront le chercher de nouveau. Sprengel rend le C.prvcerus méconnaissable par le nom j bre de synonymes qu'il y réunit; il y rapporte même le Oyp. elongatus Sieber, Herb. Mg. qui par son chaume rond appartient à une autre section. VOs- munda regalis du Midi (d'après un échantillon de Corse) paraît différer de VO. regalis du Nord. L'auteur lui donne le nom de O. Plumieri ( Plum. fil. 35. t. O. fïg. 4.) : « Pinnae sub-i3-jugae cum impari , pinuis angustis valde « elongatisvenistenu ioribus et valde confertis ethincetiam densissime serrulatis.» Enfin, sous le nom de Pteris aquilina il existe deux plantes qui, d'après les ca- ractères spécifiques adoptés par les auteurs modernes, doivent nécessairement être distinguées : P. aquilina : a fronde tripartita, partitionibus triangularibus paîen- cc tibus subtriplicato pinnatis, pinnulis lanceolatis subfalcatis basi subconfluen- « tibus, stipite elongato ». La meilleure figure en est donnée parFuchsius Hist. 596. P. brevipes Tausch, Heib. fl. Bohem. : ce fronde oblonga triplicato-pinnata, « stipite multoiies longire, pinnis oblongis erectis bipinnatis sessilibus basi auri- « culato-decussantibus, pinnulis ovatis discretis. » X III. «OTAN. —Juillet, 5o hugo mohl. — Métamorphose des anthères. Sur la. métamorphose des Anthères en Carpelles, Par Hugo Mohl. (i) Professeur de botanique à Tubingen. Il n'existe plus guère de doute chez la plupart des botanistes de nos jours sur le fait que les étamines sont nées par une méta- morphose des feuilles. C'est Goethe qui le premier exprima cette vérité. Robert Brown , De Candolle, Rœper et d'autres savans, l'ont admise; ils diffèrent seulement entre eux dans la manière d'expliquer le phénomène. Un petit nombre de botanistes, tels que Agardh et Endlicher, ne considèrent point les anthères comme des parties purement appendiculaires, mais ils admet- tent que le système axillaire prend part à leur formation et qu'elles sont par conséquent formées d'un rameau muni d'une paire de feuilles. De même que dans le plus grand nombre des cas, l'examen des monstruosités aidera mieux à résoudre les doutes qui se pré- sentent ici , que ne pourrait le faire celui de fleurs régulière- ment développées. Car dans ces dernières il n'arrive que rare- ment, comme par exemple, dans les pétales et les étamines du Njmphœa, qu'un passage successif d'un organe à l'autre se pré- sente : ce passage se fait le plus souvent subitement et pour le retrouver il faut avoirrecours'àdes raisonnemens souvent trom- peurs, basés sur les analogies; quelquefois même on se voit réduit à deviner la manière dont ce passage doit s'opérer. Dans les fleurs monstrueuses, au contraire , [il existe souvent un re- tour d'un organe à celui qui le précède et des formes intermé- diaires nombreuses, s'approchant tantôt de l'un, tantôt de l'au- tre des deux organes, permettent de reconnaître le passage successif d'une forme à l'autre. Ces faits permettent non-seule- (i) Ce Mémoire, inséré dans le Flora oder Dotanischc Zeitung pour 1 836 , a été traduit 4e l'allemand par M, Buchinger. hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 5i ment à celui qui les examine de se les expliquer d'une ma- nière satisfaisante, mais il peut encore s'en servir pour cou- vaiucre les autres de leur vérité. Ce sont les monstruosités qui, depuis le temps de Linné, ont fourni aux auteurs les faits les plus importans pour le développement de la théorie des méta- morphoses; et on peut, sans être taxé d'exagération, affirmer que, sans l'examen des fleurs monstrueuses, la sagacité de l'homme aurait difficilement été à portée de trouver la véri- table route pour l'explication de la structure des fleurs. Encore aujourd'hui, ce sont les monstruosités qui nous dirigent dans l'examen des phénomènes morphologiques. Je n'ai point la prétention d'examiner à fond, dans le pré- sent travail, la théorie sur l'origine et la structure des anthères et des carpelles. Je me bornerai à décrire quelques faits où des anthères furent changées, soit en partie, soit entièrement, en feuilles carpellaires et j'ajouterai quelques conclusions que m'ont fournies ces monstruosités sur la structure des an- thères. Pour ne point perdre de vue les principaux points qui peuvent trouver leur explication dans l'examen de ces mons- truosités , il ne sera pas hors de propos d'en faire précéder la description par les principales théories exposées par les au- teurs sur la structure des anthères. Goethe {Versuch die métamorphose der Pflanzen zu erklâren 1790. p. 3i ) déduisit des nombreux passages de pétales en étamines une relation tellement intime entre ces deux or- ganes, qu'il exprimait l'avis que tout son travail sur la méta- morphose pourrait être regardé comme superflu, si l'affi- nité des autres parties sautait autant aux yeux que dans les deux organes en question. Il exprima l'opinion que le change- ment du pétale en étamine se fait par une contraction et une subtilisation , comme on n'aura pas de peine à s'en convaincre dans le Canna ainsi que dans les fleurs doubles de la Rose et du Pavot. Dans ces plantes une partie du pétale se contracte et présente une callosité (l'anthère), tandis que le reste du pé- tale se resserre en un filet. Goethe explique cette transfor- mation par une contraction des vaisseaux spiraux, auxquels il 4- 5a hugo mohl. — Métamorphose des anthères. attribue la faculté de produire les organes sexuels des plantes, comme ils en produisent toutes les autres parties. Il regarde ces vaisseaux spiraux des étamines, comme raccourcis à la ma- nière du ressort ; il admet qu'ils ne peuvent point se dilater ni s'anastomoser, ce qui fait naître un simple filet. Les vaisseaux se terminent entre les membranes de l'anthère ; c'est d'eux que sort le pollen entièrement développé, dont les grains ne sont que des vaisseaux contenant un suc extrêmement fin. On reconnaîtra d'abord que cette explication sur l'origine des étamines et du pollen est contredite par les résultats des auteurs modernes sur la structure et l'origine des vaisseaux spi- raux autant que par ceux qui ont rapport à la naissance des graines du pollen. L'explication de Goethe n'explique donc point le procédé par lequel le pétale se change en étamine. Robert Brown ( sur le Rafflesia > in Lin. Soc. Transact. t. xni ) entreprit de donner une explication plus satisfaisante de cette métamorphose en comparant la structure du carpelle à celle de l'anthère. A cet effet il admet que dans les anthères de même que dans les ovaires, l'origine de leurs parties essentielles, c'est-à-dire du pollen et des ovules, s'opère sur le bord de la feuille métamorphosée; c'est par là qu'il explique pourquoi l'an- thère normale est aussi régulièrement biloculaire que les ovu- les du carpelle sont placés sur deux rangées. Chaque loge de l'anthère se trouve divisée iongitudinalement par une masse charnue (ou réceptacle) à la surface ou dans les cellules de la- quelle se forme le pollen. Les deux organes diffèrent d'ailleurs essentiellement, en ce que dans l'anthère les vaisseaux n'exis- tent qu'en petit nombre, et que le pollen se forme dans l'in- térieur d'un tissu cellulaire dépourvu de vaisseaux ; dans l'o- vaire au contraire , les vaisseaux existent, distribués très irré- gulièrement, lts principaux d'entre eux occupant les bords de la feuille; les ovules sont produits à la surface de cet or- gane sur des ramifications latérales des faisceaux vasculaires. Cette production marginale des ovules se présente surtout d'une manière très évidente dans les monstruosités où les éta- mines se transforment d'une manière plus ou moins complète,, en pistils, par exemple, dans le Sempervivàm teciorum. hugo MOiiL. — Métamorphose des anthères. 53 Roep^ç ( Enumeratio Euphorb.) p. 44 et Ernest Meyer ( de Houlthuynia p. 23) se rangent à l'opinion du botaniste anglais. Le premier admet que les anthères naissent de la feuille, qu'il ne persiste que la nervure médiane de cette dernière dont les nervures latérales s'évanouissent , et que, par un excès dans la production du parenchyme, les moitiés latérales delà feuille s'enflent et se remplissent de granules polliniques (parenchyme métamorphosé)? Les sillons suivant lesquels les anthères se fendent sont considérés par Rceper comme les bords des feuilles, et cet auteur admet que leur position introrse doit être compa- rée à la vernation des feuilles. De cette manière, comme il l'a lui-même publié plus tard, il créa pour la seconde fois une théorie établie trois années auparavant par Cassini (Opusc. phytol. t. n. p. 549) et restée inconnue en Allemagne; car Cas- sini considère aussi le pollen comme une modification du pa- renchyme de la feuille, la suture des anthères comme les bords des feuilles, la cloison entre les deux logettes (1) de chaque loge de l'anthère comme le reste d'une partie du parenchyme de la feuille non changé en pollen. Bischoff (Lehrbuch der Botanik, t. 1. 334) explique l'ori- gine de l'anthère d'une manière semblable, avec cette diffé- rence cependant dans un point très important , qu'il n'admet pas la suture de l'anthère comme née du bord de la feuille, mais qu'il croit que de chaque côté de la nervure médiane les deux logettes se développent sur la surface supérieure de la feuille , intérieurement à son bord. A l'opinion exposée jusqu'ici vient s'en opposer une qui prend dans un sens plus vaste la comparaison des anthè- res et des carpelles r en ce qu'elle considère l'anthère comme un organe absolument analogue au carpelle et qui admet que l'anthère se forme de la feuille par l'involution des bords de la feuille, qui, s'appliquant contre la nervure médiane, forment (1) Comme il n'existe point en français de terme pour désigner les deux petites loges dont se compose chaque loge d'un anthère , nous emploierons le mot logette pour désigner ces subdivisions des loges qu'on observe dans chaque anthère régulièremeut développée, {Noie des rédacteurs.) 64 hugo moiil. — Métamorphose des anthères. des deux côtés de cette nervure une loge destinée Recevoir le pollen. Robert Brown n'admet, au contraire, la comparaison des anthères avec les carpelles qu'en tant que la production d'ovules et de pollen s'opère sur un certain point de la feuille. L'opinion émise par Rœper et par Engelmann que Ro- bert Brown aurait été de l'avis exposé en dernier lieu , ne me paraît pas fondée; du moins je ne connais aucun passage des ouvrages de Robert Brown qui puisse être interprétée en fa- veur de cette théorie. De Candolle, au contraire, est décidé- ment de cet avis (Organog. vég. t. i. p. 465. 55a). Il ne voit point, il est vrai , comme Turpin dans la cloison deslogettes un organe absolument analogue à un placenta, ce qui engagea Turpin à donner à cet organe le nom de trophopollen ; mais il regarde comme vraisemblable que les grains du pollen furent attachés d'abord à la paroi de l'anthère , et il considère l'ana- logie des anthères et des ovaires comme assez grande, pour que les anthères contiennent quelquefois, dans une de leurs moitiés, des ovules au lieu de pollen. De Candolle n'est point revenu sur cette opinion dans sa Physiologie Végétale, t. h. p. 354 ■> quoique à l'époque où il composa cet ouvrage les recherches de Brongniart fussent depuis long-temps pu- bliées. Engelmann (de Antholysi prodromus , p. 6o) et. quelques autres émettent la même opinion sur l'origine des anthères par suite d'une involution des bords de la feuille. Une troisième opinion sur l'origine de l'anthère est due à Schultz (Die natur der lebenden Pflanz* ?, t. u p. y3) qui con- sidère leur structure comme très facile à expliquer : deux val- ves cellulaires, formées par les angles saillansdes bords du filet se réunissent, selon cet auteur, par une suture longitudinale, pour donner naissance à la cavité qui renferme le pollen; c'est pourquoi chaque anthère ne saurait avoir plus d'une ou de deux loges. Des opinions entièrement différentes, rappelant quelque peu la théorie exposée .par Linné ( Prolepsis plantarum) , furent émises par Agardh quand il expliqua la formation des éta- huoo mohl. — Métamorphose des anthères. 55 mines. Il ne voit pas dans les étamines des feuilles métamor- phosées, mais des bourgeons libres placés dans l'aisselle du calice et des pétales (Organogr. der Pflanzen, p. 33 1. 378. 43o). L'anthère est originairement quadriloculaire, deux loges formant une thèque. De même que l'ovaire représente le bourgeon terminal d'un rameau, de même l'étamine représente un bourgeon latéral.]Agardh reconnaît l'identité primitive des éta- mines et des pistils, non-seulement parce que ces deux organes sont nés de bourgeons, mais encore particulièrement par la présence d'un corps celluleux dans les anthères à leur pre- mier âge, par le changement des grains polliniques en se- mences, par celui des étamines en pistils et des pistils en éta- mines. La structure biloculaire de l'étamine s'explique par celle du pistil; or, dans celui-ci le nombre binaire des carpelles est un nombre normal: c'est pourquoi les étamines, en leur qua- lité de fruits latéraux avortés doivent être biloculaires. Agardh admet que la marche progressive est évidente dans la méta- morphose du bouton de fleurs en étamine dans les fleurs ra- diées du Centaurea, dans les nectaires de X Helleborus et du Trollius qui évidemment se transforment en étamines. En re- vanche il ne regarde que comme apparente la métamor- phose de l'étamine en pétale et la compare à la formation des fleurs ligulées dans les Synanthérées , aux rameaux foliacés du Ruscus, des Acacia de la Nouvelle-Hollande, etc. Dans un tra- vail publié un an avant son Organographie (Essai sur le déve- loppement intérieur des plantes , p. 89) , Agardh avait publié une exposition détaillée, sous certains rapports, de sa ma- nière d'envisager la structure des anthères. Il y considère les deux loges de l'anthère comme deux feuilles; la suture lon- gitudinale par laquelle l'anthère s'ouvre correspond à la ner- vure médiane des feuilles. Dans ce travail il revient sur l'opinion qu'il avait émise antérieurement sur la structure du pollen [Essai de réduire la physiologie végétale à des principes fondamen- taux , p. 28) d'après laquelle les grains polliniques corres- pondraient aux ovules et seraient des folioles involutées. 11 ad- met au contraire que ces grains naissent, comme les cellules des feuilles et comme les granules des TJredo , de petits granules 56 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. nageant clans un liquide visqueux et s'agrandissant successi- vement. Dans son Organographie il semble qu'il admette de nouveau une métamorphose des grains polliuiques en ovules. La théorie d'Agardh trouva un partisan d'une grande au- torité dans Endlicher (Linnœa, t. vu, p. 124). Ce dernier savant considère également l'étamine comme une formation axillaire qui porte à une certaine hauteur deux feuilles dispo- sées en croix par rapport au sépale dans l'aisselle duquel l'é- tamine se trouve placée, qui par leur nervure médiane sont soudées entre elles et au filet, qui s'involutent par leurs bords et s'appliquent Tune contre l'autre, jusqu'à ce que, parvenues à parfaite maturité, elles s'ouvrent au même point où elles sé- taient réunies pour donner issue au pollen né dans la cavité qu'elles avaient formée. Ces feuilles, qui forment l'anthère, sont révolutées en dehors et leur membrane intérieure, qui sécrète le pollen , est formée par la face inférieure de la feuille. Agardh avait considéré les étamines comme des bourgeons, placés dans les plantes isostémones, à l'aisselle des sépales et qui, dans les plantes diplostémones se trouvent dans l'aisselle des sépa- les et des pétales. Endlicher, au contraire , trouve plus vraisem- blable et plus conséquent de considérer les pétales aussi comme des axes latéraux et comme des formations phyllodioïdes, et d'admettre que les sépales à l'état normal ne présentent point de bourgeons axillaires , tandis que dans la seconde et dans la troisième rangée les feuilles ont entièrement disparu , et les bourgeons seuls se sont développés en pétales ou en étamines. Après avoir exposé succinctement les principales théories des auteurs sur la structure des anthères, je vais passer à l'examen de quelques métamorphoses d'étamines et de carpelles, pour en déduire alors quelques conséquences sur la structure de l'anthère à l'état normal. On observe les passages de la formation des anthères à celle des carpelles , soit à des carpelles qui dans leur structure se rapprochent des étamines, soit aux étamines qui se sont plus ou moins complètement changées en ovaire, soit enfin aux pé- tales qui représentent le passage des carpelles en anthères, hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 5j et donnent naissance à des ovaires et à des loges pollinifères. La transformation des carpelles en étamines est bien plus rare que ne l'est celle des étamines. en carpelles. Ainsi De Can- dolle (Organ. végét. t. 1. p. 546) déclare n'avoir jamais ob- servé cette monstruosité; d'autres, comme Schultz (JNatur der lebenden Pflanze, t. i.p. 294) vont jusqu'à en nier l'existence. Ilceper {Enumer Euphorb. p. 53) annonce qu'il a assez sou- vent observé dans les Euphorbes, à la place de l'ovaire une an- thère presque entièrement développée. Il retrouve le même phénomène dans la Balsamine ( de flore et affin. Balsamin. p. 17), et ie Geniiana campestris (Linnœa. t. 1. p. 467). Mal- heureusement il ne donne point de description détaillée de ces monstruosités. Agardh (Organogr. p. 378) a observé une mé- tamorphose semblable dans VHyacinlhus orientalis. La descrip- tion qu'il en donne cependant est trop peu claire pour que , par son moyen , on puisse se former une idée nette sur la véri- table structure de ces carpelles. Il dit avoir vu dans des fleurs semi-pleines de Jacinthe les placentas changés en anthères; une moitié du fruit renfermant quelquefois des graines, l'autre moitié des anthères. Schimper, cet heureux et habile observa- teur, observa souvent cette monstruosité {Flora T829. p. 422). Ainsi , il vit dans le Salix babylonica les passages les plus variés des pistils en étamines. Dans le Prirnuta acaulis il rencontra des loges d'anthères à la paroi intérieure des ovaires. Engelmann {de Antholyzi 1 p. 26) trouva sur les Campanula persicifolia et rapunculoides le style surmonté d'un corps semblable aune an- thère; dans le Cheiranthus Cheiri la moitié d'une feuille car- pellaire était changée en une loge d'anthère. Toutes ces observations ont été faites sur des plantes dont l'ovaire est formé par une seule ou par un plus grand nombre de feuilles carpellaires. La métamorphose des feuilles carpel- laires en anthères est peut-être moins prononcée dans ce der- nier cas qu'elle ne l'est dans les ovaires formés d'une seule feuille carpellaire, quoiqu'il semble que, dans la transformation en anthère , la feuille carpellaire métamorphosée montre con- stamment une tendance à se séparer des autres feuilles de l'o- vaire qui ont conservé leur structure carpellaire. Ceci résulte 58 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. des observations de Rceper sur le Gentiana campestris et de celles de Schimper sur le Salix babylonica et le Primula acaulis (apud Spennerflora friburg. p. 1061). L'examen de fleurs monstrueuses du Chamœrops humilis ne me laisse aucun doute sur la manière dont cette métamor- phose s'opère, les rapports des diverses parties étant extrê- mement faciles à saisir dans la structure si simple des ovaires de ces palmiers. Ces carpelles s'étaient normalement dévelop- pés par trois dans chaque fleur; ils présentaient leur forme et leur grandeur habituelle; chacun contenait un ovule parfaite- ment développé et ils ne s'écartaient des ovaires à structure entièrement normale qu'en ce que, des deux côtés de la suture ventrale, il régnait dans la longueur un bourrelet jaune que la section transversale de l'ovaire fit reconnaître comme une loge d'anthère remplie de pollen et partagée en deux logettes par la cloison ordinaire. Il devint donc évident, dans ce cas, que les loges de l'anthère et la production du pollen n'ont aucun rapport avec la production des ovules, que le pollen ne s'est point formé dans une cavité née de l'involution des feuilles, mais bien dans l'intérieur même de la feuille et cela dans la proxi- mité de ses bords. Il résulte en outre de la suture de la feuille carpe laire par ses bords et de la position des loges de l'an- thère à la face extérieure du carpelle, que ces loges s'étaient développées à la face dorsale de la feuille carpellaire et que la suture ne pouvait nullement correspondre au bord des feuilles. Les cas où les anthères se changent en ovaires par la pro- duction d'ovules et par leur rapprochement successif de la forme d'un ovaire , sont d'une importance non moins grande pour la théorie de la structure des anthères. Les cas de cette espèce sont plus fréquens que ceux de la métamorphose des carpelles en anthères. Rob. Brown les observa dans les plantes suivantes : Sempervivum tectorium , Tropœolum ma/us , Cheiravthus Cheiriy Cochlearia armoracia , Papayer nudicaule , Salix olei- folia; De Candolle (Organogr. t. 1, p. 545) sur le Magnolia fus- cata et sur différentes espèces de Saules; Richard sur VErica tetralix y Rœper sur le Papaver orientale $ Mirbcl (Élément hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 59 de bot. p. 239) sur le Pêcher; Schimper {Flora 1829 p. l\il\) sur le Stachjs germanica; Lindley (Introd. to botany. p. 5 18) sur un Amaryllis ; sur le Sempervivum tec forum et les Cheiranthus Cheirï. Mais les observations faites sur ces métamorphoses ne le furent pas toujours, à ce qu'il paraît, avec l'exactitude exigée en pareil cas , et ces observations incomplètes fournirent à quelques auteurs l'occasion d'en tirer des conséquences abso- lument contraires aux résultats de mes propres recherches, et devinrent de la sorte la base principale d'une théorie entière- ment erronée sur la structure des anthères. C'est pourquoi il ne sera pas sans importance que je parle d'abord de quelques for- mations intermédiaires entre les anthères et les carpelles, telles que je les ai observées dans quelques plantes. L'une de mes observations se rapporte à la transformation des anthères en ovaires dans le Sempervivum tectorum. Déjà Schmidel {Icon. plantarum et anatys. part. p. 210, tabl. liv) a décrit et figuré cette métamorphose. Haller ( Hist. stirp. helv. t. 1 , p. 409) en fait mention , de même que du Petit-Thouars , R. Brown , Lindley, etc. Il était en quelque sorte nécessaire que cette monstruosité fût souvent examinée, puisque d'après l'observation de Gaudin {FI. helv. t. m, p. 289), c'est la plante spontanée seule qui présente les deux rangées détamines à l'état normal , tandis que tous les individus cultivés ou venus sur les murs ont au moins la rangée intérieure changée en car- pelles. Cette observation est confirmée par Koch {Deutsch. flora. t. m, p. 385 et je n'ai moi-même point encore trouvé d'exemplaires où toutes les anthères fussent normalement dé- veloppées. Dans les fleurs du Sempervivum tectorum qui offrent cette monstruosité, le nombre des étamines est absolument normal , c'est-à-dire que ce nombre est le double de celui des pétales. Elles sont disposées sur deux rangées, celles de la rangée exté- rieure sont opposées aux pétales, celles de l'intérieure le sont aux sépales; les ovaires alternent avec ces derniers. J'ai constamment trouvé les étamines de la rangée intérieure changées en carpelles. Les uns de ces carpelles étaient entière- Go hugo mohl. — Métamorphose des anthères. ment développés, ne différaient en aucun point de véritables ovaires et produisaient des fruits régulièrement formés; les au- tres s'étaient développés d'une manière incomplète et les car- pelles se fanaient après la fleuraison. Les étamines de la rangée extérieure étaient en partie aussi transformées en carpelles in- complets, en partie elles présentaient les passages les plusvariés des étamines normales aux carpelles. Ce n'est que dans des cas très rares que toutes les étamines d'une fleur se trouvaient changées en carpelles. Les étamines régulièrement développées ont le filet subulé, de couleur pourpre , l'anthère ovale-arrondie d'un rouge un peu plus clair; leurs deux loges sont placées l'une contre l'autre sur la face antérieure comme sur la postérieure, de manière à n'être séparées que par un sillon et à ne point présenter de con- neclif visible extérieurement. La suture est également profon- dément dessinée , de sorte que l'anthère est partagée en quatre parties égales par quatre sillons longitudinaux. Au premier degré , en s'approchant de la forme du carpelle r l'anthère présente le sillon dorsal moins prononcé, à l'excep- tion de la partie supérieure; à la base de l'anthère, on distingue très bien la présence d'un connectif , qui se continue immédia- tement à son extrémité inférieure avec la surface dorsale du filet. Le connectif, de même que le sommet du filet à sa face pos- térieure , a pris la couleur verte ; le filet est un peu plus court et plus épais que dans l'étamine normale. La face antérieure de l'anthère et du filet ne présente aucune trace de modification quelconque. Dans la métamorphose plus avancée, le connectif s'est élargi de même que le sommet vert du filet; toute l'étamine se fléchit vers l'intérieur en forme d'arc, de manière que sa face dorsale res- semble au dos d'un carpelle; en même temps naissent sur la par- tie verte les poils glanduleux qu'on observe sur les ovaires de la plante. Les logettes postérieures se confondent au sommet de l'anthère etforment un prolongement obtus en forme de bec, qui se courbe en dedans et se réfléchit sur le sommet des logettes an- térieures. Le sillon qui des deux côtés sépare la logette antérieure de la postérieure , et dans laquelle se trouve la suture de la hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 61 thèque, devient d'autant plus profond que le connectif s'étale davantage sur la surface dorsale. Ce sillon ne s'altère pas d'abord vers le sommet de l'anthère ; à sa partie inférieure, au contraire , la loge antérieure de l'anthère s'écarte de la pos- térieure, et le sillon , devenu par là plus large et plus profond, se prolonge sur un certain espace, le long du filet. Les bo ds longitudinaux du sillon situé entre ]es logettes de l'anthère, de même que les bords de son extrémité inférieure, ne disparais- sent pas insensiblement sur la surface de l'anthère et du filet , mais sont effilés en une proéminence qui est coupée d'une ma- nière abrupte vers le sillon, tandis qu'elle passe insensiblement, sur la face extérieure , dans l'anthère et dans le filet. L'épiderme qui recouvre ce sillon , ainsi que la partie intérieure de la proé- minence placée auprès d'elle, est plus lisse que celles de l'éta- mine et du connectif, et ne porte jamais de poils. Nous pouvons considérer comme troisième degré de la transformation , la forme où le connectif se développe aux dé- pens des logettes postérieures de l'anthère au point qu'il atteint la largeur totale du dos de l'ovaire, et que les deux logettes pos- térieures ne sont pas seulement rejetées de côté par le connectif, mais que même leur extrémité inférieure contribue à la forma- tion du connectif et de la proéminence placée à côté du sillon : les deux logettes n'existent plus que vers le sommet de l'an- thère. Le prolongement en bec de l'anthère indique encore par une teinte rouge qu'il tire son origine des logettes postérieures. Les logettes antérieures ne sont nullement altérées; le filet est très raccourci et obconique en se transformant insensiblement, à sa face postérieure , en connectif large ; ce filet est en- tièrement vert. Il est en outre digne de remarque que la transformation ne s'opère pas par un développement égal des deux côtés de l'étamine ; l'une de ses moitiés peut se trou- ver encore à l'état normal quand l'autre moitié a déjà subi sa métamorphose. Lorsque les anthères ont atteint la trans- formation que je viens de décrire , leurs sillons latéraux se trouvent en partie encore vides ; ordinairement cependant leur partie inférieure, de même que la face intérieure de la proéminence à laquelle elle est contiguë , porte un nombre 6i hugo mohl. — Métamorphose des anthères. d'ovules plus ou moins considérable. Ces ovules, pour la plu- part , n'ont pas atteint leur développement complet, mais ils forment des protubérances cylindriques, savançant des deux côtés de l'anthère, et dans lesquelles il n'est pas encore possible de distinguer le nucleus, ni les membranes dont il est recouvert. Comme quatrième degré de la métamorphose , je considère les anthères dans lesquelles la protubérance obtuse , née du sommet des logettes postérieures et allongée en alêne, affecte une direction plus droite , présente à peine encore une teinte rougeâtre et ne permet plus de méconnaître qu'elle est destinée à devenir un style. Les logettes antérieures ont souvent dispa- ru, à une légère trace près, qui ne se reconnaît que par sa teinte rougeâtre. La proéminence, en forme d'aile, bornant postérieurement le sillon latéral, formant la continuation immé- diate de la face postérieure de l'anthère, et née particulièrement par la métamorphose des logettes postérieures, s'est courbée des deux côtés vers la face antérieure de l'anthère, de sorte que la face postérieure de celle-ci affecte de plus en plus de la ressemblance avec la face dorsale de l'ovaire. Les sillons latéraux plus profonds se prolongent davantage vers le bas et contiennent un grand nombre d'ovules. A la face antérieure de l'anthère , la place des logettes antérieures disparues est occupée par une dilata- tion membraneuse du connectif, qui , à l'intérieur, se trouve toujours encore complet. Cet organe élargi est cependant plus étroit que la face postérieure de l'anthère, de sorte que, soit par ce changement , soit par la courbure que les bords de la face postérieure affectent vers le devant, les deux sillons latéraux se trouvent avancés sur la suture ventrale. Le filet est très rac- courci et ne se trouve plus séparé maintenant sur sa face anté- rieure , par un étranglement , delà partie supérieure née par la métamorphose de l'anthère. Le tout présente , en cet état , un carpelle arrondi sur le clos , aplati sur le devant , dont la cavité cependant n'est pas simple , mais se trouve séparée dans le sens de la longueur, par le connectif existant encore , en deux lo- gettes qui viennent s'ouvrir par deux fentes longitudinales et parallèles , sur le bord de la face antérieure aplatie. Les ovu- les se trouvent en partie clans l'intérieur des sillons , mais plus hugo mohl. — Métamorphose das anthères. 63 particulièrement sur les bords, tant antérieurs que postérieurs, qui avoisinent ce sillon. Quelques anthères isolées de la rangée extérieure atteignent déjà ce degré de développement , maison l'observe surtout sur les anthères de la rangée intérieure, qui , pour la plupart, se rapprochent par leur organisation de celle que je viens de décrire. La dernière métamorphose enfin de ce carpelle, rappelant encore , par ses deux loges et par le sillon longitudinal double, la structure de l'anthère, quoique ne présentant plus de trace des logettes, en un ovaire ordinaire, uniloculaire, muni d'une suture ventrale, se fait de la manière suivante : l'élargissement membraneux antérieur du connectif , ou plutôt les ailes mem- braneuses nées de la métamorphose des logettes antérieures, se rétrécissent toujours davantage des deux côtés, disparaissent enfin avec le connectif lui-même et forment un carpelle navi- culaire, à ouverture large sur la face ventrale et dont les bords sont garnis d'ovules ; son sommet se termine en un style co- nique , traversé antérieurement par un sillon étroit. Il ne manque plus à la formation complète d'un ovaire normal que la suture des deux bords latéraux, laquelle effectivement s'o- père dans un grand nombre de cas. J'ai observé des transformations toutes semblables sur quel- ques pieds de Papaver orientale 3 dont toutes les fleurs présen- taient cette monstruosité à un degré plus ou moins grand. Les fleurs étaient normales par le calice, la corolle, les rangées ex- térieures des étamines et le pistil ; en revanche , les étamines intérieures , qui présentaient à-peu-près la moitié du nombre total, se trouvaient plus ou moins transformées. La métamor- phose en feuilles carpellaires se trouva être d'autant plus com- plète que les étamines se trouvaient plus rapprochées de l'ovaire. Au premier degré de la monstruosité , le filet, de même que la partie supérieure de l'anthère, présentaient encore l'état par- faitement normal ; la structure n'en déviait que dans la partie inférieure dessillons latéraux de l'anthère; ceux-ci étaient de- venus plus larges ; les logettes colorées de l'anthère s'étairt re- pliées sur le côté et vers le haut, ce qui changea la suture en une surface d'un vert blanchâtre. Sur cette surface se trouvaient 64 hugo mohl. — MétamorpJiose des anthères. dispersés un nombre plus ou moins grand d'ovules; on peut donc lui reconnaître la destination à devenir un placenta. Si , dans les étamines métamorphosées du Sempervivum , la suture des logettes se change en un sillon d'autant plus profond que la transformation des logettes est plus complète , on observe au contraire à la même place, dans les étamines du Papaver, un accroissement considérable de parenchyme, qui, sous la forme d'un bourrelet saillant, descend entre la logette antérieure et la postérieure et se continue sur la partie supérieure de l'anthère. Plus les logettes des anthères diminuent du bas vers le haut, plus ce placenta en forme de bourrelet prend de dévelop- pement, plus aussi le nombre des ovules s'accroît, plus le filet se raccourcit et s'épaissit par les prolongemens du placenta sur sa surface, plus enfin la distinction entre les anthères et les filets disparaît. Les ovules étaient, ou de petites verrues très impar- faitement développées, ou bien, et c'était le plus grand nombre, ils étaient parfaitement semblables aux ovules régulièrement développés des ovaires, et composés de la primiue, de la secon- dine et du nucléus. Les logettes des anthères étaient plus petites et plus étroites dans toute l'étendue où le placenta s'était développé entre elles; leur cavité se conservait cependant et se trouvait remplie de pollen entièrement développé aussi loin qu'extérieurement on remarquait une teinte rouge. La cloison entre la logette antérieure et la postérieure se trouva, dans toute la longueur occupée extérieurement par le placenta, extrêmement épaissie, et passa vers l'extérieur immédiatement dans la substance du placenta. Dans les anthères dont la structure se rapprochait da- vantage de celle d'un carpelle, dans lesquelles les placentas s'é- taient considérablement élargis et recouverts d'un grand nombre d'ovules, les logettes avaient disparu complètement dans toute l'étendue qu'occupait le placenta considérablement développé. Dans les anthères du Sempervivum, je vis d'abord les logettes postérieures s'évanouir, tandis qu'en même temps elles s'écar- tèrent par un développement considérable du connectif sur la face postérieure de l'anthère. Ce ne fut que-beaucoup plus lard hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 65 que les logelîes antérieures disparurent. La fleur du Papayer présenta quelque chose de semblable sans que la méta- morphose fût cependant aussi prononcée. Le placenta , en s'épaississant et prenant la place des logettes de l'anthère, s'étendit en même temps vers la face antérieure de ce dernier organe , ce qui rendit convexe le dos de l'anthère devenue verte après la disparition de ses logettes. J'ai déjà dit plus haut que le développement du placenta s'o- père du bas vers le haut. Dans beaucoup d'étamines, le placenta n'atteint que la moitié de la longueur de l'anthère» et alors la moitié supérieure de celle-ci se trouve absolument normale. Dans beaucoup d'autres étamines, au contraire, le placenta, s'étendant jusqu'au sommet de l'anthère, est contigu à celui du côté opposé. Dans ce cas , la moitié ou les deux tiers infé- rieurs portaient seuls des ovules ; la partie supérieure re- présentait une espèce de corde d'un blanc verdâtre, qui était contiguë au sommet de l'anthère à celle du côté opposé, et formait ainsi une pointe courte, obtuse, couverte de papilles. Cette pointe pourrait facilement être considérée comme les ru- dimens d'un stigmate. En examinant des anthères, qui se rap- prochaient davantage des carpelles normaux , j'acquis la con- viction quela formation du stigmate s'opère d'une autre manière, et que cette extrémité papilleuse du placenta doit plutôt être considérée comme des rudimens du tissu cellulaire conducteur. C'est de la manière suivante que se fit le développement du stigmate : le bord du dos des carpelles, né de la métamorphose des logettes antérieures de l'anthère, s'étala des deux côtés en forme d'aile et se réfléchit autour de lui-même au sommet du carpelle, desorte que la face intérieure et antérieure devint ainsi extérieure et supérieure. Ce bord réfléchi se trouva hérissé de papilles et correspondit au stigmate du carpelle qui avait acquis son développement régulier. Le stigmate occupa donc non-seu- lement le sommet du carpelle , mais s'étendit en descendant le long du bord de ce dernier à une certaine distance, et se trouva parla composé de deux lignes proéminentes formant un angle par leur réunion. Ceci servira à expliquer la forme rayonnée que présente le stigmate de l'ovaire normal, de même que le VIII, tfOTAN. — Août. s 66 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. fait que les rayons se trouvent au-dessus des cloisons incom- plètes et des placentas de l'ovaire, en alternant avec le dos des carpelles. Comme nous l'avons vu plus haut, les deux placentas se rap- prochaient des deux côtés sur la face antérieure de l'anthère, à mesure que leslogettes antérieures de celles-ci disparaissaient. Dans les carpelles où les logettes antérieures avaient complète- ment disparu , ces placentas formaient deux bourrelets paral- lèles, séparés par un sillon profond et étroit. C'est par la même raison que dans les ovaires régulièrement développés du Pa- payer on trouve les placentas de chaque feuille carpellaire très rapprochés et la face intérieure ou antérieure de la feuille carpel- laire très étroite. Plus les placentas s'étaient développés, et plus les feuilles carpellaires s'étaient agrandies aux dépens des lo- gettes postérieures, plus aussi les filets se trouvaient raccourcis, élargis , et plus la ligne de séparation d'avec l'anthère s'était effacée. Les étamines placées dans le voisinage de l'ovaire s'étaient transformées, de la manière que j'ai décrite, en carpelles ou- verts du côté de leur ventre. Il arriva souvent que deux ou quatre de ces carpelles, placés l'un à côté | de l'autre sur la même ligne, s'étaient soudés entre eux par les bords jusqu'au sommet des stigmates, et formaient de la sorte des ovaires qui, s'ils n'étaient pas absolument complets, représentaient cepen- dant assez bien , et dans des dimensions plus ou moins grandes, des ovaires à l'état normal. Si nous comparons la métamorphose des anthères du Sem- pervivum avec celles que présentent les fleurs du Papaver , nous la verrons s'opérer dans les deux plantes d'une manière qui présente la plus grande analogie. Dans les deux plantes, le développement de l'ovule et des grains polliniques, du placenta et des logettes des anthères, étaient, il est vrai, en opposition , cependant pas au point que, dès que les ovules commençaient à se former, la production du pollen eût immédiatement cessé. Au contraire, on observe souvent, quand la métamorphose n'est pas encore très avan- cée , les logettes au nombre de quatre à côté des deux hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 67 placentas garnis d'ovules. Dans les deux plantes, les placen- tas se développent dans le sillon qui forme la limite entre les logettes antérieures et les postérieures. Dans les deux plantes, le dos de la feuille carpellaire se forme par une dilatation de la partie postérieure du connectif et par la réunion intime de ce dernier avec les logettes postérieures. La face intérieure du car- pelle se développe cependant dans le Sempervivum d'une ma- nière un peu différente de celle qu'on observe dans le Papaver. Dans ce dernier, les logettes antérieures diminuant de plus en plus, se contractent vers le dos du carpelle, ce qui donne naissance à un sillon entre les placentas saillans en forme de bourrelet, sillon qui se transforme en face carpellaire inté- rieure. Dans le Sempervivum , au contraire» il ne se développe point de placenta saillant en forme de bourrelet, par un excès de développement dans l'organe appelé receptaculum pollinis ; mais ce dernier s'affaisse en un sillon par-dessus lequel se couche le clos carpellaire convexe qui se trouve séparé par le connectif persistant du sillon existant au côté opposé. De cette manière, le carpelle se trouve partagé en deux logettes par une fausse cloison partant de son dos, de la même manière qu'on le voit dans les Oxytropis et dans les Linum. Cette cloison , reste du côté antérieur du connectif, ne disparaît que dans les carpelles qui s'étaient, à tous les égards, rapprochés le plus de la structure de l'ovaire normal. Enfin le style du Sempervivum et le stigmate du Papaver, se formèrent d'une manière qui pré- sentait une très grande analogie. Ils étaient produits par un bord partant en forme d'aile de la paroi carpellaire postérieure, contigu par derrière et extérieurement aux placentas, s'allon- geant, dans le Sempervivum , au-delà du placenta sur le sommet du carpelle et se réfléchissant des deux côtés sur le devant. Dans le Papaver, au contraire, ce bord se roule en arrière et forme un stigmate sessile, à deux rayons. „ Si nous essayons maintenant de tirer de ces monstruosités des conclusions suv-la vraisemblance de l'une ou de l'autre des théories exposées plus haut sur la formation des anthères, il nous faudra d'abord examiner la question que voici : Devons- nous regarder, avec Agardh et Endlicher, l'étamine comme un 68 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. organe axillaire, muni de deux feuilles opposées , ou bien faut- il , avec Goethe et les autres botanistes, y reconnaître une feuille métamorphosée? Il est vrai que l'examen que nous venons de faire de deux fleurs monstrueuses ne fournira pas une solution complète de cette question , qui ne saurait être complètement résolue que par un examen détaillé de tous les rapports desétamines, de leur transformation en pétales, etc.; c'est un examen auquel je dois renoncer, à cause du grand nombre de questions qui se présentent , et de leur étendue. Mais j'espère pouvoir tirer des monstruosités examinées dans ce Mémoire quelques conclu- sions qui ne seront pas sans importance pour la théorie de l'o- rigine des étamines. Agardh et Endlicher considèrent l'étamine comme portant, à une certaine hauteur, deux feuilles opposées, disposées en croix à l'égard des sépales et des pétales, qui , par leur nervure médiane (le filet), sont soudées au rameau, dont, selon Agardh, la lame s'est roulée vers le côté et vers le dedans pour former les deux loges des anthères; selon Endlicher, elles se roulent vers le dehors aux mêmes fins, et viennent se souder par leur bord à leur propre nervure médiane. Examinons maintenant en quoi cette théorie est compatible avec la métamorphose des anthères en carpelles décrite dans ce Mémoire. Quant aux carpelles, nous devons admettre comme point de départ que chaque carpelle est né de la transforma- tion d'une seule feuille. Que Fon considère comme on voudra l'origine des placentas dans le fruit, qu'on y voie, d'après l'o- pinion généralement reçue, des parties delà feuille carpellaire elle-même, ou qu'on y trouve, avec Agardh, Endlicher, Fenzl, un organe axillaire; toujours est-il établi d'une manière incon- testable que chaque carpelle est formé d'une feuille dont la face inférieure forme le dos carpellaire, dont la nervure médiane occupe le milieu du carpelle, dont les bords, dans les ovaires clos, sont soudés, soit entre eux, soit au bord d'une autre feuille carpellaire. Ce fait, duquel rien ne saurait être retran- ché , offre selon moi , l'opposition la plus directe avec la théorie d'Agardh sur la formation des anthères. hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 69 Nous avons vu plus haut que l'anthère se change en carpelle parce que son connectif se dilate et forme le dos du carpelle ; or, le dos du carpelle étant la partie moyenne d'une feuille, il s'ensuit rigoureusement que le connectif, qui se change en dos carpellaire, correspondait à la partie moyenne d'une feuille. Nous voyons de plus ce connectif, lorsqu'il se change en carpelle , former une continuation tellement immédiate de l'anthère, que nous sommes forcés de considérer l'anthère et le connectif comme des parties d'un même organe : il faut donc que l'éta- mine soit une feuille et non un rameau. Nous voyons de plus , à mesure que le connectif se développe, que les logettes pos- térieures de l'anthère s'effacent, et que leur substance est em- ployée à l'agrandissement du connectif, à la formation du style et du stigmate, sans que, soit à l'extérieur, soit par l'observa- tion microscopique de la structure intérieure, on voie le moindre indice qui fasse croire que les parois de ces logettes appartien- nent à un organe étranger soudé seulement au connectif: ilfaut donc nécessairement que nous considérions aussi les ovules des anthères comme partie de la feuille même, qui donne nais- sance au connectif et aux anthères. En outre, nous voyons les ovules naître soit aux anthères, soit aux filets sur une ligne longitudinale située entre les logettes antérieures et Jes logettes postérieures de l'anthère : cette ligne, par conséquent, d'après l'opinion d'Agardh et d'Endlicher, correspond à la face inférieure de la nervure médiane des feuilles latérales qu'on dit former les valvules des anthères. Ceci serait extrêmement singulier, si la théorie d'Agardh était fondée; car, de toutes les places auxquelles nous voyons surgir des ovules dans les pétales anor- maux et dans d'autres organes foliacés , cette place est sans contredit la moins propre à cette production, et on n'a encore jamais , du moins que je sache , vu naître des ovules à la face inférieure de la nervure médiane d'une feuille, tandis que ces ovules naissant le plus souvent sur le bord des feuilles, par con- séquent à la place même qui, d'après l'opinion générale, cor- respond à la suture des anthères, ou se trouve du moins clans la proximité de cette suture. Si nous considérons ensuite les carpelles du Chamœrops 70 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. dont il a été question , et qui contenaient des loges d'anthères à côté de la suture ventrale, la théorie d'Agardh devient encore plus inintelligible. La simple inspection fait voir que ces loges n'étaient que des excavations de la feuille carpellaire. Dût-on objecter ici qu'à chaque bord de la feuille carpellaire une autre feuille se trouvait soudée, l'origine de cette dernière feuille se- rait absolument inexplicable. La contradiction entre ce que la nature nous enseigne sur les métamorphoses des anthères et des carpelles et entre la théorie d'Agardh sur la formation des anthères, militent trop évidemment contre cette dernière théorie pour que nous ne dussions pas la considérer aussi comme entièrement controuvée de ce côté ; car, sous d'autres points de vue, la théorie d'A- gardh se trouve exposée à des objections non moins impor- tantes. Considérons maintenant en quoi la métamorphose que nous venons d'exposer des anthères en carpelles milite en faveur delà théorie de DeCandolle ou de celle de Cassini. Le premier, comme nous l'avons dit plus haut, considère l'étamine comme une feuille dont les bords se sont réfléchis vers la nervure médiane et ont formé de cette manière les loges de l'anlhère , et il admet que , dans la transformation des anthères en carpelles, les grains pol- liniques se métamorphosent en ovules. Il est superflu d'exposer que la supposition de la métamorphose des grains polli- niques manque de tout fondement , car les monstruosités dé- crites plus haut démontrent évidemment que les ovules, non- seulement ne naissent point par la métamorphose des grains polliniques, mais qu'ils ne se forment pas même dans les loges des anthères; que ces dernières, dans la transformation de l'anthère en carpelle , ne s'ouvrent point dans la cavité de celui-ci , mais que les logettes des anthères s'oblitèrent et que la paroi carpellaire se forme de la substance du connectifet des parois des logettes, surtout des postérieures; dans ce cas, les ovules ne se développent point à la manière d'une feuille convolutée> mais ils se dilatent tout simplement en largeur. L'évidence nous démontre donc que l'anthère ne saurait être née de la manière que De Candolle indique. On aurait égale- hugo mohl. — Métamorphose des anthères. 71 ment la plus grande peine à comprendre comment , par une simple convolution du bord de la feuille jusqu'à la nervure médiane , il pourrait se former deux logettes de chaque côté de l'anthère. Si nous examinons au contraire jusqu'à quel point la méta- morphose des anthères, telle que je l'ai décrite, est en harmonie avec la théorie dd Cassini.et de Rceper , c'est-à-dire avec la doctrine que les deux loges de l'anthère naissent par le ren- flement des moitiés latérales de la feuille transformée en an- thère ; que les logettes sont des excavations dans le parenchyme de la feuille, remplies de cellules parenchymateuses métamor- phosées ( grains polliniques), et que la suture de l'anthère correspond au bord des feuilles; nous devons accorder, d'un côté, que cette manière de voir s'accorde avec la transformation des anthères en carpelles, telle que je l'ai exposée plus haut; car il est évident que les parois des logettes, aussi bien que le connectif, sont des parties intégrantes du même organe; que le connectif correspond à la partie moyenne de la feuille mé- tamorphosée, tandis que les logettes en sont les moitiés laté- rales non convolutées, mais contractées clans le sens de la lar- geur et dans celui.de la longueur, et enflées dans le sens de l'épaisseur ; qu'en outre , le poUen est contenu dans des cavités placées dans la substance de la feuille même , que les placentas se forment entre les logettes extérieures et postérieures des an- thères , donc à la partie qui correspond au bord de la feuille , c'est-à-dire à la place où, préférablement à d'autres, nous voyons naître des ovules lorsqu'il s'en forme dans des fleurs anormales. D'un autre côté, il faut cependant reconnaître aussi que cette théorie ne s'accorde pas en tout point avec l'organisa- tion que nous avons observée dans les anthères. Cette théorie ne rencontrera pas d'objections sérieuses dans le fait que les grains polliniques ne doivent point être considérés comme des cellules du parenchyme isolées les unes des autres, comme Cassini et Rceper l'avaient admis à une époque où Ad. Brongniart n'avait pas encore publié ses recherches sur l'origine des grains polliniques; car, pour adapter cette théorie aux résultats des observations plus récentes, il suffirait de considé- 7 2 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. rer les cellules-mères, au lieu des grains polliniques eux-mêmes, comme des cellules du parenchyme. En revanche, il me semble plus que douteux que la théorie d'après laquelle la suture des anthères répond au bord de la feuille soit corroborée par tous les cas qui se présentent. Les raisons sur lesquelles Rceper {Enum. Euphorb. p. 44) étaie cette théorie , c'est-à-dire la teinte rouge des bords des feuilles de même que de la suture des anthères dans certaines Euphorbes, les cils qu'on observe sur ces deux organes dans beaucoup de plantes, sont à la vérité des points .très importans qui militent en faveur de cette opinion et pourront, pour les cas énumérés, être considérés comme des preuves concluantes. Mais la géné- ralité de cette théorie est contredite , comme le fait déjà re- marquer Bischoff (quoique encore d'une manière trop générale) par les passages des pétales en étamines dans beaucoup de plantes comme les Roses, le Pavot, le ISigella damascena. On reconnaît d'une manière indubitable dans ces plantes, que les logettes antérieures et postérieures des anthères ne naissent point opposées les unes aux autres en ce que les premières se développeraient sur la surface postérieure des pétales et les se- condes sur leur face antérieure, mais qu'au contraire les deux sortes de logettes prennent leuç origine sur la face supérieure des feuilles , la logette antérieure plus près de la ligne médiane du pétale , la postérieure plus près de son bord. On remarque de plus que les deux logettes d'une anthère ne naissent point toujours immédiatement l'une à côté de l'autre, mais qu'elles se trouvent fréquemment séparées par une portion assez large de la corolle et que cette partie mitoyenne se contracte en cloison entre les deux logettes. On peut voir ceci surtout avec la der- nière évidence dans les fleurs semi-pleines du Nigella damas- cena , où à la place de la rangée extérieure des étamines, on observe souvent des pétales d'un blanc bleuâtre ou verdâtre, munis d'un onglet long correspondant au filet et d'une lame pinnatifide. Ces derniers organes rappellent les feuilles multi- partitesde l'involucre de la plante. Lorsqu'on rencontre dans ces pétales une anthère à moitié développée, elle est ordinairement organisée de manière que les deux logettes antérieures sont pa- nuGO mohl. — Métamorphose des anthères. 73 rallèles l'une à l'autre sur la face supérieure du pétale et le long de la nervure médiane du pétale ; les deux logettes postérieures au contraire représentent les deux lobes inférieurs du pétale sur le bord et en partie sur la surface supérieure duquel elles se trouvent placées, de manière qu'elles sont contiguè's par leur extrémité inférieure à la logette antérieure, tandis que par leur extrémité supérieure elles en sont très éloignées. Les anthères de la plupart des plantes* s'ouvrant par leur côté intérieur (antherœ introrsœ), il faut admettre pour elles une origine semblable à celle qu'on voit dans le Nigella. Les raisons cependant alléguées par Rceper rendent très vraisem- blable l'opinion qu'il existe aussi des plantes dans lesquelles les logettes antérieures correspondent à la face supérieure d'une feuille , tandis que les logettes postérieures en représentent la face inférieure. Dans les plantes munies d'anthères extrorses, les deux logettes représentent peut-être la face* inférieure d'une feuille, du moins ceci me semble hors de doute pour les Cyca- dées et les Conifères. L'examen des métamorphoses décrites dans le présent Mé- moire, ne fournit guère de conséquences certaines sur le point en question , les phénomènes examinés pouvant s'expliquer d'une manière presque aussi satisfaisante par la théorie de Rce- per que par celle de Bischoff. Car, si l'on considère la suture des anthères comme le bord de la feuille, on devra accorder que cette théorie paraît combattue par le fait que les placentas, à mesure qu'ils se développent et que les anthères se changent en carpelles , se rapprochent davantage sur la face intérieure (supérieure) de la feuille carpellaire, et que dans un développe- ment plus avancé , le bord de la feuille formé par la logette postérieure et qui donne naissance au style et au stigmate, dé- passe des deux côtés les placentas et les enveloppe par devant et par derrière. Cette structure paraît devoir faire admettre que ce sont ces logettes postérieures elles-mêmes et non les placentas qui sont formées par le bord de la feuille, et que dans la méta- morphose de l'anthère en carpelle elles reprennent leur forme primitive , que par conséquent le bord primitif de la feuille s'étend sur la logette postérieure elle-même. D'un autre côté, ce- 74 hugo mohl. — Métamorphose des anthères. pendant, lorsqu'on considère les placentas eux-mêmes comme le bord primitif de la feuille, le bord carpellaire formé par la logette postérieure et dépassant le placenta , pourrait égale- ment s'expliquer par un accroissement plus considérable de toute la face inférieure de la feuille et par un suraccroissement des logettes postérieures. D'après cette explication, la partie de la face inférieure de la feuille, contiguë immédiatement au bord de cette dernière, s'élèverait en bourrelet au-dessus du bord de la feuille et l'envelopperait. Cette manière de voir ne présen- terait absolument rien d'invraisemblable. Comme, d'après ce que nous avons vu, l'examen des anthères transformées en carpelles ne nous apprend rien sur la position du bord primitif de la feuille, nous ne pouvons tirer quel- que chose de concluant sur les anthères du Papaver et du Sem- pervivum que de l'examen d'anthères qui seraient transformées en pétales. Je n'ai point eu jusqu'ici l'occasion d'observer cette métamorphose dans le Sempervivum, mais des fleurs semi-pleines de différentes espèces de Papaver présentent des cas nombreux où cette structure peut être étudiée. On trouvera constamment dans les pétales de ces plantes changés de moitié en anthères , que les deux logettes naissent surla face supérieure de la feuille, d'une manière absolument semblable à celle dont j'ai fait mention dans le Nigella damascena, et que le bord du pétale se change en logette postérieure , sans qu'il en reste aucune trace. On pourrait trouver ceci invraisemblable par la raison que, si cette théorie est fondée dans la nature, les placentas du car- pelle représenteraient non le bord de la feuille, mais une partie de sa face supérieure. Cette objection cependant ne serait pas d'une grande valeur, à ce qu'il me semble, parce que la théorie d'après laquelle les placentas représentent le bord des carpelles , a été exprimée d'une manière beaucoup trop générale et sujette à de nombreuses exceptions. Le fait que les placentas naissent des sutures anthérales confirmerait, au contraire, la théorie fondée sur l'organisation de beaucoup de carpelles, que non-seulement les bords , mais en général la face supérieure des feuilles , est susceptible de se transformer en placentas et de produire des ovules. Cette vérité me semble prouvée par l'organisation F. unger. — Influence du sol sur les végétaux. 7 5 de beaucoup de carpelles monospermes (p. ex. dans les Pal- miers ) autant que par celles de quelques carpelles poly- spermes^p. ex. dans lesButomus, Cupressus^ic.) Ueber den Einfluss des Bodem auf die Vertheilung der Gecvaechse, nachgwiesen in der Végétation des nordœstlichen Tyrols etc. etc. — L'influence de la nature du sol sur la distribution des végétaux , démontrée par la végétation du Tyrol occidental. Par le D r F. Unger. (i) Appelé à résider, comme médecin cantonnai, dans la ville de Kitzbûhel en Tyrol, l'auteur eut l'art d'utiliser tous les momens que lui laissait une pratique étendue, et, au bout de quatre ans, il put donner au monde savant une histoire complète sous le point de vue géologique, botanique et météorologique du pa* qu'il avait habité. C'est une apparition si rare que celle d'un ou- vrage où la nature est envisagée comme un ensemble, où tout s'enchaîne , où chaque science n'est qu'un moyen de déchiffrer le grand livre de la création , où l'on n'isole pas la plante du sol dans lequel elle croît, de l'air qu'elle respire, des divers degrés de température qu'elle supporte , pour la décrire comme un être abstrait; que nous croyons devoir en donner une ana- lyse assez détaillée pour faire apprécier la richesse de faits ma- tériels et la portée philosophique qui le distinguent. Le territoire de Kitzbûhel présente une surface de dix-neuf milles carrés d'Allemagne; il est limité à l'orient, au sud et au nord- est par le pays deSalzhourg; au nord , par la Bavière et à l'ouest il s'étend jusqu'à l'Inn, parallèlement au cours de la Wiedau. La ville elle-même est située sous le 47% 2 7' l at - et 3o°, 4' longit. de Flle-de-Fer à une hauteur de a35o pieds au-dessus du niveau de la mer. Toute la contrée est hérissée de montagnes , quelques- (1) 1 vol. in-8. avec (deux cartes et une planche , Vienne 1 836. Nous devons l'extrait de cet ouvrage que nous publions ici à l'amitié de M. le docteur Martin». 76 F. uinger. — Influence du sol sur les végétaux. unes se terminent par des crêtes tranchantes, mais la plupart sont surbaissées et s'élèvent peu-à-peu en formant des croupes arrondies. Aucun des sommets ne s'élève à 7500 pieds, aucun , par conséquent, n'atteint la limite des neiges éternelles qui dans la chaîne centrale est à 8200 pieds; cependant la plupart s'é- lancent à plus de 5ooo pieds et la moitié au moins au-dessus de 35oo. Trois torrens arrosent la contrée et des sources rares, mais abondantes dans les terrains calcaires, fréquentes mais pauvres dans les terrains primitifs, entretiennent partout la fraîcheur et l'humidité. La température des sources étant, en général, égale à la moyenne de la température de l'année, l'au- teur a fait un tableau de toutes celles qu'il a observées. Ces tem- pératures sont les moyennes de plusieurs observations et ac- compagnées des indications de la hauteur de ces sources et de la nature des roches qu'elles traversent. En somme , leur température varie entre 2 , 9 R. et 7, 1 R. Ces chiffres peuvent être adoptés comme représentant la moyenne de celle de l'air , et l'auteur a fait à Kitzbùhel même des observations qui con- firment cette loi; car la température moyenne de toutes les sources de cette ville est de 6, 1 R., et la moyenne de la tempé- rature atmosphérique de l'année, 6, 2 R. Outre les sources, le pays renferme encore des étangs et deux lacs, dont l'un, ap- pelé Walchsee, a plus d'une lieue de circonférence. Placé entre les formations primitives de la chaîne centrale et les couches secondaires du calcaire alpin, le territoire de Kitzbù- hel appartient presque en entier aux terrains de transition qui occupent souvent une espace de cinq milles de diamètre. Nous ne saurions entrer ici dans les considérations purement géologiques auxquelles se livre l'auteur ; de nombreuses coupes sont desti- nées à donner une idée exacte de la constitution géognostique du pays et des différens modes de superposition des couches. Nous ne parlons qu'à des botanistes, et la nature de la surface du sol a seule de l'intérêt pour eux. Le schiste argileux occupe les deux tiers environ de la contrée, mais il est parcouru de l'est à l'ouest par des bandes de grau- wacke schisteuse, de grès (Uebergangs-Sandsteiri) et de calcaire f. unger, - — Influence du sol sur les végétaux. 77 alpin: celui-ci forme presque exclusivement la partie septen- trionale du district. Le schiste argileux est grossier , d'une couleur cendrée, il renferme des rognons de quartz et alterne souvent avec la grau- wacke schisteuse. Le calcaire est à grains moins fins que le cal- caire primitif; ses angles sont moins tranchans; il est blanc, jaunâtre ou grisâtre et contient un peu d'oxide de fer. iC'est lui qui forme le groupe du Rettenstein. Le schiste argileux renferme du minerai de cuivre. Le grès est de deux sortes : ce- lui {pldred sandstone desAnglais) qui est en contact avec la grau- wacke , est d'un rouge sanguin ou gris, sa texture est uniforme et schisteuse , et il renferme souvent des couches de gypse. Le grès rouge récent {todt liegendé) est dur, d'un rouge pâle, sou- vent verdâtre ou blanchâtre , bigarré , à grains fins , riche en mica et quelquefois schisteux. Le calcaire forme des montagnes, dont quelques-unes s'élèvent jusqu'à 5ooo~73oo pieds; il ap- partient, à la variété alpine, au calcaire de transition récent, quelquefois il est remplacé par des conglomérats. Les blocs erratiques , dont la composition est différente de celle de toutes" les roches qui se trouvent dans le pays, s'offrent de tous côtés aux regards de l'observateur : plusieurs présentent des surfaces de frottement, qui peuvent jeter du jour sur leur mode de trans- lation. Ils résistent à toutes les influences atmosphériques et présentent seulement çà et là quelques rudimens de lichens, qui ont pu s'y fixer grâce à la destruction du feldspath, roche moins réfractaire que les autres aux agens extérieurs. Les influences atmosphériques qui , jointes à celles du soi et de la latitude , déterminent ou modifient la végétation d'un pays sont; i° Le poids de l'air et ses variations; i° les chan- gemens annuels et diurnes de température; 3° l'état hygromé- trique et électrique; 4° la pluie, la neige, la grêle, etc.; 5° les vents ; 6° les changemens dans la composition chimique de l'at- mosphère. Toutes ces influences réunies constituent ce que nous appelons le climat. Les observations barométriques ont été faites trois fois par jour pendant un an, et ont donné pour la hauteur moyenne du baromètre à Kitzbùhel 697,04 millimètres. Cependant, 78 f. unger. — Influence du sol sur les végétaux. comme, pendant toute l'année i814>^ e baromètre s'est tenu très haut, nous croyons devoir faire une correction, dont la quo- tité nous sera fournie par le baromètre d'Inspruck : celui-ci , ré- duit à 00, a pour hauteur moyenne, déduite de cinquante années d'observation, 708,31 , tandis que la moyenne de 1 834 est 7 10, 56; d'après cela nous croyons pouvoir conclure que la hauteur moyenne du baromètre à Ritzbûhel est 6ç)h mii1, 78. Prenant la hauteur moyenne du baromètre au bord de la mer, et la suppo- sant, d'après le travail de Schouw, 760,90 , la hauteur de Kitz- bùhel au-dessus de la mer est de a347>8 pieds. Pourlnspruck on arrive à un résultat à peine différent. Cette ville, d'après des me- sures géodésiquesettrigonométriques ,est située à 1791,2 pieds au-dessus de la mer, et Kitzbùhel , d'après les observations baro- métriques correspondantes, à 558,6 pieds au-dessus d'Inspruck, ce qui donne 2349,8 pour hauteur absolue. Les variations baro- métriques annuelles sont comprises à Kitzbùhel entre 6g3,33 et 715,08. Les observations thermométriques furent continuées pendant trois ans, de i83i— -i834, trois lois par jour, à 7 heures, à midi et à 5 heures. Les moyennes de chaque mois ont été: Janvier, — 2,69; février, — 0,21; mars, +2,21; avril, +6,80; mai, H-i 1,49 ; juin, +1 3, 28; juillet, +1 4>9Ç; août, +14,77, se P~ tembre, +1 1,26 ; octobre, +6,98; novembre, +1,72; décem- bre, j — i,o5. La température moyenne de l'année est 6,21, tan- dis qu'à Inspruck elle est de 7,21. Ce résultat est parfaitement d'accord avec la loi établie par Schùbler, suivant laquelle cette moyenne diminue d'un degré Réaumur pour 533 pieds jusqu'à la hauteur de 3ooo pieds. Le maximum de température a été à Kitzbùhel, le 1 1 juillet i832 , 22,0 , et le minimum , le 3 , le 19 et le 22 janvier de la même année, — i2°,o; ce qui donne un intervalle de 34°. Le climat de Kitzbùhel est humide, car on compte 1 25 jours de pluie. En hiver, le pays est couvert d'une couche de neige de 4 — 6 pieds, qui ne disparaît complètement qu'au mois de mai; les orages y sont fréquens et le vent le plus violent, celui du Sud enlève quelquefois des arbres et même des maisons. Dix tableaux accompagnent la partie météorologique que nous f. ujn'Ger. — Influence du sol sur les végétaux. 79 venons d'analyser rapidement ; ils contiennent une foule d'ob- servations mises en regard de celles d'Inspruck, de Trieste et de Gries. Si l'on combine toutes les circonstances que nous venons de passer en revue , on en conclura que la flore de Kitzbùhel doit être alpestre. Elle appartient donc à ce grand système qui s'é- tend depuis les Pyrénées jusqu'au Caucase ; sur cette longue ligne la végétation offre des traits communs, mais elle présente aussi des différences notables; c'est ainsi que celle des Pyrénées diffère moins de la flore des Alpes que celle«ci ne diffère de la végétation du Caucase. Le Tyrol étant situé entre deux, il s'en- suit qu'une foule de plantes occidentales parviennent jusqu'à lui, tandis que celles de l'extrémité orientale nous sont tota- lement étrangères. Ainsi le Petrocallis pyrenaica, Xllorminum pyrenaicum , le Potentilla nivea lui sont communs avec la Suisse, le Dauphiné, la Provence et les Pyrénées. Quelques autres qui ne croissent que çà et là dans quelques localités pri- vilégiées t s'étendent fort loin vers l'est, sans toutefois pénétrer dans cette contrée;-tels sont le Géranium pyrenaicum , le Va- leriana saliunca, le Papauer pyrenaicum et X Ornithofalum pyre- naicum. Notret erritoire forme à son tour la limite occidentale de quelques espèces propres aux montagnes de l'Autriche, telles que XHeracleum austriacum } tandis que le Linum alpinwn, X Aconitum y4nthora,\e Dianthus alpinus s'étendent jusqu'en Li- gurie et en Piémont. Les plantes du versant méridional des Alpes passent quelquefois la crête et viennent habiter le versant du côté septentrional : c'est ainsi qu'on retrouve sur ce versant un grand nombre d'espèces appartenant à la flore méditerra- néenne; aucune d'elles , néanmoins, ne s'est aventuréejusque dans le Tyrol septentrional. Il en résulte que notre flore s'est trouvée à l'abri de ces invasions et de ces mélanges qui auraient pu altérer son caractère primordial ; toutefois un grand nom- bre des plantes qui croissent dans les champs ont été pro- pagés avec les végétaux cultivés dont elles sont insépara- bles. Ex. : Scleranthus annuus, uigrostemma Githago, Saponaria officinalis, Papaùer Rhœas ; plusieurs Véroniques : Centaurea ( yanus , Capsella Bursa pastoris , Solarium nigrum, etc. Quel- 8o f. dnger. — Influence du sol sur les végétaux. ques-unes telles que le Thlaspi arvense, le Teucrium bcorodo- nia , le Mjricaria germanica n'ont été observées que depuis un petit nombre d'années sur les champs de lin qui se trouvent près de Jochberg. Par l'intermédiaire des vallées de Leuk et de Brixen , celle de Kitzbûhel se trouve en communication avec des contrées qui appartiennent à la flore scandinavo-germani- que. Quelques-unes des plantes qui en font partie s'arrêtent au pied même de la montagne, tel est par exemple le Dipsacus syl- vestris, qui cesse déjà près de Reichenhall , tandis que XEu- phorbia platyphyllos s'élève jusqu'au Thunsee. Le Papaver Rhœas est très commun autour deSchneitzelreith et le Staphylea pinnata s'vance jusqu'à Unken. Des exemples analogues sont communs dans d'autres contrées , ainsi XOnonis natrix s'arrête dans le Tyrol sur le versant méridional du Brenner, tandis que le Saponaria ocymoides se trouve encore de l'autre côté, ainsi que le Dorycnium herbaceum et le Colutea arborescens. Quel- quesparties élevées du territoire sont, au contraire, occupées uniquement par des espèces boréales , ce sont surtout les ma- . rais tourbeux de Bichlach. Il résulte de tout ce que nous venons de dire qu'un tiers, au moins , des végétaux qui composent la flore de Kitzbûhel appar- tiennent à d'autres régions et que lesdeux tiers seulement doivent être considérés comme caractérisant la végétation du Tyrol occi- dental. Il existe aussi une différence remarquable entre la vé- gétation de la partie septentrionale et méridionale du district. Tandis que les cimes calcaires de la partie boréale élèvent vers le ciel leurs sommets nus et pelés, les montagnes schisteuses , au contraire, sont couvertes de la plus riche végétation. Heget- schweiler a fait, en Suisse, la remarque contraire, et l'auteur de cet extrait en a vérifié la justesse sur le col de Fours , les montagnes qui bordent l'Allée blanche au Sud , et dans le dé- partement des Basses-Alpes. La partie septentrionale du district est aussi couverte de forêts d'une grande étendue , elles s'élè- vent depuis le fond des vallées jusqu'à une hauteur de 4800 pieds et se composent en grande partie de hêtres. Dans le sud on trouve XAbies excelsa, D. C. le mélèze , le Pinus sylvestris et X Abies picca } plusieurs Saules, X Alnus incana, le Sorbier des f. uwger. — Influence du sol sur les végétaux. 81 oiseleurs, le Noisetier, l'Orme, le Frêne, le Chêne, le Populus nigra et surtout l' A cer Pseudoplatanus , qui acquiert quelque- fois des dimensions énormes. Lorsque cette végétation arbores- cente finit, elle est remplacée par une autre , qui se compose de Pinus pumilio , Alnus viridis , Saules nains, Rhododendron ferrugineum et R. hirsutum, Lonicera alpigena, ^dtragene al- pina et Juniperus nana. Un relevé emprunté aux archives fores- tières du pays prouve que Zi pour cent du territoire sont cou- verts de bois, rapport qui est le même que celui qu'on trouve au Brésil , pays que l'on peut considérer comme vierge encore de toute culture. Aux forêts succèdent les prairies alpines pro- prement dites, elles se composent delà plupart des plantes que l'on trouve dans les Alpes de la Suisse. Ces prairies sont très étendues , car elles couvrent la moitié environ de la surface du sol. Avant de passer à l'étude des influences du sol sur la végétation de la contrée que nous examinons, nous avons à résoudre préalablement quelques questions importantes qui se lient intimement à celle qui nous occupe. Cherchons à dé- terminer d'abord d'une manière bien exacte le rôle que joue la racine dans la nutrition de la plante. Duhamel , Senebier et Carradori ont prouvé que les racines n'absorbent que par leurs extrémités capillaires; de plus, Mohl a fait voir {De Palmarum structura) que leur organisation différait totalement de celle du tronc, et qu'elle est le produit d'un système de gemmes dont le point de départ est au bas de la tige. A l'extrémité des ra- cines les vaisseaux disparaissent et sont remplacés par un tissu cellulaire rempli de liquide et quelquefois de cristaux allongés, que j'ai observés le premier dans la seconde couche cellulaire du Lemna. A la base de la spongiole, on trouve le plus souvent des poils cylindriques, souvent recourbés; ils se multiplient singulièrement sous l'influence d'une atmosphère humide, et, dans le Streptopus amplexifolius ils forment un feutre épais. Je pense, avec Carradori et contrairement à Treviranus , que ces poils jouent un grand rôle dans les fonctions absorbantes des végétaux. Ce qui me prouve l'énergie de leur vitalité, ce sont les phénomènes de cy close que j'ai observés après M. Meyen VIII. Botan. — Août. 6 8a f. unger. — Influence du sol sur les végétaux. dans ceux de XHydrocharis. Les racines sont, en outre, couvertes d'une couche épidermique, différente de 1 epiderme de la tige en ce que ses cellules n'ont pas une forme spéciale et qu'elles ne présentent point de stomates. Exposée au contact de l'air, cette couche s'épaissit, devient coriace et recouvre la racine d'une enveloppe analogue au parchemin, comme on l'observe sur les racines aériennes des Pothos et des Epidendrum.Vzà exa- miné dans le Lemna un autre organe important de la racine, savoir : la coléorhize. La racine de la Lentille d'eau est recou- verte d'une double couche épidermique, et tant que la petite ra- cine n'a pas plus d'une ligne et demie de long, les deux couches se tiennent; mais lorsqu'elle s'allonge , la plus superficielle se rompt circulairement et ne reste unie que vers la pointe à celle qui lui est sousjacente : à la base de la racine on retrouve ses traces, quoique peu marquées. Si l'on coupe les extrémités de ces racines munies d'une coléorhize, la plante ne périt pas; car il se développe à l'instant même de nouvelles radicelles, qui atteignent, au bout de dix jours, la longueur des premières. Il est certain que l'épidémie et même des couches isolées de fécorce des racines se séparent du tissu cellulaire qu'elles recou- vrent et se détachent, ainsi qu'on l'observe assez souvent sur le tronc. Quelques auteurs ont même prétendu que les racines des végétaux tombaient comme leurs feuilles. Sans adopter une opi- nion aussi tranchée, nous admettrons volontiers'que ces organes se renouvellent en grande partie. Les fonctions respiratoires des feuilles sont en rapport avec les propriétés absorbantes de la racine , elles s'accroissent et diminuent avec elles. Les feuilles absorbent par l'intermédiaire de leurs poils , qui sont tout-à-fait analogues à ceux des racines. Les feuilles des plantes exposées au soleil deviennent ouvilleuses ou coriaces ; le végétal rétablit ainsi l'équilibre et remplace les pertes d'une évaporation trop active. Cette explication dif- fère de celle de M. UeCandolle, qui pense que les poils, en fer- mant l'orifice des stomates, s'opposent à une évaporation trop abondante ; mais le résultat définitif est toujours le même. L'ex- périence suivante prouve que les racines peuvent suppléer à l'absence des parties vertes. J'élevai de graines un Solanum Lf- f. unger. — Influence du sol sut les végétaux. 83 copersicum, les cotylédons furent coupés dès qu'ils eurent rempli leurs fonctions, et , à mesure qu'une feuille paraissait, elle était immédiatement retranchée. Il se développa bientôt des racines adventives au pied de la tige, qui devinrent de plus en plus nombreuses; la plante vécut , fleurit, mais ne donna point de fruits. Il n'est pas encore bien établi si les plantes ne font que composer et décomposer les principes conslituans de l'air ou si elles peuvent engendrer du carbone par elles-mêmes. Les expériences de Crell sembleraient prouver qu'elles possèdent cette faculté. Il mit un oignon de jacinthe dans un vase rempli d'eau distillée et hermétiquement fermé. Les feuilles s'allon- gèrent de 6 à 7 pouces, et le poids total du carbone de la plante augmenta de ^^itS grains. Un autre bulbe, placé dans du quartz pilé, présenta les mêmes phénomènes. Or, les deux planles végétaient dans un espace comprenant 5o pouces cubes d'air et, par conséquent, seulement 0,08 grains de carbone; ce n'est donc pas uniquement à l'air atmosphérique que la plante avait pu emprunter ce principe. Dans les essais de M. Bra- connot, de petits pieds de moutarde blanche ayant germé dans du sable, augmentèrent de poids dans la proportion de 0,206 à o,a34, sous l'influence de la lumière seulement. Les expériences de Gceppert (Nonnulla de plantarum nutritioné) donnent des résultats tout-à-fait opposés : la quantité de carbone n'augmenta pas; celles de John mènent à des conclusions analogues. Ces expériences contradictoires sont néanmoins d'accord pour prouver l'influence des agens extérieurs. Celle de l'eau, qui peut à elle seule nourrir les plantes, a été prouvée par les essais de Duhamel , Hasenfratz, De Saussure et Crell, qui élevèrent des plantes dans du marbre, du quartz pilé, des crins de chevaux, etc. en les arrosant avec de l'eau de. source ou de rivière. Les essais de Haies, Percival, Ruckert, de Saussure, démontrent que l'acide carbonique est décomposé sous l'influence de la lumière. Ce dernier physiologiste fit voir que cette puissance décomposante est fort énergique , puisque sept pervenches remplissant un es- pace d'un demi pouce-cube carré décomposèrent en 6 jours 21,75 pouces cube de gaz acide carbonique. Les expériences de Link prouvent aussi qu'il ne suffit pas que la plante reçoive 84 f. dnger, — Influence du sol sur les végétaux. de l'acide carbonique par l'intermédiaire de l'eau qui pénètre par les racines, pour qu'elle accomplisse toutes les périodes de la végétation et de la fructification , mais il faut encore qu'elle décompose celui de l'air atmosphérique ; il paraîtrait même, suivant les observations de M. Ad. Brongniart, que ce mode de nutrition était prépondérant sur l'autre dans les plantes anti-diluviennes , ce qui semblerait indiquer que la composition de l'atmosphère était différente alors de ce qu'elle est au- jourd'hui. D'après tout ce que nous venons de dire, on pourrait croire que la nature du sol ne doit avoir aucune influence sur la nutrition de la plante dont l'acide carbonique semble être l'unique aliment; mais on trouve aussi dans ses tissus des métaux, des alcalis, des sels qui prouvent l'influence de la composition du sol qui la porte. Cependant Wahlenberg , ap- puyé sur les faits publiés par Vanhelmont, Boyle, Duhamel, Kraft, Bonnet etc., soutenait qu'ils étaient le produit de l'ac- tion de l'eau sur les tissus de la plante. D'autres pensèrent que la plante elle-même donnait nais- sance à ces corps étrangers. Schrader ayant semé des grains d'orbe et de blé dans des fleurs de soufre lavées et les arrosant avec de l'eau contenant uniquement de l'acide carbonique, retrouva dans les plantes germées de la silice, de la chaux, de l'oxide de fer et de manganèse. Il y a mieux : il y trouva plus de silice que dans le blé qui avait poussé en plein champ. Braconnot découvrit dans les cendres de Sinapis atba qui avait poussé dans de la poussière d'oxide de plpmb, de soufre ou au milieu de grains de plomb et qu'il arrosait avec de l'eau distillée, de la silice, des carbonates et des phosphates de chaux et de fer. John analysant des Lichens (Ramalina fraxinea, Boreraci- liaris) croissant au sommet d'un Sapin qui s'élevait sur un ter- rain où l'on ne trouvait point de traces de fer, y découvrit une grande quantité de ce métal. Néanmoins John prouve dans son mémoire couronné sur la nutrition des plantes, que tous les métaux qui existent dans les végétaux y ont pénétré à l'état soluble, ainsi le fer à l'état de sulfate, le manganèse sous celui F. iïnger. — Influence du sol sur les végétaux. 85 de carbonate ou de nitrate; il a constaté aussi que le nitrate de potasse qui se trouve dans un si grand nombre de plantes, disparaît du moment qu'on les place dans un terrain où ce sel n'existe pas. La belle expérience de M. Lassaigne est complète- ment en harmonie avec ces derniers faits : elle démontre que la silice et les sels que l'on trouve dans une plante que l'on fait germer dans du soufre à l'abri de l'air en l'arrosant avec de l'eau distillée, existaient déjà préalablement dans les graines qui lui ont donné naissance. Peschier a vu aussi que du cresson arrosé avec de l'eau contenant du sulfate de chaux en dissolution, donnait à l'analyse beaucoup plus de sulfate de potasse que celui qui était arrosé avec de l'eau pure; ce qui prouve que la plante peut modifier, non créer les substances chimiques ingérées dans les tissus. Les derniers travaux sur ce sujet sont dus à M. Ch. Daubeny. Il a élevé des plantes dans du sulfate de strontiane pulvérisé, d'autres ont été arrosées avec une solution de nitrate de stron- tiane , et il n'a retrouvé que quelques traces de ce sel dans la racine, jamais dans les parties aériennes. Au contraire elles contenaient de la chaux et de la silice, et cela en quantité plus notable lorsqu'elles avaient cru dans du marbre de Ca- rare pulvérisé, que lorsqu'elles avaient végété sur du sable quartzeux. L'existence d'excrétions par les racines , signalées déjà par Murray, Haies, John, Mirbel et Brugmans ont été mises, en apparence^ hors de doute par M. Macaire; il a plongé dans l'eau diverses plantes après les avoir soigneusement net- toyées, et il a vu que les racines des Chicoracées sécrétaient un suc analogue à latridace {Lactucarium); celles desEuphorbiacées une substance gommo-résineuse; celles des Légumineuses de la gomme, et enfin les Graminées une substance gommeuse avec des sels. En plongeant l'une des racines d'un pied de Mercuriale dans de l'acétate de plomb, tandis que l'autre trempait dans de l'eau distillée, il n'a pas .tardé à découvrir dans celle-ci des traces manifestes de la présence de ce sel de plomb. Ces essais sont sujets à deux fortes objections : i il est impossible qu'en débarrassant les racines de la terre qui les environne on n'ait pas rompu quelques filamens déliés, et alors les sucs 86 f. ungeii. — Influence du sol sur les végétaux. contenus clans les vaisseaux propres se seront extravasés, et il n'est pas étonnant que l'auteur les ait retrouvés; 20 le transport de l'acétate de plomb à travers les racines, s'explique très bien par la seule action capillaire de la racine. Pour parer à ces incon- véniens j'ai choisi des plantes dont les racines ne sont pas adhé- rentes au sol, par exemple \e Lemna minor. On fit dissoudre trois grains d'acétate de plomb dans quatre onces d'eau pure et ou y plaça environ quarante petits Lemna; le huitième jour plusieurs avaient jauni. Us furent séparés des autres et lavés plusieurs fois dans l'eau pure, puis dans de l'eau distillée, jusqu'à ce que celle-ci ne donnât plus aucune signe de la présence du sel de saturne. Alors les plantules furent mises dans un verre conte- nant deux onces d'eau distillée, elles y restèrent trois jours, mais l'eau ne donna pas le moindre signe de la présence de l'acétate de plomb; cependant le sel avait pénétré le tissu des plantes, car celles-ci traitées par l'hydrosulfate d'ammoniaque devinrent entièrement noires. L'examen microscopique fit voir en outre que cette couleur noire s'était communiquée à la mem- brane même des cellules; en outre elle avait coloré toutes celles de la face inférieure, tandis que celles de la face supé- rieure ne l'étaient que par places , ce qui me porte à croire que la feuille même de la plante avait absorbé le poison par la sur- face qui était en contact avec lui. Je voulus faire l'expérience contraire. Des Lemna furent pla- cés dans une solution d'hydrosulfate d'ammoniaque, puis transportés clans une eau contenant de l'acétate de plomb en dissolution, le liquide ne devint nullement trouble. Mes essais en restèrent là. Ceux de M. Daubeny, entrepris avec des sub- stances différentes, ont eu des résultats analogues. Il suit de ces expériences que la plante choisit jusqu'à un certain point les substances avec lesquelles elle se trouve en con- tact; mais celles qui sont absorbées le sont uniquement en raison directe de leur quantité. Ainsi donc on doit admettre que l'eau , l'air et la terre exercent une influence réelle et sen- sible sur le mode de vitalité des végétaux. De là la présence de certaines espèces dans des localités qui en excluent d'autres; de là en particulier l'existence de plantes marines, fluviatiles , F. unger. — Influence du sol sur les végétaux. 87 et lacustres; de là l'analogie qui existe entre la végétation des marais salans et celle de la mer. On ne saurait nier que les terrains calcaires ont une flore bien différente de celle des autres terrains. Zuccarini et Sieber ont observé ce fait, sur le revers méridional des Alpes; Wah- lenberg a compté dans les Carpatbes 43 plantes qui n'appar- tiennent qu'au sol calcaire , il a fait les mêmes observations en Suède. Sur le nouveau continent, Martius a été frappé des mêmes faits; dans les environs du fleuve San-Francisco où commence le calcaire , il a vu la végétation prendre un caractère tout spé- cial et remarquable par la prédominance de certaines formes, telles que celles des Térébinthacées, des Nopalées , des Malva- cées, des Solanées, des Mimosées et des Cassiées. Il est des plantes particulières au gypse, telles sont plusieurs Gypsophila,\e Gymnostomum curvirostrum , VUrceolaria gypsacea, le Sarcosy- phus gypsophilusWall. La végétation du quartz, du calcaire, de l'argile ne diffère jamais du tout au tout, parce que ces substances ne sont jamais pures, mais toujours mélangées avec d'au très et re- couvertes par l'humus qui est partout identique. Les plantes pro- pres au quartz sont, p. ex. : X Arundo arenaria, le Plantage arena- ria , leJasione montana , le Statice Armeria > le Gnaphalium are- narium, etc. Sur les terrains argileux on remarquera au contraire les Tussilago Farfara, T. Petasites, Arctium Lappa , Sonchus arvensis, Inula dyssenterica , Thlaspi campestre, etc. etc. Mais ces influences ne se font sentir que lorsque la formation oc- cupe une très grande surface; c'est ainsi que je ne trouvai sur le lignite des environs de Haering en Tyrol que le Funaria hy- grometrica , qui lui fût spécial; les autres plantes étaient les mêmes qu'aux environs, elles avaient envahi le petit ilôt de lignite. Les terrains tourbeux ont encore une végétation toute spéciale et leur influence est telle qu'on rencontre les mêmes espèces sur les tourbières des différentes parties de l'Europe ; comme si l'influence du sol était prépondérante sur celle du climat lui-même. La végétation de la province de Minas-Geraes , dit Martius, est. la plus caractérisée de celle des Campos, et ja- mais on ne l'observe sur des terrains calcaires ou granitiques. Il est néanmoins des observations qui viennent infirmer 88 f. unger. — Influence du sol sut les végétaux. L'exactitude de celles qui précèdent. Wahlenberg avait vu que dans les Carpathes, 39 plantes appartenaient exclusivement aux formations calcaires; de ces 3o, plantes il en retrouva 22 sur le granit, en Suisse et en Laponie. Schouw, parcourant la Suisse et les Apennins une carte géologique à la main, n'a point observé de différences suivant les terrains. M. De Candolle a constaté dans ses nombreux voyages agronomiques en France, que les plantes croissaient indifféremment sur tous les terrains; cependant en Limousin il a été frappé de voir que le châtai- gnier ne venait que sur les bandes de grès qui traversent cette province, et cette observation a été répétée dans plu- sieurs localités. Zahlbruckner, qui, en décrivant une partie de l'Autriche, op- posa lune à l'autre les végétations des terrains calcaires et du terrain primitif, signale d'importantes différences. Lachmann, dans sa Flore de Brunswick, trouve des nuances, sinon dans les espèces, du moins dans leur abondance et leur développement sur chacune des formations secondaires ou tertiaires de ce pays. Pour en revenir au territoire de Kitzbùhel, nous diviserons tou- tes les plantes qui le couvrent en trois sections, déterminées par leur affinité et leur constance sur un même terrain : nous apel- lerons les premières Bodenstete Pflanzen, ce qui veut dire plantes que l'on ne trouve jamais que sur un même terrain; Bodenholde Pflanzen celles qui se trouvent plutôt sur un terrain que sur l'autre sans qu'elles lui "soient exclusivement propres; et enfin Bodenwage Pflanzen celles qui habitent indifféremment tous les sols. Ces dernières sont les plus nombreuses et les plus communes partout, de façon qu'on aurait tort de choisir, pour caractériser bn terrain, les plantes qui s'y rencontrent en plus grande abon- dance. Il est vrai de dire toutefois qu'il peut arriver que les végétaux caractéristiques aient exclu les autres presque tota- lement : c'est ;)insi que les 'Rhododendron hirsutumeï R.Cha- maecistus y Globularia cordifolia, Biscutella lœvigata, Erica carnea couvrent souvent à eux seul le terrain calcaire, qu'ils caractérisent , tandis que le Rhododendron ferrugineum _, XAzalea procumbens , \e Chrysanthemum alpinum , le Sesleria disticha et le Juncus trifidus annoncent la présence du granit. f. unger. — Influence du sol sur les végétaux. 89 En y comprenant celles des tourbières , les plantes caractéris- tiques de notre pays forment environ la cinquième partie du nombre total. Ce nombre serait encore plus grand si le terrain lui-même n'offrait pas de nombreuses variétés dans une même formation. Celles dites secondaires et tertiaires, n'étant souvent que des roches anciennes, modifiées par le feu, l'eau ou l'air, il en résulte un manque d'homogénéité qui influe sur celle de la végétation. C'est sur les sommets élevés, là où la couche d'humus est peu considérable, où la culture n'a pu s'éle- ver, que la nature du sol doit être puissante pour déterminer l'existence de telle ou telle plante. J'ai reconnu que les plantes phanérogames, que l'on peut considérer comme les plu« ca- ractéristiques du terrain calcaire dans le Tyrol septentrional, sont les suivantes : Carex mucronata. C. tenuis. C. firma. Streptopus amplexifolius. Allium victoriale. Orchis erubescens. Ophrys myodes. Cephalanthera ensifolia. Epipactis atrorubens. Cypripedium calceolus. Pinus pumilio. Juniperus nana. Salix ïVulfeniana. Fagus sylvatica. Valeriana saxatilis. Centaurea montana. Achillea Clavennœ. Arnica scorpioides. Buphtkatmum salicifolèum. Crépis alpestris Rb. Hieracium succisœfolium. H. villosum. H. flexuosum. l'ussilago nivea. Carduus defloratus. Carlina acaulis. Planta go montana. Teucrium montanum. Thymus alpinus. Polygala Chamœbuxus. Pedicularis Jacquini. P. foliosa. Globalaria nudicaulis. G. cordifolia. Erica herbacea. Pyrola rotundifolia. Arctostaphylos alpina. Rhododendron hirsutum. B. Chamœcislus. Laserpitium latifolium. Asiragalus glycyphyllos. Anthyllis vulneraria. Hypocrepis çomosa. Saxifraga aphylla. S. cœsia. S. Burseriana. Potentilla caulescens. P. minima. Dryas oclnpetala. Bubus saxatilis. Py rus Aria. Mespilus Coloneaster. 90 f. unger. « — Influence du sol sut les végétaux. Biscutella Icevigàta. Ranunculus hybridus. Iberis rotundlfolia. Hepadcajtriloba . Kernera saxaùilis. Aquilegia^atrata. Helianthemum vulgare. Euphorbia cyparissias. H. alpestre. Gypsophila repens. Il en. est d'autres qui se rencontrent plus fréquemment sur le calcaire, quoiqu'elles se trouvent aussi sur d'autres terrains, telles sont, par exemple : Tozzia alpina. anémone narcissiflora. Gentiana dilata. Thallctrum aquilegifollum. G. acauhs. Aconitum camrnarum. Daphne Mezereum. Alchemilla alpina. Astrantia major. liosa alpina j etc. , etc. Les différences qui peuvent exister entre la végétation des différentes espèces de calcaire, sont encore moins appréciables; cependant j'ai essayé de dresser un tableau des espèces qui habitent plus spécialement chacune de ces formations. Ainsi il existe des plantes particulières au calcaire alpin, au calcaire métallifère, au calcaire du Rettenstein et au calcaire primitif ou du Brennthal , dont les bandes] traversent nos schistes argileux. Plusieurs des Saxifrages qui se trouvent sur le sol calcaire présentent des exsudations de carbonate de chaux analogues à celles des Chara. Ces exsudations se montrent sous trois formes différentes. Sur le Saxifraga Aizoon et sur les espèces ana- logues on trouve, tout le long du bord des feuilles, de petiles cavités remplies de carbonate de chaux ; sur le S. cœsia sont de petits enfoncemens, placés à la surface supérieure de la feuille et où le sel se dépose par couches successives de bas en haut; la face inférieure est percée de beaucoup de stomates qui sem- blent destinées à suppléer par leur nombre à l'évaporation qui ne se fait plus que fort incomplètement par la face supérieure. Les plantes propres au schiste argileux sont moins nom- breuses que celles du terrain calcaire; cela tient à la moindre affinité des plantes pour l'alumine qui ne s'y trouve jamais qu'en quantité infiniment petite. Nous admettrons les sui- vantes : f. unger. — Influence du sol sur les végétaux. 91 Blechnum boréale. Veronica bellidloides. Sesleria disùcha. Rhododendron ferrugineum . Juncus trifidus. Sibbaldia procumbens. Hieracium grandi florum. Phaca astralagalinxt. H. intybaceum. P. ausiralis. Phyleuma hemisphericum. Sur la grauvacke et le grès rouge on remarque des plantes de l'une et l'autre des deux formations précédentes, suivant qu'ils se trouvent en contact avec elles ou que la nature de leurs parties constituantes a été modifiée par leur voisinage. Si vous rencontrez quelquefois accidentellement sur le granit ou le gneiss des plantes calcaires , un examen plus approfondi de la roche vous expliquera leur présence; c'est ainsi qu'ayant observé le Sesleria cœrulea sur le hornblende et le Gypsophila repens sur le granit, je m'assurai que ces deux roches faisaient effervescence avec les acides. Cependant je dcis avouer que j'ai trouvé quelquefois le Dryas octopetala, le Saxifraga oppositi- folia ,X Hieracium villosum et le hêtre sur les mêmes terrains, sans pouvoir me rendre compte le moins du monde des cir^ constances qui avaient déterminé leur développement, si ce n'est en me rappelant que Hugi, Wahlenberg et moi-même avons observé des roches plutoniques recouvertes d'une légère couche calcaire , que le temps peut avoir fait disparaître après le développement de la plante. S'il est incontestable que la nature du sol influe sur celle des principes qui se retrouvent dans les végétaux, on est aussi en droit de soupçonner que cette nature peut avoir de l'influence sur les formes des vé- gétaux. J'ai mis en regard des variétés que je considère comme un simple effet de la nature différente du terrain subjacent: CALCAIRE. SCHISTE ARGILEUX. Luzula glabrata, Desv. Luzula spadicea, DC. Juncus monanthos, Jacq. Juncus trifidus _, L. Primula pubescenSj Jacq. Primula hirsuta, Willd. Phyleuma orbiculare , L. Phyleuma fistulosum , Rb. Lepidium alpinum , L. Lepidium brevicaule ,Hop. Anémone grandiflora 3 Hoppe. Anémone alpina , L. Ribes alpinum, L. Ribes\#etrœum, Wulf. Genliana bavarica , L. Gentiana imbricata , Frœhl. Dianthus alpinus . L. Dianthus glacialis 7 Hxncke. 9» F. uzvglr. — Influence du sol sur les végétaux. Quelquefois aussi l'on voit que des espèces jouent sur une formation le rôle que d'autres espèces analogues remplissent sur d'autres formations, de même que, sous des latitudes dif- férentes, des genres et même des familles se suppléent et se remplacent réciproquement. CALCAIRE. SCHISTE ARGILEUX. Sesleria coerulea. Sesleria disticha. LiUzula maxima. Luzula spicala. Carex mucronata. Carex frigida. Chrysanthemum atratum. Chrysanthemum alpinum. Erigeron alpinum. Erigeron uniflorum. Arnica scorpioides. Arnica Doronicum. Phyteuma orbiculare. Phyteuma hœmisphericum. Campanula alpina. Campanula thyrsoidea. Rhododendron hirsutum. Rhododendron ferrugineum. Saxifraga aphylla. Saxifraga muscoides. Astragalus glycyphyllos. Phaca astragalina. Biscutella lœvigata. Erysimum lanceolatum. Les limites altitudinales des végétations sont les suivantes dans notre contrée: Le noyer monte jusqu'à 2700 pieds, les céréales quelquefois jusqu'à 5764, le hêtre s'élève jusqu'à 4ooo et à l'état rabougri jusqu'à 4800, le sapin à 6200. La région des arbustes alpins est entre 5ooo et 7000 pieds : ce sont les deux Rhododendron , le Betula viridis et les petits Saules. Le Pinus pumilio est encore vigoureux à 5o,o3. Nous ne suivrons pas l'auteur dans les comparaisons qu'il établit entre ces hauteurs et celles que Zahlbruckner a observées dans la Basse-Autriche, Hegetschweiler, Léopold de Buch et le général de Welden en Suisse et en Piémont; en moyenne, les champs cultivés et les arbres montent plus haut dans ces dernières contrées, comme il était facile de le prévoir eu égard à la différence de latitude. En Tyrol on observe aussi que certains types spécifiques de la plaine sont modifiés par la hauteur, au point d'avoir été pris par quelques auteurs pour des espèces nouvelles , tels sont : Pofygala alpestris Rb., Biscutella alpestres Kit. 9 Rhinanthus al- pestris Walhb. , Chrysanthemum atratum Jacq. , Euphrasia ml- nima Schleicher, Juniperus nana Willd. et beaucoup d'autres. f. unger. — Influence du sol sur les végétaux. g3 Toutes.se distinguent de leur type primitif par une plus petite taille, des corolles relativement plus grandes , des feuilles plus simples et des ramifications moins nombreuses. L'époque de la floraison de chaque plante est importante à connaître, parce qu'elle caractérise un climat et peut servir d'in- dication pour les essais agronomiques. L'auteur a pris la moyenne de quatre années, après avoir noté le moment où une espèce est en pleine floraison. Voici quelques-uns de ses résultats : Alnus incana, i5 mars. P rimula elatior , i5 avril. Corylus Avellana , 1 7 mars. Prunus avium , 7 mai. Daphne Mezereum, 2 avril. Fragaria vesca, 8 mai. Hepatica triloba, 6 avril. Ribes Grossularia , g mai. Crocus vernus , 8 avril. PyrusMalus, 21 mai. Leucoium vernum , 1 5 avril. Berberis vulgaris , 25 mai. Viola odorata , 16 avril. Secale céréale , 24 juin. ChrysospUnium alternifolium. Solidago Virga-aurea, 28 août. 20 avril. L'ouvrage est terminé par une énumération complète de toutes les plantes cryptogames et phanérogames du territoire de Ritzbùhel , rangées par familles naturelles. A la suite de chaque plante se trouve l'indication des autres contrées où elle a été observée. Il est orné de trois belles planches: Tune repré- sente une vue de Ritzbùhel ; l'autre est une carte géologique du pays, avec l'indication, au moyen de chiffres, des localités où se trouvent les différentes plantes caractéristiques des ter- rains; la dernière offre une vue de plusieurs coupes géologiques et des détails d'anatomie végétale. Notre analyse a fait voir^, nous osons l'espérer, combien ce livre est riche de faits intéressans et d'aperçus nouveaux. Il suppose chez l'auteur les connaissances les plus variées, jointes à cet enthousiasme pour les beautés naturelles, qui seul peut faire oublier les fatigues, les privations de tous genres, inséparables des voyages dans les Hautes-Alpes, et armer le naturaliste de la persévérance nécessaire pour accomplir un travail qui se compose d'élémens aussi multipliés. Martins. 94 F. ukger. — Formation des cristaux dans les plantes. Ueber Kristailbildiwgen in den Pflanzen-Zellen. — Sur la formation des cristaux dans les cellules des plantes , Par le D' F. Unger. Quelques auteurs ont soutenu à tort que les cristaux qui exis- tent dans les plantes ne se trouvaient pas dans les cellules elles- mêmes, mais dans les méats intercellulaires : ce qui a pu les induire en erreur, c'est que ces groupes de cristaux sont quel- quefois assez volumineux pour distendre la cellule outre me- sure et lui donner un volume souvent sextuple de celui qu'elle a dans l'état naturel. En général , ces cellules à cristaux ne con- tiennent pas d'autres substances organiques; toutefois, dans le Piper blandum, je les ai trouvés dans la même cellule, mêlés à de nombreux grains de chlorophylle. Meyen a le premier découvert des cristaux dans des cellules épidermiques, car jus- qu'à lui on avait cru qu'elles appartenaient exclusivement à celles du parenchyme. Aux deux plantes, le Maranta zebrina et le Tradescantia discolor, qu'd a signalées comme présentant cette particularité , je puis en ajouter une troisième , le Goodyera repens. Cependant c'est ordinairement dans les cellules du pa- renchyme qu'on observe ces corps inorganiques. Ils existent dans toutes les divisions du règne végétal, depuis les Algues les plus simples (Nostoc muscorum, Confervacrystallifera^jusqa 'aux végétaux les plus complexes. Il est rare qu'on trouve un seul cristal dans une cellule; cependant on remarque cette particu- larité dans le Papyrus antiquorum et le Ficus bengalensis ; mais le plus souvent chaque cellule en contient plusieurs même chez les végétaux que nous venons de nommer. Dans les plantes qui offrent des cavités aériennes, les cellules à cristaux sont très souvent libres et font saillie dans l'intérieur de ces cavités; cela est surtout vrai pour les cristaux aciculaires, comme M. Meyen l'a fait voir dans sa Phyiotomie; je lai observé aussi pour f. unger. — Formation des cristaux dans les plantes. 9 5 les cristaux disposés en étoiles du Myriophyllum spicatum. L'existence de cristaux paraît liée à celle des cellules contenant delà fécule et d'autres substances, telles que la résine, la chlo- rophylle, etc. Les faisceaux vasculaires , au contraire, n'ont aucun rapport avec les formations cristallines. Occupons-nous d'abord de la forme de ces cristaux : leur pe- titesse la rend excessivement difficile à déterminer , car on ne saurait rien dire de positif à cet égard, si l'on n'a pas mesuré les angles que les surfaces font entre elles. M. Raspail a imaginé à cet effet son goniomètre microscopique; mais cet instrument est trop difficile à manier pour que les limites de ses erreurs soient moindres que les différences qui existent entre les diffé- rens cristaux végétaux. On en sera convaincu si l'on réfléchit que les plus grands cristaux que j'aie examinés avaient 0,1 1 de la ligne viennoise de long, un grand nombre o,oa3 et toutes les grandeurs au-dessous , jusqu'aux infiniment petits. Mes résultats sur ce point sont tout-à-fait d'accord avec ceux de M. Raspail. J'ai donné des dessins aussi exacts que possible des cristaux trouvés dans les cellules des plantes suivantes : Ficus bengalensis, Ma- ranta zebrina, Musa paradisiaca, M. coccinea, Iucca gloriosa , Strelitzia reginœ, Papyrus antiquorum, Tritoma Uvaria , Aloë pulchra. Dans ces végétaux , les cristaux sont isolés ou du moins libres dans l'intérieur des cellules; mais souvent ils sont grou- pés et soudés entre eux , comme on l'observe dans plusieurs Rheum , dans les Myriophyllum spicatum , Heruiaria glabra , Mercurialis perennis, Viburnum Lantana, Cactus pendulus, Ca- ladium ny/npheœfolium. L'examen chimique de ces corps n'offre pas de moindres difficultés que la détermination de leurs formes physiques. Buchner,Schùbler, Saigey,De la Fosse, Nées d'Esen- beck et Raspail sont les seuls qui s'en soient occupés; leurs bases sont de la chaux , de la magnésie, plus rarement de la silice. Les acides carbonique, oxalique, phosphatique et tartrique se combinent avec elles. Le procédé que j'employai diffère de celui de Raspail ; je laissai digérer le tissu cristallifère dans de l'acide nitrique affaibli, je filtrai , puis je traitai par l'ammoniaque; je recueillis le précipité blanc, qui se formait alors , et le fis chauf- fer sur une lame de platine. L'effervescence me démontra l'exis- 96 f. unger. — Formation des cristaux dans les plantes. tence d'un acide végétal, qui devait être l'acide tartrique ou l'acide oxalique. L'auteur ajoute dune manière incidente quelques observa- tions sur les vaisseaux du latex, à propos d'une figure qui accompagne son mémoire : en voici la substance : Ces vais- seaux décrits par Schultz et Meyen sont tout-à-fait différens des vaisseaux propres {yasa propria), comme M. Mohl l'a prouvé ; ils contiennent un suc plus mucilagineux, des substances résineu- ses ou gommo-résineuses.Les vaisseaux propres font partie, pour ainsi dire, des faisceaux vasculaires et jouent probablement un rôle dans le transport des sucs. Les vaisseaux du latex au contraire, n'accompagnent jamais les autres faisceaux vasculaires; ils en sont séparés constamment par du tissu cellulaire et se dévelop- pent par l'anastomose de plusieurs cellules placées bout à bout. Ils me paraissent plutôt appartenir au système cellulaire qu'au système vasculaire. Dans une de ces figures, l'auteur a repré- senté ces vaisseaux naissans telsqu'il les a observés dans la moelle du Ficus bengalensis : ce sont des cellules quadrilatères placées bouta bout; elles ne diffèrent point des autres cellules paren- chymateuses , si ce n'est qu'elles contiennent déjà un grand nombre de ces granules arrondis, qui forment la plus grande partie du latex. Ce mode de formation est en harmonie avec ce que nous observons pour d'autres organes , tels que les vais- seaux spiraux , p. ex., qui ne sont que des cellules anastomo- sées bout à bout. Cependant M. Unger n'a jamais pu constater le mouvement du latex, et il se propose de revenir plus tard sur ce sujet. Martins. a. j,. dt. jussieu* — lrdrod. in historiam plantarum. 97 Antonii Laurentii jde Jussieu Introductio in historiam plantarum. ( Introductionis olim generibus plantarum prsemissœ edilio altéra posthuma , aucta et maximâ parte nova). Prodierant anno 1789 Gênera Plantarum secundum ordines naturales novam- que melhodum disposita, opus immortale palris optimi, que m semper carmn atque honoratum habebo. Quiuquaginta circiter abhinc annis vixit, altcri semper intentus ediîioni quœ novis inventis amplior novisque meditationibus perfec- tior evaderet. Sed perpétua ad meliora tendens adque excellentiam, quam asse- qui vix humanum est, aspi-ans, diversis prœteieà sœpiùs ofiiciis studiisque avo- catus , aetatem obrepere paulatim sivit, et quo magis ac magis afflueate materiâ viribusopus erat, eo magis eœ deficiebant, corporis quidem, non animi semper integri etvalentis. Sensus tandem nec observandœ naturœ necîibris perlegendis suffecerunt, cùm plantarum' botanicorumque operum quotannis copia incres- ceret; et oculis, jamdûdùm obscurioribus, demùm ferè omninô captus, audien™ tisjam non agentis intra partes se continere opusque interruptum recudeudum aliis relinquere coactus est. Sed supererat laboris reique herbariœ ainor, animo que» quem nunquàm invidiœ vel minima attigerat labecula, scientiam ciîiùs ipso progressam curiosè insequenti, placebant conatus inventaque recentiorum : quo- rum generaliora, cùm operam specialibus impendere jàm non posset, discere et ponderare, scribendo digercre et praefationi pperis numquàm absolvendi vel edendi inserere juvabat. Sic confecta fuêre quœ nuncin lucem proferimus, abs- que ullâ auctoris librum condentis ambitione, sed in nobiîe senilis olii oblec- tamentum, eo igitur evolvenda modo quofseriptasunt, înterruptè scilicet, uudc bis partibus nunc illis, prout novum aliquid narrabatur legebaturve, rétracta- tis,ilà ut omnes nec asquabilrs semper sint nec plcrùmque coœvœ, neque sit de- mùm operis uno jactu fusi unitas bic requirenda. Quaedam bic ut neoterica me- morantur quœ jampridem senuêre ; quaedam contra rêvera novissima inveuiun lur : neque enim desunt paginae quas postremis viîœ meusibus dictaverit aut pro- VJTI. Potan. —"*Aoùt. 7 o,8 a. l. m. ji:ssieu. — Introd. in histonam plantarum. pria etiam manu, quamvis caecitans, scripserit. In Lis manuscriptis quse vel filii paternis lilteris locutioniLiis ideisque assueti oculos atque animum ssepiùs an- cipites impedivêrc, pauc-issima fucrunt quœ supplerenlur complerenturvc : sed pleiùmquc variae exislcbant lectiones, inter quas ultimam vulgo elegimus. Ecce igitur ingcnii tarn benè de re herbaiià meriti lucem ullimam; ecce auctoris ferè uonagenarii lincllum , quem, etsi ipse nunquàm evulgandum crediderat, nos tamen hodiè, in venerationis aelernœ pignus, publici facimus juris et lectori amico ûdenter offerimus. Ad. Juss. Historiœ naturalis nomine designatur scientia quœ Animan- tium, Vegetantium et Mineralium naturam scrutatur et evolvit. Hœc latè patens, seu corpora singula seorsim exploret, seu si- mul omnia complectatur, nullos sibi certos constituit fines. Cœteris arctè conjimcta scientiis physicis, modo prsemissa fa- cem iis hsesitantibus prœfert , modo earumdem praeeuntium mutuatur opem, quâ graves utiliùs suscipiat disquisitiones.aut feliciùs absolvat. Insignem in omnibus elementorum connexio- nem aut organorum perpendit texturam , et diversas telluris areas , diversos emensa tractus / peculiarem ubique typum ac genesim agnoscit. Concordem in quâlibet specie, velut in orbe contracta, miratur partium structuram et vires amicè conspi- rantes ; dein audaciori nisu sese attollens, giobum ipsum terne prospicit universum cujus tùm cliurnae annuaeque conversiones, tùm periodica phaenomena sequabilem ubique consensum et unicam vim motricem aeternâ summi "Numinis lege modera- tam arguunt. Divinam sidéra enarrant gloriam, enarrant pariter corporum terrestrium mira diversiîas et peculiaris actio; nimirùm ha?c omnia et singulse omnium partes compagem produnt cuique propriam et moîu aguntur suo. Sic mineralium agitant molem perpetuus elementorum affinium aut adversantium conflictus, et consectaria mixtorum veterum disjunctio novorumque con- a. l. de jussieu. — IntrocL in hisforiâlb plantarum. 99 nexio : salis cujuslibet dissoluti fit cristallina restitutio in idem aut mutatâ basi conversio in aîiud. Sic corpora mineralia aut renovantur , dùm elementis consociatis elementa alia affiniora intervenant, aut, dùm absunt, permanent eadem vel augentur, partibus similibus tantùm superadditis. Altéra est entium vivorum natura et actio. Innumerœ quidem et multiformes quse tellurem vestiunt plantas, hurao stabihter infixœ, arboreae aut frutescentes aut herbacese, pro temperie et zonis habitu varise , pluribus a seminum ortu sunt obnoxiac vicibus. Germinant primùm ( novae plantas seu neophytse ) desuper aspirantes vitam; radicantur, crescunt elicitis ex hurao fluidis cauliculinascentis vascula pervadentibus, et succosne mol- liter frondescunt; mox ampKficatae continuato per vascula fluido- rum tramite, protensâ fronde auctisque solidis firmantur. Dein maturae pro hymeneo, diversissimis et miré discoloribus annuatim exornantur floribus sexuum receptaculis , fructuûm pariter dissi- milium et prolis futurae prsenunciis, ultra provectiores cessante in- cremento et solidis praevalentibus induratae sensim depauperan- tur et demùm veteres fatiscunt, citiùs tardiùsve déficiente succo deciduae.Compares et etiam complexiores in vitœ decursu functio- nes omnigena exercent Animaliaterrestria aut aquatica, quaedam zoophyta seu plantis habitu similia , multa per vices plurifor- mia, pauca immania, plurima tenuissima aut vix perspicua, ca> tera staturis et formis diversis intermedia, omnia eô in classibus comparatis numerosiora quô simpliciora in organico textu ; ea quaelibet, exquisitis aut obtusis prsedita sensibus , propriâ vi et musculis idoneis spontè mobilia , aptatum naturâ suppetente recipiunt victum , organorum concentu vigent, reciprocâ intùs solidorumet fluidorum conservantur actione, singulas solito suo tempore obeunt phases vitœ tandem intermissae, et intérim suc- cessivâ quâdam ac mirabili aura? vitalis transfusione constanter propagantur. Quae autem ex summatim prolatis in multiplici totidem exi< stentiarum et fabricarum et formarum et actionum investi gatione versatur scientia nature contemplatrix , ea, non magni- fica tantùm, sed et extensa nimis ab humano teneri nequit inge- joo a. i.. dejusslel'. — Lilrad. in hisloriam plantarum^ nio nisi in plures dispertiatur. Natura, vox anceps duplici potis- simùm sensu accipienda, mine generalior entium congeriem aut universum signiticat telluris habittim , nunc uniuscujusque cor- poris compagem aut existentiœ modum specialis exprimit , ipsa ubique Numinis interpres et mincia. Hanc si quis integram primo sub aspectu sibi fidens audeat capescere , animos ille grandi detinebit apparatu et splendido illiciet sermone idoneis- que verbis. Sed sincero rerum naturalium serntatori non sufficit earumeompendiosa delibatioautcognitioinchoata.Ipsinoscenda priùs singulorum natura corporum omnibus suis partibus abso- Juta, quam definiunt prœcipuè eîementaris compositio et orga- nica fabrica. Inde scientia duj)lex , elementorum et organorum distinctissima^ altéra in démentis indolem et numerum et pro- portionem et mutuam affinitatem experimentis illnstratam et consequentem adhœsionis vim computans ; altéra observationum ope in organis structurai» et numerum etdispositionem mutuam et reciprocam actionem et veium prœslantiœ gradum Etatuens. Emendaiïda igitur ac perficienda triplieis regni primaria dis- tinctio, nempè Animantium , Vegetantium et Mineralium cui rectiùs prœponitur recentior partitio in Begnum organicum et Regnum inorganicum seu elementare, hinc Mineralia sola , illinc Animantia cum Vegetantibus complectens. Inorganicam Mineralium naturam constituit compages ele- mentorum in diversa coëuntium mixta, quorum juxtnpositione minérale corpus formatur, adaugetur, perficitur ; quibus posteà disjunctis vicissim destruitur, recentiori nexu in nova concres- cens corpora non ipsi coœva, sed ex ipsiûs aliurumque detritu confectu, indè prœcedentibus paria aut dissirnilia pro elemen- torum copulatoruni numéro indole et consensu. In examinandis Mineralium tum compositione tùm signis exterioribus e fracturis rupium et prœcipuè e crystallorum forma unicuique sali aut métallo aut gemmas propriâ subsidet Mineralogia , caractères et affinitates indè percipiens. Horum rnutuurn in tellure situm et commixta Regni organici fossilia inquirit Geologia , ex observatis diversas de orbis structura et ejus perUirbationibus theorias deducens, indè in Geogncsiam a. l. de jussieu. — Intïccl. in historiam plantarum. loi observantem et Geogeniam disserentem partita. Ultra progre- diens Chemia, nunc sejungit anaîysi singula solidorum et flui- dorum principia quorum deprebendit et confert affinitates, praeterèa ab inutilibus aut noxiis discernens utilia , qualta in metallorum fusione aut in expressione pharmacorum ; nunc , fecundâ syntheseos arte Naturam œmulans , eadem restituit cor- pora aut nova procréât conjunctione dissimilium. Physica , prsecedentis saepè socia,meditatur et computans perpendit tùm proprietates corporum seu matériel quae sunt attraclio , gravitas seu gravitatio , mobiliîas , elastica vis , compactio, dilatatio et possibiîis divisio seu divisibilitas, tùm pbcenomena ex igné, luce, electricitate atmospbœricâ aut animali, magnete minerai i , aère libero aut compresse , aquis fluentibus aut vaporatis orta et mentem ac sensum insigniter moventia. Prœdictis Autorum laboribus sejunctis aut invicem auxiliariis obscura elucidantur plura , quotidianse pro variis usibus creantur inventiones , inexbaustus prodit novarum fons artium, et summa scientiarum materiem inorganicam tractantium concîuditur utilitas. A prcecedentibusdisparscientiaexploransorganorum naturam, non in eorum démentis scrutandis incumbit quœ chemiam aut physicam spectant, sed in organis formamet contextum et vitre modum potissimè consectatur. Ens enim organicum ex solidis et fluidis constat pnrtibus reciproco in se invicem agentibus motu, quarum solidœ alire dantur similares seu simplicissima? elementa- res,aliœorganieaeexsimilaribus facta^fluidEeverointràsolidarum decurrunt vaseuîa aut in earum cellulis consistant, lllud uatum ex congénère (non priùs destructo ut in mineralibus) crescit prœçedenti conforme , principiis nutritione intussusceptis inva- lescit, varias ab exortu ad finem paîitur vices, fœturam proge- nerat sibi similem ultra persistens, et demùm solitâ œtate de- cursâ succidit. Hujus igitur bistoriam naturanaque simul expri- mit partium organicarum ,fabrica et actio vitara constituens , ac subindè cognilio organorum et funchouum veram regni orga- nici scientiam exhibet. Communis Animantium et Vegetantium vitae subsistit appa- ratus. His et illis necessaria estsuccî nutritiiintromissio, diverse îoi a. l. de jussieu. — JnlrocL in historiam plantarum, tamen peragenda , in Vegetantibus simplicior, in Animantibus magis complexa , prœcipuè in vertebratis horum classibus. Ali- menta enim spontaneo ipsorum motu quœsita , capta, trita et actions, vitali in pultaceum chymum digesta, effunduntur in in- testinalera tubum veluti in receptaculum , undè hiantia intrà ipsum vasa lactea nutritium eliciunt chylum mox admiscendum sanguini , dum residuse fseces extra rejiciuntur. Plantarirm radix } vasorum lacteorum œmula , succos excipit proprios in tellure, seu in receptaculo universali, delitescentes ac quasi jàm a Naturâ digestos, eô tamen subterraneâ vegetatione obrepens ubi aptiores affluunt et facilior ipsi datur aditus. Plantis igitur inutiles sunt nervi et musculi actores motus spontanei, inutilia organa digestionis in Animantibus prœmissa nutritioni , eu jus initium est his vasorum lacteorum succio , in illis acfio radicis : caedem sunt praetereà Animantium et Vegetantium caetera? func- tiones tum vitales tum novorum entium ortui ac incremento addiciae. Communis idèo scientia in utrisque organisationem prospiciens et vitam , similitudines ac discrepantias numerans ex conformi aut diverso horum et illorum modo deductas, et distributionem inde constituens naturalem in quâ similia con- spirant, dissimilia removentur, ità ut ex bac immutabili en- tium dispositione certa prsesentiatur omnium affinitas aut alie- natio, et cognitis paucis viciniorum cognitio facilior évadât. Ex dictis Animal est corpus organicum vivens, sentiens et agens ; Planta verô corpus organicum vita? compos, sed motûs proprii et sensationis expers. Hcec sufficiant de organicâ Animantium et Vegetantium affi- nitate jam in praeterito seculo promulgatà, quae nunc unanimi consensuconfirmatur. Non ultra par estimmorari in disquirendâ Animantium scientia quae , zoologis competens, eximiis neote- ricorum laboribus féliciter illustratur tum in delineandis cer- tioribus classîum et ordinum signis exterioribus , tum in sis- tendâ organorum interiorum structura et mutuâ actione. Nunc penitùs nobis est incumbendum scientiaeVegetantium quae prae- cipua est suscepti ratio. Phytologia. - Plantarum scientia seu Phytologia est quae ve- a. l. de jussieu. — Inttod. in historïam plantarum. "io3 getantium naturam inquirens, organorum in ipsis texturam, ac- tionem , situm inutuum , prcestantiam et reciprocam discrepan- tiam déterminât et indè cleducit signa exteriora plantis' distin- gtiendis, definiendis et ordinandis utilia. Duplex igitur distinctus prodit conspectus scientiœ : alter or- ganorum structuram tum internam tum externam et functiones prospiciens, est absoluta Physiologiœ vegetalis partitio ; alter praecedentis auxilio fortior et Botanicam veram constituens , signa distinctionum et ordinationum exteriora rationé prœstantiœ prœcipua statuit. Facilior signorum apertiorum delectus sum- mum anteà fuit pristinœ propositum scientiae quse in iis ad nutum seligendis tota incubuit,de ulterioridisquisitione minus sollicita. Vera autem scientia, ex prsemissis et ultra profitendis, intégra? organisations studio dedita,non hseret in pauciorum signorum delibatione, sed omnes omnium organorum modos tenetur per- pendere, prsepositâ eorum structura et actione seu physiologiae partitionis concisâ expositione et consulté omissâ aut vix indi- catâ succorum decurrentium vel secretorum elementari com- positione quaedistinctam Chemiœ vegetalis scientiamconstituit. Organa plantarum. — Organa plantarum simpîiciora ex démentis simplicissimis occulta vi junctis confecta, in quibus- libet corporibus organisatis eadem , fibrœ et utriculi dicuntur , varié coalescentia in textum fibrosum aut utricularem aut ex utroque connato factum, in membranas, in diversos vasculosos textus succis nutritiis recurrentibus aut propriis secretis aut aère turgidos. Plantis omnibus communes sunt ii textus, sed in tribus prsecipuis earum classibus , suo tempore vicissim elucidandis , diversa est eorum mutua consensio et dispositio . singularum propriam constituens organisationem seorsùm in iis perpenden- dam, incipiendo a plantis dicotyledonibus perfectiore instructis organisatione et poslèa memorandis monocotyledonum et aco- tyledonum discriminibus. Organa composita , in Dicotyledonibus. — Dicotyledonum or- gana secundaria ex praemissorum simplicium coadunatione facta sunt; i° medalla centralis omnino utricularis ; i° lignum solidum pluribus fibris et paucioribusutriculis c >nstans, medullam am- io4 a. l de ^ussi£U.. — Intrad. in historiam plantai' um. biens; 3° cortex extimus et laxior cui sunt fïbrse respective pau- cioies et plures utriculi. Ex his tribus organis secundariis confi- ciuntur organa magis composita, alia fovendae plantarum vitoe praeprimis impensa, incîè vitalia dicta, quse sunt radix , caulis et folia ; alia speciebus propagandis dicata seu propagantîa, nempè flores etfmctus et semina : quse omnia vicissim sunt attentiùs et minute perpendenda, prsemissis vitalibus et exemplis ex Ni' cotianâ herbâ et Pyro arbore , utrâque dicotyledone notissimâ, desumptis. Organa vitalia. — Radix humi defixa superiùs in caulem producitur. Axim utriusque, vix tamen prioris , tenet medulla omnino utricularis et quasi spongiosa. Strata ambiunt lignea ex longitudinalibus fibrarumet vasculorum fasciculis, textu utricn- lari tenui inlerposito , conereta. Supersternitur cortex ex fibris et vasculis et distinctis utriculortim seriebus ferè parallelis laxè intertextus ac quasi reticularis, in radice madens succosus, in herbaceo caule membranaceus mollis, in frutescente siccior, in arboreo demùm magis extensus et sœpè vetustate rimosus. Suœ sunt radici, suaecauli functiones proprise. Radix, vasorum in animanlibus lacteorum vicem gerens„tum madefacto suo cortice tum potiùs extremis raclicellarum suarum papiliis , nutritium exsugit avide succum , cbylo animali congenerem , ex fluidis plurîbiis et paucioribus soîidis constantem particulis: bic vi vitse in cauîina evehitur vascula , ultra in ramea progressurus et de- currendo solidas passim pariter incremento proficiens , undè copiosior in juniore planta sit, in vetustiore parcior, ratione auctœ solidorum moiis et imminuti vasorum diametri. Succus iîle ultra decurrens evehitur ad folia in quibus propriam exer- centibus functionem utiîiter elaboratur. Folii auiem cujus libet a ramuloorti (mediante saepiùs petiolo) texturam constituit succiferorum séries vasculorum, quae, à ra- mulo in petiolum ducta , ulteriùs divaricantur pluriès divisa intrà textum uttïculosum sub membranâ. seu cuticulâ exteriùs undiqueexpansâjinquâhiantmeatus minutissimi, poriolimdicti, mine nomine stomatum insigniti, tum exhalanclis liquidis si qua? foiio conlenta supcrabunclant , tum iisdem ex aère circum- a. l. de JussiEU. ■— Introd. in historiàm plantarum. io5 fuso et aeri ipsi inhalandis pervii. Àerem sic intromissum neo- tericorum observatio demonstravit intra foiium viride vel alias vegetantis partes concolores actu quodam respiratorio muîari, die carbonem decomposito gaze acido absoiberi rejicîque oxygenum , nocte fieri contrarium , ut et in partibus coioratis nec virescentibus iisdemque oxygenum retineiitibus. Inde vege- tantium vapor die salutaris , nocte sœpiùs gravis, ratione prin- cipii emissi. Caeterùm utriquefoiii pagina? eadem nec faciès nec, ut videtur, usus; superiori vulgo lœvioripilorumet stomatum copia minor, major inferiori nervis prominentibus reticulatœ nec rarôvillosae^ Quse comprobantconstanssoli aut aeri liberosuperioris obversa- tiopagince,quae,siretorto petiolo inveriatnr, adsolem lenta redit, et vitadiutiùssuperstes foliorum super undas natantium quorum pagina inferior faciliùs inspirans aquae obversatur. Sic diversas succus vegetaîis vicissirn emittit et recipit partes agentibus foliis quorum cognita organisatio praecipuas indicat functiones. Eae autem anaiogae sunt hinc animantium perspirationi internum utiliter expellenti humorem superfluum , indè eorumdem san- gtjificationi seu per respiraîionem intromissioni aeris extern i novum suppetentis principium sanguini intràpulmones conten- to, proemissâ nuperiùs cbyli admixtione. Succus autem in foliis uno partim orbatus principio, altero ditatus aut onustus , tune solito viscidior aut gravatus suceis propriis, refluit ad radicem per eadem vasa oscillans, aut potiùs per diversa circulatorio motu , praecipuè per vasa propria, de- ponit succos partiales secretos in glandulis seu in utriculis con- gestis glandulas supplentibus, alios spissiores, subtiliores aîios, colore varios, melleos aut acres, sapidos aut insipidos, odoratos aut inodoros, gummosos aut resinosos, nonnullos fisso cortice extùs effluentes et contactu aeris concrètes. Tune forsan egens succus propellitur ad radicem in quâ reficitur novam accipiens fluidorum copiam, unclè ditior revehitur ad folia ibidem denuo elaborandus, similiter et posthàcinfrà defluus.Sicpiantae fovetur vita, quaîis ferè in aniniantibus , dùm sanguis prosiliens dives e puimonibus trajecto corde ad extrema propellitur, in decursu 106 a l. de jussfeu. — lntrod. i;i historiam plantarum. diversis exutus humoribus, et indè per venas spissior revertens ad cor chylum recipit novis fœtum principiis , in circulum mox repetito motu revolvendus. (i) Aliqua taraen, prcecipuè in zonis temperatis aut algidis datur vitalis hujus vegetantium f'unctionis intermissio aut saltera manifesta remissio. Virides enim in iis œstas quotannis frondes obscurat , ineunte autumno varié gratèque discolores , posthàc sensim senescentes, quae demùm aridse procidunt recedente hyberno sole ac torpente et quasi sistente natura. Dum autem vernans et solem reducens mitescit cœlum, rediviva tune exci tatur natura , herba repullulat, vigescit arbor. Mucus quidam organieus, non aquse miscibilis, cambiam dictus, in arbore inter corticem etlignum médius exsudât ab alterutro aut ab utroque nascens.Quaecumquesitipsius origo, pars hujus altéra in librum seu corticis stratum interius extensile, altéra in alburnum con- crescit seu ligni stratum exteriusprsecedentibus firmioribus cir- cumpositum , mediante utriculorum tenui série , et , repetità quotannis unius additionis , stratorum numéro noscitur œtas arboris. Intereà in praecedenti cambii affluxu etfibrarum alburnearum ortu, simul aut posteà , nascuntur fasciculi qui extrorsùm ver- gunt trajectoque demùm cortice in gemmas producuntur, foliis anterioribus aut eorum jam deciduorum vestigiis semper axil- lares. Situs igitur earum respectivus conformis est insertioni fo- liorum : indè in ramulis oppositifoliis sunt oppositœ etsuperiores vulgô cum inferioribus decussantur; in alternifoliis alternant devio tramite discedentes datoque inter superiores et inferiorès intervallo regulari. Hanc deviationem vel decussationem dispo- suisse natura videtur ut eo ductu quasi spirali vascula ad singulas succifera minimis impedirentur obstaculis. Prœtereà e gemma rami vel ramulorum quotannis terminali (i) Alia insuper in planlis adsunt vasa aliter constructa, nempè tubi e Mo simplici in spi- ram contorlo nec tracheis vermium absimiles , iudè traclieœ dicti , jamduclùni a Grewio menio- rati, in radicibus nunquàm, vulgô in parlibus aereis seu caule et ramis obvii , sed tantùm medullœ dicotyledonum circumpositilaut in fasciculis vascularibus monocotyledonum inlerni. Qnisnamcorum usus ? nondùtn verè compeitum aerine an liquidis viaui ministrent. a. l. de jussieu. — lntrod. in historiam plantarum. 107 prodit anno subséquente ramulus junior, sua vice foliosus gem- mosus et ramulifer. An gemmœ sic ramulis emittendis addictse habendae sunt, as- serente insigniinter neotericosphysiologos, quasi totidemsurculi insititii seu plantas distinctae seminuui instar radicantes super lignum junius planta? raatris in fibras quarum expansione pro- ducitur alburnum? An contra, simpliciore actu , planta mater alienis viribus non egens , verno tempore e fibris alburneis vere suis emittit gemmarum rudimenta mox trajecto cortice ampli- ficandaingemmassuâvice debito operiperficiendoincumbentes? Qusecumque sit ratio, commissum a naturâ raunus adimpletur et intereà terminalis gemma ramulum emittit praecedentis anni ramulo tune in ramum converso continuum. Sic multiplicatis ramulis et ramis amplificatur arbor lœtans opacâ fronde ipsius adaugente actionem et vires , undè fit aptior insignibus pera- gendis functionibus infrà evolvendis. Duplex ideô in plantis distincta exercetur vitalisactio: altéra merè vitalis plantœ vitam fovet, toto anno perennis , fortior extantibus foliis , iisdem hyemali tempore deciduis remissior, succum e radice evehens ad supernas partes et refluum infrà reducens, in decursu addentem solida solidis organi indè tantùm crassioris et indurati , propriis passirn spoliatum succis et de- mùmin radice restaurandum pro decursu consimili. Altéra actio gemmas profert et subséquentes cum foliis novis ramulos ac ramos, adeliris et auctis simul radicibus. Sic planta verè ampli- ficatur ità ut quee priùs fuerat debilis arbuscula zephyris obse- quens, demùm procera arbor, obstansaquilonis viribus, humiles arbusculas aliquantisper distantes umbrâ salutari protegat. Ut organorum et functionum \italium compleretur historia sistendus esset certus ascendentis aut descendentis succi de- cursus; an sit oscillatorius per eosdem ductus, an per diverses circulatorius. Oscillatorio obstat constans succorum decurren- tium oppositio, nisi tamen decursus fiât diversis diei et noctis temporibus. Circulatorium indicat tum obstaculo supradicto actio non impedita , tum animantium analogia. Quicumque habealur proprius succi motus, sistenda est vera ductuum succi- io8 a. l. de jussieu. — * Introd. in historiam plantarum. ferorum textura, an sit vascularis , an utriculosa? Eam vascula- rem dixère prisci auctores, dicunt et nonnulli neoterici oculo vasculonira existentiam testantes ; sed recentiori assertione mi- croscopicis observationibus su f fui ta nuncupatur omninô utri- culosa. An tune irrepit succus inter utriculos velut in spungiâ? An potiùs decurrit intra utriculos vasculorum viçem gerentes, ac dein ipsosmet vasculosos , donec solidorum affluxu solides- centes fibrarum duriorem naturam induant ? An indè conclu- dendum organa juniora primùm eadem esse omninôque utri* culosa , dein fieri vasculosa et demùm fibrosa ? Sic priscis auctoribus consentiant recentiores. Quasnam insuper in plantis partes adit decurrens succus? An ascensum ipsius in ligno, des- censum in cortice statuit vêtus experimentura sectionis in cor- tice annularis quod tumorem manifestât marginis in cortice superioris , inferiore persistente tenui? Recentius aliud extat experimentum succi ascendentis insipidi , descendentis sapidi. Indè suus ligno, suus cortici proprius succi decursus, innuente etiàm margine sectionis infero interdùra subtumente. Nec tan- tùm de succi perenniter decurrentis proprio motu et fontibus veris agendurnest.Statuantur insuper origo et usushujus matériel subglutinosae cambium in arbore dictae, verno tempore- exsù- dantis inter lignum et corticem, novum utrique suppetentis stratum. An gemmae simul nascenles ex eâ derivantur? An, juxta neotericam opinionem, ipsœ insititiac et quasi germinantes eam emittunl materiam quœ in lignum et alburnum convertatur ? Qurenam etiàm verior structura, quis usus certior spiralium tra- chearnm quse dicuntur motibus proficuœPAn earum spirale iilum planum, an potius cavum acfistulosum licet tenuissimum? An aer et succus alternatim in tracheâ existentes, ex eâ ad ftlum, an ex filo ad eam transeunt ? In solvendis inter praedictas nonnullis quaestionibus prisei frustra insudaverunt physiologi , quorum labores junior paucis recensueram verbis anno 1770 in physiologicâ ihesi , non ipse observator aut judex, sed tantùm narrator incertus. Easclem et alias quxsdam praemissas scrutati sunt etnunc scrutantur adhùc neoterici solertes , juvante microscopio perfection, non tamen a. l. de jussieu. — Intwd. in historlam plantarum. 10g unanimi consensu. Tantœ rnolis est minutissimas organorum partes omninp evolvere et suos a reluctante naturâagendimodos etiàm simpliciores extorquere. Organa propagantia. — Praedictae organorum descriptorum actiones sufficiunt plantis victu reficiendis et yitali earum fo- vendo rnotui; aliœ insuper et partes et functiones iisdem mul- tiplicandis et propagandis peculiariter addicuntur. Obiter hic tan tu m indicandae multiplicationis artes hortulanis notissima?, taleae aut propagines in humo radicantes et emissi ex imis cau- libusstolones, et sureuli insititii, et Alliorurnaut Narcissorura bul- billi. Generalior sexuum concursu fitpropagatio , in plantisan- nuis annua, in perennibus et arboreis ad sequentes annos dilata cionecnon ultra frondescant aut rariùs ante frondescentiam , ne totus in eam împendatur succus nutritius ad utiliora conver- tendus, favente prœtereà in hortis frucliferis solitâ frondium luxuriantium putntione vernâ. Dum enim adolevit arbor, prœîer memoratas anteà frondium gemmas, alite extant florales dicta? , prioribûs non conformes habitu et usu distinct£e,e quibus expe- diti flores novae prolis generationi prceludunt, exhibentes or- gana sexualia in eodem jûncta aut in diverso segregata, proprio in volucronuncduplicato,nunc rariùs simplici cincta.Lxteriusin- volucrum calix dictum interiorestabilius, Scepiùsvirescens floris ca?teras partes complectitur. Corollain calice interior, altéra in- volucri species non nunquàm abortiva,odorata aut inodora,sce- piùs colorata nec virens, indivisa aut pluribus constans foliolis seu petalis, pro flore vulgatiùs habita ut pote manifestior, sexuali- bus immédiate apponitur organis quœ sunt stamina mascula ambientia et pistillum femineum centrale. Stamina corollœ congenita ipsi coaeva et interdùm annexa , simul ex eodem puucto nala , simulque post fecundationem decid.ua , antheram seu folliculum gerunt seminaîi turgentem pollineet filamento ssepè innitentem. Pistilli partes sunt germen seu ovarium , rudimentis seminum seu ovulis nondùm fecnn- datis prœgnans uteri instar; stylus vaginœ animali similis ex summo plerumque gérmine natus , saepè capillaris , simplex aut multiplex interdùm mû\us;stcgma in stylo terminale, aut eodem i io a. l. de jussieu. — ltitrod. in hîstoriam plantarum. déficiente proximo impositum germini , sœpè viscidum et madens. (i) Seu communi tecto seu diversis habitent sedibus, stamina cum pistillo in idem opus concurrunt: namque, ut primùm maturuêre, elasticâvi dissiliunt antherœ et eraissipollinesviscido stigmati appinguntur, ovula fecundo imbre proluentes. Pollinea autem congeries in antheris nata ac latens , odore spermatico,vesiculis constat numerosis, minutis, forma variis (in eodem plantarum ordine sœpè conformibus), quae jam diù cognitœ et opemicroscopii simplicisobservatse, in aquae guttâ visée f aérant mox tumentes et dein e latere rupto emittentes materiem gela- tinosam aut quasi oleosam, nebulce instar erumpentem nec aquce miscibilem , habitam pro aura seminali solâ fecundante. Vesicula autem pollinea , à neotericis iterùm et attentiùs observata favente microscopio perfectiori est unilocularis, constans du- plici tunicâ, altéra extimâ solidiore leevi aut papillosâ aut lineis intertextis exaratâ et quasi tessc4atâ , altéra intima tenuissimâ extensili pellucidâ, fœtâgranulis minutissîmis innumeris, qure, ut- cumque nominantur, habenda sunt pro veris fecundantibus pnn- (i) Apud veteres nulla fuit iii Plantis cognitio sexuum quam pauciores tantùm pra?sentisce- bant. Dum autem apertiùs innotuerat inventa prœcedenli œvo , occultabatur adhuc verus propagationis modus. Geoffraeus junior admittens organa sexualia (AG. 1711) nempe pis— tillumfemineum et staminum apices (antheras") masculos, vidit primus emissos ex hisce dehis- centibus pollineos globulos pulveriformes, ipso indice veros fecundationis actores; et diverses plurium globulorum formas delineavit, auctas sub microscopio. Valantius (serm. 1717) polli- neam memoral nubem ex antheris Parietariae prcsilientem fecundationis prœnunciam. Ulte- riùs procedens Bern. Jussœus (AG. 17^9, p. 247) sub microscopio globulos pollineos Vale- rianœ, Fumariœ, Nasturlii, Opuntiae/in aquse guttâ viderai vagantes, tumentes el demùm è latere ruplo emiltenles materiem gelatinosam aut oleosam, nebulae instar erumpentem, non aquœ mis- cibilem, habendam, utdicebat, pro spiritu seminali. Needhamio (Dissert. 1745) idem apparuit sub microscopio in aquœ guttâ phœnomenon eruptœ e pollinibus matériel , non tamen mucila- gine constantis sed série pulvisculorum membranulâ tenuissimâ iuvolutorum, seu potiùs, ut aiebat, substantià filamentosâ punclulis nigris quasi maculosà et varié mobili. Viderat insuper dilatatum Lilii stigma nuper onustum pollinibus, paulô post succo prœgnans luteo punctulis farcto,undè fecundantem spiritum ad germinis ovula viis occultis penetrare conjectabat. Sic diù substilit explicatio actionis organorum sexualium ; amplior ejus cognitio ad prœsens saxu- lum dilata fuit. a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. n i cipiis.Maturœ autem vesiculse ex déhiscente antherâ (î)elastico motu projectœ in femineum stigma glutine madens , huic agglu- tinantur et in attactùs puncto emollita finditur (a) tunica exte- rior ; mox e fissura erumpit interior producta in tubulum plus minusve elongatum , praedictis farctum granulis , irrepentem inter stigmatis utricuios et , quâ data via , ulteriùs progredien- tem. Velut autem cursores , in stadio plures admissi, scopum pauciores assequuntur cseteris in via impediïis , sic e pluri- bus pollineis vesiculis stigmati agglutinatis emissi tubuli gra- niferi intrà ipsius textum utricularem , alii inox sistuntur pressi nimis , alii ulteriùs progrediuntur dimovendo utricuios et dein stant imbelles , paacissimi demùm fortiores superatis objicibus et attingentes ovula placentariis annexa novam ipsis vitam impertiuntur. Inde natura, ne abortiantur ovula ne- giecta _, numerosiores largitur stigmati pollines , ut non nulli saltem tubuli ovula fsecundis obtegant granulis. Prœdictum tubulorum usum confirmât manifestior ipsorum directio et actio in Gisto et Helianthemo , generibus Cistineis , in quibus emissi ex numerosis staminibus tubuli, apertè simul invadentes dilatatum stigma adeunt omnes ovarii cavitatem , intrà ipsam pendent singulique singula petunt ovula ostiolum membranse exterioris ipsis necplacentse obvertentia. Idem observatur tubu- lorum longiorum concursus et facilis trans stigma aditus ad ovula in Orchide et aliis Orchideis generibus quae discrepant tantùm pollinibus intra antheras non liberis , sed ope glutinosi vinculi elastici colliganturin massas et massulas e quibus erum- punt tubuli crebri fecnndantes. Orchideis ferè assimilantur As- clepias et confines quarum globuli pollinei in massas etiàm con- geruntur, non tamen nudi nec polline connexi, sed compacti in sacculo hinc demùm fisso et e fissura plures emittentes tubulos (i) Huic elasticaa projectioni favet interior structura antheraruai a Purkinio nuper obser- vala, quo teste, earum parieles^cellulas exhibent exlerioribus non conformes, in fibras elasti- cas demùm solubiles, sic aeris humidioris sicciorisve contactu extensiles vel retractiles , qua- rum diversas in plurimis plantis formas delineavit. (2) Hiat potiùs per unum e praedispositis nonnullis foraminibus : undè tubulus ,quamvis sse- piùs unicus , nonnunqùara tamen mulliple v . U2 A. l. de jussied. — Introd. in historicnn plantarum. fecundantes villoso accedentes textui stigmatis sub quo latent germina duo. Hic fecundationis modus exhibens actionem cœ- teris prœmissis consimilem , vero propior videtur aliis jam diù relalis quos protulerat fictio peculiarem et nondùm perceptum explicans organorum apparatum in Asclepiadeis (i). Sic unifor- mis habetur in phanerogamis plantis sexiuim congressus ope tubulorum deferentium granula fecundantia minutissima seu seminalera aurara altero insignitam nomine, miro et simul siro- plici apparatu, nec rairanda minus actio organa propagantia concilians. Etenim , quœ plantas humi flxit ideo vagationis incapaces , Natura flores simùl protulit opportune sœpiùs androgynos et prœtereà involucris tum propriis tum aliis nonnunquàm externis tutatos , sic bis provida et favens paci ac sexuum concorclisG : quorum nonnulli morœ neseii, clàmin flore nondùm evoluto vix adulti debitum opus absolvunt.ïpsaaïitemde eaeteris tardioribus etiàm sollicita, pro faciliori pollinis appulsu, situm maturo flori constituit propitium, erectuui dùm stamina sunt sligmati adœ- quata, decliysm dùm ipso breviora, inversum aut et pendulum (in Imperiaîi) dùm longiore stylo ultra prominet stigma tune mutatione inferius et antheris obtemperans, donec afflatu poî- lineo saluratum germen lente detorto stipite resurgat abiensin fructum. Stàmina in flore erecto longiora, quâdam irritationis aut attractionis vi quasi abrepta , sœpè convertuntur in depres- sum stigma, et illud rarins ad ea breviora (in Diantbobortensi) (i) In Asclepîadis anlheras qiiinquebiloculares applicanlur faciebus vaginae crassœ pentagonae ex imâ corollàenalœ et sic expandeutis habituai monadelphumaut syngenesum. Eae in singulis loculis massam fovenlpollineam arctè compactam in sacculo penè coriaceo, altero fine liberam, altero aduatam appendici (primitùs ipsi tantùm contiguam ex Rob. Brown ) filiformi , medio flexae, ultra affixœ puncto glandiformi nigro bivalvi obtegente foveolam angularem stigmatis peniagoni crassi similiter ad singulos angulos punctulati et subtùs sulcati. E punctis hisce al- ternantibus cum antheris duplex sic manatappendix suam sustentans massam, ita ut idem com- mune sit duabus antheris et una anlherae sit duorum punctorum consors. Crediderunt in prre- cedenti œvo primi hujns organisations observatores auram seminalem ex intimis massis fluen- tem ad puncta nigra trajeclâ appendice fislulosâ, inde trans stigmatis aut vaginae sulcos ad germina duo advehi. Sed ex recentiorum ( firowu , Ehreuberg, Brongniart ) observalis , ea sunt quœ descripsimus antherarnm pollinisque fabrica et generandi modus, in diversis tantùm ge- ncribus paulisper sed vix diverses. a. fc. de JussiEU. -r- Introd. in histoHawi plantarum. 1 1 3 gemino apice curvum deflectitur. Saepè etiàm in stigma apto terapore, simul aut vicissim, ruunt tumentes antherœ (in Ber- beride, Rutâ, Tropœolo ), dein emisso polline recedentes vacuae. Stigma autem more proprio stat expectans aut interdùm hiat appetens et, germine gravido, posthàc contrahitur. Non fecun- dationi obstat separatio sexuura in floribus unisexualibus, mo- noicisdùmmasculi femineis sociantur in eodem individuo , dioicis dû m in diverso segregantur. Monoicorum enim propiûs acce- dentium facilior datur actio , praecipuè dûm mascuh numero- siores situ superant in èadem spicâ (Castanerc) paucos femineos , aut in eodem capitulo (Buxi, Euphorbiae) femineum unicum circumdant. In trifloris Parietariœ glonierulis florem unicum femineum inter duos androgynos foventibus , antheraefilamentis elasticè detortis surrectae et mox hiantes , pollineâ nube diffusa, trinosimul germini famulantur.Nec difficilior florum dioicorum concursusdûmplantae masculaeetfeminaînascentesin eodem solo simùl collectim crescunt etvigentesflorent (Cannabis, Mercuria- lis, Spinacia) aenshalitu vel leviorisociantes. Dûm tamenrariore casu masculœ procul effundentes sexualem spiritum , distant a femineis, distantiam minuit benefica velocioris venti pollineum turbinem deferentis actio, aut in iEgypto vêtus agricolarum in- dustria cultis suis Phœnicibus femineis admoventium agrestes masculi Phœnicis racemos aliundè exportatos, aut apum papi- lionumve instabilitas variis insidentium floribus et pro hausto unius nectare mutuantium fecundantem alterius materiem in- scienter advectam, aut forsàn in insulis Archipeîagicis nota ca- prificatio, nempèinsectorum ex unâ Ficusempersterili periodica migratio ad alteram indè frugiferam et ideo vulgatiùs habitam pro Ficu femineâ. Aquse contactu prsematurè dehiscunt et di- luuntur globuli pollinei, ideô effceti et imbelles. Florationisigitur tempore noxia vitibus et pomariis et etiam segetibus pluviosa aut nebulosa temperies, quam saepè subsequitur parcior frugum perceptio. Indè etiàm sub undis nequit peragi plantarum aquati- îium fecundatio nisi intra calicem (Ranunculi aquatilis aliorum- ve) arctè clausum aut tumentem Zosteras folii vaginam. Caete- rarum sexualis congressus exterior. Trapa vesiculoso petiolorum "VIII. Botan. ■ — Août. i r4 a. l. de jussjeu. — Inirod. in historiam plantarum. textu suffulta , suromis floridum caput extollens undis demùtn libéra vagatur cincta procul natante viridi Lenticularum %rege. Crassioribus vinctus radicibus Nymphaeae- albae flos elongato pedunculosupereminet, mox aperto calice latè superbiens. Eve- hitur etiàm dioica IJydrocbaris Nymphaeam minorern mentiens. Sirailiter assurgunt producto caule Stratiotis scapus uniflorus, umbella Butomi , Potamogetonis aut Persicarias splca, verticil- laris Hottonice panicula , monoïcus Sagittarioe aut Sparganii race- mus. Mirabilior prodit fecundans actio Vallisneriae dioicae, cujus flos masculus imo assuetus vado , maluriùs rupto nexu eioersus et mox patens staminibus erectis femineo semper natanti sed revincto catervatim allabitur vectus undâ. Sic plantas diclines aut hermapbroditœ , terrenae aut aquatiles , quot annis munus desuper ipsis mandatum adimplent. Sic flores in agris sparsi, in segetum spicis occulté congesti,lœtè varii in pratis, in hortis radiantes, futur» instaurant ortum progeniei, et in pomariis fer- tilem pulchrè nitens Flora Pornonam prœnuntiat. Comprobant prsefata qualts et quanta fuerit Natur.e genitrî- cis cura pro praeparaudo et perficiendo fecundalionis opère , ita iit organo femineo i udimenta futura; prolis foventi spiritus pol- lineus fecundans certiùs accederet. Organum iliud ( gernien Linn.) animantium utero et simul ovario analogum, indè dic- tum a neotericis ovarium , in flore latens, a pedunculo succos accipit nutritios. Huic diversas induenti formas intùs adnascitur receptaculum aut placentarium (animaliiim aemulans placen- tam), simplex aut multiplex, uno aut pîurimis tectum ovulis, aliis rectis , aliis curvis aut tortis. Ovuli cujuslibet basim hilus dictam seu partem placentario affixam circumdat membranula primùm brevis cupulaeformis habitu simplex, mox duplicata, dein superiùs producta in tunicam duplicem nucello seu cor- pusculo centrali circumpositam, apice aut latere perviam os- tioîo micropylus dicto. Moxante fecundationem e nucello cen- trali detrahuntur duae aut très aliae tuniese intégrée nec perviae; dein, eâdem actâ, quaedam sensim evanescunt, sœpiùs supersti- tibus tantùm duabus altéra extimâ nonnunquàm adhuc perviâ, altéra intima et intégra. Sed priùs, tempore opportuno, mate- a. l. de jussjeu. — Inirod. in hlstoriam plantarum. 1 15 ries vivifica ex pollineis tubulis projecta, trajecto micropylo, irrupit interius ovulum indè excitaîum et perenniorem ipsi tune vivo embryoni vitam est impertita. Cessât tune fecundationis actus : emarcida, penso absoluto, e flore decidunt stamina, simul et mox decidente corollâ , quae, ex anieà dictïs , vera est staminum appendix et eorum fati ac mortis consors , priùs fuerat ipsorum viventium tutela praemis~ snmque siicci nondùm fructuarii diverticulum, donec ille suc- cus, forsàn ex eâ déficiente eliciens principium aliquod utile, sic ditatus ad evarium et embryonem defluat prioris immemor viœ. Ovarium autem priùs suo modo nubile, nunc quasi nuptum et novi entis principio gravidum, stylo et prseprimis stigmate suo exuitur, utroque tune inutili, infirnio et sœpè mox deci- duo. Tune, mutato nomine, fit vulgô fruclus, botanicorum/?^- ricarpiwn y futurœ prolis incunabulum, inde insignius. Quicum- que sit ipsi structura? apparatus, simplex aut multiplex seu in plura carpella partitus,uni aut multiiocularis quasi carpellis con- natis constans, unico aut pluribus prsegnans ovulis, varians forma et mole et complexione, semper tamen junius texturae habituir] prœbet prseprimis utricularem, posteà vasculis ditio- rem, diversis etiàm rnutabilem modis et coloribus et saporibus, secundum copiam et indoîem principiorum cum succo nutritio advectorum et effusorum in textûs cellulis. Praetereà pericar- pium iisdem ac cœterae plantarum partes subjicitur legibus, tum incrementi ab ovulorum fecundatione ad seminum emissionem, tum decrementi ab eâ emissione ad ipsius occasum. Crescente pericarpio, crescit simul ovulum, crescit etiàm embryo tunicis vestitus, quarum , ut diximus, quaedam eo adaucto citiùs tardiùsve aut evanescunt aut coalescunt, geminâ tantùm indè superstite. Hiijus tuniese tria sunt prœcipua puncta memoranda nempè : i° Mlcropylus admittens in ovulo spiritum fecundantem; i a tfilus,quo jungitur ovulum placentario sessile aut funiculo pedunculatum, et nutritios accipit planta? succos; 3° Chalaza, macula stepè colorata, ubi vascula succifera tuni- camque ad hilum attingentia, eamdem perforant et in interiora seminis pénétrant. 8. iï6 a. t. de jus.sif.u. — Introd. in historiam plantarum. Crescentis embryonis partes sunt : i° Radicula inferiùs in ra- dicem , superiùs in caulem(nunc tantùm cauliculum), amplifi- canda; a° Cotyledones seu lobi e radiculae basi producti, futu- ram eidem nondùm omnino radicanti .escam suppeditaturi; 3° Plumula (Gemmula Rich. ) posteà caulescens, tardiùs ma- nifesta. Obversantur semper micropylo radicula, chalazœ lobo- rnm finis. Ovulnm primo semper rectum, chalazam cum hilo confundens nunc in situ eodem perstat; nunc rectum inver- titur tamen ità ut distet ab hilo chalaza,et tune inter utmmque manifestus ductus vascularis ,coloratus raphe dictus, ab eo ad illam transmittens succos; nunc demùm incurvatur, extremita- tem alteri alteram ideoque micropylum chalazae hiloque inter- medio admovens. Praeter enumeratas ovuli et embryonis partes, altéra inter- dùm in ovulo maturiore prodit ab bis et illis diversa. Succus nutriendo embryoni admissus , non semper omnis huic ali- menta impenditur, sed fréquenter aliqua illius pars superflua intra tunicarn interiorem concrescit in corpus omninô utricu- lare jam diù insignitum nomme perispermi {Albumen Gœrtn. Endospermium Rich.), non embryoni nec ovulo adhaerens, priori diverse contiguum, cingens aut latérale aut inferum aut centrale, in emisso semine superstes , futurum ipsi germinanti primum pabulum, quodque suâ praesentiâ aut absentiâ, suo textu et situ plantarum affinitates confirmât. Praetereà, rarioribus exemplis, ipsum in utrâque simul tunicâ deponitur diversum et duplex (in Scitamineis)contractior saccu- li instar complectitur embryonem minutum supernè repulsum (in INymphseâ, Pipere). Rariùs intra tunicarn eamdem latent embryones gemini (in Visco) aut plures (in Aurantio), in plantulas totidem evolvendi. Embryo autem dicotyledoneus siraplex quilibet in suâ delitescens tunicâ simplici aut saepiùs duplâ, perispermo sociatus aut carens, semper constat radicula, plumulâ et cotyledonibus, ut dictum anteà fuit. Eae partes verum constituunt semen , ultimum Naturae creatricis propositum, no- vum futuri entis vivicompendium, cujus fabricae et ortui totus organorum propagantium apparatus impenditur. a. l. de jussieu. — Inlrod. in historïam pkinlarum. i 17 Maturum semen e pericarpio emissum feraci tellnris com- mittitur gremio germinationem et vitam inchoans propriam, auspicesole, agentibusetiàm tumaere etaquâ seu selectis'utrius- queprincipiis elementaribus, tu m nutritii perispermi (dûm adest) remollescentisauxilio etutili tunicarum praesidio. Laxantur tune meatus, emollitae finduntur tunicae,et, dùm subtùs expedita par- ciores humi succos exsugit radicula debilior in radicem inferiùs producta , superiùs in piantulam seu caulem juniorem assurgit plumula, cui nutrientes mammarum instar aptam lobi sugge- runt lympham. Iidem mox convertuntur in folia seminalia ma- jora et plerumque viridantia aut aliis pariter seminaiibus adjun- guntur quae omnia simùl piantulam adversus irruentia quaclibet protegunt absque quo tenerior fatisceret: meclullâ enim copio- sori, fibris ferè nullis, tenello instruitur cortice. Sed nova evoi- vuntur folia, seminalia decidunt, inchoatâ respiratione radicis fit major succio, citiùs decurrunt in ductibus succi nutritii, proprii secernuntur , exorientes vasculorum faseiculi medul- lam cortice séparant ligneumque seu alburneum efformant stratum cujus apici innascitur gemma post plumulam primaria in caulem continuanda. Seriùs cambii afflux us cortici et ligno novum addit stratum hinc alburneum indè librinum : continui alburno recenti faseiculi, pertuso cortice, convertuntur in gem- mas toliis primisaxillaresequibusexpansis evolvuntur cum foliis novis ramuli , postbàc suâ vice ipsi gemmiferi et ramulosi. Sic solidis additis caulis crassescit, multiplicatis ramis et ramulis et frondibus numerosis amplificatur et extenditur planta, donec adultior novas proférât gemmas florales a praemissis foliosis ha- bitu distinctas, equibus apto tempore expediuntur flores colore et forma varii,floralia retegenles organa ad propagationem pro- perata , undè fecundata inovario rudimenta futurae prolis incu- bantur et crescunt in eodem ampliato et tune pericarpio seu fructu, donec procidant soluta a matre nova semina nunc libéra suique juris, et humi germinantia in novam assurgant plantu- * a . m ? uae diversas vitae et propagationis et incrementi phases vicissim percurrat. Expleto intereà vegetantis incremento, interiora sensim prin- u8 a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. cipii solidi accessione vascula indurescunt in fibras compac- tiores et parùm obturata liberiorem succis novis denegant adi- tum. Jàm solida fluidis imperant , hase suspensa sistuntur , rigescunt illa, prascipuè in ligni centro primùm intercluso; per- eunt rami et ramuli prasclusis ligni stratis conlinui, decidunt- que ; mutilatse casu quolibet arboris intima pénétrât aer, alterna humiditatis et siccitatis vice utriculos , fibrarwm nexum dissol- vit , his avulsis ligneas dissociât molleculas quae solutœ in pul- vereui extenuantur, succedente fistulâ centraii sensim dilatatâ , undè cava, quam poeta cecinit, vêtus Ilex. Alii vicissïm in ligno strata interiora, alii rami, alias obturantur et intereunt radiées. Secessit pariter extimus cortex , ultra vegetibus aliquantisper libro etalburno,quibus demùmextinctis superstes vitain radicis collo coAtrahitur, tandem omninô deficiens. Inde Vegetantium finis quorum perpétuas renovationi condu- cunt seminum copia et facilis dispersio favente dehiscenliâ pei icarpii saspè eiasticâ et horum consectario projectu , juvante nonnullorum pappo piumoso vel alato textu , exportantibus etiàm vento et undis , agentibus insuper diversis Animantium cohortibus et humanâ industriâ. Plurimùm tamen obstant uni- versas omnium dispersioni longa montium excelsiorum juga, longi desertorum arenosorum tractus,uterque Oceanus et pras- cipuè dissimilis regionum temperies. Hae snnt continuât» arborum fruticumve Dicotyledonearum incrementi regenerationis et decrementi vices, in singulis pro sua regione et indole semper easdem nec unquàm pervertendas, nisi casu adverso et prsematuro fine quem déterminant soli ariditas, defectus succi nutritii, voraces plantas parasitiez arbo- rem obruentes, Animantium patens vel subterranea aggressio, frequentior ramorum majorum amputatio (ut ira Salice indè ci- tiùs dissolu ta) , ventorum impetus, causa denique quaslibet externa. Herbarum promptior evoiutio et floratio, vita brevior , cita mors. In annuis parce et ad humi superficiem radicantibus mors intégra, radicis si/nul ac caulis ; partialis tantùm , radice altiùs intra humum calirliorem infixâ ac persistente, in herbis a. l. de jussii-u. — Introd. in historiam planlarum. i 19 perennibus quarum novus annuatim repullulat caulis pristino anteriùs deciduo succedenset ipse tune florens. Ut in arbore sic inherbâdicotyledoneâ,similedaturincrementumstratiforme,sed in eâ tum aiïnuâ, tum perenni , cujus caulis annuus repullulat, unicum datui fibrarum statum copiosse circumpositummedullae centrali , primo tenue , dein auctâ fronde crassîus et alburneam ferèconsequens sîrati arborei junioris indolem, novis pro quo- libet ramulo atque folio superpositis fibris ac vasculis. Monocotyledones. — Prœcedens ©économise vegetalis ratio propria est suprà memoratarum Dicotyledonuin seu planta- rum duplici embryonis folio instructarum. Diversus est, non quidem propagationis qui ferè omninôconformis, sed structurai ac vegetationis modus in iis quae unicam produnt embryonis cotylfc'donem,undè Monocotyledones muncupantur. Dissimilis est primùm structura embryonis qui in iis, forma nonnunquàm varius, saepiùs est cylindricus utroque fine con- formi obtuso in>liviso , altero cotyledoneo intimo seminis centrum vel chalazam spectante , altero extimo radicali ad micropylum converso, nullo primùm inter utrumqne finem exteriùs conspicuo sejunctionis nec plumulae existentis vestigio. Inchoatâ autem germinatione extùs propellitur finis radicalis integumentum seminis in parte micropylo vicinâ perforans , curvo sœpiùs tramite infrà ad humum dirigitur, delitescente ali- quamdiù intrà persistentem seminis crustam fine cotyledoneo inclusum perispermum exsugente. Tune in medio inter utrum- qne embryonis finem curvaminesimiliterexpedito fissura hiat e quâprosilit assur gens plujjiu la parti radicali continua et mox in caulem abitura. Intereà descendens pars radicalis desinil in pa- pilîam brevem (coleorhiza Mirb.) saçculi aemulam , simplicem aut multiplicem , vîx ultra producendam , e quâ inferiùs fissâ vaginae instar erumpit radicula vera coleorhizae limbo ad ortum invoîucrata, et , quolquot sunt papillœ , totidem prodeunt radi- culae simplices indivisae. Sic latentem priùs papillâ radiculam germinando emiïtuntMonocotyledones, aliter ideô dictée Endo- rlilzœ Rich. , dum contra Exorizhœ ejusdem habentur suprà memorafœ Dicotylédones, quarum radix, nullo vitœ embryonalis ] 20 m, l. de iussieu. — Introd. in historiam plantarurn. tempore sub coleorhizâ latens , nibil aliud est nisi radicula ipsa elongata et seriùs ramosa. Hsec autem in Monocotyledonibus seu Endorhizeis diversa embryonis et radicum germinatio dissimilem déterminât cau- lium s*!ructuram^ non stratiformem cortice distincto strata ara- biente ut in Dicotyledonibus, sed (ex pnscis in Palmâ, Calamo, Saccharo etc. et posterioribus Fontanesii observationibus in numeroso Monocotyledonum agmine) constantern fasciculis fibrarum ac vasculorum ab imo ad summum protensis intrà copiosum utricularem textum, qui proveniunt e totidem radi- celhs simplicibus, sub ambiente extimo tegumento similiter fasci- culari, sed fasciculis densiùs applicitis firmiore, corticem Mono- cotyledonibus denegatum mentiente. Juniores fasciculi, inverso Dicotyledonum more, non prioribus aptantur stratorum instar, sed in caulium centro progerminant prœcedentibus fasciculis ad ambitum repulsis et demùm intùs applicitis tegumento indè densiori. Is in Monocotyledonibus vegetationis modus a centro ad periplieriam , absque cortice distincto , plané discre- pat a Dicotyledonum incremento stratum exterius prioribus intimis annuatim addente sub corticis distincti et similiter erescentis prœsidio : undè a CandolUeo hœ dicuntur Exogenœ extùs adauctag, illae Endogenœ intùs crescentes (i). Sic exogenœ prostant arbores nostrates sylvaticae et hortenses , plantae La- bialae, Compositae , Umbelliferœ, Leguminosae etc. Endogena- rum exempîa sunt Palmae, Liliacea*, Gramineae, Juncese etc , etc. In nonnullis Endogenis integro fibrarum aut vasculorum ad peripheriam repulsu, centrum superest vacuum et caulis ideô fistulosus , ut in pluribus e Gramineis et Liliaceis. Praetereà Mo- nocotyledones seu Endogenœ plurimœ sunt herbacese , idèo (i) Ex recentioribus observationibus ac scriptis, relinquenda Endogenarum Exogenarum que doctrina et nomen. Namque Monocotyledonibus, ut Dicotyledonibus, fasciculi vascu- ares novi et cum foliis summis coutinui iidem in caule exteriores iuferiùs sunt , sed, tra- mite in arcutn Jongissimum protenso, superiùs interiores videntur fasciculis anliquioribus , quos ibideoi extrorsùm ad folia properantes decussant. At indivisi omni aevo manent nec unquàm in librum et alburnum interfuso canibio dissociantur : undè renim magnumquc cuh» Picetyledonum caulc discrimtn. a. l. de jussiEii. — Introd. in historiam plantarum. J2C molles; pauciores arboreœ aut frutescentes , trunci ambitu li- gneo, centro perstante molliori. Insuper caulis aliarum ramosus est, aliarum simplex, cui tune, defectu extensionis , idem ferè ab ortu manet diameter. ^4cotyledones. — Non eadem habetur structura et evohitio in plantis quaedicuntur Cryptogamae ob organorum sexualium obscuram existentiam , aut etiam Acotyledones utpotè quibus seminaetideô coîyledones desint. Ipsarum enim partespropaga- tioni inservientes (sporulœ Hedw. gongyli Gaertn.) forma variae, intra vesiculam capsulas aemulam (sporangium) reconditae, non radiculâ nec plumulâ instructae , vicem tamen gerentes serninum, in terra non germinant more solito , sed amplificanîur undique infrondem productae. His observationibus inducti pluies neote- rici, Neckero etGaerlnero assentientes, sexualium organorum ac ideô serninum existentiam denegant cryptogamis, sporulamque habentes pro gemma aut taleâ aut bulbillo, eas fidenter agamas proclamant. Inde recentior plantarum partiîio in agamas seu sexuales et ideô inembryonatas, et phanerogamas seu embryo- natas sexuali ditatas apparatu.Haec tamen sexuum denegatio et consequens partitio vegetantium nova partim infirmatur, dùm in cryptogamis quibusdam ambiguis unum innotescit organum masculum aut femineum, alteronondùm detecto,et in nonnullis etiam utrumque dari asseruerint botanici primates non tamen unanimi consensu, dùm in aliis aperto sexuum vestigio orbatis non omninô répugnât commixtorum pollinum et germinum minutissimorum existentia, quorum natura et usus oculatioribus posteris forsàn manifestabuntur. Qualiscumque sit acotyledonibus propagationis modus, qui certè a phanerogamarum modo abundè differt , non minus discrepat et ipsarum structura , nunc omninô utriculosa , nunc et utriculoso-vascularis , sed fasciculis vasculorum aliter dispo- sais compositisque et caule, dùm exstat , ad normam omninô à prœcedentibus diversam crescente. Sic, exempli gratiâ , Filici- bus arboreis fasciculi lignei diversiformes , libro destituti , me- dullam amplam centralem circulatim cingentes , sursùm tantùm crescunt caule indè paulatim eîongato. Sed hic omittendse si- îii a. l. de JUSSiEU. — Introd. in lustoriam plantai uni. mulque commendandae recentiores adhùc necdùm temporis experientiâ sancitœ de bis omnibus disquisitiones. Proprietates générales, — Pose expositas contracte» sermone plantarnm partes et functiones tùm vitae servandae tùm propa- gationi opérande addictas , alibi ab autoribus diversis fusiùs et lucidiùs ex pansas , supersunt panels memoranda verbis pro physiologica? earum doctrinae complemento qusedam physicae vegetalis phamomena , bic tan tùm delibata , alia plantarum studiosis notissima, alia nunc meditantium animos exacuentia. Végétation i et maturations confert actio principii eleçtrici in atmosphxrâ parce aut abundanter diffusi , copiosioris die quam nocte. Favet igitur aspersio pluvialis aut artificialis aqua? eodem principio saturatse , qua? non est principium vegetationis sed vehiculum hujus,c|iio eleficiente ea vegetationem potiùs mora- tur : hanc comprobat assertionem olitorum experientiâ hor- tulanorum qui , ne olera sua celeriùs otnnia simuî maturentur œstuoso premente ccelo , vegetiora compescunt aquâ crudiore è puteis vix extrada. Vegetationi etiam confert vicinià corporum insigniter electricorum et prœcipuè animantium electrico abun- dantium principio. Ab eodem principio distingu nda videtur occulta vis, neote- ricorum excitabiiitas , corpori denegata inorganico , soli con- cessa enti vivo vegetali aut animali, iidem mortuo adempta, non elementaris , sed verè vitalis , ipsamet vita divino jussu orta et stans et dernùm evanescens, in plantis ab ortu ad finera quas- libet régit functiones speciebusservandis aut propagandis addic- tas, et primitùs constantem operatur per vasa decursum succi nutritii , cujus pars sécréta consistit in cellulis textûs utriculosi primùm vacuis, sensim farctis , undè successiva datur auctio solidorum et congrua incrementi progressio , donec solito fine adepto illud ultra produci nequeat. Irritabilitas seu irritabilitaîis aptitudo, procedit ex vi vitae or- ganicis entibus propriâ, ideô forsan in plantis omnibus exis- tens, sed manifesta in paucioribus, in titillatis Opuntiae stami- nibus,in perenni folioiorumHedysari gyrar.tis oscillatorio motu, in matutinâ foliolorum quorumdam in Legurninosis expnnsione a. l. de jussieu. — Iutrod. in hisloriam planlarurn. i i3 quam vesperlina consequitur horum retractio somnum simu- lans , consimilis in Mimosas foliis tùm vespere tùm die ad levem tactum retraças. • Ab irritabilitate enti vivo propriâ discrepat elasticitas quae extat tùm in entibus organicis vivis aut mortuis tùm in corpo- ribus inorganicis , et in utrisque compressionem sequitur. Ea existit in organis quibusdam vivis , in antheris adultis et dissi- iientibus , in capsuiis maturis elasticè apertis et semina proji- ci entibus. Antheseos seu florationis tempora pro cœli temperie et actione soïari mutabilia , in omnibus p!antis non sunt eadem , in quibusdam brevia ac in unicâ tempestate aut et die circum- scripta (unde Calendarium florae), in aiiis ad plures tempestates protracta. Constantes dantur naturœ vegeîanlis floridae et fruc- tificantis periodi quae contrahuntur aut prorogantur ratione distantiae a sole et a montium alpestrium cacumine, longiores in australibus et demissis locis, breviores in excelsis et borea- libus. Diversse florum nonniilloriim explicationes praestitutis diei boris exercentur ac simul quoddam florae horologium exhi- bent , et aliorum variât expansio aut conîractio pro variis atmo- sphaerœ nebu ! osaeaut serenaevicibus. Métamorphoses. — Quasdam insuper in physiologiae végéta lis emolumentum notas juvat addere de fortuitis partinm varieta- tibus,quibus earum natura et consensus denuô confirmentur. Eae auteur» a diversis émanant eausis quae sunt: i° mutatio molis et stature, et forma?, et coloris, et saporis, quam profert succus nutritins parcior aut abundantior aut devius; undè consuetum habi udinis et saporis discrimen in locorum cultorum aut incul- tortim oleribus et fruclibus et pascuis ut et in caeteris vegetan- tibus;unde etiam insignis deformitas in Aurantii fructu, qui, solito simplex multiloctilaris sphaericus, monstruoso lusu, locu- lis ab apice extùs distractis , semipartitur in totidem fructus corniformes, singulos proprio cortice vestitos; i° abortus con- stans aut fortuitus quo afficiuntur sepala , pelala , stamina , ovaria , styli , stigmata , loculi in fructu , semina in loculis; undè tùm flores masculi dantur aut feminei aut neutri , tùm i^4 a. l. de jussiku. — Introd. in historîam pjLantarum. srepè fallacia e maluris organis eruuntur signa quoad partium numerum qui certior reperitur in flore nondutn aut vix aperto ac in ovario nuper fecundato. 3 - ■ Rarior est numeri partium quarumdain adauctio vicinis perstantibus organis: sic in niono- peîalo Stramonii flore, intra corollam infundibuliformem innas- citur altéra aut gemina consimilis corolla staminibus perstan- tibus ; sic etiam in Aquilegiae flore polypetalo petala sequali (br- ima sepaîis interposita in staminurn ambitu singula gemino aut triplici altero petalo conformi intùs aduato potiuntur. 4° Insu- per exortâ quâdam metamorphosi in hortis frequenti nec tamen injucundâ, diversos et optatos naturse lusus exhibente ac prœ- tereà certiorem partium indolem et usura et consensum sta- tuente fréquenter partes aliœ in alias mutantnr : sic multiplican- tur Nigellae sepala petalis abortivis; sic jamdiù promulgatus fila- mentorum stamineorum cum petalis consensus iterùm stabilitur frequenti filamentorum in petala conversione flores prodente multiplicatos aut plenos in hortis nitentes, et subséquente saepiùs abortu pistillorum quibus defuit propagationis actus et succus nutritius devius in nova petala quorum tamen quaedam raro antherifera consensum confirmant. Alia nonnunquàm fila— menta antheris effetis desinunt in corpuscula glanduliformia. Deformatur etiam fructus, dùm geinini latere in unum, duplici redimitum limbo calicino, coalescunt constanter in Xylosteo et Mitchellâ , raro in Pyro et aliis; dùm quandoque etiam in Pyro unus alteri ambienti superstat limbus testante concentrico du- plici limbo calicino persistente. Osseam Juglandis nuceni solito bivalvem nucleo semiquadrilobo vidi semel abortu univalvem nucleo non lobato sed indiviso subsphaerico , qualis extat in Corylo. Quae constans priùs patuit in eodem Visci , Aurantii , Limonis semine adjunctio plurium embryonum intra communem tunicam, eademfortuita mihi apparuit in Amygdali semine gemi- num prodente embryonem communi involutum tunicâ rufâ , utrumque ascendentem, alterum alteri superius contiguum radiculis ascendentibus. Insigniorem profert metamorphosim afflux; js succi nutritii copiosioris intra floremjam anteà plénum îrruentis in pistillum, indè omninô abortivum, quod mutatâ a. l. de jussieu. — lntrod. in historiatn plantarum. lis sorte producitur in pediculum inter petala médium, et ultra pa- riter uniflorum flore terminalisimiliter pleno sed minore, unde flores dicti proliferi , in Rosis nonnullis fréquentes. Analogum vegetationis proliferae modum exibet Bellis in cespitibus ubique radicans cujus scapi, solito uniflori seu, ut neoterici aiunt, uni- calathei, interdùm flosculis in calathide marginalibus abortivis substituunt totidem pedunculos umbellatim elongatos et simili- ter apice unicalatheos. Nec tantùm organa floralia sed alise etiam partes vitiantur interdùm abortu aut variante forma aul di verso situ. Sic folia Rosae solito impari-pinnata, fiunt rarôsimplicia,unico superstite foliolo terminali; Cardui dilatatur caulis tune fistulosus ; com- planatur ullra modum tùm Asparagi caulis solito cylindricus, tùm apex ramuli traxinei quandoque men tiens dama? cornua plana. Ii autem di\ersi varietatum modi in eâdem planta inter- dùm plures eongeruntur; sic nonnunquam idem Rosae ramulus flores profert staminibus abortivis plenos et pistillo evanido proliferos , calicem amplificatum foliaceum quasi polyphyllum et folium ramuli unico terminali folio constans. Succus igitur nutritiiis fons vitae, actuosus Naturae quasi minister, diverse vagans et tamen occultae vi obsequens, diversas Protei instar induens formas, dissimilia ferè ad libitum evolvit organa, alia dissociât, connectit alia,nonnulla supprimit neglecta , quaedam suppressis substituit , nunc frondem et folia, nunc acceptiorem despectâ fronde etdesertis foliis florem praefert et utilior fructum maturat. Habitatiu et statio. — Habenda demùm in physicae vegetalis conspectu ratio habitationis plantarum in diversis globi terra- quei tractibus, et stationis in variis ejusdem tractûs areis. Geo- graphicam habitationem désignât regio singulis propria et ejus respectiva ad alias regiones latitudo , sub sole perpendiculo ant diverse obliquo , in tractibus frigidis aut temperatis aut torridis, versus polos aut zonas médias, versus utrumque tro- picum, aut juxta circulum aequinoctialem, ita ut plantas congé- nères aut saltem affines et iidem vegetantium ordines in plagis simili submissis temperiei unà crescant. Sic vigent Umbeîlifet ae 126 a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. et Labiatœ in Europâ, Proteacese et Iridese et Ericinre in Africâ, apuclHottentotos; Epacrideae In x^ustralasiâ; Myristicea? et Cary- pbyllus snb aequatore in Amboinâ et Moluccis et Guyanâ , Cin- chonre versus quartum ab iEquatore gradum , tùm australem,j tùm borealem. Observata autem temperies , data eâdem utrius- que bemisphaorii Jalitudine , in australi calidior est quàm in boreali. Stationem indicat sitns plantarum, respectivus ad solem aut ventos, parasiticus aut terrestris , mediterraneus aut littoralis aut aquatilis , in ediîis aut declivibus aut planis aut demissis areis , in siccis aut humidis, in densis aut tenuibus, cultis ant incuîtis , sylvaticis aut cainpestribus , pinguibus Lut aridis. Statio in locis declivibus praeruptis, a demissâ valle ad excelsi montis verticem , easdem temperiei vices , easdera graduales zonas pro- fert ac successiva région uni séries ab aequatore ad polos. iEqua- lis etiam in similibus zonis vegeîatio ac cultura prœvalet (prae- cocior quidem ac vividior in Américains respectivis ), deductis tamen indole et dissitnili solis aspectu. Botanicae peregrinationes et florae in diversis regionibus pro- mulgatae comprobant multô numerosiores esse species herbaceas annuas in tractibus temperatis quàm in frigidis aut torridis, pauciores easdem in temperatis , paucissimas in frigidis. Com- probant etiam , quantum potis est, plures respective haberi Dicotylédones sub aequatore aut tropicis , plures Acotyledones seu cryptogamas versus polum arcticum. Pauciores autem in his et illis ubique exstant Monocotyledones quarum alise structura molliores et succorum avidae congeruntur plures in temperatis plagis quàm in torridis nisi faveat humidius solum ; a!iœ con- tractiores et siccae (ut multae Gramineae et Cyperaceae) in frigidis frequentiores crescunt. Praedicta florarum collatio confirmât aftinitatem quamdam inter plantas zonarum in eodem hemi- sphserio similium, ut inter Gallicas et Tataricas*, eamdem indicant in similibus utriusque hemispbaerii zonis, inter Canadenses et Magellanicas , Carolinianas et Bonarienses , in utriusque conti- nents lineâ aequinoctiali aut soisticiorum circulis inter Moluc- canas et Guyanenses , Borbonienses et Antillanas. Ex observatis a. l. de jussjeu. — Iiitrod. in historiam plantai' um. 127 eîiara faciîis est specierum ex unâ zona ad alteram in eodem bemispha?rio similem spontanea transmigratio , difficilis ex boreaii ad australe intermisso circulo torrido, et ex America ad Afrieam obstante Oceano. Partium differentiœ. • — Partes in praecedenti physicae vege- talis specimine enumeratae, Iicet eadem semper exequantur rau- nia, in plantis discrepant ratione mutuî situ? et numeri et for- ma; et interioris aut exterioris structurai et diuturnitatis , qua- rum difterentia? praecipua? nunc sigillatim notandœ sunt atque definiencîa? , ut iis rite perspectis planta? ab invicem facile et apto verborum delectu dignoscantur. , Radix pars planta? in terrain defixa et succos eliciens, quoad situm perpendicularis est rectà descendens, vel horizon- talUseu repens ad latera et traversim protensa , tura interdùm stolçnjfem cauliculos passim emittens. Quoad numerum sim- plex est aut ramosa aut fasciculata (Asphodelus) ex pluribus arctè fasciculatis constans. Quoad strncturam et formam , fibrosa est aut capi'lacea radicelîis fibrosisaut capiliitium aemn- lantibus, Uiberosa in subrotundum aut oblongum corpus intùs utriculosum et minus fibrosum compacta, turbïnata crassa ob- versè conica , aut fus if or mi s oblonga crassa superiùs et infe- riùs attenuata , aut prœmorsa oblonga inferiùs truncata, aut nodosa pluriès tumens interstitiis coarctatis. Quoad diuturni- tatem, annua est quotannis evanida aut perennis diutiùs per- sistens, herbacea mollis aut lignosa solidior. Radiées qua?dam parasiticae arboribus aut parietibus insitas, quaedam aquatiles, nonnulla? tuberosa? produnt extùs gemmulas aut tubercula minima turiones dicta, junioris planta? rudimenta. A radice dis- tinguantur : i° Bulbus , quarumdam Monocotyledonum caulis infernè inflatus (Hyacinthus), constans vaginis foliorum radica- lium superimpositis, tumentibus et subterraneis, pra?tereà sub- tùs abundanter radicans ; 2° Bulbilli e bulbi latere erumpentes (Allium),minores et eidem conformes; 3° tubercula quaHam foliis interdùm axillaria (Lilium bulbiferum), dicta quoque bulbilli ob formam exiùs similem, sed abulbillis veris distinguenda; 4° nec accipienda pro radice, nec etiam pro bulbo, in paucis tum 128 a. l. de jdssieu. — Introd. in historiam plantarum. Monocotyledonibus (Lilium candidum), tum inDicotyledonibus (Saxifraga), pars in caule intima tuberosa simul et extùs squa- mata, pariter infrà in radicem producta. (faillis, pars extra tellurem emissa (raro snbnulla) folia et flores fructumque proferens , nudus est aut foliatus , integer simplicissimns, aut simplex apice ramosus, aut compositus a basi divisns eîcespitosus, divisuris seu ramis alternisTpssûtti exprtis, aut oppositis geminis ex opposito nascentibus, aut dichotnmis trichotomis ve, pluriès bifariam aut trifariam partitis. Forma teres cilindricus habetur , aut anceps opposite biangularis , aut pro numéro angulorum et facierum triqupter triangularis , qua- drangularzs.... trigonus , tetragonus.... polygonus.... superficie striatus lineis exaratus, aut su le a tus sulcis excavatus, glaber om- ninô laevis, aut tomentosus panni instar, aut villosus pilis mol- libus sparsis, aut asper pilis rigidis, aut scaber punctis exaspe- ratus, aut mucronibus e cortice natis aculeatus , aut iisdem ex ligno protrusis spinosus. Directione erectus aut procumbens aut repens , flexuosus per intervalla, aut scandens fulcra vici- niora, aut circa eadem volubilis spiraliterascendens dextrorsùm juxta motum solis vel sinistrorsùm contra solem, aut sarmen- tosus lignosus repens subnudus. Diuturnitate herbaceus annuus aut lignosus perennis, arboreus maximus, fruticosus minor , suf- fruticosus minimus. Structura interiore jam antè memoratâ in Dicotyledonibus concentricè stratiformis et cortice dis- tincto vestitus, in Monocotyledonibus fascicularis cortice carens supplente tegumento sohdo fascicnlos ambiente intra textum utricularem sparsos : undè in hjs mollior habitus a prœva- lentibus utriculis, in illis a frequentibus fibris solidior. No- mine etiam in nonnullis distinguitur caulis dictus cauliculus inter collum radiciset insertionem foliorum seminalium, scapus in herbis quibusdam radicalis florifer non foliatus, culmus in gramineis fistulosus per intervalla nodosus, stipes incrassatus in Fungis, trunous in arbonbus, caudex radici continuus et quasi conformis , cilindricus , nudus sub fasciculo foliorum simplici ultra caulescente in Palmis, Draca3nâ, Yucca, Agave etc. Folia perspirationis et inhalationis organa prsecipua in lami- a. l. de tussietj. — Introtl. in historiam ' plantarnm . 129 nam expansa, saepiùs existentia, raro nulJa , nunc petiolata seu petiolo nudo aut rariùs alato insidentia, nunc sessilia eodem destituta , basi nuda aut stipulata seu stipata niembranis squa- mulisve stipularum nomineinsignitis , variant praeprimis loco , situ , directione , duratione , structura simplici aut compositâ et foliatione seu prima evolutione.Numerosa indè signa distinc- tionum eruuntur ntilin^ non hic prolixe recensenda omnia, sed prœstantiora tantùm elicienda semotis cœteris accuratiùs alibi memoratis atque definitis. i° Folia ratione loci insertionis sunt radicalia, caulina, ramea } floralia: 1" ratione sitùs proprii aut rrratui sunt amplexicaulia aut perfo lia ta aut vaginantia caulem partim aut omninô basi cingentia aut vaginâ compîectentia , decurrenlia basi utrinque in caulem indè alatum, alterna passim absque ordine apparenti exorta , opposita gemina ex opposito nascentia basibus interdùm connatis, verticillata tria aut plura in orbem opposita, disticha secundum duplicem oppositam se- riem, plura fasciculata aut numerosa dense conferta , aut im- bricatim mutuô incumbentia : 3° ratione directionis sunt erecta. horisontalia , dependentia , cauli appressa aut patentia } inflexa aut rejlexa , recta aut obliqua : 4° ratione durationis sunt mox decidua, tardiùs caduca , diutiùs persistentia , ad annum-se- qnentem perennantia ncnorumque foliorum coœva sempervi- rentia, pro majore aut minore vasorum exhalantium et inha- lantium numéro, cilatiore aut tardiore succorum decursu et vasculorum succiferorum hyemali obturatione : 5o ratione structura? plurima dantur simplicia seu supra petiolum indivi- sum solitaria non partita : horum forma est linearis, suhulata, lanceolata, hastata, sagittata, deltoidea seu triangula 3 rhom- bea seu inaequaliter quadrangula , cordata, obcordata, renifor- mis, orbiculata. Margo est integer, ciliatus, spinosus, dentatus dentibus acutis remotis, serratus iisdem proximis, crenatus iis- dem obtusis, sinuatus, lobatus lobis acutis aut obtusis sinus dis- XmguanXibus, palmatus iisdem in unum punctum confluentibns, pinnatifidus oblongus lateribus utrinque pïuries profundè si- nuatis et \ohat\s, runcina tus idem ferè lobis acutis retrorsùm un- cinatis. Apex est acutus, acuminatus , obtus us , truncatus, re~ VIII. Botan. — Septembre, 9 i3o a. l. de jussiieu. — Inlrod. in Idstoriam planiarum. tusus, emarginatus . Superficies paginœ superioris aut inferioris est niticla y lœvis, tomentosa, lanata, viriclis aut incana, hirsuta seu pilosa pilis distinctis, hispida setis rigidis sparsis, scabra punc- tis asperis , punctata punctis non prominulis interdùm pellu- cidis, aculeata aculeis sparsis, venosa venis conspicuis nume- rosis in reticulum îaxum complexis, rugosa \enarum interstitiis elevatis, nervosa nervis a basi ad apicem indivise excurrentibus, avenia aut enervia venis aut neçvis nuîlis conspicuis. Expansio fit plana, convexa> concava,plicata, undulata } crispa , canali- culata. Substantia est membranacea , mollis , coriacea solidior, teres seu cilindrica , serniteres , fistulosa seu tuhuhsa , crassa , carnosa, triquetra, incrassata polymorpha ut in Mesembryan- themis. Folia composita constant piuribus foliolis eidem petiolo di- visoinsidentibus, nenipè conjugata duobus, temata tribus, qui- uata aut digïtata quinis aut piuribus ex eodem petioli puncto digitatim exortis , pedata eidem petiolo bifido intùs digitatim affixis, impari-pinnata piuribus utrinque juxta petiolum com- muneni natis cum impari terminali, abrupte pinnata iisdem absque impari, bijuga, trijuga. .., duobus aut tribus utrin- que in eâdem pinnâ. Folia decomposita seu bis composita more prœcedentiurn , sunt bigemina, biternata , bipinnata pin- nis pinnulatis : supradecomposita ter confluentia eodem modo sunt tergemïna, triternata, tripinnata pinnis bipinnulatis : muU iipartita foliolis constant iuordinatè numerosis : 6° ratione foliationis seu primae intra gemmam aut absque gemma evolu- tionis, propriâ unius cujusque junioris folii complicatione di- citur illud convolutum margine iateris unius introflexo alterum latus spiraliter circurnambiente, involutum margine utroque seorsim et spiraliter introflexo , revolutwn margine utroque seorsim et spiraliter rctroflexo , circinale apice versus basim spiraliter introflexo ut in Filicibus , replicatum apice versus basim simpliciter introflexo, conduplicatum semel plicatum lateribus sibi invicem parallèle approximatis . plicatum piuri- bus plicis corrugatum. Quoad situm mutuum folia juniora mte expansionem sunt revoluta altero supra alterum convo- |uto , involuta aut revoluta singulo seoFsirn invoîuto aut revo- a. l. de jussieu. — Introd. in historiajn planta rum. ï3ï: luto, equitantia uno conduplicato alterum compar iiicludente, obvoluta iisdem condaplicatis alterno margine invicem com- plexis, imbricata iisdem pîanis sibi invicem incunabentibus. Expositis summatim prœcipuis radicum et caulium et folio- rara differentiis , mine inquirendus in flore et fructu varius dis- positionis et structuras modus. In inflorescentiâ seu florum dispositione habenda ratio tem- poris, loci, insertionis, directionis et numeri et mutui sitûs et partium adjunctarum. i° A tempore floratio est matutina , me- ridiana,vespertina, noctùrna, saepiùs succedens foïiationi, rariùs prœiens. 2 'A loco flores sunt radicales aut caulini aut ramei pro parte floriferâ, terminales in rami aut cauiis apice, axillares in axillâ inter folium et ramum , suprà aut extra axillares y absque ordine nascentes'sen sparsi 7 rarissime petio lares toliorum pëtiolis innasceiites,auty3^///a7z/î ipsismet foliis infïxi : 3° Ab insertione sunt pedicellaîi innascentes pedicello seu stipiti proprio, aut sessiles pedicello destituti: C\ a directione erecti aut declinati aut horisontales aut cernui , sœpè proni, rariùs obliqui aut resupinati, quidam soli pereoni obversi diurnâ pe- dicelli inflexione: 5° a numéro solitarii habentur aut plures juucti, fasciculati p'edicellis distinctis aut in communem pe- dunculum bi vel triflorura vel multiflorum confluentibus : 6° a mutuo situ quidam verticèllati habentur in orbem amplexi caulem, quidam capitati supra axim communem congesti sessiles, aut dense aggregati etiam sessiles (in Synantheris) supra discum communem subcarnosum (^receptaculum T. L., phoranthium Rich., clinanthium Mirb.) intra perianthium seu involucruïxt caliciforme {Calix communisT. L., periphoranthium Rich. > periclinium Mirb. ) calathi florei aemulum , ideô unà cum cinctis Abribus calathis Mirb. uictum; quidam in Ficu glo- merati intra involucrum (amphanthium Link.) pyriforme mono- phyllum carnosum apice connivens et subclausum ; alii spicati supra rachim seu pedunculum communem axiformem sparsi subsiles subsessilesve, et quandoque distichi seu gemino ordine, aut secundi seu unico dispositi , aut spirales spicâ in spiram contortâ > aut amentacei spicâ densiore molli caudam felinam émulante et flores apelalos unisexuales infrà mepuorandos l3'2 a. t. de jitssif.ït. — îiitrod. in historicun plantarum*. sustinente; alii racemosi spicatis similes , sed singuli supra axim pedicellati pedicellis subscqualibus paucifloris ; alii thyr- soidei racemosis similes, sed in ovum dense dispositi ; alii corymbosi iisdem etiam similes sed distincti pedicellis infimis sensim longioribus erectis superiores altitudine adaequantibus ; alii paniculati a corymbosis discrepantes pedunculis inœqualiter assurgentibus, diffusis aut coarctatis, similiter varié divisis ac ideô multifloris ; alii umbellati pedicellis subaequalibus umbella? instar in idem pedunculi punctum concurrentibus ; alii çy~ rnosi racemis aut corymbisin umbellam junctis; quidam demùm spadicei dicti prsecipuè in Aroïdeis et Palmis a spaclice seu pe- dunculo indiviso aut ramoso spicatim aut paniculatim florifero jntra spatham seu membranam ambientem. Prœtereà flores modo nudi sunt, modo snb calice aut ad imun pedicellum cincti bracteâ seu folio florali sœpè squamiformi , simplici aut multiplici, îaterali aut amplectente, coloratâ aut viridi , persistente aut caducâ , quoad formam et strucîuram varia ; bnicteola dicitur dùm intra bracteam majorem latet , aut aliud interdùm sortitur nomen. In plurimis Umbelliferis et aliis uonnullis polypetalispedunculo verticillatim circumpositis invo- lucrum dicitur mono aut polyphyllum.Interposita flosculis Dip- sacearum et plurium Synanlherarum sunt pilus filiformis aut palea lalior. Eosdem collectos ambiens est perianildum supra menioratumX'ttpzz/flurceolummentiens dicitur in quercu, gluma in gramineis , spatha in narcisseis et spadiceis floribus, basi pedicellum vaginans et plures juniusculos flores complectens, simplex bine fissa aut multipartita ; spatîiella eorum uni sub- jecta. Floris partes priùs enumeratœ sunt organa sexualia et eorum integumenta , hsec calicis et corollse , illa staminum et pistilli nomine insignita (i) , quibus singulis sua est dissimilis ac va- (i) His addit Liûnaeus neetarium quo nomine désignât partes prœdictis florum organîs interdùm addictas et structura diversissimas, ut sunt glandulœ, setœ, squamulœ, appendices, tubercula, foveœ , sulci, calcaratœ et cornuta? propagines, etc. Kejiciendum e scientiâ botanicâ nomen vagum nimis , descripliouibus et caracteribus implicandis idoneum (nisi addatur tan- tùm glandulis succum nectareum fundentibus), et revocandœ potiùs ad singula organa partes pro nectario habita? , nnne proprio tanlùm nomine appellandœ. a. l. de jussieu. — liitrod. in historiam plantarum. i33 rians structura et dispositio , utraque attentiùs perpenclenda. Calix (perianthium L.) integumentum floris exterius, foliis textu ferè conformis, rarô deficiens, sexubus tutandis constitutus, exoritur sub pistillo. Nunc eidem partim aut omninô adnas- citur epîderuiidis instar, limbo superiore tantùtn libero semi- superus aut superus (i) [adhœrens aut semiadhœrens quorum- dam ) ; nunc ab exortu distinctus discedit inferus ( liber eo- rumdem). Mox est caducus vix aperto flore, aut cum corollâ posthàc deciduus , aut ultra cum fructu persistens, siccus aut succorum affluxu baccatus aut persistendo dilatatus et ampli- ficatus, simplex aut caliculatus seu caliculo cinctus extimo saepè minore. Poljsepalus est dum constat içAuvihus Sepalis {?.) seufo- liolis distinctis, unico vel gemino vel multiplici ordine dispositis et tune imbricatis conniventibus vel divaricatis vel patentibus, unisepalus dùm unicum exhibens sepalum latérale ; monose- palas dùm partim aut omninô est indivisus florem ambiens. Si nulla sit ipsius divisura integer dicitur , dentatus aut cre- natus dum basi indivisus et apice seu limbo brevissimè lacinia- tus laciniis acutis seu dentatis aut obtusis seu crenatis. Acutè fissus seu tri...quadri...quinque /idus, aut obtuse lobatus seu iri...quadri...quinquclobus extat dum laciniae paulô profun- diores , tri...quadri...quinquepartitus dum eaedem longiores ferè ad basim sejunctse. Laciniarum aut sepalorum numerus defini- tus, aut rariùs indiftnitus, forma a3qualis aut inaequalis aut inter- dùm irregularis. Calix intus nudus aut quandoque discoproprio intùs basi vestitus. Ipsius lobi vel sepala in prsefloratione val- vata aut imbricata more corollae infrà memorando. Ejusdem basis seu pars inferior brevis aut oblonga aut longissima , ven- tricosa fauce coarctata, aut urceolaris fauce patens, aut tubulosa (i) Calix non abit iu fructu in, ut ait Touruefortius, nec ipsi verè superus referenle LiDnaîo], sed ipsum a basi obtegit integrum simul cum eo concrescens (Act. Paris. , I773, p. 523), undè a quibusdam nunc dictus adhœrens, et ab iisdem liber dùm non adbaeret. LinnaBana tamen vocabula botauicis jamdiù accepta , hic adraitli queunt niutalâ tantùm defiaitione. (2) Ut parlibus corollae sejunclis jamdiù proprium datur petali nonien non alteri parti commune , sic proprium etiam nomen exigitur pro calicis partibus omninô sejunctis , quai sj foliis diversaî } noneodemcùm ipsis nomine sunt designandœ. Neckerus prior eas dixit sepal*. anuueotibus posteà Mirbelio et Cando!leo r quibus ultra assculior, i34 a. l. de jussieu. • — Introd. in historiam plantarum. cilindrica, aut twbinata obversè conica , aut eadem îongior înfundibuliformis, aut planiuscula omninô païens. Limbus est connîvens ant rectus aut patens. Altero nomice datur calix in Muscis peculiaris perichœtium dictus ab eorum calyptrâ diver- sissimus, in Fungis quibusdam volva membranacea calicis in- star fungum juniorem fovens, in Amentaceis pluribus squama deficientern supplens calicem , in aggregatis floribus pappus limbum calicinum semulans. Corolla interius tegmen , plerumque colorata , in quibusdam plantis nuîla (i), existons in pluribus, ante fecundationem vi- gens, posthàc saepiùs decidua cum staminibus, aut rariùs caduca ipsis fugacior , aut interdùm persistendo marcescens et tune calicinae poliùsquam peîalinse indolis particeps, discrepat in- super: i° ratione sitûs seu insertionis , ut potè perigyna seu infixa calici germen ambienti , aut epigyna pislillo imposita, aut hypogyna sub eodem inserta ; calicinis partibus alternans aut rariùs iisdem opposita , id est ex earum basi exorta : i° ratione (i) Tegumentum floris , dùm adest uuicum, aliis calix, aliis corolla nuncupatur arbilrariâ lege. Tournefortius in Isagoge (p. 72) nodum non solvit incertus ipse } eamdem partem in Tulipâ el Hyaeintbo corollam , in Narcisso et Iride calicem appellans. Statnit tamen pro calice habendum esse cùm proprium sit. setninis involucrum ,"pro petalis cùm secùs acciclit, sive brevi pereat , sive duret. Linnanis similiter anceps nunc calicem Kellebori pro corolla et ejusdem petala ranunculaceis petalis omninô affinia pro nectariis sumit, nunc orgauum idem dicit corollam in llbeo', calicem in Rumiee, posîbabitis affinitatum rationibus. Nec feliciores alii fuêre in definiendâ corolla. Si tamen ejus origo, et magna cum stamineis fdamentis cognatio, et hsus, et facilis peractâfecundatione prolapsio, et habitus in pluribus floribus communis, attenté perpendantur , tutic corolla definieUir illud floris tegumen quod calice cinctum , non per- sislens, sed cum staminibus plerumque deciduum, fructum involvit aut coronat , nunquàm cum ipso concrescens, et suas partes cum staminibus numéro œqualibus saqiiùs alternans. Hœc conjuncta signa, etiamsi umirn ex ipsis quandoque déficit, corollam arctiùs distiuguunt quœ prœtereà in ambiguis floribus analogiâ congenerum judicatur, Perianthium igitur Narcissi nudurn , germini adnatum et lobos non alternans staminibus , verus est calix ipso docente Tournefortio et idem exstat coasequenter in Hyacintbo aliisque generibus Narcisso conjunc- tissimis. Corollam tamen admittens in plurirais floribus apetalis Candolleus } eam dicit in iis adnatam inlùs calici qui, sic vestitus, est ipsius Perigonium , indè discrepans a monopetala- rum et polypetalamm calice. Adhœsionis bujus cxempla ducil ex Telragoniaj calice iutùs co- lorato et calicino Daphnes Mezerei tubo duplicato. Denegans insuper in molli corolla poros corticales ex ipso lirmiori calici proprios , addit eos, extimos in perigônio , in eodem intùs deficere. Huic tamen coagmentationi obstat indoles corollre in monopetalis et polypetalis nul- latenùs caliciiue sed filamentorum stamineorum indoli veriùs accedens, obstat etiam staminum insertio in basi partitionum perlgonii , inverso babilu covollœ sa^pè cum calice et staminibus alternantes; nec certô constat poros in perigônio inlùs et in corolla verâsemper deficere. a. l. de JtissTEU. — Introd. in historiam plantarum. i35 numeri partium , utpotè polypelala petalis definitis rariùsve indefinitis, ex iingue et lamina factis , aut unipetala petalo unico,aut monopetala cosdem calicis monosepaii modos admit- tens, nunc profonde multipartita , nunc basi indivisa et limbo definitè aut indefinitè fissa . lobata , crenata , dentata , ciliata aut rariùs intégra : 3° ratione forma? , utpotè regularis partibus oppositis conformibus et œqualiter a centro distantibus, campa- nam, infundibulum, cilindrum, rotam, hypocrateram , stellam, crucem , etc. , aemniantibus (undè corolia campanulata, infun- dibuliformis , rotaia, hypocrateriformis , etc.) ; aut irregularis inaequalrpartium oppositarum intervalle et structura ', personata confictam faciern referens, labiata, corniformis , papilionacea vel polymorpha anomala: 4° ratione m ut use partium dispositio- nis in prœfloratioue (seu ut aiunt quidam , in œstivatione) in quâ corolia nondùm expansa, modo plicis inordinatis eorru- gata exstat , modo partes (lobos aut petala) marginibus tantùm contiguas exhibet more valvarum capsula? , undè pra?floratio valvata dicta ; modo eadem lobi aut petaii unius marginem margini aîterius proximo obtectum prodit qualem in tectorum imbricibus, icleo prœflorationem zmbricatam sibi vindicans: 5° ra- tione proportionis , utpotè magna, raediocris , parva , calici et staminibus œqualis, aut major minorve : 6° ratione coloris muî- totiès quidem in plurimis varii , sensim et interdiù mutabilis in paucis, sed tenacis in benè multis; 7 ratione odoris in flore vegeto saepè persistentis , rariùs prœstitutis horis intermissi et afflantis : 8° ratione antheseos seu expansionis florum vernalis, œstivalis , autumnalis aut hyemalis , in definito mense, undè calendarium floree: 9 ratione partium quarumdam quandoque additarum, ut glandula , fovea , calcar, appendix , squamula, seta,etc. : io° ulilis etiam consideratio abortûs absolu ti aut tantùm partialis diversis causis producti et mutationis peta- lorum in stamina autsœpiùs staminum quorumdam aut omnium in petala , et functionum disturbationis indè consectaria. Slamen, mascu'liim vegetantis organum , construit Anthera propriè dicta, follicularis, fêta polline fecundante, nunc ses* silis , nunc sœpiùs filamento stipitata , cujus considerantnr : i° situs seu insertio totius staminis ^ nunc perigyna supra cali- 1 36 a. l. dm jussiku. — lntrod. in historiam planlarum. cem aut epipctala supra corollam , nunc epigyna supra pistillum (uudè planta? gynandrcé) aut hypogynasub eodem inserti, nunc affixi tlisco glanduloso inter pistilli basim et imum calicem exorto , modo calici aut corollcc oppositi aut alterni, modo ab ipsis alienati: %° situs antherae nunc in apice filamenti ereclae , aut incumbentis seu versatihs utroque fine libéras , aut quasi umbilicata?, nunc eidem intùs aut extùs appîicatse seu ad- nala? interdùm suprà prominulo , introrsœ aut extrorsœ : 3° fi- oura antherœ extùs rotunda?> ovatae, oblongae, sagittatae , bicornis, biseta;, arcuatae , rendormis, didymae, bis flexce , ap- pendicuîataî , etc. , intùs saepè bilocularis , raro unilocularis, rariùs quadri aut multilocularis, antheseos tempore plerumque in longucn dehiscentis , nonnunquàm apice porosae aut a basi ad apieem i (nival vis aut transversim bivalvis : 4° nexus locu- loruoi antliejic oue ligamenti ( connectivum , Rich.) summo GhuuentQ continui , nunc iis arctiùs junctis minimi vei incon- spicui, nunc varie dilatati aut elongati eos ab invicem plus miaùsve dimoventis : 5° structura filamenti sœpè capillaris, interdùm plani, cuneiformis ,flexi, dentati, lùrsuti, squamigeri, glandulosi, etc,:6° pccurrens quandoque partium connexio ; nenipè antherarum coalitio [Syngenesia , L.) in unicum corpus tubulosum stylo trajectum ; filamentorum colligatio in unicum organum (Monadelphia \ 9 L. ) annuli vel urceoii vel tubi vel col u mn% omnium ratione nexûs brevioris aut longioris , aut in duplicem (Diadelphia^'L.} multiplicemve {Polyadelphia, L.) fasciculum antheris duabus vel tribus , vel pluribus onustum: "j° staminum numerus nuncab unico ad duodenarium aut supra duodenarium dcfinitus, nunc indefinitus, undè plantai mo - nandrœ , diaiidrac, triandrge, tetrandrsc , pentandra, hexandrse, lieptandrac , octandra* , enneandrae , decaudrœ , dodecandrre , icosandnc, polyandrae: 8° filamentorum proportio; tum mutua nempè acqualis, aut insequalis dùm duo breviora caeteris duobus (Didynamia, L.) , vel cseteris quatuor (Tetradynamia, L.) ; tum rel aliv ad partes ambientes quibus œqualia sunt, aut longiora exserla, aut breviora: 90 directio staminum quœ recta sunt aut intùs inflexa aut extùs reflexa, aut tantùm declinata,aut omninô patentia : io< staminum cjuorumdam aut omnium fortuitus a. l. de jussieu. — Iiitrod. inhistoriam plantarum. 137 aut confluens abortus, aut conversio in petala : n° Pollen demùm intra antheram , seu congeries vesicularum pulvifbr- nrium seminali turgescentium spiritu quae, raro simul connata? (in Orchid eis et Asclepiadeis), saepiùsdistinctœ, colore varia? , figuram in singnlis constantem induentes , in diversis specie- bus et generibus diversam , sunt sphaîriceae, ovaîœ , didymae , angulatse , eehjnatae , rotatœ , etc. , et emisso spiritu lacerae ac deformatœ , faveamque apibus materiem suppeditant. Pistillum feminea pars, in flore centralis et iraposita recepta- culo florali {gynophorum , Rich.)depresso aut varié prominenti, constat germine, stylo et stigmate. Unicum est in flore seu monogynum } aut multiplex seu polygynum. Unicum dicitur dum germine pollct unico mono vel polystylo aut duobus (in Apocineis) pluribusve germinibus uni stylo subditis vel eidem infrà circurnpositis (in Labiatis). Multiplex est dùm pluribus in- struitur germinibus, singulis proprio stylo aut stigmate prasditis. Germen seu ovarium,\ semini fovendo addictum uteri instar, nnnc calici infero mono aut polysepalo est superum , ideô liberum et tune simplex aut multiplex, nunc semper simplex cum ipso monosepalo supero penitùs concrescens seu inferwn aut ipsi tantùm semi-supero partim accretum seu semi-inje- rum , nunc eodem superiùs connivente tectum absque ullâ adhaesione et tune simplex aut rariùs multiplex (in Rosâ). Intùs est uni aut multiloculare, loculis ovulo unico aut multiplici fetis , quibusdam interdùm posthàc abortivis (undè numerus in germine juniori sedulô notandus, certiorem quam in maturo fructu caraclerem prodens ). Ovula in ipso latentia sunt rudi- menta seminum ope funiculi proprio inserta placentario, et rae- diante altero funiculo (merè celluloso) mox post fecundationem fugaci, continuo .stylo et stigmati : horum qusedam pariter non- nunquàm abortiva ideo priùs in germine itidem numeranda. Quandoque germen, dura superum, disco(i) imponiturbrevi aut (1) Discus existens aut nullus , germini submissus seu bypogymis ( rcceplaculum , L. ; gynoplevrum , Mirb. ; phycostemiwn , Turp.) , tumens est instar glandulœ, tenuis aut crassior, angustus aut latior, inleger aut varié lobatus [pleurogynium , Riçb. ), in floribus hypopelalis plerumque staminifer, in bypocorollatis eorollifer, in peripeialis saepè turgescens et onustus germinibus pluribus monostylis {gynophorum, Rich.), siccus et axitbr'mis in Rubo , crassior i38 a. l. de jussieu. — « Introd. in hisloriam planbarum. elevato, siccoaut carnoso, interdùm glanduloso, vel infrà cingitur eodem ad latera producto et aliquoties calicis basim obvestiente ; dùm inferurn, simili nonmmqiiàrn obtegitur glandulâ, ut in Um- belliferis.Ssepiùs estsessiSe;interclùm stipiti (podogynium, Rich.) brevi aut elongato imponitur. In quibusdam floribus (masculis) semper deest; in quibusdam casu abortitur ; in nonnullis duo aut plura arcîè copulantur. Stylus auram seminalem a stigmate inspiratam conducit in germen , inter utrumque médius, in flore monostylo simplex suprà integer pariitusve, aut in polystylo multiplex , aut quan- doque nullus , pîerùmque ex germiiiis apice natus, interdùm ex latere, rariùs ex basi, deciduus aut persistens, longitudine et directione et crassitie et forma varius, rarô staminifer seu con- cretus cum stamiuum fila mentis. Stigma aura seminali excipiendae compar, ideô viscidulum aut papillosum granulosumve , germini fer tili nunquàm defi- ciens , nunc est sessile ipsi immédiate impositum, nunc ssepiùs summo insidens stylo, simplex aut multiplex, integrum aut loba- tum , deciduum aut persistens, longitudine et crassitie et forma pariter varium , glabrnm aut villosum , quandoque penicilli- forme aut plumosnm aut îamelîatum. Quatuor enumeratœ partes completum simul constituunt flo- rem qui unâ déficiente incojnpletus evadit. Hic modo apetalus corollâ vel acalicatus calice , vel niidus utroque denudatur, modo unisexualis femineus staminibus aut masculus pistillo orbatur, tune a bisexuali hermaphrodite aut a neutro seu eu- nucho diversus. Planta? autem plurimae dantur heinaphrodita? omnino bisexuales in eodem flore ; quaedam diclines sexubus in di verso sejunctis , quarum alias androgynse seu monoicœ floribus masculis et femineis in eâdem sejunctis simul instructa; , alise dloicœ unico sexu praeditae, seorsim masculse autfemineae , pau- cior es polygamœ floribus hermaphroditis et masculis femineisve exsuccus in Polentillâ, succosus inFragariâ. InlWdùm disais ipse sty\iîer(gynobasis , Cand. ) slylo unico inter plures germinis unici lobos mex mutandos in pericarpïa totidem distiucta monosperma indehiscentia , ut in Ochnaceis, Labiatis, Borragineis. Idem etiatn interdùm ad latera protensus et calicis fundum vestiens, in Zizypho etc. , fit perigynus simulque stamini- fer. Bariùs infero superimponitur germini, tune epigynus ut in Umbellifcris. Hujus existentia et situs caractercm constituunt in quolibet génère et cliam ordine sœpiùs uniformem. a. l. de jussieu. — Inirod. in historiam plantarum. i3>(j simulcommixtis onustœ; raultse cryptogamœ sexubus prre tenui- tate inconspicuis et minus aut minime nolis. < Fructus ex maturato germine seu ovario factus, instroitur pericarpio includente et semine contente Pericarpium \ idem cura fructu vulgatiùs dicto , quandoque indehiscens monosper- mum et applicitum aut accretum semini tune quasi nudo, simplex est, multiplex, aut superum , aut inferum , aut semi-inferum , aut tectum, ejusdem cum germine sitûs et numeri consors. Constat tegumento exteriore , vestimento loculi interiore et substantiâ intermediâ vasculari aut utriculosâ , siccâ aut turgescente. Ejus- dem interna? parieti aut centrali puncto affigitur receptsculum seu placentarium Mirb. , cui semen annectitur ope umbilicalis funiculi. Hujus pericarpii variât i* forma sphaericea, ovata, truncata, turbinara, conoïdea, angulata, compressa, depressa, orbicularis, vesicaria, aiata, articulata, etc. i° Tegumentum exterius [epicarpium Rich., pannexternum Mirb.) membrana- ceum vel solidum, teres, sinuosum , striatum, sulcatum, lœve, asperum, tomentosum, villosum , hispidum, echinatum , spino- sum, etc. 3° Vestimentum interius (endocarpium Rich. , pannin- ternum Mirb.) nunc extimo conforme, nunedissimile, ab eodem distinctum tumente substantiâ intermediâ aut ipsi ferè conti- nuum eâ subevanidâ, aut rariùs omnino secedens instar capsu- la? interioris eîasticè bivalvis {arillus , L. non Rich.)qualisinDic- tamno. If Substantiâ intermediâ (sarcocarpium Rich.) sicca, co- riacea, ôssea, carnosa, pulposa, succosa. 5° Dehiscentia , nunc nulla fructu indivise tùm monospermo tùm polyspermo; nunc partialis apice aut latere aut basi, lobis aut dentibus aut den- ticulis aut poris; nunc intégra, transversa fructu circumscisso , parte superiore operculiformi decïduâ, nunc scepiùs perpendi- cularis, omnino bivalvis, trivalvis. , .... multivalvis , interdirai elastica. 6° Compositio interior unilocuîaris,bilocularis, . .. . muî- tilocularis (in germine immaturoantefortuitumabortum sedulô notanda), dissepimento loculos distinguente varié disposito , plerùmque perpendiculo aut rariùs transverso, valvis opposito aut paralleio, iisdem continuo aut tantum applicito, indiviso aut pai tibili ; columellâ centrali axiformi interdirai existente et a dissepimento distinctâ, sa3piùs nullâ; receptaculo seu placen- i4o a. l. de jussieu.— Introd. in historiam plantarum. tario seminifero simplici aut multiplici, centrali aut îaterali seu. parietibus affîxo, libero aut ad dissepirnentum apposito , non- nunquàm tumente et spongioso. 7 Contentorum seminum nu- merus in quoque loculo unicus aut definitè multiplex (notandus parité r in germine) aut indefinitus, undè fructus aut loculus monospermus, dispermus, .... oligospermus seminibus paucis, polyspermus iisdem numerosis fétus. Prxmissorum habita ratione nomer. fructui varium datur, nempè capsulée membranaceœ aut coriaceœ aut crustacea?. Saepiùs valvis dehiscens dicitur : siliqua capsularis bivalvis val vis liberis utroque margine appositis duplici placentario opposito nunc in siliquis unilocularibus tantùm utrinque se- minifero, nunc in bilocularibus prœtereà septifero; legumen simile sed placentario unico parietali seminifero instructum, coccum solidum uniloculare mono autdispermum hinc elasticè dehiscens, ut in Euphorbiaceis ; folliculus membranaceus aut coriaceus sœpè polyspermus hinc etiam dehiscens ut in Apoci- neis: ulriculus vesicarius parvus monospermus utriformis non dehiscens ; nux ossea in fructu solitaria ; nucula ossea in eodem fructu multiplex; hacca succosa aut pulposa aut carnosa, semi- nibus distinetis fêta; acinus succosus unilocularis polyspermus seminibus osseis(Vitis,Ribes);po/7zw/?z carnosum solidum multi- loculare calice Q,ovox\dXum\drupa carnosa nuci circumposita(i). (1) Niiperiùs adscripta fuêre variis fructibus nouiina propria , quorum alia forte admittenda, alia minus utilia , temporeet usuconfirmabunturaul rejicientur. Hic intereà sequenlia memo- randa: i° Fructus monospermi indehiscentis (.sérac/* nudum'ï .L. J^.^fructuscarceridaiïusMirb.) pericarpium vel eu n semine omoinô concrescit tuoicam ejus mentiens aut constituens(ca/7op- sis Piich. , cerium M.), ut in Gramiueis , velipsi non adhseret distinclum a tunicâ [akenium R. , cypsclaM.) , ut in Synantheris et Dipsaceis, vel aliter extat in carceruldJA. quae nec ejus cerium nec est cypsela ; 2 pericarpium simplex in >duo aut plura partilum akenia, ut in Umbelliferis , est polakehium R. , cremocarpus M. ; idem bicoccum in Galio, aut multicoc- cum in Malvâ est dieresylc M.; idem unicum sed lobatum quasi polygynum lobisdisco (gyno- basis snprà memorata ) inter eos monostylo impositis, et posthàc parti tum in tolidem akenia seu fructus monospermos indéhiscentes astylos (in Labiatis , Borragineis , Ochnaceis, etc.) est cenobium M. , fructus gynobàslcus R., sarcobasis Cand.) ; 3° samara Gasrtn. désignât i 1 Acere, Banisteriâ , Ulmo , etc., fructum indebiscentem uni aut bilocularem , coriacenm aut membra- naceum, compressum aut alatum, et ab ta vix discrepat carccrella Desv., in Tiliâ non compressa nec alata ; 4° bacca fêta pluribus nuculis seu seminibus osseis est nuculaiùum R.; 5° drupa tenuior et siccior Juglandis et Amygdali est naucum R. ; 6° capsula Portulacae et Anagallidis circnmscissa esl'pyxis M. , pyxidium Ehr ; 7 capsula Euphorbiacearutn tricocca ex a. l. dejdssieu. — Intwd. in historiam plantarum. i4i Prœtereà falso fructuum nomine vulgatiùs insigniuntur, utpote succosa et esculenta, accrescens Ficus involucrum florale, nucifer Cassuviipedunculus turnenspyriformis,calix baccatus Mori pro- minens, strobilus seu conus amentaceus florum plurimorum congestorum disposition! succedenstotidem constans seminibus nucibusve et intermixtis squamis in capitulum seu conum dense confertis , ut in Coniferis. Semen, ovum vegetabile, futura? planta? compendium, peri- carpio distincto includitur vel ex supràdictis quasi nudum eo- dem tegitur monospermo indéhiscente et ipsi arctè applicito aut instar tunica? exterioris accreto. Interno pericarpii recepta- culo (placent arlwn M., trophospermum R. , coleum Salisb.) se- men illud annectitur, nunc sessile, nunc mediante umbilicali funiculo ipodospermum R.) brevi aut longiore detentum , aut eodera rupto nidulans in pulpâ. Extùs observantur i° seminis forma , magnitudo , superficies , plurimùm varia? ; i° ejus- dem insertio in basi aut latere aut apice loculi ipsum foventis et ideo situs respective ad pericarpium erectus ascendens, aut horizon' alis, aut declivis, aut inversus descendens seu pendulus, 3° hilus seu umbilicus funiculo suprà dicto con- tinuus, basim seminis constituens , nutritium excipiens e placentario succum, latior aut angustior , depressus aut promi- nulus-, 4° punctulum aliud (micropylus Turp.) de quo suprà diximus, aspectabilc aut saepiùs pra? tenuitate inconspicuurn , 5° dua? seminis tunica? propria? (raro unica) indéhiscentes, quarum interior ( tegmen M. , endoplevra Cand.), tenuis , mem- branacea, exterior (testa G., epispermium G,, spermodermis Cand., lorica M.) membranacea, aut coriacea, aut cartilaginea, aut testacea, aut cellulosa, interdùm alata aut marginata, ad hilum coccis elasticèbivalvibus est regmatumM.., claterium'K. ; 8°Ranunculacearum et Crassulacearuni fructus indéhiscentes suprà receptaculum commune dispositi sunt etairion M.; 9 pomacearum fructus ( pomum L. 1 » fétus nuculis in Mespilo , seminibus cartilagineis in Pyro, es! melonida R., pyridium M. ; 100 fructus Cucurbitacearum (pepo L.), est peponida R. , peponium Brot; 1 10 idem dicitur inMyrteis balaustium R , in Aurantiaceis kesperidiitmK.- iaoglans cupulifera- rum seu Quercinarum est calybium M. ; 1 3° legumen Mimosae articulatum est lomsntum Willd.; 14 germinum et fructuum aggregatio supra axim communem est syncarpium ■ i5° praetereà in pluribus ordinibus nempè inFungis, Lichenibus, Muscis, filicibus , Orcbideis t etc., dan- tur organis fructiferis nomina singnlis propria et ibidem suo tempore revcmnda. i/|2 a. L. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. adhœrescens funiculo , ejusdem exarata vasculis {protypas seu rapum M., raphe Goertn., vasiductus R. ), confluentibus in areolam discolorem chaluza dictam , bilo adversam aut quan- doque lateralem, saepè vix conspicuam, ibidem ipsam trajicien- tibus ; 6° expansio fnniculi exterior {arillus R. non idem cum anllo L.); hilum quandoque obtegens, in Polygalâ manifesta, angusta aut latior et tune calyptrœ instar seminis superficiem partim autferè omninô complexa, sœpè nulla. Embryo (cor culum L. J. G.), pars seminis praecipua ac essen- tialis, intra tunicas proprias ex anteà dictis simplex, nunc eas soins implet, nunc sub iisdem stipatur perispermo {albumen G., endospermium R.) non ipsicontinuo, sed îantùm contiguo, cor- pore heterogeno, incrassato aut tenuiore, saepiùs albo, cujus textus non vascularis sed utricularis, substantia farinacea, aut carnosa, aut cornea, aut solidior quasi lignea,aut raro mollior ferè muculenta. Perispermum illud ab interiore seminis tunicâ vascuîari saepiùs distinctum, raro aclnascitur intùs ipsi sic con- densâtes qua? interdùrn sicca et incrassata formam perispermi induit et nomen ipsius quandoquè usurpât , non habita ratione textûs proprii vascularis. Idem perispermum, modo majus in foveolâ versus seminis hilum excavatâ embryonem minimum recipit; modo eumdem internum majorem et centralem, cylin- dricum aut planum , omninô aut partim involvit aut ejusdem lateri hinc extùs appingitur; modo rariùs typi instar ab eo- dem externo undiqne obtegitur ipsummet tune centrale. Embryonis partes sunt, ut diximus,jy/^^2w/(2ascendens(^e/?2- muia R., radïcula descendens plumulœ subjecta (utraque simul dicta hlasîemium R.) , et lobi seu cotyledones. Cotyledones forma varia? (interdùrn crassissimœ in embryone macrocephaloB..), plei ùmque sunt crassiusculse aut tenues seu foliaceœ, teretes aut planse aut partim aut omninô flexae aut convolutse aut corrugatae. In germinatione nunc sunt omninô subterraneae seu hypogece, nunc extra tellurem assurgentes seu apogeœ et tune in folia seminalia saepiùs convertendse. In aliis plantis sunt geminse opposite , œquales aut rarissime inaequales ut inTrapâ; in aliis solitariœ, latérales, varié constructa?; in aliis nullse conspicurc : indè distincUo seminum et ideô a. l. de jussieu . — i Introd. in historiam plantarum. i43 plantarum dicoiy ledonum , monocotyïedonum et acolyîedonum. Dicotyledonibus addenda? sunt quaedam planta? polycotyledo- nes dicta? , quarum lobi digitatim partîti quasi plures habentur sed semper sibi invicem oppositi more dicotyledormm ut in qui- busdam Coniferis (i). Nec habenda in aliis dicotyledonibus pau- cissimis ( iEsculus, Tropaeolum, etc.) ralio loborum ità coaduna- torum ut ab invicem divelli nequcant nisi ad ipsorum exortum versus plumulce basin. Radicula (2), pars infrà continua plumuke,in radicem produ- cenda et humum germinando appetens , tune prima extùs pro- diens ruptis seminis tunicis , ideô semper est ad hujus peri- plieriam versa seu centrifuga. Nunc intra tunicas libéra exstat exorhiza R. dicta ut in plerisque dicotyledonibus; nunc sub iisdem tunicis intra sacculum proprium (coleorhiza M., embryo- tegiumG.) Cdvnosum ea delitescit endorhiza'R. dicta, ut in omni- bus ferè monocotyledonibus. Diversa exindèconsequiturradicu- Iseotiusqueembryonis germinantisevolutio posthàc alibi fusiùs explananda, et altéra pîaularum sexnali apparatu instructarum proposita recentiordistinctio in exorhizas et endorhizas, confor- mis alteri supràex cotyledonum numéro deducta. Radicula non- dùm germinans, prsecipuè in exorhizis,quandoque intra lobos basi productos retrahitur ferè occultata, aut rarô extra eos- dem ipsamet producitur plurimùm incrassata (undè embryo macropodus R.), ssepiùs ultra eos tantùm prominet brevis aut longior, tune plerùraque reota aut nonnunquam in ipsos plus minùsve prona vel inflexa. Ea intra seminis loculum modo ascendens ipsius apicem spectat embryone tune inverso, modo descendens ejus basi obvertitur embryone erecto. Praetereà intra seminis tunicas situ varians sa?piùs recta ad ejus hilum est versa (1) Prœtereà nullius ferè momenti hœe est duarum aut plurium cotyledonum distinctio, in «trisque servans opposilam loborum dispositionem , sïmul habila iu coniferarum ordine op- primé naturali , similiter eiiam pranuntians structuram in caule stratiformem. (s) Ediecnte Richard, distinguera nomine cauliculi ( gallicè la tigelle) pars radicul* mperior lobis snbdila, dùm extranea ipsos stipitis instar erigit in folia seminalia conver- sos. An pariter iû embryone habenda ratio colli M. seu puncti inlèr radiculam et plumulam medii? i44 A - &• DË Jossièu. — Introd. in historiam plantarum. (orthotropa R.),aut rarissime hilo omnino adversafawftfropaR.), aut rariùs ad aliud seminis punctum dévia (Jieterotropa R.), aut demùm quandoque flexa omnino in lobos et cum ipsisad hilum conversa (amphitropa R.). Plumulcij caulis exordium, intra semen centripeta, rudimen- tis foliorum primariorum instructa, nascitur ex apiee radiculas inter oppositas cotyledones, in caulem iis distractis assurgens, aut delitescens in laterali rima puncti cotyledonem solitariam etradiculam unientis {coleoptilium M.), germinando ex eâ pro- silit, cotyledone tune ad latus reflexà. Enumeratis plantarum partibus cursim addenda; sunt alias secundariae minus essentiales et interdùm nullae. i° Glanduiœ, utriculis prœcipuè confectas , succis secernendis aptatas : aliae intrafiorales modo sunt distinctes et in diversis organorum flo- ralium partibus extantes aut ipsis organis abortivis substituts, modo concrescunt simul in simplicem discum glandulosum seu torum , integrum aut lobaturn , crassum aut tenuiorem planum aut tumentem urceoli instar , staminiferum aut punctis sta- miniferis proximum , ortum e germinis superi fulcro aut eidem infero impositum aut accretum imo calici vel juxta ipsius pa- rietes altiùs adrepentem. Alias glandulas sunt extraflorales , supra caulem , ramos , folia , petiolos et pedunculos sparsas , siccas aut succosas, solitarias aut congestas. 2° Squamœ, partium subjectarum tutelas, aut vicinarum tutantium acljutrices, aut absentibus suffecta3,aut abortientium rudimenta : alias prodeunt intra florem , tegumentis floralibus intùs insertas , horum divi- suris alternas aut oppositas , forma et substantiâ varia? , olim nectaria dictas , nunc rectiùs dicendae appendices aut pe- tala interiora aut tantùm squamulas, filamenta sterilia nuncu- patas dum staminibus fertilibus coordinantur,raro adnatasintùs filamentis fertilibus tune anlheras extrorsas gerentibus (ut in Zygophyllo). Squamœ alias extra florem productas , vel calici extùs adnascuntur appendiciformes, vel prodeunt supra pedun- culos et ramulos et caules ; arctè cingunt gemmas nascenles et ramulorum aut foliorum cunas posthâc deciduas; interdùm flo- ribus nondùm evolutis extùs opponuntur praesidium supplentes, dictas in Dicotyledonibus bracteœ aut bracteolœ , in Monocoty- a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. i45 ledonibus spathœ aut sptitheljœ, unico flori autpîuribus propriœ solitariae, aut plerùmque membranaceœ, quancloque solidiores, minuta? aut amphores. 3° Stipulœ foliorum comités , horum petiolo adnaîœ aut appensa? vel ex caule enascentes. 4° Spi- nosa? aut aculeatae propagines jam anleà notata?, indivisae aut partita?, solitarise aut copulata? aut fàsciculatae. 5° Pili siraplices aut partiti, sparsi aut congesti , molles aut rigidi, unico aut utroque (ut in Malpighia) fine liberi, pro vasculis excretoriis habiti. 6° Cirrhi spirales indivisi aut ramosi, iidem nonnun- quàm cum sterilibus florurn pedunculis (ut în Vite), pîantis scandentibus fulcro alligandis utiles. Caractères. — Ex praenuntiatis partium differentiis plerisque exterioribus deducuntur signa distinctionum, exteriora quae- dam sed interioris structure modum exprimentia, qua? caracte- um nomine innotescunt, pro certis habenda vegetantium or- ganisationis et eorum ideo naturae indiciis. Caractères autem ? v eri discutionum botanicarum fines , pîantis dignoscendis ac definiendis necessarii^ distinguntur ratione numeri et prœs- tantiae et mutuœ affinitatis i° Sirnplicissimi caractères principio seorsùm expensi, coeunt in composites ex aliquibus simul punctis aut ultra in générales ex compositis factos, aut demùm in uni- versalem omnes vegetantis partes et modos complectentem , quo constituitur habitus unicuique planta? proprius et conse- quens ejusdem natura exteriùs manifesta ; undè planta? habitu simillimae caractère et nattirâ conformes habentur; et vice versa dissimiles. 2° Praetereà in functionum série quaedam cœteris prœstant, vegetationem ac propagationem pra?primis promo- ventes , quarum organa ideo primaria et caractères ipsis pro- prii aliis jure pra?ficiuntur. Ut tamen in organis primariis par- tium numerus et forma et proportio aîiœque similes causa? ad exercendam functionem pra?cipuam minus conferunt, mutabiles ipsâ nihilominùs persistente, sic deducta ex hisce modis signa minus aestimantur pariter instabilia. Caractères igitur prœstan- tiâ inœquales pro subjecti organi dignitate et diversarum ejus- dem rationum momento ordinatim disponuntur , alii incon- stantes seu varii , alii constantiores , alii constantissimi seu es- sentiales , in comparandis pîantis non indiscriminatim sedex yiïl. Eotan, *«=. Septembre. 10 i46 a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plàntarum. ordine adhibendi. 3° Horum insuper plures in eâdem planta mi- nime aut parùm cognati , ab invicem plus minusve discedunt quasi sui juris facti; nonnulli contra mutuo afflines praecipuè in flore aut fructu et ex constantiorum aut essentialium série de- prompti ità conspirant ac connectuntur ut unus existens alte- rum semper aut saepiùs praenuntiet : sic germini infero semper calix monophyllus adnascitur ; sic stamina saepiùs monopetalae inseruntur corolloe tune plerùmque numéro difinita. Consen- sum hune plura in posterum confirmabunt exempla, patebitque multotiès magna ex signorum numéro, major ex eorum dîspa- rilitate percipienda utilitas. Species etvarietates — Cogniti caractères determinandis im- penduntur plantis et eas similes indicant aut dissimiles pro sua in omnibus majori aut minori consensione. Plantae cunctis par- tibus seu caractère universaîi conformes, ex simili natae et si- xnilem pariturae, totidem sunt individua simul consdtuentia speciem propriè dictam quae, olim malè designata, nunc rectiùs definitur individuorum similium successio continuatâ gênera' tione enascentium. Haec entium consociatio et séries, gênera - tim. immutabilis ac perpétua, fortuite interdùm aut humanâ industriâ subvertitur aliquantisper, dùmscilicet, ratione ioci aut temperiei aut morbi aut praeprimis culturae variant individua quaedam a primigenio discedentia floribus multiplicatis aut plenis aut mutilatis aut proliferis, colore immutato, irrepente rubigine aut ustilagine , organis ariditate macilentis aut ube- riori succorum affluxu ampliatis. Sed ese varietates , in nova seminum germinatione sibi semelaut pluriès commissœ,ad pri- mordialem restituto caractère redeunt speciem servatâ lege na- turali , modo tamen obstantes non renascantur causse. Naturae autem species, accuratâ definitione certo circumscriptœ, verum stant fundamentumscientiae botanicœquae in id penitùsincumbit, ut omnes plané dignoscat species, universalem earum caracte- rem apprimè caîleat , eas invicem calleat affines connectens et discrepantes segregans et ex speciali cognitione ac collatione ge- nerali integram omnium naturse atque cohaerentia? notitiam consequatur. Ea specierum perfectè nequit comparari cognitio, nisi , ju- a. l. de JUssiEU. — »• Introd. in hisloriam plantarum, 147 vandse mémorise causa , in fasciculos primùm conglomerentur ratione affinilatis et posthàc in fasces ex junctis fascicuïis com- positos. Simpliciores fasciculi£ r e/2mz dicti complectunlur non- nullas species piurimis consentientes signis, paucis discrepantes et ideô caractère non universali sed tantùm generali confor- mes. Hariira generica consociaîio certum exigit inter specificos caractères delectum , non arbitraiïum sed solidis innixum prin- cipiis ità ut genus quodlibet species omnes verè congénères babeat , disparibus nunquàm intermixtis. Nulla fuêre prises in temporibus generica hujus constitu- tionis principia, et inclicante tantùm quodam habitu malè per- cepto , vcgetantia sic sociata sub eodem nomine vagè milita- bant. Veteres enim plerique, de re medicâ non de botanicâ sol- liciti , plantarum virtutem non caracterem exhibuêre in ope- ribus pluriès apparatè iuterpretatis quorum, tune magna, sedab hodierno aliéna proposito mérita hic recensere supervacaneum est , cùm viri aliundè eruriitissimi scientiae nunc elucidandae nulîatenùs aut parùm profuerunt. Si quis tamen eos 4 singu- lariternovisseardet huic consulenda est optima Tournefortii Isa- goge^autores sigillatim enumerans et debitum unicuique laiv dis partern tribuens. Horum successores ibidem memorati con- stantiorem in describendis plantis dedêre operam , sed prin- cipiorum defectu et ignotis quibusdam prœcipuisorganis, saepiùs mancas descriptïones et pravas semper distributiones tradide- runt ex loco aut qualitatibus aut florationis tempore malè de- ductis, ipsi tamen utili specierum cognitarum indicatione et quâdam designatione et historiâ et veterum synonymiâ summè commendandi. Intereà nnllis adstricta îegibus anceps obmutuit scientia, do- nec intellexerint Botanici eam in caracterum investigatione, in generica specierum connexione , in ulteriori generum ordina- tione praeprimis versari, et in conneiendis generibus aut ordi- nibus quosdam prae caeteris adhibendos esse caractères. Non hsec tamen doctrina constanter invaluit. Gesnerus prior edixit signa deduci jure primaria ex fructificatione, annuentibus posteà Cœ- salpiao et Golumnâ et utroque Bauhino. Principium illud ali- quandiù neglectum restituil Morisonius, admisêre Raius et Rivi- ï/|8 À l. dk jussieu. — Introd. in hisloriam plantarum. nus et cosetanei, omninoillustravit bis recentiorTournefortius. Perpensis enim diversis plantarum parîibus , genericas in flore et fmctu notas certô considère asseruit, indèque sua extraxit omnia gênera, alia nempè primi ordinis solâ fructificatione de- signata, alia secundi ordinis in quibus aliquid prœter confor- mera fructificationis structuram designationi additur. Promulga- tam legem et numeroso generum sa?pè naturalium conventu slabilitam admisit postera Botanicorum cohors paucis exceptis, Tournefortius, in caracterum et organorum floralium enu- meratione , pistilli partes et stamina despexerat ab ipso pro vas- culis excretoriis habita (1), îicet jam anteà de planlarum sexu aliquid protulissent Camerarius (1695), Cœsalpinus, Grewius (i685) et Malpighius. Burckardus in epistolâ ad Leibnitzium (1702), sexualium organorum structuram et usum fusé expo- suit, indè signa dedncens classicœ distributionis. Varias dein pollinis masculi formas delineavit Geoffrœus (1711). Burckar- diani placiti nescius sexuum actionem palàm promulgavit Vail- lantius (17 17). Pollinis dehiscentia B, Jussaei et Needhamii observationibus innotuit. [Iridè pistillum et stamina pluris œs- timata meliores exhibuére notas quas Linnœus in generibus apte composuit. Adaucto sic intra florem caracterum generico- rum numéro, eos omnes ex fructificatione, nullos ex caeteris partibus eruendos esse sancivit circumscriptâ anîecessorum lege. Secundaria igitur rejiciens Tournefortii gênera, caetera omnia recudcns, utiles unicuique staminum et pistilli notas addidit , nonnullas insuper ex calice et corollâ et fructu de- prompsit anteriùs proctermissas , et, ordinatim perpensis par- tium numéro et figi râ et proportione et situ protensam uni- formemque generum: tùm novorum tùm reformatorum seriem, gratam Botanicis ac omnibus ferè nunc acceptam constituit. (1) Alienœ in flore partes a staminibus tanquàm a vasis excretoriis' exceptae deponuntur in apices (anlheras) velutin cloacas [Tourn. Isag., p. 68, 70). Alibi tamen Tournefortius plan- tarum sexum quasi subodoratur, dùm de dioicis ait : an corpuscula fluentia ex floribus in teneros fructus procul nascentes feruotur, ut veluti e torpore ad proprium incrementum exci- tentur? Quemadmodum de pal mis mare et femiuâ aiïirmatur. .... ramuna floris maris in spatbam feminœ inseii quo tempore spalha hiare solet; flos explicatus pulverera, fuudit sine cujïïs effeelione dacfyli acerbi forent et insuaves. ibid.,\>. 69. a. l. de jussieu. ■—- Introcl. in hisloricwL plciniarmii. 1/19 Ea generieoe fabricae norrna , in pristino scientiac statu utilis , arbitraria tamen videtur et etiamnùm indefinita ideôque non- dùm generibus verè naturalibus conficiendis omninô sufficiens , contradicente Linnseo qui suas generum constitutioues judicat absolutas semper naturales et cuilibet ordinationi facile accom- modandas. Omisit enim qusedam in fructu et semine signa prae- cipua, posthàc ab aliis sedulô nolata; et non ordinavit ea qnse priùs elegerat.Dantur autem in fructificatione partes ac rationes aiiœ aîiis praestantiores et subindè caractères dignitate insequales alii constantes primarii, alii secundarii nunc constantes nunc varii alii, infimi pluriraùm inconstantes, non omnes certè dési- gnation! genericae perœquè idonei. Quidam insuper extra fructi- ficationem sparguntur caractères praecedentibus infimis dignio- res , iis longe praeponendi , secundariis interdùm coœquales , in generibus verè naturalibus soepè conformes, in ipsorum copula- tione non nunquam adjutores et ideo non médiocres in usu bo- tanico. Factitiae sunt igitur regulae Linnaeanae caracterum flora- ïium inaequalitatem et extrafîoralium quorumdam vim non ex- primentes ; sed a naturalibus non admodùm dissitae gênera exhibent Tournefortianis praestantiora , pîurima semper admit- tenda, pauciora reformanda, quas simul utilem in scientiâ ba- sim suppeditavêre. Nomenclatio. — Cognitis caracterum ope speciebus et iis- dem in gênera colîectis , alius est Botanico labor incboandus , nempè ut gênera speciesque apto designet nomine et solidâ descriptione definiat, ita ut nomine et descriptione à caeteris omnibus dignoscantur. Ea autem scientiae pars,licet non pri- maria nec scientiam verè constituens, huic tamen promovend&e plurimùm confert ideo non leviter tractanda sed elaboranda accuratiùs, ut faciliori locutione conjunctiores Botanici mutuâ promptiùs erudiantur observatione autmeditaiione. jNihil utile ex veterum scriptis eruendum qui nec aptas saepiiis descrip- tiones necnomina immutabilia protulère; et indè plures plantae in usu medico antiquitùs receptae , nunc nullatenùs innotes- cunt defectu accuratae descriptionis. His successêre viri in re botanicâ peritiores , sed nondùm certis circa nomenclationem principiis innixi et in describendis plantis contracîiores aut dif* i5o a. l. de jussieu. ■ — Iiitrod. in histonain plantaram. fusi nimis, médium tenere nescii. Nec ii profuêre scientiœ qui , descriptione et nomine simul conjunctis , plantas designabant definitione phrasim integram adœquante quaî speciei nomi- nandae prolixior , describenda? impar evadit : indè mondosa prœcedentium seculorum nomencîatio a Tournefortio admissa (i ) progredienti scientiœ raoram interposuit. Huic verè maximam tulit opem Linnaeus , dùm solutis phrasium botanicarum vin- culis plantas omnes duplici tantùm inscripsit nomine , altero generico substantivo , altero adjectivo seu speciiBco, caractères praetereà exhibens in descriptione adœquatâ , verbis significan- tibus , multa paucis exprimens stylo technico (a). Régulas in- super tum nomenclationis tum descriptionis tradidit, plerasque optimas et generatim admittendas , quasdam forte infirman- das (3) et ipsimet non sacras. Sic sapienti hujus instituto nomen genericum esse débet immutabile (4) , simplex , non geminatum aut ex gemino malè compositum (5) , non sesquipedale nec (i)Ille tamea nomenclationem emendandam judicans aiebat in lsag., p. 63, 64 :« No- mina sunt quœdam velut defînitiones quarum prima vox genus , caetera? differentiam expri- munt Nomina sint brevia. .. . nonnulla prolixiora vix uno spiritu sustineri possunt.... Aliud est planlam appellare , aliud describere. (2) Eumdem coucisac nomenclaiionis cl descriptions expeditœ modum botanicae proficuum utiliter transtulit in diversasanimantium classes, propriampro singulisaptèconstruenstechnicam dictionem, et otnuia condens gênera : undè similis in eas refluxit zoologorum facilior con- sensus. (3) Sic vocabnla ex graco aut latino fonte non deducta nunc palàm rejicit nunc recipit faciliùs. Sic etiam vernacula excludens nomina, licet barbariem non redoleant antiquitùs et latine desinentia, supprimit Adkatodam , Calabam , Caïbam, Guazumam , lsoram , Ket- mlam , Mancanillam , Guanabanum , Gualavam , Papayarn , Sapotam, Sapium, etc., quibus sua substituit, ab edicto tamen principio deflectens admissis Mammeâ , Basellâ , Yucca, Hurâ, Tulipà, Curcumâ , Genipâ, etc. Idem dicendum de pluribus Aubletii aliorumque nominibus gequiùs admittendis , recentiùs tamen et inutiliter aScopolio, Schrebero , etc. , mutatis in alia forîè asperiora. (4) Qui novum genus constituit , eidetn nomen imponere tenetur, et nomen genericum dignum alio licet aptiore non permutare licet, edicente Linnœo (Phil. bot., n. 218 , 243) et annuente botanicorum cboro. Legem tamen sœpè infregit ipse legislator, imitanlibus aliis. Nulla eiùm causa manifesta est cur nova aut antiquiora substituent nomina a Tournefortio datis aut anteà consecratis , qualia sunt Abutilon , Acacia , Buglossum , Brunella , liugula , Casia, Cassida , Cataria , Rapnntiu-n,Spliondylium , Stramonium, Terebinthus , Thymelœa , etc. Quorumdam vulgô usitatiorum restitutio visa fuit opportuna ,\ parciùs tamen agenda ne delicti labes in censorem ipsum transferatur. (5) Ut Lauro-cerasus , Lilio-narcîssus , Genîsla>spartium ,' Melo-cactus , Corona solis , Virga aurea , DensLeonis , l'mgua ccwina , Ferrum cquimim , Rata muraria. a. l. de jussieu. — - Iiitt'od. in historiam plantarum, 101 barbarum aut malesonura (i) , nominans (2) potiùsquam si- gnificans (3), generi proprium non alteri corpori commune (4) non syllabaeunins additione aut detractione alteri nomini con- forme aut comparativum (5). Nomen specificum sit pariter simplex ac facile, sed prœtereà significans, praecipuè desumen- dum ex solido caractère speciem a congeneribus distinguente et tuncverè specificum (6); aut eo déficiente undequaquè eli- ciendum , nempè ex solo, regione, tempestate, duratione, colore, sapore , odore, usu etc. , tune deterius triviale dictum (7). Descriptio. — Descriptio vel est partialis proprios seligens caractères, vel universalis omnes complectens. Hœc , usitatior in monographiâ unicam plantam describente aut in opère pe- regrinatorum de vegetalis hactenùs incogniti génère incerto- rum, singulas nominatim recenset partes ordine uniformi (ne qusedam omittantur) , nempè radicem , caulem , folia, inflo- (1) Ut Eypopliyllocarpodendrum , Stacliyarpagopliora , Krascheninikovia, Jabotapita. (2) Nomen genericum ut potè non necessarlô significans, arbitrarium ideô dari polest^ i° poeticum ut Adonis, Narcissus , Hyacinthus , Amaryllis , C'trcœa • a* divinum aut regium, ut Serapias , Atropa , Mercuriales , Lisimaclûa , Artemisia , Helenium • 3° ex inventoribus aut primis nuneiis, ut Nicotiana, Cinchona, Sarracenia'; 4° ex botauices fautoribus , ut Eugenia , Borbonia , Fagonia , Dignonia , Cliffortia ; 5° ex peregrinatoribus , ut Banisteria , Lippia , Gurtdelia , Suriana } Commersonia , Michauxia, Humboldtia; f6° ex botanicis patribus aut primat ibus emortuis, ut Gesneria , Golumnea, Cœsalpinia , Bauhinia , Morisonia , Tourneforùa , Plumeria } Dillenia , Linnœa , Jussiœa , Halleria , Adansonia } Jacquinia , etc.; quarum appellationum a Tournefortio primùtn rarissime admissavum et tune bonorificarum numerns increvit in iniinitum abu tente Liunœo et posthàc imitantibus aliis, ità ut eviluerit decus indè consectariurn, cuilibet nunc concessum botanopbilo aut eliam in scieutiâ ad- ventitio. (3) Plurima tamen nunc è grœco fonte manant nomina significantia, quse, aptaprimœ speciei, sequentibus iuterdùra malè aptantur ; sic Chrysanthemi species una leucantiia, Tetracerœ una monocarpa,Triglochidis una sexstila. Magis répugnant verba adjectiva substantivis pejora (Phil. bot. y n. a55) ? nimiùm significantia et omninô delenda, ut Gloriosa, Mirabilis, Impatiens, etc. (4) Ut Ephemerum, Onagra, Elephas , Auricida , Sagïtta, Bursa. (5) Nomina comparative alia syllabam pnemittunt ut Linagrostis , Pseudo-acacia, Cha- mœcerasus , etc. ; alia eamdem postponunt , ut Alsinastrum , Astéroïdes, Cannabina , Juncago , Myrtillus , Plantaginella , Salicaria, etc. (6) Ut Uordeum distichum, Uordeum liexasticlium , Thymbra spicata, Thymbra ■vercillala , Pyrola umbellata , Pyrola unifiora. (7) Ut Veronica arvensis , Eryngiura maritimum, Silène gallica, Circaea luteliana , Leucoiuin vernum , Iva anima , Lamium album , Menlha piperita, Viola odorata , Anchusa officinalis , Satureia hortensis , Lepidium sativum , Pastinaca oleracea, Isatis tinctoria. 1 52 a. l. de jussieu. — hitrod. in histotiam piantarum. rescentiam, calicem, corollam, stamina, pistilium, fructum, se- men et embryonem, easque omnes ratione existentia? , sitûs, numeri , figura? et proportionis , additis insuper patriâ, solo, vernaculo nominect usu. Descriptio partialis frequentior altéra genericos , altéra specificos delineat caractères eodem ordine , nimc prolixior in dissertationibus et scriptis partitis, nunc in Phytographiâ generali contractior dissiœilia tantùm proferens signa prwcipua, qualis in editionibus Linnœi posteris habetur generum adumbratio et descriptoria phrasis specifico nomini adjecla. Eœ autem compendiosa? descriptiones saepè peccant pravo caracterum deîectu , essentialium omissione , compara- bilium defectu ,j indicatione non sufficienti, quas igitur ite- rùm atqiie iterùm reconcinnare opus est. Synonymiâ. — His subjicienda sunt non sine emolumento synonyma seu diversa nomina ab autoribus praecipuè prima- riis (i) eidem planta? imposita, quibus velut ariadneo filo ante- actornm explanatur labornm dispositio, patent vitandi errores, mérita inclarescunt et suum cuique tribuitnr. Ichiiiographia. — Plnrimùm etiam studio' confert Ichnio- çraphia seu piantarum repraesentatio depicta aut œri incisa , non officiosè mendax sed genuina ac simplex , descriptionibus potior in habitu exprimendo. Priscorum icônes plerœque vi- tiosa?, recentiorum accuratiores e quarum numéro prcecipuè seligantur synonymis admiscendae , aut in novis planta? non- dùm delineatae mox incidantur. Sic nomenclatione facili , accuratâ descriptione', synonymiâ cerlâ et iconibus nitidis solida perficitur piantarum designatio et earum tùm specifica tùm generica cognitio confirmatur. Classes et systemata — Quae antem speciebus genericè con- sociandis praevaluêre principia a Botanicis edicta, eadem confi- ciendis generum classibus simili jure sed contractera profite-» runt. Ut enim generica constitutio praecipuos elicit specierum (i) Qui in autorum prolatione prœcipuos aut miles quoslibct conscius omittit, ipsis et scientiœ et sibi nocet. Sic defuit vir cum Tournefoitio botanicus princeps, dùm , linjus ueglectâ sœpiùs synonymiâ et niutatis nominibus ,|oculis omnium quasi subduxit semulum quem non obscura* verat ; tantus amor indivis» Taudis! A. L. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. 1 53 caractères , sic elassica primarios delibat in genericorum série. Inde specifica? in oranes, genericae in quasdam , classicœ in pau- cissimas partes diffunduntur notœ. Progrediens orclinatio sim- plicioribus simul et prcestantioribiis utitur signis : genericas designationes intégra fructificatio , classicas unica ferèejusdem pars suppeditat , legem prsesenliente Gœsaipino _, Morisonio partim exequente, firmiùs sanciente Tournefortio, confirraan- tibus aliis iterùm et strictiùs promulgante Linnaeô .Hsec distri- butions norma veîeres latuitqui organis minus perspectis suas ex habitu , loco, diuturnitate , florationis tempore, usu medico etc. (i) ordinationes deduxerunt. Ubi primùm fructificationis prœstantia veris innotuit Botanicis, quilibet suo arbitratu par- tem in eâ manifestiorem aut prœcipuis caracteribus multipli- candis aptiorem elegit. Sexubus nondum cognitis, alii fructum , alii calicem, aiii corollam prœposuêre, suo modo superstruentes unicuique methodum varié dispositam ac verè systematicam. Utilitas methodi ea est ut gênera species similes connectentia, in sectiones notis secundariis designatas convocata , ulteriùs ccngregata in classes ex nonnullis sectionibus compositas si- gnoque definitas primario ac simpliciori , ordinationis hujus beneficio facile dignoscantur dato caractère et incunctanter nomine proprio salutentur. Sic quilibet in exercitu miles mox reperitur, cognitis bu jus legione et turmâ et manipulo et contu- bernio. Sed eae distributiones in tantum valent juxta metho- dicos , in quantum naturales et faciles et uniformes habentur. i° Qui enim naturse sedulô parent botanici in individuorum et specierum connexione , ab eâ nimiùm recedere erubescnnt in generum approxiraatione, quorum dantur pluri:nse séries ap- proximè naturales, omnibus acceptissimœ , aliis ordines natu- rales, aliis fragmenta naturalia dicîae. Harum nonnullas me- thodus quœlibet servat indivisas , eo perfectior habita tacito » (i) Orthodoxos dicit Limiœus auloies ex fructificalione methodum desumentes qui sunt fructistœ vel calicistœ vel coroUistœ vel scxualistœ ; Hcterodoxos nuncupat ab alio principio \egetabilia dislribuentes, qnales habentur Jlpliebetard ordine alphabetico, Rhizotomi a radi- cis structura , Phyllophill a foliomm differentiis, Phynognomonl ab habitn , Chronici a tempore floratiouis , Topopkili a loco nalali, Empirici ab usu medico , Seplasiarii a pharmacopœoj'um tlispositione (Phil, Bot. , n. as-3i.) 1 54 a. l. de yussiEu. — Introd. in historiam plantarum. naturœ jnssu, quo plures admiserit. i° Explanandœ tamen scien- tiae studiique contrahendi cupido methodicos e naturâ saepè detorquet , noîitiam facilem nnivei sali preponentes , quibus plantam potiùs nominasse quàm ex integro novisse expedit : indè omnes requiruntur systeraatis divisiones non connusse nec ambiguœ , sed distinctissimse et perspicuao et intellectu faciles ; signis manifestis et constantibus innixae. 3" Aliqua insuper laus tribuitur systemati cujus prima ria? omnes ex eodem organo et secundariae ex altero divisiones eruuntur ità circumscriptœ ac solidae , ut uno quasi tenore diffluentes et expeditae , exceptio- nem nuîlatenùs aut rarissime admittant. Ha? snnt preceptiones in compositione systematicâ praecipuae, arbitrante quidem et nature partim répugnantes, sed in scien- tià adhucdùm incertâ utiles, quas nunc severè contractas , nunc remissiores quilibet ad nutum varie interpretabatur. Plurima exindè prodierunt ex intervallo systemata , singula laude digna et certa autorum ingenii ac doctrinse indicia , nulla tamen proe- dictis omninô conformia regulis, sed ab iisdem plus minusve discedentia. Illae autem factitiœ plantarum distributiones bine verè profuerunt, in quantum, pluribus seorsim . organis ad- dictae, diversos eorum modos plurimasque retexerunt affinitates magno scienîioe emolumento ; illinc ex adverso, instabilibus innixae principes, vitium legis arbitrariae scientiœque artificialis tenuitatem evidenter manifestant. Singulari omnium judicatione confirmaretur preinissae assertionis veritas , sed in iis sigillatim sistendis ac discutiendis (i) immorari non expedit , ne nimiùm producatur sermo contrahendus et in alias utiliter convertendus (1) Quindecim enumerantur a Linnœo {Class. plant.) systemata disposita ratione organi ab auloribus selecti. Suos a fr;;ctn prœprirois depromp?êre caractères Cresalpinus anno i583, Morisonius 1680, Raius 1682, (Christopli. Knautius 1687, Hermannus 1690 , Boerhaa- \ius 1710; a calice Magnolius 1720 , Linnaeus 1787; a corollà Riviaus 1690 , Tournefor- tius 1694, Christian Knaulius 1716, Ruppius 171S , Pontedera 1720, Ludwigius 1787; a staminibus et plantarum sexu Liunœus 17 35. Singula hœc inprœdiclo opère systemata seor- sim apte delineantur facili negotiopercipienda. Adansonius eadem commémorât {FamïlXPlant.), additis aliis recensioribus exaratis a Royeno 1740 , Hallero i752,Morando i744,Seguie- ro 1745 , "Wachendorfio 1747, Heistero 1748 ,Gleditchio 1749 , Allionio 1762, etc. , quibus suos addit numerosos distribulionis modos , eâ nimirum mente ut sinuil et exemplo et prœ- cepto contirmaret facilem nimis dari posse ordinaUoni§ arbitrariae multipUcationepi. a. l. de jussieu. ■ — Liitrod. in historiam plantarum. i55 meditationes. Sufficiet utcimque systematum inter omnia certo praecipuorum , Tournefortiani nempè et Linnœani sinceraexpo- sitio et collatio mulua et œqua perpensatio, quibus ex integro cognitis patescent utriusque commoda et incommoda , ac sub- indè totiùs simul systematicae doctrinae circumscripta utiiitas et mérita stabiliter definientur. Tournefortii methodus. — Qui primus aptiora construxit gê- nera Tournefortius in horto parisiensi professor (1685-1708), primus etiam generalem methodum rectè delineatam, prsemissis longe prœstantiorem et Botanicis acceptiorem exhibuit. De stu- dio explanando et planlis idcirco commode ac sequaliter ordi- nandis prsesertim sollicitus suœ fundamentum distributionis posuit in corollâ (seu, ut ait, flore) utpote manifestiore , apud vulgum praestantiore et plurimos sufficiente caractères facile observandos, scilicet existente aut nullâ, simplici aut intra cali- cem communem. multiplici seu compositâ,monopetalâ aut poly- petalâ, regulari aut irregulari. A veterum tamen instituto non- dùm omninô deflectens, antiquam praeposuit herbarum et arbo- rum distinctionem, non uni severè addictus parti et dein classes herbaceasseptemdecim, quinquearboreasprotulit. Prima harum et illarum partilio datur in petalodes seu corollâ instructas et apetalas eâdem orbatas; secunda petalodum in simplices et composilas; tertia simplicium in monopetalas et polypetalas ; quarta utrarumque in regulares et irregulares; quinta ex diversâ omnium forma deducitur. Altéra in apetalis et compositis ha- betur divisionis ratio infrà memoranda. Prœmissis igitur herbaceis petalodibus simplicibus prodeunt in prima classe corollae monopetalas regulares Campanif ormes seu campanae patentis aut tubuîosae aut globosae formam sémil- lantes ; in secundâ eaedem regulares lnfundibuliformes seu in- fundibulo aut hypocraterae aut rotae conformes ; in tertiâ eaedem irregulares Anomalœ, forma plurimùm variae , fructui capsulari prsemissae; in quartâ eaedem irregulares Labiatœ seu limbo quasi bilabiato , fructu praetereà tetraspermo nudo ; in quintâ corollae polypetalae regulares Cruciformes seu tetrapetalae petalis in cru- cem decussatis; in sextâ eaedem Rosaceœ petalis saepiùs quinque, interdùm pluribus aut paucioribus, in Rosam disposais; in sep- 1 56 a. l. de jussieu. — I/itrocl. in historiam plantarum. timà rosaceœ pentapetalœ Umbelliferœ seu pedunculis uni- floris in umbelîam collectis et fructu infero dispermo nudo ; in octava polypetalae regulares Caryophyllcœ , petalis ex imo ca- lice tubuloso emersis longiùs unguiculatis ut in Diantho seu Caryophyllo vulgatiùs diclo; in nono eœdern Liliaceœ seu lilio conformes , tri aut bexapetalae aut tantùm sexfidœ , fructu supero aut infero semper triloculari; in décima polypetalae irregulares Papilionaceœ petalis dissimilibus (vexillum, alœ, carina) papi- lionem imitantibus et fructu supero leguminoso; in undecimâ eœdem non papilionaceœ sed Anomalœ multiformes, non aliter definiendœ. Simplicibus composite succedunt corollœ, in calice communi pîures aggregatœ monopetalse , germini proprio insi- dentes supra thalamum seu receptaculum commune; nunc in classe duodecimâ omnes Flcsculosœ seu lubulosœ limbo quin- quefido; nunc in clecimâtertiâ omnes semiflosculosœ Ligulatee, seu tubulosœ et apice hinc fissœ, indè in liguîam productœ; nunc demùm in décima quartâ Radialœ , id est, centrales flosculosœ, marginales ligulatœ radium constituentes. Subeunt posthàc apetalœ, alise in decimâ quintâ classe Staminées flore (calix et stamina) et fructu instructœ, alise in decimâ sextâ flore carentes non semine , alise in decimâ septimâ flore et fuctn carêmes. Arbores fruticibus junctœ sunt in decimâ octava apetalse simpliciter Stamineœ , in decimâ nonâ apetalse ^Lmenta- ceœ floribus stamineis et prœtereà instar caudse felinse supra amentum seu axim communem spicatis , in vigesimâ monope- talœ-, in vigesimâ prima polypetalse Rosaceœ regulares, in vige- simâ secundâ polypetalse irregulares Papilionaceœ. Classium sectiones désignai! tur nunc ipsâ corolîœ forma aut florum dispo- sitione , aut rariùs plantarum habitu , nunc ssepiùs fructu supero aut infero (seu, ad mentem Autoris, pistillo aut calice in fruc- tum abeunte), simplici aut multipîici, baccato aut capsulari, uni aut multiloculari, mono aut polyspermo. Sic perficitur metliodus principiis simplicibus et signis mani- festis innixa , ideôque facili plantarum ordinaîioni ac studio conducens, nonnunquàm absque exceptione Naturam colîimans, admissis in classium numéro ordinibus verè naturalibus, quales exstant JLabiatœ, Cruciformes, Umbelliferse , Papilionaceœ, Corn- a. l. de jussieu. — Intrccï. in historiam pîantârwn. 1Ô7 positse, etc., pluribus etiam sectiones aliarum classium intégras constituentibus. Sed ea cœteris simplicior, aliundè vitiatur i° ca- ducâ herbarum et arborum distinctions nullis circumscriptâ certis limitibus , affinia disjnngente gênera in Rosaceis, Papilio- naceis, Composais, species disgregante congénères in Araliâ, Buplevro, Salice , Rubo, Daturâ , Senecione , Genistâ, Coronillâ aliisque benè multis generibus partim herbaceis , partim arbo- reis frutescentibusve , quae tamen dissimulante methodo herbis aut arboribus indivisa adduntur; i° ordinatione interdùm vagè designatâ et non semper uniformi,dùm classis una inter apelalas dicitur flore non semine carens , et Caryopbylleœ ac Liliacea? solo designantur babitu ac quâdam sirailitudine, et nonnullae Liliacere (Hyacinthns, Narcissus, Gladiolus) certô non polype- talae cognaîis admiscentur polypetalis favente îege naturaii , systematicâ refragante; 3° improspero caracterum in corollâ infimorum delectn prœcipuisposthabitis, dùm constans corollae situs vix "section ibus clesignandis adhibetur, et varias ejusdem forma classes définit ih Campanulaceis, Infundibnliformibns , Anomalis, etc., dùm affines subindè segregat Campanulam et Lobeliam, Rubiam et Rubeolam, Cerinthem et Pulmonariam, etc., dùm insuper discordes connectit Araliam et Asparagum, Lo- beliam et Aristûiochiam, Butomum et Helleborum , Violam et Orchides , Paridem et Cruciferàs, etc.; 4° pauciorum caracte- rum enumeratione, iis tantùm prolatis systematico more, qui speciei ad summum distinguendae ac nominandse sufficiunt, cse- teris omissis; 5° absoluîâ omissione organorum sexualium (sta- mina et styli) rectè praevalentiuni, anteposito integumento flo- raîi (corolla) certiùs secundario. Linnœisystema. — Ex anteà dictis Tournefortius ignotâ sexuum actione stamina respuerat quorum prœstantiam posthàc mani- festam si novisset priùs , ea certè in usum botanicum evocata perfection generum et classium fabricse adhibuisset. Utiles in classibus delineandis stamineos caractères animadverterat Buckardus (170a), in eâ cogitatione subsidens. Ultra processit Linnaeus(i735), et confirmatâ organorum sexualium dignitate suum exstruxit systema sexuale dictum , cujus caractères clas- sium semper ex staminibns, sectionum ssepiùs ex pistillo depro- i58 a. l. de jussieïj, — Introd. in hisloriam plantarum. muntur. In stamimbus perpendit numerum et proportionem et connexionem mutuam et conjugationem cum pistillo etoccul- tationem et quandoque situm : undè viginti quatuor exsurgunt classes, singulœ ratione numeri germinum aut stylorum muiti- partitae. Sic priores undecim classes numéro staminum denniuntur (ab uno ad duodechnum, undecimo nunquàm existente) et appel- latione conformi graeco-latinâ designantur, dicta? Monandria , Diandria , Triandria, Tetrandria, Pentandria, Hexandria, Heptandria , Octandria , JÙnneandria 1 Decandria , Dodecandria. Ad Icosandriam subsequentem referuntur stamina plura, ssepè viginti, calici inserta ; ad Polyandriam adjunctam eadem verè indefinita ac numerosa , calici non inserta. Habita dein ratione proportionis staminum , nomina Didynamiœ et Tetradynamiœ seorsùm adstant in classe clecimâ quart â et quintâ plantœ tetran- drae et hexandra? quarum stamina duo aut quatuor cœteris duo- bus îongiora sunt. Posthàc perpensâ eorum connexione , fila- mentis in unum aut duo aut plura corpora connatis triplex da- tur classis, nempè Monadelphia , Diadelphia et Polyadelphia ; ex antheris in cylindrum coalitis unica eruitur Sjngenesia dicta. Ponè subit Gynandria cujus stamina cum pistillo concrescunt aut eidem insident. Praeteritâ in vicenis flomn^ hermaphrodito- rum seu bisexualium série , prodeunt unisexuales masculi aut feminei, quos nunc eadem planta mixtos profert in Monoeciâ, nunc distinctœ plantœ gerunt in Dioeciâ , nunc interdùm quœ- dam promiscuos habent cum hermaphroditis in Polygamie* Congeruntur demùm in Cryptogamiâ plantae quarum flores et ideô stamina prae tenuitate nondùm aut minus innotescunt , obscuratâ simul sexuum actione. Classium diversae sectiones plerùmque denniuntur germinum aut stylorum numéro , com- muni horum et illorum nominatione dictas Monogynia, Digynia, Trigynia, Tetra gy nia , Pentagynia Polygynia. Interdùm distinguntur floribus varié polygamis,seminibus nunc gymnos- permis nudis, nunc angiospermis pericarpio tectis, fructu siliquoso aut silicuîoso; ipsomet staminum numéro dùm classi designandae non praafuit. Systematis hujus ut et prœcedentis alise sunt laudandœ partes, a. l. de JussiËU. — Introd. in historiam plantarii/n.y ibg alise redarguendœ. Prse caeteris uniforme et accuratum et uni principio addictius, omnes ex unâ parte classicos eruit carac- tères ita delineatos ac circumscriptos ut facili negotio perci- piantur et plantis omnibus ordinatè distribuendis ac sine prœ- ceptore agnoscendis conducant. Quœdam insuper ejus classes ferè omninô naturales habentur ut Tetradynamia _, Monadel- phia, Diadelphia, Syngenesia. Sed i° Systema tenuissimis in- terdùm innititur organis oculo armato et acu divellente tune difficiliùs observandis , ignoscendo tainen vitio molestiam tan- tùmmodo et erroris metum inducente. 2 Prœtereà arbitra- rium systematico more , dum multipiicatis classibus omnes ea- rum designationes ex unicâ parte molitur depromere , tune so- lidorum viginti quatuor caracterum penuriâ, essentialibus pro- miscuè addit inconstantes quos etiam utpote numerosiores fré- quentais usurpât , prioribus plerùmque neglectis. Inde primarias ex staminum numéro notas minus stabiles deducens, vix impen- sâ eorum insertione constantiori , discordes in iisdem classibus et etiam sectionibus congerit plantas , in Diandriâ Circaeam et Veronicam, in Triandriâ Valerianam et Ixiam, in Tetrandriâ Rubiam et Plantaginem, Ilicem et Potamogeton , in Pentandriâ Primulam et Goffeam, Ulmum et Ciculam , in Hexandriâ Berbe- ridem et Hyacinthum , in Octandriâ Tropœolum et Ericam } in Decandriâ Malpigliiam et Silenem, Spondiam et Lychnidem,in Dodecandriâ Resedam et Euphorbiam, in Polyandrià Nym- pbœam et Tiliam etc.. Affines aliundè secernit didynamas à te- trandris , Chloram a Gentianâ , Blitum a Chenopodio , Ericam ab Andromedâ, Centunculum ab Anagallide, Canarinam a Cam- panulâ , Myosurum a Ranunculo , Sibbaldiam a Potentillâ , Sempervivum a Sedo , Cassinem ab liiee , Labiatas cliandras ab iisdem didynami s, Gramineas triandras ab hexandris, etc. . . 3° Staminum numéro sic discrepant non tantùm gênera co- gnatissima in systemate sejuncta, sed et species congénères ab invicem dimoveri nesciœ , in Polygono , Riviniâ, Gentianâ, Valerianâ , Rubiâ , Lepidio , Cerastio, Alsine , Lino, Tillœâ etc. quarum arctiorem nexum solvere nequit systema , exceptio- nibus ideo deturpatum et minus uniforme. 4 Simile, licet multô rarius , diversos ejusdem plantae flores obsidet numeri 160 A. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum. discrimen in Monotropâ, Chrysosplenio , Adoxâ, Trientali , Disandrà, Rutâ aliisque indè difficiliùs ordinandis et staminei hujus caracteris instabilitatem confirmantibus. 5° Quasdam sterilescunt aut et supprimuntur stamina in Bignoniâ, Chelone, Gratiolâ , etc. abortu inveterato aut adverçtitio plantarum ordi- nationem immutante. 6° Gynandria parùm à praemissis (prae- cipuè à Monandriâ) discrepat classibus , in eas optimè refun- denda, et insuper plantas pauciores verè gynandras complexa. 7 Nec servandae omnino classes sexuum disjunctione insignes, cùm multœ monoicœ aut dioicae et omnes polygamae plantse ta- ies habeantur solo partium abortu, veris hermapbroditis rectiùs consociandse. Clrcumscripta systematum utilitas. — Si methodus facilis et magis naturœ sequax indè judiceîur perfectior, Tournefortiana ca3teris praestat, utpote naturales affinitates minus subvertens , manifestioribus usa signis et in decursu expeditior. Linnseani systematis ordinatio nonnunquàm operosa, designationes inter- dùm difficiles et frequentior plantarum dissidentium connexio. Sed illnd magis circumscriptum, certiùs definitum , signis in- nixum sedulo exaratis et ex unâ parte prima riâ depromptis , numerosiori superbiens vegetantium agmine sub iis ordinatim militante et rariùs devio , meliori ditatum descriptione et no- menclatione tùm gêner icâ tum specificâ , plurïbus abundans commodis, icleô prœvaluit universo ferè Botanicorum consensu. Hsec autem systemata arbifcrariô constructa^, scientiam exhibent fictitiam non naturalem et plantis non penitùs cognoscendis sed tantùm compendiosè clefmiendis ac certô nominandis addictam. Habenda sunt igitur quasi prœludia botanica aut répertoria antè digesta , indicesque non alphabetici, alii aliis commodiores , in quibus secundum signa in faciliorem propriae investigationis laborem mutuique Botanicorum commercii nexum admissa , pacto ordine disponuntur planta?, donec feîiciùs iteratâ médita- tione in seriem verè naturalem distribuante. (Suite et fin au prochain cahier.) ch. martins et a. bravais. *~tDisp. des organes appendicuL i6r Résumé des travaux de MM. Schimper et Braun sur la dispo- sition spirale des organes appendiculaires 1 Par Ch. Martws et A. Bravais. Dans une série de Mémoires intéressans , MM. Schimper et Braun ont fait connaître depuis quelques années une théorie nouvelle sur la disposition des feuilles ; notre but dans cette notice est d'exposer le plus fidèlement possible les doctrines de ces auteurs. On concevra qu'il n'était pas toujours facile d'allier la clarté à la concision dans un sujet où les idées mathématiques jouent un rôle si important. L'obscurité qui règne dans les tra- vaux de M. Braun, et la loi que nous nous sommes imposée de prendre pour point de départ des notions purement arithmé- tiques ont encore accru le nombre des difficultés que nous avions à vaincre. Si l'on examine attentivement la disposition des feuilles que l'on a coutume de désigner sous le nom ^alternes ou d'e- parses , on ne tarde pas à reconnaître qu'elles ne sont pas pla- cées ordinairement sur les deux côtés opposés d'une section lon- gitudinale passant par l'axe de la branche, mais qu'elles for- ment une ligne spirale qui contourne cette branche. Sur un rameau de Néflier ou de Prunier sauvage par exemple , si l'on part d'une feuille quelconque et si l'on numérote cette feuille et celles qui la suivent avec les chiffres 0,1,2, 3, -4, 5, on verra qu'après avoir tourné deux fois autour de la branche, la feuille 5 sera au-dessus de la feuille o, et recommencera une nouvelle VIII. Potan. ^«— SepUmhre. il l6l CtT. MARTINS et A. BRAVAIS. spire semblable à la première. Nous appellerons, avec MM. Scliimper et Braun , spire ou cycle une réunion de feuilles suc- cessives disposées de telle façon que l'une d'elles, se retrouvant immédiatement au-dessus de la première, indique la fin de la spire qui la précède et soit le commencement d'une nouvelle. La divergence est l'écartement horizontal de deux feuilles et se mesure par un arc de cercle correspondant à un angle dont le sommet est au centre de la branche. Pour aller de la feuille qui commence à la feuille qui termine la spire, on est obligé de tourner deux fois autour de la branche, en répétant cinq fois cet écartement angulaire de deux feuilles successives , et décri- vant ainsi une ligne spirale continue. On a imaginé de formuler cette spire au moyen de la frac- tion — , dans laquelle le dénominateur exprime le nombre des feuilles de la spire, et le numérateur le nombre des tours qu'elle décrit. On comprend que, si l'on avait fait une seule fois le tour de la branche pour aller de la feuille o à la feuille 5 , l'écarte- ment de ces feuilles eût été le ^de la circonférence; mais puis- que dans l'exemple précédent nous avons fait deux fois le tour de la tige avec un nombre égal de divergences, il est clair que ces divergences doivent être deux fois plus grandes que dans le cas d'un N tour unique 7 c'est-à-dire égales à— de la circonférence, ce qui équivaut à un arc de ~ de 36o° — -^- x 36o° = i44°- Si, au contraire, on avait sous les yeux des tiges de Houx, de Genêt (G. tinctoria) ou de Lis, on verrait que la feuille 5 ne cor- respond plus exactement à la feuille o, mais qu'il faut faire un tour de plus autour de la branche et s'élever jusqu'à la feuille 8 qui sera la correspondante de la feuille o, c'est-à-dire située sur une même arête verticale. En suivant le même raisonnement, on reconnaît que la divergence sera mesurée par un arc égal aux — de la circonférence. Dans ce cas, en effet, il faut faire trois tours pour passer de la feuille o à la feuille 3. De même sur VJrbutus Unedo } le LiliumPomponium, on verra que la feuille 8 est un peu déviée à droite ou à gauche, et que c'est seulement après 5 tours qu'une feuille se trouve correspondre exactement à la feuille o : Disposition des organes appendiculaires. 3 63 cette feuille est la feuille i3. Ainsi la divergence actuelle sera les — - — de la circonférence. ternes Sur X Isatis tinctoria-, XEuphorbia Ckaracias, la feuille 1 3 cesse à son tour de clore la spire, et il faut nous élever jusqu'à la feuille ai, que nous rencontrons après avoir tourné 8 fois au- tour de la tige ; ce qui nous donne , pour la mesure de la diver- gence,—. Sur ces mêmes plantes , nous reconnaîtrons facilement qu'en suivant les feuilles o, 2, l\, 6, 8. . . ,, nous obtenons une spi- rale plus apparente que la spirale précédente. Mais elle présente comme on le voit une particularité , c'est de ne contenir que la moitié d u nombre total des feuilles ; l'autre moitié se retrouve dans une autre spirale pareille qui comprend les feuilles 1, 3, 5, 7.... Les spires de ce genre peuvent se nommer spires secondaires (1) par opposition à celle qui embrasse toutes les feuilles et pour laquelle on réserve le nom de spire génératrice. Un nouvel examen nous ferait découvrir une autre spire secondaire plus complexe comprenant les feuilles 0,3,6,9, etc., et par consé- quent le tiers du nombre total des feuilles. Les feuilles 1 et a n'étant pas contenues dans cette spirale , on peut en faire les points de départ de deux spirales pareilles, parallèles à la pre- mière; dans l'une, les feuilles successives auront les numéros 1, 4? 7> 10, etc., et clans l'autre les numéros 2,5, 8, 11, etc. On voit que ces trois spires commençant, la première par o, la seconde par 1 , la troisième par 2, comprennent dans leur en- semble toutes les feuilles de la tige (2). Dans les cas précédens nous avons combiné successivement la feuille o avec la feuille a ou bien avec la feuille 3, et nous les avons liées entre elles par des lignes spirales dont nous avons prolongé le cours as- cendant vers les feuilles supérieures. Nous pourrions de même construire une spirale allant de o à 5, de 5 à 10 et de io à 1 5 , etc. , et nous verrions encore que le nombre total des spires de ce genre serait égal à 5. De là résulte cette loi, que l'on peut, (1) Spires diagnostiques et parastiques de MM. Schimper et Braun. (2) Nous engageons le lecteur à vérifier sur la nature l'existence simultanée de ces diverses espèces de spirales dans les végétaux cités plus haut. 11. l64 Cil. MARTI NS et A. 13R AVAIS. sans connaître la spire génératrice, trouver, les numéros des feuilles successives d'une spire secondaire quelconque , pourvu toutefois que l'on ait compté le nombre des spires qui lui sont parallèles. En effet, la différence des deux numéros affectés à deux feuilles qui se suivent dans cette spire est', comme on le voit, égale au nombre total des spires parallèles. Dans toutes les plantes que nous avons examinées jusqu'ici, nous avons toujours pu comprendre toutes les feuilles dans une seule spire dont il était facile de suivre les révolutions autour de la tige. Prenons maintenant un cône de Pin ou de Sapin [Pinus sjl- vestris, P.picea } ^4bies excelsa). Sa surface nous présente d'a- bord huit spires très apparentes marchant parallèlement dans le même sens, et dont l'ensemble comprend toutes les écailles du cône. En considérant celui-ci plus attentivement nous trouve- rons qu'il existe d'autres spires au nombre de cinq , qui sont un peu moins apparentes et plus surbaissées; elles marchent de même parallèlement les unes aux autres, et s'enroulent en sens inverse des précédentes. Aucune de ces spirales n'embrassant à elle seule toutes les écail- les du cône , ne peut être assimilée aux spirales génératrices que nous venons de citer; mais on peut les comparer aux spires secon- daires dont nous avons parlé à propos de X Isatis et de YEuphor' bia Characias. Il reste à savoir si ces spires secondaires ne mas- queraient pas une spire génératrice que l'œil ne pourrait dé- couvrir aussi facilement que dans les deux plantes précédentes, ïl suffira, pour résoudre cette question, de numéroter les écailles de la spire à huit parallèles au moyen des nombres o, 8, 16, 24, etc., en prenant arbitrairement une écaille quelconque pour point de départ ; puis l'on numérotera o, 5, 10, i5. .., la spirale à cinq parallèles , dont le point de départ est le même. Ces deux spires, qui vont en sens inverse l'une de l'autre , étant une fois numérotées, on peut facilement continuer cette opéra- tion sur les quatre autres spires parallèles à la spire par cinq. Choisissons une écaille de la spire par huit, qui porte pour numéro un multiple de 8, 16 par exemple. Si nous la prenons comme point de départ pour numéroter la parallèle par cinq sur Disposition des organes appendivulaires. i65 laquelle elle se trouve , nous y parviendrons facilement au moyen des numéros 16, 21, 26, 3i,etc. , en montant, et ri, 6, 1 en descendant, ajoutant ou soustrayant toujours le nombre 5. Il est important de remarquer que, de même qu'on ajoute 5 en allant de 26 à 3i , de même on serait obligé de retrancher le même nombre si l'on voulait revenir à l'écaillé qui précède 5i. Toutes les écailles étant ainsi numérotées, l'une d'elles por- tera le numéro 1, une autre le numéro 2, et ainsi de suite : la spirale génératrice sera celle qui ira de o à 1, de 1 à 2 , de 2 à 3, etc. , et contiendra par conséquent à elle seule toutes les écailles du cône. Dans le Flora de liatisbonne du j 4 mars 1 835, page i56, MM. Schimper et Braun ont fait connaître un autre moyen par lequel on peut déduire les unes des autres les spires secondaires de divers ordres, spires qu'ils nomment parastiques. Voici en quoi il consiste : en prenant sur le strobile quatre écailles contigué's deux à deux, ces quatre écailles forment un parallé- logramme, résultat du croisement de quatre spires voisines pa- rallèles deux à deux. Considérons (Ann. Se. nat. t. 7, Pi. 2 , fig. 3) les parallélogrammes formés par l'intersection des lignes qui indiquent les spires par i3, et des lignes qui indiquent celles par 21 : la diagonale la plus verticale de c<^s parallélo- grammes nous donnera la spire par 2 1 -h 1 3 == 34, et la diagonale la plus horizontale sera la spire par 21 — i3= 8. Au moyen de ces parallélogrammes successifs, on peut s'élever jusqu'aux sé- ries verticales d'une part, et descendre de l'autre jusqu'à ia spire la plus horizontale de toutes, qui n'est autre que la géné- ratrice. M. Braun admet que, sur le Pinus picea pris pour exemple , l'écaillé 11 se trouve placée perpendiculairement au-dessus de la feuille o, d'où résulte que la spire génératrice se termine à la 2i irac feuille; en d'autres termes, le nombre total des écailles de la spire est égal à 21, comme dans X Isatis et XEuphorbia Characias. Ici , comme dans ces plantes, on peut voir qu'il faut tourner huit fois autour de l'axe du cône pour aller de la feuille o à la feuille 2 1 : la divergence sera donc — , d'après les règles que nous avons déjà établies. Lors même que les spires secon- daires seraient exprimées par des nombres plus grands, on n'en l66 CH. MARTINS et A. BRAVAIS. trouverait pas moins la spire génératrice , en employant pour numéroter les écailles un procédé analogue à celui que nous avons exposé pour un cas particulier. Dans ces nouveaux exemples (Pinus sylvestris, P. pinaster), les numéros qui se trouvent sur la même série verticale que la feuille o, sont tantôt 21 , tantôt 34 ■> tantôt 55; et sur les involucres des Composées {Aster Sinensis , Helianthus aimuus) , 89, ou i44 ? etc - O p ' chacun de ces nombres est la somme des deux précédens, et ils forment entre eux une série du genre de celles que les géomètres nomment séries récurrentes. Sur des cônes moins complexes, on trouverait i3, 8, rangées verticales, nombres que nous avons déjà observés sur des rameaux de l'Ar- bousier et du Houx. Gomme il devient souvent fort difficile de constater par une observation directe le nombre de tours de la spirale généra- trice, nous devons y suppléer par un autre procédé , et indiquer en même temps la loi constante au moyen de laquelle on peut découvrir ce nombre. Prenons pour exemple un cas où le nombre des écailles de la spire serait 34, l'écaillé 21 ayant cessé d'être sur la verticale par suite d'une légère déviation. Suppo- sons que nous sachions déjà qu'il faille huit tours pour arriver à l'écaillé 21 ; combien faudra-t-il de nouveaux tours pour aller de Técaille 21 jusqu'à l'écaillé 34? 34 moins 21 étant égal à i3, ce nombre de nouveaux tours doit être le même que pour aller de l'écaillé o à l'écaillé i3 ? nombre de tours que, par les exemples ci-dessus, nous savons déjà^être égal à 5 : donc la somme 8 + 5=i 3 est le nombre de tours cherché, et notre divergence est égale à — . Pour le chiffre de 55 écailles, qui se décompose en 34 et 21, on trouvera, par un raisonnement semblable, que i3 + 8 = 2i sera de même le nombre des tours de la spire. Ainsi, tandis que les nombres des écailles suivent la série , 5, 8, i3, 21, 34, 55 — (1) les nombres des tours suivent une autre série en quelque sorte parallèle , 2,3, 5, 8, i3, 21 — (2) : celle-ci est la même que la série (1 ) ; mais chacun de ses termes est Disposition des organes appendiculaires. 167 en avance de deux rangs. Donc, pour trouver la divergence des écailles d'un cône de Pin , il faut lui donner pour dénominateur le nombre d'écaillés qui composent la spire terminée, et pour numérateur le nombre qui, dans la série ( 1), le précède de deux rangs. Ainsi on obtient pour les divergences la série suivante : 2 3 5 8 l3 21 ,ry T> T' Ï3» 17» 34' 55 ^ Si nous prolongeons en descendant la série (1), ce que nous pouvons, en soustrayant chaque nombre de celui qui le suit, nous obtiendrons la série descendante 21, i3, 8, 5 , 3, 2, 1 , qui, combinée avec la série {1) prolongée de la même manière, donnera les nouvelles divergences —, — , — , qui complètent la série (3) . Il s'agit d'interpréter ces résultats, et de voir quelles dispo- sitions de feuilles leur correspondent dans la nature. L'expression — veut dire que la spirale se compose de trois feuilles, et que la feuille 3 se retrouve au-dessus de la feuille o au bout d'un tour, ce qui est le cas des tiges triquètres. Exemples : les Cyperus , certains Linum, etc. : l'arc qui mesure la diver- gence est alors de 120 . L'expression — correspond évidemment au cas des feuilles distiques où la feuille 2 se retrouve au-dessus de la feuille o. Dans ce cas , le sens de la spire est indifférent. Exemples : le Tilleul, le Paliurus aculeatus , le Potamogeton crispum s la plupart des Graminées et des Viciées. Quant à la divergence— ? nous aurons bientôt occasion de dire ce qu'elle représente. Ainsi la série (3) complétée deviendra : L JL _L ±. s 8 (/\ k ' 3 ■'•' 5 ' 8 > ~rt\Ti W" M. Schimper fait remarquer que la valeur numérique de chaque divergence est comprise entre les valeurs des deuzL précé- dentes, de sorte qu'en les suivant dans l'ordre de ïa série (4), on les voit diminuer et augmenter alternativement. M.Braun établit, de son côté, que les termes successifs de cette série proviennent de l68 Cil. MARTItfS et A. BRAVAIS. Ja fraction continue 1 , dans laquelle on peut n'avoir ' + ri... égard qu'à un certain nombre des premiers termes. Ainsi , en ne considérant que le premier, on a — ; en considérant aussi le second , on obtient ~— r == ~- ; et en y adjoignant le troi- sième , ; = — , et ainsi des autres. La démonstration de cette propriété se fonde sur une théorie purement algébrique , et ne saurait trouver place dans cette notice. On peut résumer ce qui précède par l'énoncé suivant : « La « divergence habituelle des feuilles alternes est un des termes de « la série -*--, -^-, -y , — , — , etc. Les agrégations trop con- « densées, où l'on ne saurait découvrir de prime abord la spire « génératrice , n'échappent pas à cette loi ; on pourra la recon- « naître alors d'après le nombre des spires secondaires parai- « lèles, ces nombres étant habituellement des termes de la série « 2, 3) 5, 8, i3, etc. » IL M. Braun cite ensuite des cas rares observés çà et là sur des cônes de Pins et sur certains individus, appartenant à des es» pèces très variées, dont la divergence présente, au lieu d'un des nombres de la série normale (4) , un des termes de la série I I 2 3 5 ,£V T' T"> T' 7Ï 9 ïî' etC * ' * ' ^' termes dont les relations sont, du reste, pareilles à celles des termes de la série (4). La série (5), bien moins répandue que la précédente dans la nature, doit être considérée pour ainsi dire comme sporadique ; car on la rencontre accidentellement sur certains individus appartenant à des espèces où la série (4) existe le plus habituellement. Il est présumable qu'en examinant un grand nombre d'échantillons de la même espèce , on en trouvera quelques-uns où les feuilles affecteront cette disposition excep- tionnelle. Disposition des organes appendiculairesl 1 69 Après avoir reconnu l'existence des séries (4) et (5), M. Braun se demande si, dans la nature, on ne découvrirait pas celles qui ont pour premier terme — , ou-r ,ou~, ou etc. , et qui présen- tent la forme 1 1 a 3 5 ,£,. -L jl i_ i_ -1 ^ 6 » 7 ' 73' 20' 33 W Ces séries peuvent, en effet, se rencontrer, mais elles de- viennent de plus en plus rares à mesure que l'on passe de l'une à l'autre, et on ne les retrouve guère que dans les Lycopodes , les Bancksia 3 les Fougères , les Aroïdes. M. Braun cite des exemples de ces divers cas. Les premiers termes de toutes ces séries, étant comparés entre eux, forment eux-mêmes une série particulière que voici , 1 1 1 r 1 V T' T' T 9 T'"' de telle sorte que cette dernière est propre à exprimer les rap- ports de ces différentes séries entre elles. Elles ont toutes cela de remarquable , qu'en les prolongeant d'un rang en descen- dant par voie de soustraction , le nouveau terme obtenu se pré- sente sous la forme — . Cette expression correspond à une rangée verticale unique qui peut être considérée comme étant une suite de spires finies dont la divergence serait nulle, et qui ne seraient compo- sées chacune que d'une seule feuille : ce cas , du reste, n'a pas encore été observé dans la nature. Lorsque sur la même tige deux spires se suivent avec des divergences différentes , ces deux divergences sont ordinaire- ment deux termes consécutifs de la même série. Ainsi on peut rencontrer çà et là des passages de la divergence — à la diver- 3 8 ffence — ou à — . Si la divergence saute au contraire d'une série à une autre série , on voit que, pour deux spires succes- sives , la nature choisit dans ces séries les termes dont les déno- I70 CH. MARTINS et A. ERAVA1S. minateurs se ressemblent le plus : ainsi on pourra rencontrer 33 5 une divergence de — ou de — succédant à une de --. O i4 11 i3 Outre ces passages de spires les unes aux autres , on trouve aussi, dans le Lycopodium clavatum par exemple, des passages de l'ordre spiral à l'ordre verticillaire et réciproquement. La divergence de chacun des verticilles quinaires successivement alternes entre eux étant supposée égale à -— , et celle du verti- cille à six feuilles étant — -, ces deux modes peuvent exister sur la même tige et ils seront alors séparés par une spire dont la divergence — sera une moyenne arithmétique entre les deux précédentes. Dans ce cas, le nombre des rangées verticales de feuilles est successivement égal à 10, 11 et 12. En continuant à considérer les verticilles comme des spires aplaties, M. Braun a examiné quelle est la divergence qui sé- pare la dernière feuille d'un verticille de la première du sui- vant; mais ce sujet ayant été traité de nouveau en i835 par les botanistes Allemands , nous y reviendrons nous-mêmes un peu plus loin. M. Braun fait observer ensuite que le fait si connu de l'al- ternance des feuilles de deux verticilles qui se suivent est un fait analogue à la disposition des feuilles distiques. De même qu'il existe dans la nature des verticilles de deux ou plu- sieurs feuilles se croisant entre eux sous un angle qui, moi- tié de l'angle verticillaire _, engendre la position mitoyenne ou l'alternance du second verticille j de même il existe des verti- cilles se croisant sous d'autres angles , lesquels au lieu d'être représentés par la fraction — , le sont par les autres termes de la série (4) , savoir, 1 a 3 5 F> T"' T' U' ete ' Ainsi M. Braun cite plusieurs cônes de Pin où les spires les plus apparentes sont au nombre de 16 dans un sens et de 26 dans l'autre, et où il trouve 4 2 rangées verticales au lieu de 21; cet état de choses, où les spires sont toujours des mul- tiples de deux , est produit par des paires d'écaillés opposées Disposition des organes appendiculaires. 171 g qui, au lieu d'être décussées, se coupent sous un angle de — , g angle qui est précisément égal à la moitié de celui de — qui caractérise le cône ordinaire. Ainsi, en généralisant cette loi que toutefois il ne démontre pas d'une manière rigoureuse, il trouve que la duplication du nombre des spires secondaires indique des feuilles opposées dont les paires , au lieu de se croiser à angle droit, se coupent sous un angle différent. Cet angle est la moitié de la divergence qui séparerait deux bractées successives dans un nouveau cône obtenu en dédoublant par la pensée les nombres de spires. Un strobile anormal de ce genre, coupé par un plan qui passerait par l'axe, sera divisé en deux demi-cylindres dont chacun , replié sur lui-même , représentera un strobile normal tout entier. M. Braun fait remarquer que la série indiquant les divers nombres possibles de rangées verticales est, dans ce cas. 0,2, 2, 4,6,io, 16 , 26. . . , c'est-à-dire double de la série (4). De même on rencontre dans la nature la série o, 3 , 3 , 6, g , 1 5 , etc ; celle-ci correspond à des verticilles composés chacun rf.e trois feuilles, et qui se coupent alors sous des angles qui sont chacun une fraction variable du tiers de la circonférence. Quant aux séries supérieures telles que o, 4? 4s 8, .... et o, 5, 5.. . , elles se rencontrent très rarement dans la nature; nous re- viendrons bientôt sur ce sujet à propos de la Prosenthèse. III. Pour aller d'une feuille à celle qui la suit immédiatement on comprend qu'il existe deux chemins, l'un plus long, l'autre plus court , selon que l'on va dans un sens ou dans le sens op- posé. Supposez deux feuilles séparées par une divergence de g — . Si nous allons de la feuille 1 à la feuille 2 en prenant le che- min le plus long, la nouvelle divergence sera l'angle complé- g mentaire de — relativement à la circonférence entière exprimée par l'unité, c'est-à-dire — , On peut s'en assurer en comptant JJI CH. MAIITIKS Ût A.. BRAVAIS. les arcs successifs (i-i4> ï4"6, .... 10-2) qui séparent la feuille 1 de la feuille 2 (i\ En changeant de la même manière toutes les divergences de la série (4) , nous obtenons une autre série qui sera -> 4-> T7> • • • M bis ) ; 2 ' 3 7 5 7 8 7 i3 7 celle-ci provient de la fraction continue I+: +f+.' fraction tout-à-fait analogue à celle que nous avons obtenue pour les divergences relatives au plus court chemin et n'en dif- férant que par le premier dénominateur qui est 1 au lieu de 2. On peut continuer indéfiniment la série (4 bis) en prenant pour numérateur le terme qui dans la série 1,2,3,5,8 précède d'un seul rang le dénominateur. M. Schimper a voulu savoir si la nature suivait spécialement le plus court ou le plus long chemin dans la production des feuilles. Pour résoudre cette question, il a examiné ies gaines des feuilles enroulées sur elles-mêmes telles que celles des Ombelli- fères et des Joncées. Les bords différens d'une même gaîne se recouvrent en tournant l'un sur l'autre dans un certain sens , constant d'un bouta l'autre de la même tige : le bord le plus interne paraîtrait ainsi de formation plus récente que le bord externe. Cette formation spirale de chaque feuille lui semble devoir être considérée comme n'étant qu'un élément d'une for- mation unique qui embrasserait toutes les feuilles successives de la tige. Pour joindre le bord interne d'une feuille inférieure au bord externe de la feuille supérieure, il est nécessaire de faire autour de la tige un plus ou moins grand nombre de tours pendant lesquels la formation foliacée reste plus ou moins long- temps interrompue : elle reparaît ensuite pour donner nais- sance à cette feuille supérieure, laquelle sera produite d'une ma- nière analogue , et en suivant toujours la continuation de la même spirale. L'observation prouve que cette spire s'enroule en suivant d'abord la partie de la circonférence qui correspond à la plus (1) Voy. Archivés de Botanique , tome ï, pi. 8 , fig- 4. Disposition des organes appendiculaires. 173 grande des deux divergences : sous ce nouveau point de vue , il est plus rationnel d'admettre la divergence relative au plus long chemin , et c'est ce que font dès-lors MM. Schimper et Braun qui, dans leurs travaux postérieurs, substituent les divergences de la série (4 bis) à celles delà série (4). IV. Verticilles et Prosenthèses. Transition proagogique. — MM. Schimper et Braun consi- dèrent la formation des feuilles verticillaires comme n'étant pas simultanée, et par suite les verticilles comme des spires termi- nées et aplaties, comme des cycles à spirale circulaire. M. Braun a donné à l'appui de cette opinion plusieurs exem- ples à'Equisetum et de Casuarina où les gaines étaient en spi- rale au lieu d'être circulaires. La manière dont les feuilles d'un même verticille se recouvrent est un bon indice de leur suc- cession; cependant il ne faut pas oublier qu'il existe des chevau- chemens anormaux qui pourraient induire en erreur. De même l'ordre physiologique des développemens n'est pas un guide infaillible pour établir la succession organique des parties. Quoi qu'il en soit , le nombre de ces parties fournit déjà l'un des élémens de la divergence. Ainsi un verticille de cinq feuilles doit correspondre nécessairement à une divergence de — , ou de -— , ou à leurs divergences complémentaires. Cette diver- gence de -M ou T en P renant * e pl»s long chemina est l'état normal des fleurs quinaires : la première , au contraire, ne se rencontre que dans les cycles de feuilles. Examinons main- tenant les rapports de ces verticilles entre eux. Nous avons déjà vu que le cas de l'alternance était le plus fréquent; mais on comprend que ces verticilles peuvent avoir entre eux tous les rapports de position que nous avons déjà trouvés pour les verticilles formés de deux feuilles opposées. Les verticilles n'étant que des spirales aplaties, nous pouvons 174 CH. MARTINS et A. BRAVAIS. distinguer dans chacun de ces verticilles une première feuille , la plus inférieure de toutes, que nos auteurs appellent cyclarque; une dernière , la plus élevée dans l'ordre de la spire , et qu'ils désignent sous le nom de cyclure. Pour passer du cyclure d'un verticille au cyclarque du verticille supérieur, on décrit un angle différent de celui qui sépare entre elles les feuilles suc- cessives d'un même verticille. C'est précisément cette différence que les auteurs Allemands nomment prosenthèse. Cette prosen- thèse est toujours une fraction de l'angle qui sépare deux feuilles contiguës (1) du verticille, et cette fraction est donnée par la série des divergences —, —, L , etc. Ainsi, dans un verticille par 5 , cet angle des feuilles contiguës ( ou 'plus simplement angle verticillaire) est toujours égal à ~ ; mais la prosenthèse pourra être égale à — de -~,ou à-^- de ■— , ou encore à — de — , ou même à — de — , ou à toute autre frac- tion de 5 d'un ordre encore plus élevé dans la série (4 bis). Lorsque la prosenthèse sera égale à la moitié de l'angle du verticille , on aura le cas si fréquent de l'alternance. On peut se figurer la prosenthèse comme étant l'angle de la rotation fictive de verticilles successifs qui cessent de se correspondre. Si la pro- senthèse était nulle , la rotation n'ayant pas lieu , les verticilles seraient exactement superposés feuille à feuille : il n'y aurait qu'une seule et même divergence dans toute l'étendue de la tige. (2) (1) Il est très important de distinguer ici les feuilles contiguës , des feuilles consécutives ou successives : les premières sont nécessairement voisines ; les secondes ne sont voisines que dans l'ordre de la spire. (2) Ainsi — étant la divergence qui sépare entre elles les feuilles consécutives des verti- cilles, le nombre b indiquera le nombre de ces feuilles ; — - sera l'angle qui sépare deux feuilles contiguës, et la prosenthèse sera égale à -— - X "7~ » "rr etant un ^ es termes de ' a s ^ rie (4 &"), terme qui pourra varier suivant la plante que l'on considère. La divergence prosenthétique , ou l'écartement qui sépare le cyclure du cyclarque, sera égale à —- -J--— - X — - } expression que Disposition des organes appendiculaires. 175 La prosenthèse qui sépare entre eux des cycles de mêmes divergences est nommée par les auteurs prosenthèse proa- gogique. Si l'on a bien compris ce qui précède, on admettra aisément que la prosenthèse n'est rien autre chose que l'écartement an- gulaire qui sépare l'une de l'autre les feuilles cyclarques de deux verticilles consécutifs : ces cyclarques successifs forme- ront eux-mêmes une spirale dont la divergence est mesurée par la prosenthèse. Cette nouvelle spirale sera terminée lors- qu'on retrouvera une feuille cyclarque qui corresponde exacte- ment à Ja première, et par conséquent un verticille qui se su- perpose rigoureusement au premier. La réunion de tous les verticilles intermédiaires donnera naissance à une spire ter- minée d'un ordre plus relevé, et que MM. Schimper et Braun appellent cjcle composé; ceux-ci sont aux cycles simples ce que ces derniers sont aux feuilles isolées. On observe souvent des prosenthèses au commencement des rameaux, surtout lorsque les cycles de la tige en présentent eux- mêmes: il est rare en effet que la spirale des feuilles du rameau soit disposée comme si elle était la continuation de celle de la tige. Ainsi, par exemple , supposons une tige à feuilles distiques portant un rameau axillaire, et tournée de manière que ce ra- meau soit entre elle et l'oeil de l'observateur : si dans ce cas la position des feuilles du rameau commence avec la prosenthèse de — , les feuilles distiques du rameau lui paraîtront former deux rangées , l'une placée à sa droite et l'autre à sa gauche : si au contraire la prosenthèse est nulle , ces deux rangées seront la continuation de l'ordre distique de la tige. « + -f M. Braun a coutume de mettre sous la forme • Ainsi, par exemple, la formule représentera toutes les divergences prosenthétiques 2 possibles dans le cas de paires de feuilles , ou, ce qui revient au même , de verticilles de feuilles '+-r binaires : sera le cas de la décussation. 1^6 CH. MARTINS et A. BRAVAIS. Transitions métagogique et épagogique. — Nous venons de voir quelles sont les lois qui lient entre eux les cycles de même divergence. M. Schimper, en faisant connaître celles qui unissent des spires de divergence différente, remplit une seconde lacune non moins importante ; car il n'existe pas une seule plante phanéro- game dont les organes foliacés, y compris ceux de la fleur, soient disposés de la même manière dans la succession de toutes les par- ties de la tige. Prenons i'Jris pour exemple. Les feuilles du rhizome et les bractées ont la divergence — ; dans la fleur on voit appa- raître des cycles à divergence — , et qui sont liés l'un à l'autre par une prosenthèse de — . Dans le Gentiana acaulis on voit succéder à des feuilles décussées, des cycles d'organes floraux dont la divergence est—, tandis que les carpelles sont de nouveau rangés d'après la divergence — . Dans le Tropœolu 3 mojus le cycle des pétales a une divergence -— et celui des éta- 5 2 mines une divergence — ; enfin celle des carpelles est de — . Comment se fait le passage entre ces cycles de divergence différente ? L'expérience prouve qu'il peut avoir lieu de deux manières. i° Prosenthèse métagogique. — Dans ce cas, la divergence change brusquement de valeur dans le passage du cyclure au cyclarque : il existe donc entre ces deux feuilles une divergence d'une nature particulière, une sorte de divergence de passage. Pour l'obtenir, il faut ajouter à la divergence du cycle supérieur une certaine fraction de l'angle qui sépare deux feuilles conti- guës de ce même cycle (0. Si , par exemple, ce cycle supérieur a une divergence égale à — entre les feuilles prises dans l'ordre (i) Cet état de choses est exposé d'une manière assez obscure par les auteurs. Voici la tra- duction littérale de la phrase allemande : « La position suivante , à son commencement, ajoute « à sa divergence encore une quantité de sa propre divergence , mesurée d'après la divergence « de la position précédente , et se sépare de la'position précédente par une transition plus « grande qui conserve un sentiment de cette position.» Disposition des organes appendiculaires. 177 de la spire, l'angle qui séparera deux feuilles con ligues ne sera égal qu'à — . Dans ce cas, la prosenthèse sera une certaine fraction de — ; cette fraction variera suivant la nature de la diver- gence du cycle inférieur , de manière à avoir le même dénomi- nateur que cette divergence. Si donc on suppose en outre que le cycle inférieur était représenté par —, la fraction prosenthé- tique sera égale à x - ou à 7, ou même quelquefois à - de -, ou - de i : ainsi, selon ces cas, la prosenthèse sera égale à i- x j,ou jxpOU-^x{,ou^-x j,et devra s'ajouter à la divergence — pour obtenir, dans ces divers cas, la diver- gence de passage entre les deux cycles que nous venons de prendre pour exemple. (1) Dans la fleur déjà citée du Tropœolum , la prosenthèse de passage entre les pétales et les étamines est égale à — x - . Donc la 3+4- divergence de passage sera égale à — ^~~- Dans le Magnolia purpurea, on. passe des feuilles, dont la divergence est • — , aux pièces du périgone dont la divergence est— , par une prosenthèse égale à — x — , ce qui donne pour le 2 -} — 5 passage de la feuille de la spathe au premier tépaie — —~ .. C'est ce mode de prosenthèse que les auteurs Allemands nom- ment prosenthèse métagogique. i° Prosenthèse épagogique. — Dans ce second cas, le passage se fait au contraire par une gradation presque insensible au moyen a ' A (1) En général, soit -p la divergence du cycle inférieur; -— - • celle du cycle supérieur. La , b B prosenthèse sera égale à ~— X ~j7j * a quantité a indiquant un certain coefficient variable b qui peut être égal à i, à î, à -j ou 97, La divergence de passage sera donc égale à A , a -^ — J-t îô » ou > P our nous conformer a l'usage des auteurs r égals h — s- VIII. Bçtan. •— Septembre, A+ T I78 CH. MARTINS et A. BRAVAIS. d'altérations successives de l'angle de divergence : cette prosen- thèse se nomme alors épagogique. Supposons, pour fixer les idées, qu'à la divergence —ou — doive succéder la divergence ~, ou ce qui est la même chose — (Urtica œstuans) : on pas- sera du premier état au second par des additions successives de—— , ce qui donnera des divergences intermédiaires égales à ^ et à — . Le passage inverse peut aussi avoir lieu , si la di- vergence — précède la divergence -'• Il est évident que l'angle devra successivement diminuer de — -. Dans ce cas, la prosen- 26 mc 7 « thèse sera négative. Métagogée et ëpagogée. — Les auteurs nomment métagogëé la disposition de cycles séparés par une prosenthèse métagogique. Cette disposition se trouve fréquemment dans la fleur. M. Schim- per fait remarquer que la théorie des avortemens n'aura de base solide que lorsque les modes de succession des organes floraux ou foliacés seront exactement connus. C'est d'après cette règle qu'il croit pouvoir admettre dans le Circœa un second rang d'étamines avortées. Uépagogée est la disposition de cycles séparés par des prosen- thèses épagogiques. On la rencontre souvent sur des branches commençantes. Il existe des dispositions très variées à cet égard, et les auteurs Allemands en ont déjà étudié un grand nombre sous ce point de vue ; ils pensent , de plus , qu'elles peuvent fournir de bons caractères spécifiques ou génériques. Dans une fleur axillaire, la position des pièces florales, rela- tivement à l'axe de la branche, dépend du nombre et de la dis- position épagogique des bractées sous-florales, en supposant que le pédoncule ne soit pas tordu sur lui-même. Ainsi, dans Y Iris et le Lnzula vernalis , 'es trois pièces extérieures du pé- rigone sont disposées d'une manière symétrique par rapport à la ligne médiane longitudinale, deux en avant et une en arrièie, ou bien une en avant et deux en arrière. Dans le Lis, cette dis- position symétrique n'existe pas : deux de ses sépales sont à Disposition des organes appendiculaires. 179 droite ou à gauche, tandis que le troisième est à gauche ou à droite. Du sens variable des spires. — Homodromie et antidromie. — Le sens de la spire change très souvent non-seulement sur les différens individus d'une même espèce, mais encore sur les di- verses branches d'un même individu • il peut arriver même que ce sens change d'un cycle à un autre, dans la continuation d'un même axe, et même de chaque feuille à la suivante. Il n'est pas impossible que le sens de la spirale , sur la tige née de la graine, soit déterminé par la position des graines dans les carpelles. Quelques expériences faites par MM. Schim- per et Braun paraissent confirmer cette idée. Lorsque tous les rameaux d'une même tige présentent des spirales qui tournent dans le même sens , M. Schimper les nomme syndromes ; ils seront de plus homodromes ou anti- dr ornes selon qu'ils marcheront dans le même sens que la spi- rale de la tige ou dans le sens opposé. Lorsque le sens de la spire change sans cesse, en passant d'un rameau à celui qui le suit, ce qui arrive dans les tiges distiques , notamment des Galega et As- tragalus , il désigne ces rameaux sous le nom de dichodromes. Il faut ici distinguer deux cas: i° celui où les rameaux qui appar- tiennent à la rangée de droite ont des spires dextrorses , ceux qui appartiennent à la rangée de gauche ayant des spires sinis- trorses ; ce cas constitue la dichodromie homonyme : 2° le cas inverse qui constitue la dichodromie métonyme. Les rameaux qui commencent par deux premières feuilles latérales, placées l'une à droite, l'autre à gauche, paraissent aux auteurs Allemands présenter un commencement de disposi- tion distique dans leurs feuilles; par conséquent les rameaux de second ordre qui naîtront de leurs aisselles devront suivre les lois de la disposition dichodromique. Cette dichodromie pourra être du reste homonyme ou métonyme, comme pour les tiges distiques. Les auteurs nomment palindromie cet état dichodromique 13. 180 eu. martins et a. bravais. des rameaux produits par les deux nœuds primordiaux d'une branche; état dans lequel leurs spirales sont, alors inverses l'une de l'autre. Ainsi, si le nœud inférieur donne un rameau homo- drome, le supérieur sera antidrome; si le nœud inférieur est antidrome, le supérieur sera au contraire homodrome. La spirale génératrice peut, dans des cas fort rares, chan- ger de sens dans la continuité d'une même tige, surtout lors- que la disposition des feuilles consiste en une réunion de cy- cles prosenthéthiques ; c'est principalement dans le passage des étamines aux carpelles qu'on peut observer ce mode de varia- tion. Les tiges décussées offrent des cycles composés chacun de deux feuilles opposées : si le passage d'un de ces cycles au sui- vant , au moyen de la divergence prosenlhétique — , s'effectue toujours dans le même sens, comme cela arrive pour les Caryo- phyllées, le sens de la spire sera continu: mais le mode de pas- sage peut aussi être alternatif et avoir lieu tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre (1), comme on le voit sur les Cuphea et les Melasioma. Le sens de la formation spirale peut même changer d'une feuille à la suivante, si l'on juge de ce sens par le mode d'enrou- lement des deux bords de la gaîne l'un sur l'autre : c'est ce qui se vérifie sur les Graminées, Iridées, et généralement sur les tiges distiques des Monocotylédones. Les auteurs croient devoir expliquer de la même manière la disposition des feuilles en apparence distiques du Tilleul. Sur les rameaux de cet arbre, les deux rangées ne sont point exactement opposées ; elles sont plus rapprochées d'un côté , en un mot elles forment un petit 3 5 angle et un grand angle, — et -j- : si nous passons d'une pre- 3 mière feuille à une seconde au moyen de la divergence — , nous irons de la seconde à la troisième au moyen de la même di- (i) On peut réaliser cette dernière disposition en faisant glisser, tout d'une pièce, les feuilles qui, parmi les quatre rangées longitudinales que l'on observe sur les tiges décussées, compo- sent deux rangées voisines. Ce fait rentre dans celui que M. Dulrochet, dans son intéressant Mémoire sur la disposition des feuilles, a désigné sous le nom de dissociation. Il l'a observé phi| particulièrement sur le Jlhamnus cathariiens. Disposition des organes appendiculaires. 181 vergence, mais en changeant de direction; et de la sorte ia troi- sième feuille viendra se superposer exactement à la première. Les auteurs citent le Galla JEthiopica comme un exemple rare de tiges distiques dont les gaines pétiolaires s'enroulent dans le même sens d'un bout à l'autre de la même tige. Le sens de la spirale change quelquefois brusquement, après avoir fourni le premier cycle du rameau, cycle formé, comme on sait , des deux premières feuilles de ce rameau. Dans ce cas peu commun , la spire qui va de la feuille n° i à la feuille n° 3, en suivant le chemin le plus long , passe au-dessus de la feuille caulinaire qui a produit le rameau, et les auteurs désignent cette disposition sous le nom iïemproslhodromie pour la distin- guer du cas ordinaire dans lequel le sens de la spire n'éprouve pas un changement pareil et que les auteurs désignent sous le nom à'ophislodromie. On peut appliquer ces diverses considérations à l'étude des in- florescences définies ou cimes. Lorsque les deux pédoncules laté- raux se développent d'une manière à peu près égale, il en résulte une série de subdivisions dichotomiques queM.Schimper a cru devoir nommer un Dichasium. Si, au contraire , un seul des deux pédoncules se développe par suite de l'avortement de son con- génère , il peut en résulter deux états divers de la cime, selon que c'est le noeud homodroine ou le nœud antidrome qui s'est développé. Dans le premier cas, il se produit une formation en hélice, comme on peut le voir par la figure 10 que MM. Schim- per et Braun ont ajoutée à leur Mémoire : dans le second cas, il se produit au contraire une formation enroulée dans le même plan et qui est précisément la cime scorpioïde des botanistes. Le Dichasium montre toujours une propension à passer à l'un de ces deux états, à mesure que l'on s'élève dans les ramifica- tions de l'inflorescence ; le nœud le plus puissant tend de plus en plus à faire avorter son antagoniste : aussi le Dichasium pur paraît-il excessivement rare dans la nature. On peut distinguer principalement deux modes du Dichasium ordinaire : i° celui à antidromie dominante (Helleborus fœtidus , Alsine média . Aizooiiy Tribulus) qui tend à passer à l'état de cime scorpioïde; 2 9 celui à homodromie dominante (Nerium f Hyperivwn) ^ où i Si* ch. martiws et a. bravajs. — Disp. des organes appendicul. le nœud antidrome finit le plus souvent par avorter. On doit aussi distinguer le cas où chaque pédoncule part de la pre- mière des deux bractées du pédoncule précédent ( Helleborus fœûdus, JSerium) de celui où chaque pédoncule part au con- traire de la seconde bractée {^llsine , Hypericum). Enfin l'on peut appliquer à ces mêmes Dichasium la considération de l'o- phistodromie ou de l'emprosthodromie des pédoncules , ce qui établit de nouvelles coupes pour chacune des divisions four- nies par les considérations précédentes. Les auteurs citent le Tribuîus tcrrestris vX'YAizoon comme appartenant à une inflo- rescence emprosthodromique. VI. L'ensemble de cet important travail nous paraît se composer de deux parties : l'observation des faits et la théorie. Sous le premier rapport , un grand service a été rendu à la science ; des faits nombreux, la plupart restés inaperçus jusqu'ici, ont été observés, comparés, de manière à ressortir dans tout leur jour et à s'éclairer mutuellement; des points de vue nouveaux ont été signalés , et l'heureux choix des exemples cités par les au- teurs fait espérer que des observations idtérieures viendront combler les lacunes encore existantes. Sous le point de vue théorique, la doctrine de MM. Schimper et Braun nous paraît ingénieuse; il est à regretter que sa com- plication , jointe à un nombre trop grand de termes nouveaux, la rende difficile à saisir dans son ensemble. De plus, diverses propositions qu'elle renferme peuvent être contestées ; nous ne citerons ici que les suivantes : i° lorsque les auteurs admettent la superposition exacte d'une feuille à une autre, ce fait peut être révoqué en doute; mais ce n'est pas ici le lieu d'entamer une controverse que nous ne faisons que prévoir et dont M. Ad. Brongniart a posé les principaux élémens dans un rapport fait à l'Institut le i[\ avril 1837 : i° la théorie du sens de la spire indiqué par l'enroulement des gaines > et de la formation spi- rale de chaque feuille isolée , nous paraît jusqu'ici établie sur des bases très peu solides. La manière dont les deux stipules se poiteau. — Sur te Philippodendrum. i83 recouvrent entre elles ou recouvrent la feuille intermédiaire , dans le cas des feuilles stipulées , n'est nullement d'accord avec elle. Aussi pensons-nous qu'on peut prendre indifféremment le plus long ou le plus court chemin pour la spire génératrice jusqua ce que les botanistes Allemands nous aient prouvé la justesse de leur opinion sur la génération successive des organes foliacés , et nous aient appris à connaître le nombre des tours de cette génératrice qui se dérobe entièrement à la vue. Quoi qu'il en soit, les travaux de MM. Schimper et Braun n'en sont pas moins dignes des plus grands éloges. En terminant, nous devons attirei l'attention de nos lecteurs sur un fait qui prouve à lui 'seul la fécondité de la voie dans laquelle ils sont entrés : il paraît que les embryons nés sur un des bords d'une feuille ovarienne produisent des tiges à spires dextrorses, tan- dis que ceux nés sur l'autre bord produisent des tiges sinistror* ses. Une pareille loi, si elle se confirmait, serait la meilleure preuve connue de la parfaite analogie, et pour ainsi dire, de 11- dentité des graines avec les embryons axillaireso Description du Philippodendrum , nouveau genre de plantes 3 Par A. Poiteaxï. PHILIPPODENDRUM. Car, Gïn. — Flores dioici; mascuTim hue usque ignoti. — Flosfœmineus. Calyx monophyllus, simplex., campanulatus, limbo quinquefido, laciniis ovato- lanceolatis , patulis , aequalibus. — Corolla : petala quinque (an potius stamina sterilia petaloidea?), spathulato-îanceolata., calice breviora , laciniis ejusdem al- terna, staroinum tubo insertà. — Staminfi sterilia: tubus hypogynus , basini versus cirenmeissus, sursùm coarctatus, ovarium tegens, apice 10-antherifer , antheris polline vacuis, rima transversâ deliiscentibus bivalvisque. — Ovarium liberum, se -sile , ovatum , uniloculare, uniovulatum, ovulo pendule-. — Stylus terminalis , rectus, brevis. — Stigma simplex, claviforme, maximum, flore longius, subeurvatum, papilloso-rugosum. i84 poiteau. — Sur le Philippodendrum. Planta nepalcnsis , primùrn fruticem gracilem diffusum foliis parvis in- Structura œmulaus, posteà in arborera pyramidalem foliis magnis , lobatis, ser- ratis, stipulatisquc onustam assurgens, floribus parvis, virescentibus in paniculas latérales tcrminalcsquc digestis, pubeque stellatâ in novellis parce sparsâ, in ovario dense congestâ distinctam. Genusnovum , et ut videtur ab omnibus cognitis valdè dittinctum, quamvis dubii adhùc ordinis, in animi mei devoti vencrantisque pignus , sacrum volui Ludovico-Philippo primo Gallorura régi , arboremque excelsara et fibrarum textu utilem vocavi Philippodendrum regium. Description historique. — Le Philippodendrum regium est un arbre du Nepaul introduit dans nos cultures, en 1820 , par M. L. Noisette. Ce célèbre horticulteur se trouvait alors en Angleterre; il découvrit chez un amateur, près de Londres, quatre très petits arbustes de la même espèce, provenant de graines reçues depuis peu du Nepaul , et que ni le proprié- taire ni notre compatriote ne purent rapporter à aucun genre connu. M. Noisette en obtint un individu qu'il apporta à Paris et plaça dans sa riche collection. Ce végétal, haut de 4 pouces seulement et paraissant délicat , fut planté dans un petit pot en terre de bruyère , et traité comme une plante de serre tempérée. A l'âge de 10 ans il n'avait encore que 3 pieds de hauteur, quoique cultivé avec soin et malgré qu'on lui eût successivement, donné de plus grands pots ; il formait alors un arbrisseau touffu, plus large que haut, ses rameaux étaient nom- breux , divergens, d'une ténuité, d'une souplesse et d'une force remarquables ; on pouvait les employer comme du fil à coudre ou comme des liens de la plus grande solidité. Dans leur jeunesse ils avaient une légère pubescence formée de poils étoiles à rayons variables en nombre et en longueur. Les feuil- les alternes, pétiolées et stipulées, étaient petites, ovales, sub- trilobées, diversement incisées , longues seulement de 6 à 18 lignes et légèrement velues en leur bord. Sous cette forme d'arbrisseau, l'arbre avait l'apparence d'un Bouleau nain; la souplesse de ses rameaux semblait indiquer qu'il était en effet une espèce de bouleau encore inédite. Ces données ayant prévalu, M. Noisette l'a multiplié de marcottes poiteau. — Sur le Philippodendrum. i85 et mis dans le commerce, sous le nom de Betula bella ; il en a été distribué un assez grand nombre pour qu'on le trouve au- jourd'hui sous ce même nom dans les jardins ou l'on cultive les plantes curieuses, rares ou nouvelles» Après avoir été long-temps cultivé en pot , M. Noisette en planta un pied en terre de bruyère dans une bâche où bientôt il changea de forme et d'aspect; d'arbrisseau touffu et arrondi, il devint en quelques années un arbre pyramidal d'un très beau port; ses rameaux prirent d'autres proportions, se soutinrent mieux, se couvrirent de feuilles plus rapprochées et 10 ou 12 fois plus grandes que celles de sa jeunesse. Je suivais constam- ment son développement et attendais avec impatience sa première floraison. Enfin, le i5 août 18^7, je fus assez heu- reux pour découvrir, le premier,qu'il avait développé plusieurs panicules de fleurs. Cette inflorescence en panicule me convainquit de suite que l'arbre intéressant qui l'avait produite ne pouvait pas être un Bouleau; j'en analysai les fleurs avec tout le soin dont je suis capable, je les soumis à l'examen des plus savans botanistes, et restai assuré qu'elles forment un nouveau genre, non-seulement très différent de tous ceux connus en botanique, mais encore très difficile à placer dans les familles végétales établies jusqu'à ce jour. J'ai osé demander l'honneur d'attacher à ce nouveau genre le nom de sa Majesté, et cette faveur m'a été accordée. La marche habituelle de la végétation est que les végétaux passent progressivement et insensiblement de l'état d'enfance à celui de la virilité; sous ce rapport ils suivent la progression du développement de l'espèce humaine. C'est donc une chose assez rare de voir un végétal, tel que celui-ci, destiné à devenir un grand arbre, rester pendantdix ansstationnaire sous forme d'humble arbrisseau sans montrer aucune tendance à s'élever , ne produire que des rameaux grêles, des feuilles de très petite dimension, puis , prendre tout-à-coup son essor , quitter pres- que instantanément ses premiers caractères pour revêtir ceux de la virilité, s'élancer dans les airs sous une forme nouvelle, pren- dre rang parmi les arbres les plus gracieux r et enfin se dis* 186 poiteau. — Sut le Philippodendrum. tinguer de manière à faire oublier les conditions de son en- fance (i). Aujourd'hui le Philippodendrum regium est un arbre pyra- midal, d'une très belle apparence, et dont la hauteur naturelle ne peut pas encore être déterminée ; ses rameaux se soutien- nent parfaitement; leurs jeunes pousses sont légèrement pu- beseentes au moyen de poils étoiles, blancs , transparens , d'i- négale longueur, an nombre de 2 à ro à chaque étoile , libres ou adhérens entre eux à la base, émanant de la circonférence d'un globule verdâtre couvert d'aspérité et qui forme le noyau de l'étoile. Des poils semblables se retrouvent sur le bord et le dessous des jeunes feuilles, sur les pétioles, les pédoncules et sur les jeunes fruits. Les feuilles sont alternes pétiolées, ovales , les unes obtuses et plus courtes, les autres plus grandes , longues de 8 à 10 cen- timètres, terminées en pointe lancéolée, toutes trinervées, sub- trilobées, profondément et inégalement incisées, dentées, d'un beau vert intense en dessus et d'un vert pâle en dessous, semi- persistantes; leur pétiole est semi-cylindrique, canaliculé en dessus, long de 3 centimètres , plus pubescent que les rameaux, accompagné à la base de deux stipules caulinaires lancéolées, longues de 4 à 5 millimètres et qui se détachent avant les feuilles. Les fleurs disposées en panicule rameuse, latérale et termi- nale, sont petites, verdâtres , dioïques, ou plutôt mâles sur certains individus et hermaphrodites-femelles sur d'autres indi- vidus : les premières n'ont pas encore été observées; les secondes sont celles qui se sont développées en août dernier pour' la première fois, et qui ont offert les caractères suivans. i° Un calice simple, monophylle, formé d'un tube campa- nule et d'un limbe à S divisions ovales-lancéolées, égales, coria- ces, étalées, persistantes. (j) Cette espèce de métamorphose que quelques végétaux provenus de graines subissent sou- dainement à la veille de fleurir et de fructifier pour la première fois, est digne de remarque. On l'observe très clairement dans la Marcgravia umbellata et dans le ficus repens. poiteau. •— Sur le Phihppodendrum.J 187 'i° Une corolle de cinq pétales plus courts que le calice, figurés en spatule lancéolée, concaves , blancs, pubescens au sommet, alternes avec les divisions calicinales, insérés au tube staminifère vers la moitié de sa longueur (1). 3° Dix étamines dont les filets sont étroitement soudés dans presque toute leur longueur en un tube hypogyne , membra- neux, plus long que l'ovaire, rétréci dans la partie supérieure, se rompant circulairement vers la base au dessous de l'insertion des pétales, légèrement divisé au sommet en dix découpures terminées chacune par une anthère pubescente, vide de pollen, d'abord ovale-arrondie , puis s'ouvrant transversalement au sommet en deux valves qui, par leur écartement, donnent à l'anthère la forme d'un rein. 4* Un ovaire libre, sessile, ovale, rugueux, uniloculaire, monosperme, conservant autour de sa base la partie inférieure du tube staminifère , surmonté d'un style court qui se termine par un gros et très long stigmate claviforme, rugueux, saillant au-dessus de la fleur et légèrement arqué. 5° Un ovule ovale, pendant du sommet de la cavité de l'ovaire. La connaissance des fleurs mâles et celle de la structure de la graine sont encore à désirer, mais les caractères que je viens d'exposer sont plus que suffisans pour constituer un genre très solide. Cependant la science est intéressée à ce que ces carac- tères puissent être complétés par l'introduction d'un individu à fleurs mâles dans nos cultures. Cet individu arrivera tôt ou tard ; peut être existe-t-il déjà en Angleterre, puisque des quatre jeunes plants de Philippodendrum que M. Noisette y a décou- vert en 1820, trois y sont restés, et qu'il est assez général qu'entre quatre plantes d'une espèce dioïque ou unisexuelle, il s'en trouve une ou deux de sexe différent. Ce serait donc une chose utile que de s'informer de ce que sont devenus les trois individus de ce genre restés en Angleterre. (1) On considère plus bas ces pétales sous un autre point de vue. 88 poiteau, — Sur le Philippodendrum. Recherches sur la place que le genre Philippodendrum doit occuper dans les familles naturelles des végétaux. Depuis que la botanique a admis dans les végétaux des avortemens constans, des soudures, des dessoudures et la mé- tamorphose des organes, elle résout des difficultés qui étaient insolubles auparavant ; mais en même temps elle a élargi le champ des conjectures et donné lieu à d'autres difficultés. Ainsi, à l'époque où Jussieu a publié son immortel Gênera plantarum , le genre qui m'occupe se serait placé naturelle- ment dans la grande famille des Malvacées. Aujourd'hui il faut peser, comparer la valeur et la constance d'un grand nombre de caractères pour trouver la place que doit occuper un nouveau genre. D'abord j'admets de confiance et sans crainte , quoique je ne l'aie pas encore vu, que l'embryon du genre Philippoden- drum est dicotylédoné; quant à ses étamines, il est évident qu'elles sont hypogynes et monadelphes. Si , à ces trois carac- tères, qui sont d'une très grande valeur, on en ajoute d'autres moins importons, tels que des anthères uniloculaires, la pu- bescence étoilée, des feuilles alternes, trinervées et stipulées, on conviendra que ce nouveau genre a de grandes affinités avec les Malvacées. Mais d'un autre côté, son calice simple, son ovaire unique , uniloculaire, monosperme, et surtout son ovule pendant du sommet de la cavité de l'ovaire, lui donnent quel- ques rapports avec les Rosacées. Et si, pour appuyer ces rap- ports, on fait usage de la théorie des dédoublemens , en rap- pelant que dans l'abricotier le disque ou la paroi interne du calice ne lui est soudée que par son bord supérieur , il sera facile dédire, par analogie, que, dans le Philippodendrum , le disque ou le tube staminifère est complètement dessoudé du calice, et que sans cette dessoudure les étamines seraient pé- rigynes comme le demandent les Rosacées. Cette seconde ma- nière d'envisager la question ne l'emporterait pourtant pas sur la première, puisque les anthères uniloculaires et la pubçs^ poiteau. ^— Sur le Philippodendrum. 189 cence étoilée du Philipodendram resteraient toujours en faveur des Malvacées. Quant à ce que j'appelle pétales dans ce nouveau genre, il sera loisible aux botanistes d'appeler cela des étamines méta- morphosées , par analogie avec ce qui a lieu chez les Dombeya- cées : dans ce cas le Philippodendrum n'aurait pas de corolle et serait rapproché de quelques Byttnériacées ; mais la structure de son ovaire, et la position de son ovule ne lui permettent d'entrer ni dans l'un ni dans l'autre de ces groupes, ni dans aucun autre de la grande famille des Malvacées de Jussieu , et cependant la majorité de ses caractères indique qu'il ne peut pas en être éloigné. Je propose donc de considérer le genre Philippodendrum , comme chef d'un nouveau groupe à placer entre les Dombeyacées et les Byttnériacées. Culture. L'expérience a déjà appris que les hivers de Paris sont quelquefois trop rigoureux pour que l'on puisse , sans dan- ger , confier cet arbre à la pleine terre et à l'air libre dans le nord et dans le centre de la France ; la prudence demande qu'on le rentre en orangerie ou qu'on le garantisse contre le froid de huit degré sous zéro; mais il s'accommodera sans au- cun doute de la température de nos départemens méridionaux, y prendra le grand développement qui lui est naturel, et don- nera à l'industrie les nombreuses et fortes fibres textiles de son écorce. Jusqu'ici on Ta multiplié de marcottes en attendant qu'on en obtienne des graines. La terre douce et légère lui convient. EXPLICATION DE LA PLANCHE Ilf. a. Bout de rameaux, feuilles et fleurs de grandeur naturelle. h. Bout de rameau et feuilles, tels que l'arbre les produit pendant les dix ou douze premières années , lorsqu'il est provenu de graine. c. Fleur isolée très grossie , ainsi que les figures suivantes. d. Appareil slaminifère avec les cinq pétales. e. Portion du tube staminifère montrant un pétale en e', et deux anthères fermées ene". /. Autre portion du même tube avec un pétale,/' et deux anthères ouvertes/". ç, Otaire dont la base est entourée de la partie inférieure membraneuse et persistante §' du tube staminifère; £" est le style, et g'" le stigmate. 190 j. g. agardh. — Algues nouvelles. h. Coupe verticale d'une fleur, montrant l'insertion hypogyne dutubestaminifèreet des pétales , ainsi que l'ovule suspendu au sommet de la loge de l'ovaire. i. Figure très grossie de l'un des poils étoiles ou de l'un des amas de poils, disposés en étoile , répandus sur diverses [parties de l'arbre. On en trouve qui ont depuis deux jusqu'à dix rayons. Novje species algarum , qucts in ïlinere ad oras maris rubri collegit E. Ruppell , cwn observationibus nonnullis in species rariores anteà cognitas y auctore J. G. Agardh, P. D. (i) i. Sargassum Rupellii, J. Ag. : caule teretiusculo Isevi, foliis lanceolato- ellipticis repando-dentatis uninerviis, vesiculis cl ivato-pyriformibiis glandulosis in raraulis abbreviatis racemosè dispositis. Hab. in inari rubro ad oras Abyssinise. Ruppell. Cette espèce, très voisine de plusieurs variétés au. Sargassum llicifolium,sen distingue, de même que de la plupart des autres, par ses vésicules plus ou moins pyriformes. 2. Sargassum cuneifolium j J. Ag. : caule tereti filiformi ramisque subsim- plicibus, foliis cuneato-lanceolatis , obtusis uninervis rej)andis minutissimè denticulatis, vesiculis pyriformibus petiolo piano sufi'ultis, in inferiore raniorum parte numerosis. Hab. In mari rubro, ad oras Abyssiniae. Ruppell. Très voisine du S. repandum Forsk , cette espèce paraît en être bien distincte , selon notre auteur, par des feuilles plus minces, tout-à-fait membraneuses. Elle se rapproche aussi du S.aquifolium parla forme de ses feuilles, mais les dentelures en sont beaucoup plus petites que dans la figure donnée par Turner. D'un autre côté , les vésicules, pyriformes, ne portent point de mucro ou d'arête et sont de moitié plus petites que (i) M. Fresenius ayant publié quelques Algues recueillies dans la Mer-Rouge par M. Rup- pell et décrites par M. J. Agardh , nous nous empressons de donner ici les phrases diagnos- tiques des espèces nouvelles, ainsi que les observations qui les accompagnent. Nous ne sup- primons que les détails descriptifs, pour lesquels nous renvoyons à la brochure où ils sont consignés. j. g. agardh. — Algues nouvelles. 191 dans le S. aquifolium. Enfin cette algue diffère de la précédente par son port et par la forme de ses feuilles dont le bord est à peine denticulé. 3. Sargassum Fresenianum, J. Ag.: caule compresso filiformi ramisque sub- simplicibus, foliis lineari-ellipticis , basi cuneatis , uninerviis, denticulatis , vesi- culis pyriformibus ssepèj gemellis. Hab. cum prsecedentibus. Ruppell. Cette espèce , très voisine des S. latifolium et pyriforme se distingue du premier dont elle a les feuilles , en ce que les bords de celles-ci sont finement denticulés , au lieu de porter des dents larges et prononcées, et du second, soit par la forme des feuilles, soit parce que les vésicules sont moins elliptiques. 4. Sphœrococcus distichus , J . Ag. fronde filiformi compresso-subplanâ , distichè pinnatâ, pinnis vagè dichotomis , â margine ramulos nuraerosos sœpiùs secundos et aculeiformes emittentibus. Hab. in mari rubro , ad oras Abyssiniae. Ruppell. L'auteur a long-temps hésité à séparer cette algue du S. compressas; cependant il a reconnu entre elles tant de diffé- rences, telles qu'une fronde évidemment distique , des rameaux nombreux aculeiformes, une couleur verdâtre et enfin un port si dissemblable, qu'il s'est décidé à la considérer comme une espèce distincte. On peut encore ajouter à sa diagnose qu'elle n'adhère point au papier sur lequel on l'étend , quand elle est fraîche ou humectée. 5. Caulerpa clapifera var. turbinata : frondibus longioribus ramentis den- sissimè' imbiïcatis clavato-subpeltatis. Hab. in mari rubro, propè Tor. Ruppell. Selon M. J. Agardh, cette plante est celle que Lamouroux a donnée sous le nom de C. Chemnitziœ. Il pense que le vrai C. Chemnitziœ et le C. clavataham* ne sont peut-être que des variétés de la même espèce , comme le voulait Turner. Au reste il ne veut considérer celle dont il est question ici , que comme une simple variété du C. uvifera Turn. dont les ramules (ramenta) dans la plante humectée, conservent constamment la forme turbin ée. 192 j. g. AGA.RDH. — Algues nouvelles . 6. Cauîerpa lentillifera, J. Ag. : frondibus ramosiSj raracntis vesiculosis sphaericis minutis undique densissimè imbricaîis. Hab. ad oras Abyssinia? maris rubri. Ruppell. Espèce tout-à-fait intermédiaire, selon l'auteur, entre les C. Sedoideset sïmpliciuscula , se distinguant de la première par ses ramules beaucoup plus petites et plus serrées, et de la seconde par le port et la (orme de la fronde ainsi que par les ramules, qui, quoique très rapprochés, sont cependant discrets et en- tièrement sphériques. 7. Cauîerpa serrulata, J, Ag. : fronde plana lineari dichotomtt niargine aequa- liter serrulata. Hab. ad oras Abyssinise maris rubri. Ruppell. L'auteur croyait d'abord que ce n'était qu'une variété du C. Freycinetii, mais les frondes, contournées en spirale et dentées seulement du côté extérieur dans cette espèce, sont planes dans celle-ci , linéaires , longues de trois pouces et larges d'une ligne, arrondies au sommet et dentées en scie dans toute la longueur de l'un et de l'autre bords. Le Fucus serrulaius de Forskal que Turner rapporte au 5^/'- gàssum diversifolium , et que le père de l'auteur regarde comme le Cauîerpa Freycinetii , pourrait à plus juste titre, selon lui, être rapporté à cette nouvelle espèce. CM. a. u de .tussieiî. — lntrod. in historiam plantarum; ïg3 Antowii Lauhentii de Jussieu Introductio in historiam plantarum. ( Introductionis olim generibus plantarum prrcmissœ editio altéra posthuma , aucta et maximâ parte nova). Suite. (Voy. t. 8,p. 97.) Verum Scientiœ proposition. — Ex prœmissis innotescunt plantarum partes et functiones et partium differentiœ et caractères indè consectarii. Noscuntur etiam specierum generumque desi- gnationes et appellationes et simul enunciati utrarumque perfi- ciendarum modi. Neminem insuper prœterit hinc plantarum ordinationis nécessitas, illinc arbitraria ac imperfecta systema- tum hujusque ordinantium compositio, artificialis non genuina, veris affinitatibus proferendis nullatenùs accommodata et uti- lem tantummodo verioris scientiœ prospectum exhibens. Ea novo sub aspectu nunc consideranda, non factitiis sed immuta- bilibus subjicitur legibus quas Natura in plantis apertè in- sculpsit,cuilibet assiduo observatori manifestas. Botanicum diù delusit errans aut vaga nimis definitio (1) scientiœ quœ, dùm plantis tantummodo designandis ac nominandis incubuit, carac- tères solos excerpsit ad hanc designationem necessarios caeteris omissis, et tune non ultra prodiens apud vulgum visa fuitscientia merae nomenclationis , non menti sed mémorise exercendse prœprimis idonea. Cùm autem sincerus Naturœ contemplator ipsam in plantis explorans, teneatur integram earum organisa- tionem scrutari ac evolvere , omnes ideô prosequitur carac- tères , et neglectâ methodo pauciores raemorante, eam tantùm inquirit quae , nullos omittens et mutuas omnium depre- hendens affinitates , absolutam plantarum cognitionem sup- peditat. (1) Botanices pars prior in rectâ plantarum cognhione sita est Plantas apprimè nosse aliud nihil videlur, quam in promptu habere nomina qure iis apte imposita sunt ( Tourn. Isag., P- *) Botaoica est scientiœ naturalis pars, cujus ope felicissimè et minimo negotio planta? cogaoscunlur et in memoriâ retinentur(Boerh. Hist.,^. 16) Botanica estscientla naturalis , quse vegetantium cognitionem tradit (Lin. Phil. Bot. , n' 4), VIII. Botan. — Octobre, j3 194 A - L - DE JUSSiEU. > — - Introd. in historiam plantarum. Methodus naturalis. < — Hœc dudùm quœsita ordinatio inter omnes longé prsecipua , sola verè uniformis ac sirnplex , affi- nitatum legibus constanter obtemperans , est methodus dicta naturalis, quae omnigenas connectit plantas vinculis indivisis sive seriatim expositas velut annulos in catenâ , sive collectas fasciatim quales bacilli in fasciculo plures,aut fasciculi in fasce. Ex unâ parte ,quamlibet speciem cum duabus tantùm cohœren- tem admittens, plantarum circumscribit aiïinitates; ex altéra easdem amplificat et singulas species aut genericas classicasve ordinationes pluribus ambientibus œquaiiter vel subœqualiter conterminas exhibet. Ex sequenti principiorum expositione de- ducetur prœponendus connexionis modus. Utcunque se res lia- beat , genuinae plantarum cunjunctionis et prœstantissima? hujus methodi existentiani ac dignitatem tacite aut palàm agnoscunt Botanici principes (1) tùm antecessores tum et hodierni quorum aut labores ad hujus disquisitionem spectant , aut systeroaticae classes ipsam imitautur, sœpè tamen improi-pero exitu suscepti operis difficultatem arguente. Diversos inter œvi prœcedentis Autores qui feliciùs in investi- gandâ methodo naturali desudarunt, prsecipui danturLinnneus, Bern. Jussseus et Àdansonius, prœeunte Magnolio qui immaturas anno 1680, ordinationes adumbraverat Famiiiarum nomine in- signes Fragmenta naturalia edidit Linnœus (Class. plant, 1738) pluriesque clein emenclavit , nuilam tamen eorum fabricae ac dispositionis rationem adjiciens. Ordines naturales jampridem consulté elaboratos B. Jussaeus disposait (1759) in Horto regio Trianonensi quos sibi minus fidens nunquàm anteà promul- gaverat nisi in familiaribus colloquiis, nec posthàc ausus est prelo subjicere, uîpote nondùm ipso judice satis confirmâ- tes (2). Familias plantarum protulit Adansonius (1763) princi- (1) Classes quô magis naturales , eô cœteris paribus prœstantiores siuiî Summoruiïi botanicorum bodiernus labor in bis sudat et desudare decet. Metbodus naturalis bine ultimus finis Botanices est et erit (hm. Phil. Bot.,n. 206).... Primum et ultimum inbolanice quœsitum est metbodus naturalis. Ha3c ideô a botanicis minus doctis \ili habita , a sapienlibus verè tanti semper œstimala, licet détecta nondùm Diù et ego circa eam inveniendam laboravi , benè multa quae adderem oblinui, perficere non potui , continuaturus dùm vixero (Lin., Class. plant. p. 485). (2) Ut autem tanti viri labor innotesceret et cum cœleris conferrelur, memorati ordines a. l. de iitssieu. — Inlrod. in historiam plantarum. io,5 piis in prœfatione expositis superstructas. Singulis Autoribus sua? sunt tribuendae laudes quas tamen hic enarrare ac judicio confirmare nondùm expedit, cùm anteà tradendaesint leges me- thodi naturalis, quibus rite perpensis et in perpetuum consi- gnatis, dein virorum labores aequiùs judicabuntur eorumque mérita certiùs eminebunt. Methodi naturalis obices. — Methodus naturalis, verum et op- timum scientiœpropositum, botanicos latuit defectu cognitionis plantarum omnium ordinandarum et principiorum ordinan- tium. i° Entium rêvera nequit continuata stabiliri séries aut arctior connexio, nisi priùs innotescant omnia. Quotidianis pro- sunt inventis peregrinationes botanicae et prœprimis recentiores; exotica tamen forte supersunt plura detegenda quàm dantur détecta , nec speranda omnium existentium absoluta cognitio. Sed quamvis plurimi desint bacilli in fascibus aut in catenâ an- nuîi procul dispersi , benemulti jam habentur facile connec- tendi in diversos catenre aut fascium acervos qui posthàc, di- verso tempore novis partibus intermedsis juncti, paucioribus spatiis intervacantibus distinguentur. Methodus igitur catenam aut fasces semulans pariter est eloboranda , non obstante gene- rum exoticorum penuriâ. a° Nec valet impedimentum exdifficili principiorum naturalium investigaîione deductum : ea enim exstant pîantis arctissimè inhaerentia et cuiqtie observanti facile obvia, quœ duplici possunt explanari ratione nunc vicissim pro- sequendâ, ut altéra alterius sit quasi conformât!©. Ejusdem assequendœ prima ratio. — Prima ac communior datur progressio ascendens a cognitis simplicibus ad composita incognita,et ex nuiformi ac concisâ observationnm ac enuncia- tionum série vera absque gravi negotio eruuntur methodi natu- ralis principia. Certa speciei cognitio. — Sic noscitur primùm species proxi-, mis definita signis , entium simillimorum adha?sio , nunquàm dividenda , sed simplex unanimi consensu , simplex jubente pri- mariâ naturae iege perspectissimâ quâ in unam speciem colli- quales lùm iu horto Trianonensi , lùm in indice propriâ manu exaialo exbibuerat, in opère nostro {Gênera plantarum, 178g , introd. , pag. lxiij-lxx ) iranscripli , seriem generum qualia ipse noveral et disposuerat tradidêre. l3. 196 a. l. de jussieu. - — Inirod. in historiam plantarum, genda sunt vegetantia seu individua omnibus suis partibus simil- lima et continuatâ generationum série semper conformiez, ità ut quodlibet individuum sit vera totius speciei praeterita? et prse- sentis et i'uturae effigies. Specierum affinium connexio generica. — Quae autem in unam compellit speciem individua omninô parilia , eadem specierum similium adjunctionem aequo jure lex déterminât. Nam pariter, nemine diffîtente, consociandœ sunt species majori caracterum numéro conformes , ac ideo dimovendae quae pluribus differunt signis. Hœc prior connexionnm ratio primam exliibet affinita- tum trutinam quâ examinantur species quœlibet in eumdem fasciculum congregandae. Genus indè constituitur , specierum similium congeries, cujus ta m en nulla traditur definitio certa nec accurata constructionis praescriptio , praecipuè in methodo na- turali. Ea siquidem methodus a systematicâpmrimùmabludens, non strictos generibus limites assignat, sed omnes servatâ affini- tate connectit species nexu insensibili , quas dein scientiae con- cinnandae causa caesuris ferè arbitrariis in diversa compingit gê- nera (i), pluribus aut paucioribus ad libitum ditataspeciebus et dieenda verè naturalia dùm affines non segregant nec universam disturbant sériera. Talium constructioni generum pristinœ non sufficiunt, ut suprà diximus, régulée linnaeanse, priùs utiles in systematico regi- mine, sed in metbodo naturali mendosce aut saltem incomplets, dùm in solâ fructificatione genericos contrahunt caractères, dùmque proprios singulis non assignant prœstantiae gradus, undè alii aliis jure prsecellant. Natura enim aliquot signa foliis aut caulibus propria praeponit interdùm signis quibusdam e flore autfructu depromptis: sic foliorum et ramorum oppositio praestantior quam numéros staminum in Gentianâ et Combreto, quàm corollae existentia in Acere aut ejusdem defectus in Fra- xino : sic alterna semper folia in Deîphinio et Paeoniâ quorum numéros ovariorum varius, in Jussiaeâet Mimosa inconstanti sta- minum numéro notandis. (l) Sic uliliter egit Linnœus . partiens gencra qtiœdam Tournefortiana (Gramen , Lychnis , J1sine t e\c.) numerosis obrula speciebus, a naturali ïamen deflectens lege, dùm arbitrario systemati obtemperans , suas genernm parlitiones diffusit in diversis classibns. a. l. de jussieu. — lntrod. in historiam jdlantarum. 197 Alias insuper leges in ipsis im pressas plàntis saneivit Natura, optima prodens affinitatum genericarum specimina, plurima nempè gênera unanimi consensu verè naturalia, singula sedulô studenda, ut ex eorum examine constantiores promineant carac- tères, verior indè pateat affinitatum lex, et certior consequatur totius doctrinae naturalis progressio. Haec inter probata genera(i) rectènumeranturvigintisequentia, nempè Convallariâ^ Lilium, Aristolochia, Pofygonum, Amaranthus } Primula, Convol- vulus , Vaccinium , Rhamnus , Angelicâ, Ranunculus , Sapo- nariâ, Cistus , Saxifraga , Jasminum , Laurus 3 Kupalorium _, Roscij Melastoma, Trifolium', quœ si seorsim sua vice aut con- junctim perpendantur, diversus exindè comparebit constantiae gradus. Embryo seminis semper monocotyledoneus in Conval- lariâ et Lilio, constanter in cœteris ocîodecim estdicotyledoneus. Stamina sunt semper hypogyna in Amarantho, Ranunculo, Cisto et Saponariâ ; epigyna in Aristolochia et Angelicâ; péri- gyna in Convallariâ, Liiio , Polygono, Vaccinio, Saxifraga, Lauro, Rhamno, Trifoiio, Melastoma; epipetala seu inserta corollae monopetalœ, ipsimet epigynre in Eupatorio; hypogyna in Primula , Convolvulo , Jasmino. H?ec autem corolla dùm non staminifera et tune plerumque polypetala, eâdem cum stamini- bus gaudet insertioue. Non simillima datur in omnibus generum prœmissorum spe- ciebus caracterum sequentium constantia. Priora quatuordecim gênera instruuntur perispermo seminis quod déficit in quinque postremis; sed idem, existens in plurimis Jasmini speciebus, in unicâ deest. Excluditur corolla in Lilio , Convallariâ, Aristolo- chia, Polygono, Amarantho, Lauro; exstat in cœteris quatuor- decim generibus inter quœ tamen Rhamnus in unâ specie est apetalus. Gênera haec corollata alia sunt monopetala , ut Primula, Gonvolvulus, Jasminum, Eupatorium et insuper Vaccinium cujus una species quasi polypetala lobis corollae profundè par- titis; alia polypetala, ut Angelicâ, Cistus, Rhamnus, Saxifraga, Ranunculus, Rosa, Melastoma, Saponariâ, Trifolium ; sed una (:) Non eadem ac in pracedenti editione (Gen. plant, p. xxxvin) memorantur generum verè naturalium exempla , et iis plura substituuntur in lexico scientiarum naturalium (vol. xxx) enumerata, conformandis legibus naturahbus aptiora. 198 a. l. de JussiEfi.-— Iitrod. in histoiïam plantarum. species est monopetala , constanter in Trifolio, accidentaliter in Saponariâ. Dantur etiamin iisclem generibus caractères in plurimâ cujns- qus specie instabiles et ideo praecedentibus inconstantiores. Varius est staminum numéros in Convallariâ, Polygono, Àma- rantho, Vaccinio, Bhamno et Lauro. Varius otiam numerus ova- riorum seu germinum in Banunculo, Rosâ ut et in suprà rnemo- ratis Delphinio et Pasoniâ. Ovarium seu germen inferum aut semiinferum ; id est omninô aut partira adhasrens calici, in Aristolochiâ, Vaccinio, Ëupatorio, Angeiicâ; omnino superum seu non adhasrens in casteris exstat , exceptis Melastomâ et Saxi- fragâ, quaruni species alias infero, alise supero instruuntur ger- mine. Compar in plurium fructu loculorum numerus, dispar in Cisto, Convallariâ, Convolvulo et in Melastomâ, cujus pras- tereà species alias baccatas, alias capsulares. Folia semper radica- liasunt in Primulâ, semper etiàm opposita in Cisto, Melastomâ, Saponariâ ; saspiùs opposita et interdùm alterna in Jasmino et Ëupatorio; alterna et quandoque opposita in Saxifragâ; alterna et interdùm subverticiilata in Convallariâ et Lilio , in undecim casteris semper alterna. Caulis lignosus in Vaccinio, Rhamno, Rosâ, Cisto, Jasmino, Melastomâ, Lauro; saspiùs herbaceus et quandoque lignosus iû Aristolochiâ, Convolvulo, Ëupatorio, Polygono; semper herbaceus in novem casteris. Praster enumeratos caractères alii dantur modo constantes, modo plus minùsve varii, ut sunt divisuras calicis uni aut pluri- sepali , persistentis aut decidui; ejusdem et corollas diversus prasflorationis modus, corollas forma regularis aut irregularis, ipsius loborum aut petaîorum cum calice et staminibus opposi- tioaut diversa consensio; staminum disjunctio aut partialis vel Integra connexio; antheras filamentis varié impositas; stylorum ac stigmatum existentia et structura et numerus ; dissimilis fruc- tuum forma etsubstantia etextensio et dehiscentia; in ipsis nu- merus et insertio et structura seminuin ; embryonis forma et situs et dispar germinatio; folia in plerisque simplicia , in pau- cioribus composita; inflorescentia in plurimis varia. Non ultra juvat continuatâ investigatione hos caractères et alios forsan omissos explorare in prœclictis generibus aut in aliis a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plcuitarum. 199 similiter probatis. Ex praemissorum explîcatione certè conclu- dendum : i°dari quosdam caractères in omnibus generum prae- dictorum speciebus constantes , nonnullos plerùnique constan- tes sed in paucissimis aliquot generum speciebus varios, plures constantes in uno génère et in altero varios, caeteros in plurimis aut in omnibus inconstantes; i° plures ex fructificatione et non- nullos extra eamdem desumptos esse conformes in speciebus congeneribus; 3° in iis speciebus inconstantes esse tum pîurimos caractères a fructificatione alienos, tum et quosdam huic proprios. Omnes igitur fructificaiionis caractères non jure prœficiendi sunt caeteris extra eamdem prodeuntibus : foliorum enim situs vincit numerum staminum in Genlianâ, loculorum in fructu Cisti. 4° Prœtereà cùm caractères liabeantur alii plerumque mutabiles, alii alternatim sîabiles aut varii, alii stabiîiores, diverse ideô sunt aestimancli ratione constanticc et in recensione ac ordinationenonnumerandi sedponderandi, itàutsuus cuique constituatur gradus, et unus constans , pluribus inconstantibus compar aut et superior évadât. uàffinitatum leges naturales. — Placitum illud observatione confirmatum et in ter leges verè naturales reponendum , priori additur legi quâ consociandœ sunt plantœ majori caracterun* numéro affines ; et ex his duabus congruenter expositis ac am- plificatis intégra pendet genuinae plantarum distributionis norma. Qui multis aut pluribus aequipoliet unus caracter in génère semper est uniformis ; qui paucioribus, valet interdùm ; qui paucissimis, speeiei delîniendae tantùm impenditur : indè folio- rum situs, inîer caractères semistabiles ordinandus, genericae nonnunquam designationi prodest aequo jure cum semistabi- libus fructificaiionis signis. Non sufficit tamen caracterum par- titio triplex , nempè stabilium , semistabilium et instabilium ; unaquaeque plures admitîit gradus aegrè definiendos, opîimusque Botanici Naturam sectantis labor erit, ut caracterum omnium momenta perpendat , suum cuique îocum daturus immutabi- lem : sed solâ generum verè naturalium mutuique eorum con- sortii assiduâ meditatione hase ardua poterit stabiliri graduaîis dispositio caracterum et solida generum constîtutio. Is partim aut magnoperè explanabitur labor , si novis pluribus exemplis 200 A', l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum, manifestetur occultatus Natura? modus in sistendâ specierum genericâ connexione, si prœtereà in posthâc considerandâ or- dinali generum conjunctione similis ejusdera patefiat et confir- metur agendi ratio. Ordines naturelles. — Postquani confines in suum naturale genus fuerunt adactae species, consimili modo ac eâdem affinita- tum lege nectenda sunt gênera cognata , singula tune ens sim- plex indivisum mentientia , quorum connexio a quibusdam Familia, a pluribus Ordo latine dicitur. Hœc consociatio definitur unico caractère ut in systematibus , sed junctione caracterum omnibus coordinatis generibus communium, indè similis generico specierum consortio. Ut autem prsecipuè tantùmmodô specierum caractères conficiendis generibus im- penduntur , sic non omnia generum signa , sed constantiora tantùm, designandis ordinibus priora merito aptantur. Quo generalior enim extat plantarum ordinatio quaelibet, eô pau- cioribus utitur signis definientibus,sanciîa3 tamen obtemperans legi ea cogitur prseficere quas praecipuè ac valentiora pluribus œquipollent infimis vilioribus. Quod ratiocinio fulcitur axioma , illud confirmatur analyticâ observatione quorumdum ordinura nemine diffïtente verè naturalium et in systematicis methodis sa?pè indivis orum,qualessuntGraminea3,Liliaceœ, Labiatœ, Com- posite seu Synantherae, Umbelliferae, Cruciferae, Leguminosae. Ex singulari horum ordimim examine consequitur, ut priùs e generum investigatione , idem naturae modus et similis eorum- dem caracterum constantice gradus. Sic unilobus semper est em- bryo in Gramineis et Liliaceis, bilobus in caeteris. Stamina sunt constanter bypogyna in Gramineis et Cruciferis , epigyna in Umbelliferis , perigyna in Liliaceis et leguminosis , epipetala in Labiatis et Composais, quorum priores cqrollâ hypogynâ, posteriores epigynâinstruuntur. Hsec corolla, sœpiùs in eodem ordine similiter habita , in Gramineis et Liliaceis (i) nulla, mo- nopetala in Labiatis et Compositis, polypetala in Umbelliferis et Cruciferis et Leguminosis , rarô datur mGnopetala in Legu- minosis , rariùs in iisdem et in Cruciferis déficit. Seminis peris- (i) Hic tiliaceee Tournelortiana; memorantur, seriùs iu pluies ordines dîscerptœ. a. l. de jussieu . — Introd. in hîstoriam plantarum. 201 permum in Gramineis , Umbelliferis et plerisque Liliaceis raa- nifestius, in Compositis, Cruciferis et plerisque Liliaceis ac La- biatis nullum , in Leguminosorum majori sectione nullum, in altéra quasi existens membranâ seminis intima incrassalâ ipsum mentiente, in paucis Labiatis dubium eâdera membranâ tu- mente. Ovarium seu germen caliciadhaerettunc inferum in Com- positis et Umbelliferis; eidem non adhaeret ideo superum in Gramineis, Labiatis, Cruciferis et Leguminosis ;' variât modo su- perum, modo inferum in Liliaceis. Staminum numerusin Umbel- liferis veris constans , abortu inconstans in quibusdam Com- positis et Labiatis et paucissimis Cruciferis, variât in Gramineis, Liliaceis et Leguminosis. Connatio antherarum in Composilis , filamentorum in plurimis Leguminosis et paucis Liliaceis, nulla est in caeteris. Semen contenturn a pericarpio continente uni aut biloculari distinctum in Liliaceis , Cruciferis, Leguminosis , cum ipso indéhiscente concrescit aemulans formam seminis nudi in Gramineis et Compositis monospermuin, dispermum in Um- belliferis, tetraspermum in Labiatis. Embryonis radicula descen- dons est in Gramineis , Labiatis, Compositis ; ascendens in Um- belliferis; nunc descendens nunc ascendens in Liliaceis ; in lobos prona in Cruciferis, nunc prona nunc ascendens seu hilo obversa in Leguminosis. Caulium structura in omnibus modo herba- cea, modo frutescens aut arborea, intùs est fascicularis ab- sque vero cortice in Gramineis et Liliaceis Monocotyledonibus, intùs stratiformis distincto cortice ambiente in caeteris Dicoty- ledonibus. Folia opposita suntin Labiatis, alterna in Gramineis et Umbelliferis, modo opposita modo alterna in Compositis, sa> piùs alterna sed opposita rarô in Liliaceis, rarissime in Cruciferis et Leguminosis. Omittuntur caetera minoris momenti signa in- constantia jam in prœcedenti generum examine neglecta. Inter enunciatos caractères priùs insignitoset mutuo eonstan- tiae ac ideo praestantiae gradu computandos, triplex primo intuitu distincta prodit séries. i° Alii sunt primarii, in singulis generibus et ordinibus sem- per uniformes seu essentiales, ut numerus loborum seu cotyledo- num in embryone et consequens ex ipso dicotyledone structura caulis intima stratiformis cortice ambiente , ex monocotyledone 200 a. l. de jussieu. — Intt'od. in historiam plantarwn. eaclem fascicularis absque cortice distincto. Huic caracteri certè primario proximèaccedit respectivus organorum sexualium situs seu insertio staminurn soliio constans et ideo ferè essentialis; accedit etiam insertio corolla; staminiferse staminurn insertioni affinis. (i) 2° Alii secundarii subuniformes seu générales et exceptione tantùm varii, ut existentia aut defectus calicis et corollae non staminiferœ, ejusdem structura corollae utpotè monopetalae aut polypetalœ : quibus addantur forsan defectus aut existentia et indoles perispermi in semine, mutuus calicis et pistilli situs signo germinis superi aut inferi expressus, forsan etiam situs embryo- nis intra semen et seminis intra fructum. Inter tertiarios semiuniformes, in ordinibus modo constantes modo varios numerantur , nondùm statuto inter ipsos disparili- tatis gradu, calix uni aut plurisepalus , ejusdem et corollae situs mutuus et diversa prœfloratio j corolla regularis aut irregularis, ovarium simplex aut multiplex, stylorum et stigmatum nume- rus, staminurn nnmerus et proportio, filamentorum et anthe- rarum structura et sejunctio aut connexio , fructuum forma et substantia et dehiscentia et loculorum numéros, dissepimento- rum et placentariorum in fructu dispositio, seminum numerus et structura exterior, relativa seminis in loculo et embryonis in semine insertio ac directio , indoles perispermi existentis et reciprocus ejusdem ac embryonis situs, mutuus foliorum op- positorum aut alternorum situs , stipula? et bracîeae et spatha existentes aut nullae , caulis herbaceus aut lignosus (2). In distinctâ a prsecedentibus série relegantur caractères in speciebus congeneribus aut in generibus coordinatis plerùm- que non conformes , iisdem tantùm speciebus distinguendis (1) Neoterici plures, admittendo caracterum primariorum prœslantiam pro definiendis praîcipuis vegetanliuni divisionibus et eorum frequentiorum constantiam , indicant tamen exceptiones nonnullas infrà suo loco memorandas. Inde eos caractères non stricte essentiales, sed tantùm jure primarios proclamant, ut potè qui rarioribus excepticnibus sint subditi. Quid- quid sit perstant primarii unanimi consensu, et etiam in conûciendis saltem generibus semper uniformes ac essentiales et nunquàm varii. (2) Difficile inter tertiarios statuenda ordinatio respectiva, dùm ex iis plures alterna vice in diversis ordinibus certô germinis alterna vice praevaleaat aut minus habeantur. a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarwn. 2o3 utiles, aut interdùm pro generibus quibusdam confirmandis adjecti , ut inflorescentia seu florum dispositio, radicum et caulium structura et directio , folia radicalia aut caulina aut floralia , petiolata aut sessilia aut vaginantia, partiura id his et in flore ac fructu forma, substantia, magnitudo, color et habitus. Necessaria inter praemissos caractères manet instituenda gra- datio, cura alii aliis sint multô aut paulô constantiores. Sed ulte- rior promoveri nequit plurimorum aestimatio, donec plurium ordinum notissimorum investigatione illustretur. Illud tantùm nunc concludere juvat, nempèdistinctas dari caraclerum cohor- tes quibus singulis su us est generalis praestantiae gradus, quae tamen non certè circumscriptae extremis instar se cohaerent ac quasi complicantur , et posthàc pluribus evocatis ordinibus verè naturalibus, ampliato observationum campo, multiplicatis pro- bationum rationibus et accuratiori subindè institutâœstimatione in plures aptiùs definitas séries iterùm dividentur. Admissâ interùm trifariâcaracterum praecipuorum partitione, dispar ex iis deducitur generum affinitas, scilicet nulla ex solis semiuniformibus minoris notas, medîocris ex iisdem constantio- ribus , aliqua ex subuniformibus , major ex uniformibus. Ideô in instituendis ordinibus genuinis diversa cujuslibet partitionis est habenda ratio. Gênera enim in iisdem coordinata consen- tiunt necessariô caracteribus primariis , generaliter secundariis , plurimùm tertiariis constantioribus , interdùm iisdem instabi- lioribus. Sic in Cruciferarum ordine primarii uniformes sunt embryo bilobus et stamina hypogyna: secundarii sunt corolla existens polypetala et hypogyna , perispermi defectus, calix existens et germini inferus, embryonis radicula in iobos inflexa, seminum insertio lateralis : tertiarii habentur calix tetrapbyllus deciduus, petala quatuor caîici alterna, stamina sex tetrady- nama, germen simplex, fructus siliquosus bilocularis bivalvis , valvis margine oppositis dissepimento ad margines pïacentari- fero et valvifero, folia alterna, additis insuper floribus non axil- laribus. Ilxtant tamen rarissime calix persistens, petala abortu nulla y stamina abortu duo tantùm aut quatuor, fructus uni aut trilocularis non dehiscens^ folia opposita et flores axillares: undè 204 a. l. de ïtrssiEU. — Introd. in historiam piantarum. quidam tertiarii in ordine caeteris sunt minus constantes , et tamen H, seorsim non simul varii, generalem ordinis caracte- rem non pervertunt. His prœtereà adduntur pauci inferiores, quasi quartarii, quibusdam ordinis generibus communes et sectionibus tantùmmodo constituendis idonei, nempè fructus in aliis longus siliquosus stylo destitutus, in aliis brevis silicu- losus monostylus. Tali caracterum distributione facilis eruitur Cruciferarum designatio. Qui cœteros modo consimili cognitos pervestigabit ordines], is eamdem perspiciet inter caractères progressionem , et tune confirmalâ lege eorum disparilitatem statuente , dùm novis incumbet ordinibus delineandis , generaliora semper prseficiet signa uniuscujusque vim computans. Hsec unica est ordinum fabricationis normœ , haec sola ratio detegendarum affinatum in quarum disquisitione sincerus botanicus curam omnem defigit. Classes naturelles. — Ut naturali nexu species in gênera coeunt et gênera in ordines compelluntur, sic contiouatâ série cognati ordines in eamdem concurrunt classem. Natura enim ab edictâ suâ non deflectens lege , diversos planîarum fasciculos in majo- res semper colligit fasces , quos dein iteratâ sensim amplificatos connexioue omnes uno demùm complexu coërcet. Cùm autem in definitione generali valentiores debeant prseponi caractères, definiendis classibus ideô minus conferunt tertiarii solidse desi- gnationi sufficiendœ impares , et rectè antecedunt tùm secunda- rii , tùm certiùs primarii , in plantis universales aut uniformes. Sed variant interdùm secundarii , primarii constantes habentur. Inaequalis igitur horum et illorum piaestantia, etprimariis merito jus tribuitur definiendi primarias ordinationes. Hi deducuntur ex embryonis structura et subindè intimo caulis et radicis con- textu , ex mutuo pistilli et staminum aut corolla3 staminiferae situ. An horum vis eadem et absoluta quatuor organorum floralium œquatio ; an potiùs di versa et organorum et caracterum pri- mariorum dignitas? Methodi naturalis assequendœ altéra ratio. — In faciliorem quœstionis solutionem praecedentia paucis revolvere expedit in- verso ordine, non procedendo a simplicibus ad composita ., sed a compositioue ad simpliciora, ità ut contracta /atiocinio et a. l, de jussietj. — lntrocl. in historiam plantarumi ao5 congestis observationibus prsemissa confirmentur, caracterum magis ac magis pateat disparilitas et prœstantiores superemi- néant. Huic probationi plurimùm conferunt suprà dicti ordines naturales in quibus tentantur promulgandae leges botanicae ac- curatiùs considerandœ dùm nulli contradicunt ordini, incunc- tanter rejiciendse si vel uni répugnent. i° Caractères in ordinibus plurimùm aut nonnunquàm insta- bles iis primariô definiendis nullatenùs inserviunt, quia signum in ordinatione partiali varium , in generaliori profectô non valet. Inde habita ratione non interioris, sed tantùm exterioris structura?, ablegantur partes in generibus coordinatis interdùm saepiùsve non conformes , ut extima radicis et caulis et foliorum consideratio. Radix in Compositis , Umbelliferis, Cruciferis , Le- guminosis nunc tuberosa extat nunc capillacea. Compositarum f'olia sunt promiscuè alterna autopposita, simplicia aut pinnata. Leguminosœ et Umbelliferse in aliis speciebus aut generibus dantur herbaceœ , in aliis frutescentes aut arboreae. Inde etiam non rectiùs in plantis discernendse sunt herbœ et arbores quàm in animantibus mammiferis Elephas et Mus, in Avibus Struthio et Trochilus. Prœtereà caulis et folia quancloque nulla , ideô pri- marios caractères palàm suppetere et inter prœcipuas partes nu- merari nequeant. a° Primarii igitur caractères in partibus fructificationis et praeprimis in essentialibus delitescunt ; indè minus curantur calix et corolla, quia utrumque illud integumentum, minus necessarium, simul aut singulatim absque noxâ déficit , flore nihilominùs ad generationem apto et ideo perfecto. Horum in- super organorum prœcipuè titubant caractères, sociatis in eodem ordine corollis monopetalis, calice supero et infero,uni aut pluri- sepalo. 3 e Exclusis calice et corollâ jure prodeunt organa sexualia speciei propagandae necessaria et ipsi tune essentialia , quœ si abortu desint in individuo, nihil indè consequitur nisi imper- fectum planta? spécimen a naturâ abludens et in universali série nullum. Hoec vera perfecti floris organa simul conspirant in ge- nerationem seminis seu futurœ plantulœ quœ novam germinan- 206 a. l. de jussieu. — Introd. in historiam plantarum, do ingreditur vitam, ultra processura donec conformera debito tempore prolem susceperit. 4° Expleto munere décidant stamina cura stylis , ad id tan- tùm utilia ut seminis intra fructum reconditi fecundationem operentur aut promoveant.Indè semen autpotiùs cor.cultim seu embryo in semine delitescens , primum junioris planta? rudi- mentum, pars est in Végétante prsecipua ac generalior, ad cujus conformationem et nutritionem et praesidium caetera fructifi- cationis organa concurrunt, posthàc arescentia. Entium proge- neratio summum est Naturae propositum et functio primaria. Hujus apparatus et sexualium organorum dignitas et floralium ambientium utilitas et utrorumque post fecundationem aut ma- turationem prolapsio , seminis tàm magnifiée elaborati pree- stantiam arguunt, et primariasex eo, seu exembryone essentiali seminis parte , deducendas esse Vegetantium divisiones affir- mant. In prsecedenti organorum et signorum examine , pro sta- tuendo uniûscu jusque respectrvo praestantiae gradu , sola fuit admissa ratio caracterum exteriorum non respecta subséquente intima post germinationem partium interiorum structura. Inde ex duplici observationum ac argumentorum série inversa bis praevaluit seminis embryo. Is autem maturior a planta matre solutus et liber, tune est verum alterius plantas junioris corn- pendium omnes ejusdem complectens caractères futuros seu adhucdùm contractes et prae tenuitate inconspicuos , posthàc inchoatâ germinatione evolvendos, quorum primi in embryone nondùm amplificato manifesti cœteros praenuntiant. Taies ha- bentur ipsius lobi seu cotyledones e quorum existentiâ et nu- méro et situ triplex eruitur primaria partitio naturalis , nempè Dicotyledonum, Monocotyledonum et Acotyledonum jamdiù a Caesalpino et nonnullis partim impensa, ab al iis posthabita, a Royeno restituta, in Fragmentis Linnaeanis . et Àdansonia- nis familiis non ordinata , in Horto Trianonensi percepta , in Parisiensi dein recepta et serïùs in opère speciali promnl- gata. Cum ipsâ miré consonat interior tum radicules tùm caulis structura et utriusque subsequens evolutio , ita ut plantas monocotyledones sint simul Endorhizas ac Endogenas sic a. l. de jussjeu. — - Introd. in historiam plantarum. 207 ab autoribus dictas, et Dicotyledonibas similiter consocientur Exorhizse et Exogense. Hic Acotyîedones dicunturplantse a prse- cedentibusdiversissimaequarum embryo et ideo cotyledones non innotescunt, seu deficiant omninô seu adhucdùm occultentur. Triplicis autem caracteris ex cotyledonibus et radiculâ et caule desumpti consensione iterùm ac strictiùs stabilitur embryonis praestantia pro definiendis Vegetantium divisionibus praecipuis quas jure désignât ipsius caracter exterior primùm manifestus et proptereà dudùm insignis , antecedens interiores occultos et tardiùs germinando aspectabiles. Huic tamen extimo signo Autores divisionum ex radiculâ aut caule deductarum denegant constantera in plantis affinibus si- militudinem quam tribuunt organo ab ipsis prseposito. Sed ea radiculae constantia non conceditur ab aliis recentiorum observationum Autoribus qui coleorhizatn Monocotyledoni- bus exclusive assignatam et radicellas in iisdein e radice quasi gravidâ erumpentes indicant in nonnullis Dicotyledonibus. Aliundè in Dicotyledonum caule incrementum datur non om- ninô exogeneum sed mixtum , nempè exogeneum in ligno cen- traii, endogeneum aut endogeneo propius in ambiente cortice qui novo quotannis fibrilloso texîu intùs induitur. Inde forsan infirmatur utriusque organi caracter absolutus ut et consequens proposita nomenclatio , cui insuper ex praemissis non acco- modantur planta? Cryptogamœ dictas quae aliter forsan generatse, aliter increscentes nec sunt endogence aut endorhizas, nec exoge- nae aut exorhizse. Quandiù igiturin bis obscurabitur organorum structura et usus , quandiù in illis decertabitur de re ac posthàc de nomine très connexos aptiùs exprimente caractères prima- rios , aequiùs servanda est primaria nomenclatio perspectissimas classium prœcipuarum non disturbans affinitates, et ordinatim prsestantes stabunt Acotyîedones, Monocotyledones et Dico- tylédones. In Vrventium série universali jure praecedunt Animantia ra-* tione numeri et prsestantiae et perfectionis organorum tùm vi- talium tùm propagantium ordinata, duce homine divini afflatûs participe etinter Mammalia longe primario. Ponè subeunt aliaer diversarum classium phalanges vertebrarum existentiâdesignatae. 2o8 a. l. de jussièu. *— Introd. in historiam plantarum. Succedunt plures aliae vertebris orbatae, in extremo reptantibus ordine zoophytis et demùm vermiculis infusoriis habitu sim- plicissimis, organorum defectu aut nimiâ contractione quasi depauperatis , occulté renascentibus , inter régna duo organica ambiguis, alterutri hsesitanter annexis et utrumque sic connec- tentibus vinculo naturaii. Ex his ideô ad Vegetabilia transitio datur facilis, inverso tamen ordine, nempè a simplicibus ad composita. Primrc igitur rectè prodeunt Aeotyledones planta?, tùm defectu organorum simplissima?, clam propagatse et prop- tereà prœdictis Animalibus infusoriis propiores , tùm minus simplices utpotè vegetiores etincerta seminum exhibentesquae- dam vesligia. Subsequuntnr progressione naturaii Monocoty- ledones in quibus sexualia manifestantur organa , unico invo- lucro florali cincta , utricularis abundat textus, mollior indè datur habitus, et déficiente vero cortice distincto incrementum a caulis centro ad periphaeriam peragitur. Seriem absolvunt Di- cotylédones multô numerosiores sexubus pariter et pluribus organis copiosioribusquefibrisditatœ, structura ideo firmiores et pleniori increscentes vegetatione inter centrale lignum et cor- ticem ambientem média. Non severè circumscribuntur illae ve- getantium primarise classes systematico more, sed absque ni- mio intervallo extremis inter se cohserent generibus ambiguis seriem pênes indivisam aut limites vix certos confirman- tibus. Intereà eœdem primariœ classes nimiùm amplœ necessario sunt dividende in plures secundarias quarum prsecipui caractères aequo jure uniformes requiruntur ex organis essentialibus et prœstantioribus horum signis depromendi. An autem, prêter Cotyledonum numerum primas definientem classes, embryo ante suam a matre fructiferâ solutionem, aut jam solutus, sed nondùm germinans , ipsemet insuper alia valeat suppetere signa solida ac generalia quibus secundariae classes possint rectè definiri ? Nulla hactenùs profert in Acotyledonibus in quibus aut forte Agamis deest aut saltem Cryptogamis occultatur. Exis- tens in Monocotyledonibus et Dicotyledonibus que conjunc- tim dicuntur recentiùs Phanérogame, embryo alios exhibet caractères sedulo notandos sed multo interiores , quales sunt a. l, de jussieu. — * Introd. in historiam plantarum. 209 seminis ipsum tunicantis insertio in fructu et ipsius in semine situs proprius. Semen enim cujus basis in hilo residet, suo receptaculo seu placentario annectitur ccntrali aut pari hue usquè ineditam, lue suhjunsiinus, i5. 228 a. l. dk jussieu. — Ordines fiât Hort. x Paris. Vetustior ihtetf cos libellas quidam ', minus emendalus , in quo, transcriplis ordinibus quos in fragmentis naturalibus proposuerat Linnœus , gênera ab ipso omissa alphabeticè cnumerat, de quibuj dixerat auctor: « Qui paucas quai restant benè absolvit plantas omnibus magnus erit Apollo », Horum quœdain ordinibus proposais inserere tentât Bernardus , vel aliter siugula aut aggregata ordinare , niagnâ quidem plerùmque sagacitate. Sic Potamogeton juxta Triglo» clùdem , Aloe juxta Hyacinlhum, Schœnus juxta Caricem , Fraxinus juxta Syringam , Poteiium juxta Sanguisorbam, Gestrum juxta Lycium , Hydrophyl- lum post Borragineas , locantur; ad calcem ordinis decimi noni e disparibus pro- îniscuè compositi proponitur séries gencrum undè seriùs institutae Rhamneae. Qu3ntulumcuinque sit hic labor, indè tamen aliquid discendum : nempè ante ordines neturales Linnaei (j 738), suos a Bernardo nondùrn promotos fuisse, imô , vixinchoatos.MethodusigiturTriannnensis annisvigintisequenlibus( 1739-1 769) elaborata. Sed jàm anno 1740 profecisse videtur auctor, cùm scribat ad Liti- nœuoi gênera Plumeriana , priusquarn ipsiusmet opéra edanlur, secundum clas- sificationem naturalem disponenda esse, ità , ut dicit, ut methodi nostri exlen- sionem requirant. (Corresp. Linn. edente Smith.^) Posteriores duo alii indices , iidem multô magis mundi atque absoluti qui m usu ad ordinationem Trianonensem fuisse videntur. Alter gênera tanlùm recenset cura auctorum indicatione et prœcipuis synonymis. Ordinibus nuuc nomina sœpiùs prœfixa , nunc nulla , et tune limites inter eos intervallis (inter- dum eliàm vix manifeslis) definiti. Supplementum adest anno 1765 confectum quo diversa Dicotyledonum monopetalarum hypogynarum dispositio statuitur. Hic est scilicet quem Antonius Laurentius de Jussieu publici juris seriùs fecu et proprio operi prsemisit (1789) , suppressis solùm auctorum nominibus et synonymis, ordinum titulis , dùm deerant, additis, et limitibus , dùm obscura- bantur, fixis, snppîementum prsetereà suprà diclum secutus. Aller index proster gênera prœcedentia et eodem ordine,absque ullâ ferè rau- tatione , familiis tamen innominatis, disposita , species sub singulis militantes complectitur, siugulas nomine Linnaeano designatas et prœtereà brevi auctorum principumantecessorum synonymiâ, prœcipuè Tournefortii et Bauhini. Quis fuit specierum hic enumeratarum delectus ? Certè non omnes iu horto Trianonensi colebantur, cùm benè multa aut nondùrn aut nunquàm in hortos reœptae fiie- rint , cùmque gênera omnia , tune temporis nota , in catalogo recenseantur. Ncque magis contra hic sistitur tota specierum tune institutarum séries , ut facile videre est si cum specierum Linnaei prima edilionc (i753)sem**er cilatâ confe- rantur. Credam potiùs auctorem species soîas, quas ipse certô, in agris , hortis herbariisve plurimas , noverat, recensuisse. Non alia suppetunt Rernardi de melhodo -uaturali manuscripta. Antonii Laurentii de Jussieu manuscripta. — Laurentius horti parisiensis demonstrationes publicas annuatim a 1770 inceperat, juxta systema Tourncfor- anum, ut fiebal , quarum normam in schedis ipsius videre est. Sed mox usu a. l. de jussiiiii. — Ordines nat. Mort. Paris. 22g ipso meliora doctus, principia alius melhodi investigare conatus est et primùm unius farajliœ (Ranunculacearum) exemplo illustravit (1773), aunoque sequenti cadem perfecit complevitque , legis simul lator et administer, dùm species horti Parisiensis araplificati ordine novo disponeret. Prinium hujus et adhùc informe tentamea exhibet brevis catalogus generum in horlo cultorum , qui inscribitur : Prima disposido plantarum proposita in horto regio, dein emendata et inversa. Familise omnes Trianoncnses ferè intactae j émanent , mutato tantùra paulispei-, tùm ipsarum inter se tùm iu ipsis generum, ordine, qui sequens est: Filices (adduntur Zamia, Cycas). Paeme. Gramina. Aroïbee. Junci. Lilia. Narcissi. Irides. Muse. Cann«. Orchides. Aristo- COCHTE. ChICORACEE. CoRYMBIFERE. ClNAROCEPHAEE. DlPSACEE. RUBIA- cfe. Umeeleifere. — Lysimachie ( Lysimachiae et quaedam Veronicœ Hort. Trian., Plantago , Protea, Limosella). Veronice. AcANTHi(genuini, non H. T.). Scrophuearie (pars Acanthorum H. T.).Solanee. Jasmina.JVereen^e.LabiatjE. Borraginee. Convoevuli. Gentiane. Apocyna. Sapote. — Caryophyelee (accedunt Plumbagineae). Hyperica (pars Rutarum H. T.). Rute. Cisti (pars Rutarum H. T.). Tieie (exclusis Magnoliis). Guazume (pars Malvarum H. T.). Maeyacee. Gerania. Terebinthi, Behberides (La u ri H. T., sed Laurus du- biè). Anone. Magnolia (pars Tiliarum H. T.). Rahunculi. Papavera. Cru- cifère. Capparides (et Datisca ). Passiflore ( Viola , Parnassia, Kiggelaria , Bixa, Tamarix , Turnera , Mentzelia , Passiflora). ■ — CucuRBiTE(et Carica). Campanule. Erice (Myrtilli H. T. exclusis polypetalis). Citri( Myrtilli poiy- petaliH. T.). Eeguminose. Rhamni. Rosaces. Salicarie. Mirti (et Com- bretura ). Onagre ( paucis exclusis H. T.). Pqrtulace (Sempervivae H. T.). Jalape ( Nyctagineae verae ). Amaranthi (pars Jalaparum H. T.). Atriplices ( Salsolae H. T.). Urtice (Pars Amentacearum H. T.). Persicarie (Polygoneae H. T.). Thymfxee (pars earumdem H. T.). Eleagni (pars Thymelaearum H. T.)« Juglandes. Amentacee (pars earumdem H. T.). Euphorbe. Conifere. Index prœcedens , si cum Trianoncnsi componatur, methodum quibusdam pejorem, meliorem pluribus, arguerc videtur. Fragmenta quaedam seriei natu- ralis optima , ut apetalx diclinibus approximatx ; quxdani exsurx priorum familiarum aptx. Insertionem staminum characteribus e corollâ deductis prxpo- nit adhùcauctor,patruumsecutus, jàm tamen magis eo de corollâ sollicitus , dùm polypetaîas cum monopetalis , in eodem ordine interdùm, etsi raro , primo con fusas , dissociât. Inde concludendum indicem hune dissertatione anno 1774 m academiâ regiâ scientiarum habita inque ejus actis insertâ Ja quâ cxterùniabundô differt , absque dubio anteriorCm. Eamdem contra consecutus est alter index , quem hic edimus depromptum t manuscripto multô ampliori quod inscribitur : Catalogus plantarum horti régit parisiensis , et in quo recensenlur : i° Species omnes hujus horti secunduna ordines in classibus i4, qnas in supradictâ dissertatione proposuerat auctor,, digestos, singulae nomine Linnxano designatae neenon synonymo prolixiori que, anteà in horto, ubi perstiterant bue usque methodus et nomenciatura Tourne- 23o a. l. de jussiEii. — Ordines nat. Ho rt. Paris. fortii , nominari sueverant ; 2° classes , ordines et gênera , lùm illi tum hœc, distinctivis notata characteribus quos hic brevitatis causa omisimus. Ordines plerùraque in segmenta dividuntur, nunc naturalia , nunc saepè systematica et classibus Linnaeanis aptata. Auctoritatem enim et Linnsei et Tournefortii agno- scere videtur Laurentius adhùc vigentem , dùm prioris nomenclationem jure admittit et staminum numéro ordines minus apte subdividit , dùmque , poste- riore duce , corollœ praestantiam in defiuiendis classibus statuit. Solebat uti hoc manuscripto ad publicas lectiones, in quibus , more temporis pcripatetico ? plantas omnes scholae botanicse discipulis coambulantibus demonstrabat. Seri s ejusdcm altcrum exemplar scripsit veleri solutum synonymiâ, in cujus locum pîerùmque characteres specificos substituit, et quibusdam prastereà mutatio- nibus, sed adbùc raris, ditatum. Anno 1785, demonstiationibu.s alii proiessori , doctissimo optimoque Fonta- nesio, commissis jàm non impeditus , quae docendo perfecerat omnino absolvere inque opère severè elaborato deponere suscepit, ideoque novum cataloguai composuit, jàm mullis mendarum quibus praeccdentes laborabant expurgatum operique mox edendo propiorem , multis tamen adhùc discrepantem. Quidquid ad generum notitiam consulendum esset , auctores , icônes , herbaria etiam, ad calcem uniuscujusque notavit, multa priùs omissa intercalavit , quaj nondùm ordinaverat aut ambigua aut minus nota aut recenliùs instituta , ut Forskalii , Forsteri, Aublctii,Thnnhcrgii, Coramersonii, etc., ad calcem ordinnm secnndùm systema Lynnaeanum recensuit , et sic paratus , quadriennium libro scribendo imprimendoquc impendit , a quo œram in scientiis naturalibus inceptam pauci sunt qui diffiteantur. Operiedito multa posteà addidit, aut publici jurisin sejunctis dissertationibus plurimis facta , aut in manuscriptis recondita alteram prœparantibus editionem , e quâ" exoptaîâ et ferè compléta triginta circiter abhinc annis res herboria magnam utilitatem percipere poterat, nunc autem, ut facile botanophili intelligent, vix ullam posset , cùm scientiâ citiùs progressa ipsa eâdem ratione retrosteterit. Denique species pîantarum inchoavisse videtur, ut e libro manuscripto (1806) patet, in quo omnes tune notas ordine methodico enumerantur, cum accuratâ auctorum generalium de singulis consulendorum indicatione: quem tamen, vel ad usum tantùm proprium confecisse videtur, vel , ab incepto minus cum ipsius ingenii naturâ congruente cito deterritus, reliquisse. Si sedulô conferantur suprà memorati indices manifestatur lenta continuataque per gradus progressio , ità ut quilibet inter praecedentem et sequentera quasi médium teneat, et de methodi naturalis institutione dici ferè possit , quod Lin- naeus deipsâ naturâ : nonfacitsaltus. Adeo in historiâ scientiarum, ut gentium^ mutationes millae, etsi videntur, improvisa? et repentinae, sed omnes dudùm paratœ, paulatim ac gradatim maturatae, debito tantùm tempore absolvuntur. * AC JUSSIEU a. l. de jussjeu. — Ordines nat. Hort. Paris, ORDINES NATURALES IN HORTO PARISIENSI PRIMUM D1SPOSITI Post annum 1774. ACOTYLEDOINES. Classis i a . 1. FuNGI. 2. AlG,E. 3. Musci. 4. Naïades. 5 PARASITICiE. Mucor. Lycoperdon. Clavaria. Peziza. Helvella. Claihrus. Phallus. Hydnum. JBoletus. Agaricus. Aquaticœ. Tremella. Ulva. Fucus, Conferva. Terrestres. Bissus. Lichen. Riccia. Blasia. Aiithoceros. Jungermannia. Marchantia. Equiselum. Viscura. Buxbauinia. Fontinalis. Hypnum. Bryura. Mnium. Poly- thiicum. Splachnum. Phascum. Sphagnum. Porella. Ly- copodiuin. Ophioglossum. Germen superum. Myriophyllum. Ceratophyllum. Naias. Callitriche. Chara. Germen inferum. Hippuris. Trapa. Aquaticœ. Menyanthes. Pinguicula. Utricularia. Parasiticce. Lathraa. Monotiopa. Hypocistis. Guscuta. MONOCOTYLEDONES, Classis 2 a . — Plantse monocot. staminibus sub pistillo. I. FlLICES. Pau Fructificationes radicales. Pistilla staminibus mixia et conspicua. Pilularia. Lemma. Osinunda. Onoclea, Acrosiichum. Asplenium. Trichomanes. Adiantum. Po- lypodiuin. Lonchitis. Hemionitis. Blechnuni. Pteris. Fructificationes spicatœ. Pistilla conspicua j a stamini' bus segr égala. Zamia. Cycas. Chamaerops. Eorassus. Corypha.Sabal. Phûeiiix.Elais. Arec Elate. Cocos, 232 a. l. de .tussieu. — Ordines nat. Hort. Paris. 3. Grajviina. Oryza. Zuania. Ànthoxanthum. Cornucopiœ. Àristida. Alopecurus. Phleum. Phalaris. Paspalum. Milium. Agrostis. Stipa. Lagurus. Saccharum. Andropogon Holcus. Panicum. Aira. Melica. ' ( ïschaemum. Tripsacum. Ccnchrus. iEgylops. Dactylis. Cynosurus. Lolium. Ely- mus. Hordeum. Triticum. Secale. — Bromus. Fcstuca. Poa. Briza. AveDa. Arundo. — Nardus. Lygeum. Zea. Coix. — Schœnus. Cyperus. Scirpus. Eriophorurn.Carex. 4. Spargania. Typha. Sparganium. 5. ZANiCHELLiiE. Saururus. — Potamogeton. Ruppia. Zanichellia. 6. Aroide-e. Lemna.Àrum. Calla. Pothos. Dracontium. Orontium. Glassis 3\ — Plantse monoc. Apetalae. Stamina calyci inserta. 1. Junci. Acorus. — Paris. Trillium. — Sagittaria. Alisma. Dama- sonium: Eutomus. Scheuzerja. Triglochin. Narthecium. — Helonias. Melanthium. Veratrum. Colchicuni. — Callisia. Commelina. Tradescantia. Wachendorfia. Eriocaulon. Apliyllantes. Juncus. Lilia. Tarnnus. Rajania. Dioscorea. Smilax. Ruscus. Mcdeola. Dracaena. Asparagus. Convallaria. — Uvularia. Gloriosa. Lilium. Imperialis. Fritillaria. Erythronium. Tulipa. — Yucca. Asphodeîus. Aletris. Aloe. Bulbocodium. Allium. Ornithogalum. Scilla. Hyacinthus. Polyanthes. 3. Narcissi. Alstroemeria — Hemerocallis. Agave. Haemanthus. Cri- num. Amaryllis. Pancratium. Narcissus. 4. Irides. Sisyrincbium. Ferraria. — Iris. Ixi3. Gladiolus. Anlho- lyza. Meriana. Watsonia. Morœa. Crocus. Classis 4 a " — Plantse monoc. Apetalae. Stamina pistillo imposita. î. Mus*:. Hydrocharis. Gethyllis. Stratiotes. — Hypoxis. Leucoium. Galanthus. — Tillandsia. Ananas. Karatas. Kaida. Hcli- conia. Musa. 2. Cannée. Canna. Amomum. Coslus. Alpinia. Maranta. Curcuma. Kempferia. Thalia. 3. Orchides. Orchis. Salyrium. Ophrys. Serapias. Limodorum. Arcthusa. Cypiipedium. Epidendrum. 4. Aristolochi.e. Aristolochia. Asarum. a. l. de HissiEU. — Ordines nat. Hort. Pc 33 DICOTYLEDONES. Classis 5\ — Planta? dicot. Apatalae. Sïamina calyci inserta. 1, El,eagni. Osyris. Hippophaë. Elseagnus. Nyssa. Gonocarpus. Bucida. 2 TiiYMELEiE. Thesiuio. Passeiina. Stellera. Lachnaea. Dirca. Daphne. Gnidia. Struthiola. — Quisqualis. 5. Sanguisorb;e. Alchimilla. Aphanes. Cliffortia. Poterium. Sanguisorba. — • Adoxa. 4. Ielecebra. Sr.Ieranthus. Galenia. — Herniaria. Illecebrum. 5. Polygones. Poîygonum. Coccoloba. Atraphaxis. Rumex. Rbeum. — Tropbis. Triplaris. 6. Baseeeje. Basella.Campborosma. Corrigiola. Polycncraum.Telcphium. Classis 6\ — Planta? dicot. Apetalae. Staraina sub pisiillo inserta. i. Atriplices. Anabasis. Salsola. Spinacia. Acnida. Beta. Chenopodium. Atriplex. — Cru cita. Pari etaria. Axyris. — Blitum. Ce- ratocarpus. Salicornia. Corispermum. 2. Phytoxacte. Petiveria. — Rivinia. Phytolacca. Bosea. 3. JalaPjE. Pisonia. Mirabilis. Boerbaavia. 4. Amaranthi. Araaranthus. Celosia. Iresine. Gomphrena. Achyranthes. 5. Plantagines. Plantage Littorella. 6. Peumbagines. Plunibago. Statice. Classis 7*. — Planta? dicot. petalodes. Corolla monopetala sub pistillo posita. Stamina definita corolla? inserta. j . Lysimachije. 2. Veronic/iï. 3. AcANTIII. 4. BlGNONI/£. Leucadendron. Protea. Globularia. — Selago. Tozzia. — Scoparia. Centuneuius. Limosella. — Anagallis. Lysima- chia. Hottonia. Aretia, Samolus. Androsace. Primula. Dodecatheon. Cyclamen. Soldanella. Coris. Theophrasta- ■Trientalis. Browallia. Disandra. Mon niera. Sibthorpia. Buchnera. Erinus. Hc- benstreitia. Euphrasia. Pcdicularis. Rbinanthus. Melara- pyrum. Bartsia. — Polygala. Securidaca. — Lindernia. Veronica. Calceolaria. Dianthera. Justicia. Ruellia. Barleria. Acanthus. Mimulus. Dodartia. Capraria, — Martynia. Craiiiolaria. Bignonia. Scsamum. Gratiola. 234 a. l. de jussieu. — Onlines nat. Hort. Paris. 5. Scrofhueari.e. Digitaîis. Budleia. Polyspermum. Antirrhinum. Chelone. Scrophularia. Halleria. Spigelia. G. Soiane^e. Cclsia. Verbascuin. Hyosciamus. Nicotiana. — Datura. — Nolana. Atropa. Physalis. Solarium. Capsicuni. Lycium. ■ — Cestrum. Brunsfelsia. Crescentia. — Bontia. Knoxia. 7. Jasmina. Jasminurn. Nyctanthes. Phyllirea. Olea. Chïonantlius. Li- gustrum. — Eraiitheinum. Syringa. Fraxinus. 8. Vereenje. Bcsleria? Clerodendron. Corniitia. Avicennia. Petrœa. Gmelina. — Halleria. Duranta. Cytharcxylon. Volkame- ria. Vitcx. Callicarpa. Lantana. Vcrbena. 9. Laiîiaive. Lycopus. Amethystea. Cunila. Ziziphora. Monarda. Ros- marinus. Saîvia. — Ajuga. Teucrium. — Satureia. Hysso- pus. Nepeta. Perilla. Lavandula. Sideritis. Mentha. Glc- coma. Lamium.^ Galeopsis. Betonica. Stachys. Ballota. Marrubiuni. Leonurus. Phlomis. Molucella. — Clinopo- dium, Origanum. Thymus. Thymbra. Melissa. Dracoce- phalum. Horminum. Melittis. Ocimum. Trichostemma, Scutellaria. Brunella. — Cleonia. Prasium. Phryma. 10. Borragine/e. Coldenia. Heliotropiuru. Echinus. Lithospermum. Pulmo- naria. Onosma. — Symptiitum. Borrago. Lycopsis. Myo- sotis. Anchusa. Asperugo. Cynoglossuni. — Cerinthe. Messerschmidia. Ellisia. Hydropliyllurn. Patagonula. — "Varronia. Touraefortia. Menais. Cordia. Ehretia. 11. Convolvuei. Convolvulus. Ipomaea. Evolvulus. Diapensia. Loeselia. Penaea. Gressa. — Fraukenia. Polemoniuni. Phlox. 12. Gentiane. Swerlia. Chironia. Exacum. Ophiorhiza, Sarothra. Chlora. Gentiana. i3. Apocina. Vinca.iTabernaemontaria. Cameraria. Pluraeria. Ceropegia. Nerium. Echites. Pergularia. — Stapelia. Cynanchum. Periploca. Apocinum. Asclepias. i4. Sapotve. Carissa. Ophioxylon. — Rauwolfia. Jacquinia. — Sideroxy- lou. Gerbera. Leucoxylon. Myrsine. Leœa. Chrysophyl- lum. Achras. Classis 8 a . — > Planta? dicot. petalodes. Corolla monopetala calyci inserta. Stamina defmita nunc corollœ, mine calyci aut nec- tario calycino imposita. j. Guaïacan.je Diospyros. Royena. Styrax, Halesia. 2. Ericve. Vaccinium. Gaulthcria. Arbutus, — Pyrola. Andromeda, Erica, a. l. de jussieu. — Qrdiues nat. Horli Paris. 235 3. Kalmi^e. Rhododendron. Rhodora. Azalea. Kalmia. Epigea. Enipc- trum. Ledum. Clethra. Itea. 4. CucuRBiTiE. Mentzelia. Turnera. Carica. — Fevillea. Zanonia. Grono- via. Sicyos. Bryonia. Melothria. Elaterium. — Moraor- dica. Ciicumis. Cucurbita. Trichosanthes. 5. Campanule. Canarina. Catupanula. Roellia. Trachelium. Gessneria. Lo- belia. Phyteuma. Jasione. Classis 9 a - — Planta? dicot. petalodes. Corolla monopetala pis- tillo imposiîa. Stamina sœpiùs ,5 corolîœ inserta, syngenesa. Germen inferum. Stylus unions. Semen unicum. Flores aggre- gati in calyce communi, alii ligulati, alii floscuiosi. i. Chicorace/E. Lampsana. Chondrilla. Prenanthes. Lactuca. Sonchus. Hie- raciura. Crépis. Hyoseris. — Leontodon. Picris. Scorzo- nera. Tragopogon.Geropogon. Hypochœris. Scriola. An- dryala. — Catanance. Chicoriura. Scolymus. 2. Cinarocefhaue, Cnicus. Carduus. Onopordon. Cinara. Carlina. Atractylis. Cartharaus. Arctium. Staehelina. Serratula. — Centattrea. Gorteria. — Xeranthemum. — Gundelia. — Ecbinops. Staebe. 3 Corymbifer2G. Corymbium. Seriphiuin. Sphaerantbus. — Ethulia. Hippia. Tanaceturu. Garpesium. Cotula. Bellis. Matricaria. Cbry- santhemum. Calendula. Osteospermum. Milleria. Erio- cephalus. — Elephantopus. Ageratum. Spilantbus. Pectis. Belliura. Tagetes. — Cacalia. Chrysocoraa. Baccharis. Conyza. Tussiîago. Doronicum. Arnica. Ihula. Erigeron. Aster. Solidago. Cineraria. Senccio. Perdicium. Othonna. — Eupatorium. Gnapbaliura. — Filago. Micropus. ■ — Athanaisia. Santolina. Anacyclus. Antherais. Acbillea. Buphtalmum. Sigesbeckia. Eclipta. Baltimora. Polymnia. Encelia. — Amellus. Tridax. — Bidens. Zinnia. Titho- nia. Verbesina. Spilanlbus. Coreopsis. Rudbeckia. He- lianthus. Helenium. Sisyphium. — Arctotis. — Tarcho- nanthus. — Iva. Parthenium. Artemisia. — Arobrosia. Xanthium. 2 36 a. l. de jussieu. — Ordines nat. Hort. Paris. Classis ip a . — Planlœ dicotyl. petalodes. CorolLa monopetala pistillo imposiîa, proprio calyce vestita. Stamina corollœ in- serta, definita, distincta. Folîa opposita. i. Dipsace/e. Morina. Dipsacus. Scabiosa. Knautia. Allionia. — Valc- riana. ■2. Rtjeiacf.*:. Sherardia. Àsperula. Galium. Crucianella Valantia. Ru- b;a. — Spermacocc. Phyllis. Hamelia. Diodia. Knoxia. Honstonia.Pœderia. Anthospermum. Cinchona. Oldenlan- dia. Hedyotis. Genipa. Pctesia. Chiococca. Coffea. Ixora. Gardénia. Vandia. Catesbaca. Pavetta. — Mitchella. — Lippia. Cephalanthus. Nauclea. Morinda. 3. Caprieolia. Linn.iea. Lonicera. Triosteurn. Mussaenda.Vibumum. Sara- bucus. — Cornus. Hedera. Classis i i a . — Plantae dicot. petalodes. Coroila poîypetala ger- mirù imposiîa. Stamina definita, germini inserta. i. Abalug. Aralia. Panax. 2. Umbelliferje. jEgopodium. Apium. Pimpinella. Garuni. Aoelhuru. Smyi- ninm. Pastinaca. Thapsia. — Seseli. ïmperaloria. Cbœro- phyllum. Scandix. Coryandrum. iEthusa. Cicuta. Phel- landriuin. — OEnanthe. Cuminuin. Bubon. Sison. Sium. Angelica. Ligusticum. Heracïeum. Laserpitium. Ferula. Cachrys. Crithmum. Peucedanum. Atbamanta. Selinura. Conium. Bunium. Ammi. Daucus. Artedia. Gaucalis. Hasselquitsia. Tordyliura. Buplevrum. Eehinophora. — Eryngium. Astrantia. Panicula. Hydrocotyle. Lagoecia. Classis \i\ Planta? dicot. petalodes. Corolla poîypetala sub pis- tillo posita. Stamina sub pistillo posita. ). Ranunculace^e. Clemalis. Atragene. — Thalictrum. Anémone. Adonis. Myo~ .surus. Ranunculus. — Helleborus. Isopyfum.Trollius. Ni- gella. Garidella. Aquilegia, Delphinium. Aconitum. — Cal- tha. Paeonia. — Aetaîa.Podophyîlum.Nymphaia.Nelunibo. Sarraccnia. 2. Papaverace*:. Argemone.Papaver. — Glauciuin.Chelidonium. — Bocconia» Sangu.in.aria. Fumaria. Hypecouin. — Impatiens. a. l. de jussieu. — Ordines nal. llort. Paris. a,3i 3. Crucifère. Rapbanus. Sinapis. Brassica. Turritis. Arabis. Hcsperis. Heliophila. Cheiïanthus. Erysimum. Sisymbrium. Carda- niine. Dentaria. Ricotia — Lunaria. BiscutelM. Clypcola. Peltaria. Alyssum. Iberis. Cochlearia. Thlaspi. Le pi di un:. Draba. Subularia. Anastatica.Vella. Myagrura.. Grambo. Isatis. Bunias. 4. Cappariues. Cleonie. Capparis. Breynia. Morisonia, Crateva. — Rcseda. Parnassia. Drosera. Kiggellaria. — Tropaeolum. Bixa. — Viola. — Passifiora. Paullinije. Cardiospermum. Pauîlinia. Sapindus. Maja'ighijE. Coriaria. — Malpighia. Bauisteria. Hirœa. Triopteris. Vîtes. Cissus. Vilis. Gerania. Grielum. Géranium. Malvaceje. Waltheria. Melocbia. — [Sida. Malachra. Malva. Alcea. Allhaea. Gossypium. Napsea. Lavatera. Malope. Urena. Hibiscus, Adansonia. Bombax. Camellia. Stewartia. Thea. Gordonia. Hermannia. Ayenia. Kleinovia.Byttueria.Guazuma. Cacao. Pentapetes. — Oxalis. Corchorus. Helicteres. Hcliocarpus. Triurafetta. Grcwia. Tilia. Liriodendron. Magnolia. — Anona. Uvaria. Michelia. — Ilicium. Curatella. — Ocbna. Menispermum. La mus. Berberis. Lconlice. Epimedium. — Hamamelis. Tribulus. Fagonia. Zygophyllum.Guaiacum.Diosnia. Law- sonia. Mimusops. — Ruta. Peganura. Dictamnus. Heliantbemum. Cistus. Ascyrum. Hypericum. Cauyophymle/e. Orlegia. Lœflingia. — - Holosteura. Polycarpon. Mollugo. Minuartia. Queria. Lecbea.-— Bufonia. — Sagina. — Nama. Velezia. — Drypis. Alsine. Pbarnaceura. — Moebringia. Gypsopbila. Saponaria. Diantbus. — Arenaria. Stellaria. Silène. Cucubaîus. Cherleria. — Lycbnis. Gitbago. Agios- temma. Cerastium. Spergula. — Glinus. — Linum. Hermannia. 1 1 . Tiia^e. \'2. AnONjE. .3. Latjri. m Bereerides, i5. RUT.E. 16. ClSTI. ! 7- Hyperica. 18. Cauyophyl, Classis 3a. — Plantae dicot. petalodes. Corolla polypetala ca lyci inserta. Stamina calyci inserta. ï. Semvervivaî. Tillaea. Cotylédon. Crassula. Rhodiola. Sedum. Semp?rvi- vuin. Forskalea. Sesuvium. Tctragonia. Aizoon. Mcsein- bryantbemum. Penthorum. \ds l. de jussieu. — Ordines nat. Horê. Pan 2. Saxifrage. Heuchera. Saxifraga. Tiarella. Mitella. — Gbrysosplcnium. Hydrangea. 3. Cacti. Ribcs. Cactus. Portulaca. Claytonia. Mcntia. Trianthema. Teleplrium. Tamarix. 4. Onagre. Circaea. — Ludwigia. — OEnothera. Cercodea. Gaura. Epi- lobium. — Jussiaea. — Philadelphus. 5. Myrti. Punica. Psidium. Myrtus. Caryophyllus. Eugenia. — Com- bretum. Blackea. Melastoma. Memecylou. 6. Salicari-e. Isnardia. Amraania. Glaux. Peplis. — Ba^ckea. Rhexia. 0s- beckia. Grislea. Ginora. Lythrum. 7. RosaoEje. Agrimonia. Neurada, Sibbaldia. Tormenlilla. Potentilla, Coinarum. Fragaria. Geum. Drya-s. — Spiraea. — Rubus. — Rosa. — Mespilus. Gratœgus. Sorbus. Pyrus. Malus. Cydonia. — ; Amygdalus. Cerasus. Prunus. 8. Rhamni. Rbamnus. Alaternus. Frangula. Paliurus. Zizyphus. Cea- nothus. Phylica. — Gouania. — Celastrus. Evonymus. Sta- pliylea. — Cassinc. Ilex. Prinos. a. LEGUMirtosiE. Ceratonia. Tainarindus.Gleditsia. Mimosa. — Adenanthera, Hsematoxylum. Guilandina. Poinciana.C«esalpinia. Cassia. Parkinsonia. — Sophora. Hymenœa. Bauhiuia. Cercis. Anagyris. — Ulex. Genista. Spartium. Cytisus. Onouis. Crotalaria. Aspalathus. Ebenus. Anthyllis. Melilotus. Tri- foliurn. Psoralea/Medicago. Lotus. Trigonella. Dolichos. Pbaseolus. Erytlirina. Arachis. Lupinus.Clitoria. — Lathy- rus. Pisum. Orobus. Gicer. Vicia. Faba. Ervum. — Scor- piurus. Ornithopus. Hippocrepis. iEschynomene. Hedysa- ruin. Coronilla. — Amorpha.Glycyrhiza. Galega. Indigo- fera. Robinia.Phaca.Colutea.Abrus. Glycine. — Biserrula, Astragalus. îo. Citri. Melia. Trichilia. Guara. Swietenia. — Ccdrela. — Limonia. Citrus. il. Aceres. Acer. — JEsculus. 12. Terebintiii. Anacardium. Mangifera. Marsana. — Hirtella. Amyris. Melicocca. Comocladia. — Cneorum. — Spathelia. Dodo- nsea. Ptelea. Fa gara. Pseudobrasilium. Rhus. Schinus. Bursera. — Terebinthus. — Spondias. Averrhoa. — Zan- thoxylum. Gênera inter Terebinthos et Amentaceas média. Ju- glans. Myrica. c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. i3{) Classîs il\\ — Planta? dicot. apetalae. Sramina irregularia aut a pistiilo in distinctis floribus segregata. i . Amentacee. Salix. Populus. — Platanus. Liquidambar. Betula. Carpinus. Fagus. Quercus. Corylus. ■ — Ulmus. Celtis. 2. Urtic . Ficus. — Morus. Urtica. Humulus. Cannabis. Theligonum. — Dalisca. 3. Euphorbia. Mcrcurialis. Acalypha. Euphorbia. Tragia. Buxus. Phyl- lanthus. Andrachnc. Outil. Ricinus. Jatropba. Croton. — Dalechampia. Pluknetia. Hura. Hippomane. Slerculia. Adelia, Omphalea. Carica. 4. Coniferjs, Epbedra. Gasuarina. Taxus. Junipcrus. Cupressus. Thuya. P. nus. Monographie du genre Conomitrium, de la famille des Mousses _, Luc à là Société Pbilomatique , le 3o septembre 1837 , Par le Doclcur Camille Montagne. ■Histoire du genre Conomitrium. (i) C'est Dillen qui a publié la première espèce de ce genre. Elle lui avait été envoyée de la Patagonie avec d'autres Mousses. Cet (1) Il ue m'est pas possible de donner l'histoire de toutes les espèces du genre Conomitrium. Sur les quatre dont il se compose, trois ont été recueillies au Chili par Bertero ou par M. Alcide d'Orbigny. Il n'était donc pas juste d'en distraire la description , du voyage dans l'Amérique méridionale , dont la partie cryptogamique m'a été confiée. C'est là qu'on trouvera une description complète de ces espèces , ainsi que des figures capables de les bien faire con- 'il\o c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. auteur, à qui appartient la gloire d'avoir fait bien connaître, par d'excellentes descriptions^ de bonnes figures presque toutes les espèces de cette famille connues de son temps, fut fort em- barrassé , à la vue de celle qui nous occupe , pour décider s'il devait la rapporter aux fontinales ou aux hypnes ; parce qu'il était incertain de l'habitat. Le port de la plante cependant lui fit penser qu'elle vivait dans les eaux , et il en fit son Fontinalis parça foliis lanceolatis. Ce qui le confirma encore plus dans l'idée qu'elle devait être aquatique, c'est qu'il remarqua qu'elle n'était point mélangée avec les autres mousses, par brins séparés ? mais qu'elle formait des touffes assez considérables dont les individus parallèlement rapprochés en espèces de bottes, semblaient montrer clairement son origine. Dillen dit encore dans son texte , qu'il avait vu dans l'herbier de Guill. Sherard , la même mousse provenant de l'île de la Providence, l'une des Antilles. Hedwig , à qui non seulement la Bryologie doit son plus beau lustre, mais la physiologie végétale elle-même est rede- vable de travaux importans, reçut de Dickson, célèbre crypto- gamiste anglais, et publia dans son immortel ouvrage intitulé Musci f rondo si , sous le nom de Flssidens semicompletus, la se- conde espèce de ce genre. C'est à tort qu'il donne la précédente comme identique à celle-ci et nous prouverons que, fondé sur lajseule figure de Dillen, M. de la Pylaie a bien fait de les sépa- rer de nouveau. Hedwig confesse ne pas connaître la patrie de sa Mousse. Bien que les racines nombreuses qui partent des du- plicatures des feuilles, à la naissance des rameaux, semblassent le dissuader de regarder la plante comme aquatique, néanmoins d'autres caractères propres aux Mousses submergées le portèrent à penser que la sienne avait bien pu vivre au sein des eaux. Nous verrons dans la suite que la présence des racines qui embarassait les deux bryologistes cités , s'explique parfaitement lorsque l'on naître. Je me bornerai ici à tracer l'historique de ce genre et à décrire l'espèce européenne dont la fructification ne nous est connue que depuis peu de temps. Je conviens qu'il est peu naturel de scinder ainsi ce travail monographique; mais les convenances me forcent de subir la nécessité de cette division. c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. il\i connaît bien toute l'histoire de la végétation des Mousses dont il s'agit. Mais dire comment Hedwig, si habile observateur , a pu se tromper sur le nombre des dents du péristome', cela me paraît fort difficile.il faut en effet supposer ou que, comme il le donne lui-même à entendre , les échantillons qu'il a eus à sa disposi- tion étaient imparfaits , les capsules à moitié détruites, Jes dents presque soudées entre elles, ou bien encore que l'instrument dont il s'est servi pour les observer, était mauvais, dernière sup- position que rendent du reste improbable la perfection et l'exac- titude habituelle de ses dessins. L'éiat de décrépitude des fleurs mâles qui ne lui a pas permis d'étudier, ni même de voir les anthéridies, fait plutôt pencher pour la première explication. Quoiqu'il en soit , comme mon Conomitrium Hedwigii me pa- raît complètement identique , du reste , au Fissidens semi- completus de cet auteur, j'ai tout lieu de croire qu'il s'est glissé quelque erreur, soit dans l'observation de la plante, soit peut- être dans !a rédaction elle-même des faits observés. L'auteur dit positivement: octo dentés bifidi rutilantes transversim striati, et en effet dans le plus fort grossissement de la capsule (fig. 7) il en montre quatre occupant la demi-circonférence de son ori- fice. Mais si l'on, jette les yeux sur la figure 6, montrant cette même capsule déoperculée terminant un rameau, et vue à un grossissement presque égal, on reconnaît que dans le même espace il y en a sept ou huit d'indiquées. À laquelle de ces deux figures s'en rapporter? A la première sans doute, puisqu'elle est confirmée par le texte. Je soumets mes doutes au savant bryo- logiste possesseur de l'herbier d'Hedwig; lui seul est capable de les lever. En attendant , l'analogie peut venir à l'appui de ma manière de voir. Si, effectivement, dans deux autres espèces du même genre dont rien n'était connu , ni de la structure du péris- tome, ni des organes sexuels, si, dans une troisième toute nou- velle, due aux recherches de l'infatigable et malheureux Bertero, je retrouve non pas huit , mais seize dents bifides comme dans celle qui ne diffère que par ce nombre de la Mousse d'Hedwig, ne suis-je pas autorisé à conclure qu'il y a là quelque erreur cachée? On m'opposera le nom d'Hedwig, je nen puis douter. Personne plus que moi ne professe d'admiration pour les tra- VIII. Botah. «- Octobre, 16 il\'i c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. vaux de ce savant illustre. Mais quel homme est à l'abri de Ter- reur dans des matières si difficiles? Quant à moi , retrouvant tous les autres caractères de ma Mousse dans celle d'Hedwig , je n'ai point voulu créer une nouvelle espèce; j'ai préféré la rapporter au Fissidens semi-completus en changeant le nom spécifique. Que si je me trompe et que mon espèce diffère de celle cl'Redwig. je ne m'en crois pas moins fondé à faire rentrer cette dernière dans le genre Conomitrium, sous le nom de C. semicompletum. La troisième espèce connue de ce genre, a été découverte en Italie par Micheli, qui la caractérise ainsi à la page 1 44 de s °n précieux ouvrage intitulé : JSoça plantarum gênera : Muscus pennatus aquaticus ramosissimus , Linariœ folio , capitulis. . Plus tard , elle fut retrouvée par Savi dans les fossés des eaux thermales de Saint-Julien et publiée sous le nom de Fon- tinalls Juliana , dans sa flore de Pise. Depuis lors, elle a été observée sur divers points de la France, près d'Avignon par M. Requien , de Dax et surtout en Bretagne où elle est commune, par M. M. Hectot, Duvau, Gauvin et de la Pylaie. M. De Can- dolle, dans son supplément à la flore française, adopta le nom de Savi et rejeta celui de Skitophyllum par lequel M. de la Pylaie l'avait désignée dans sa monographie. L'illustre professeur de Genève donna pour motif de ce rejet , l'ignorance où l'on était de la fructification de cette Mousse. Pollini, dans sa flore de Vé- rone, et M. Duby, dans le Botanicon gallicum, l'admirent aussi sous le même nom. Il était réservé au savant mouographe breton de découvrir cette fructification, et c'est à la généreuse communication des échantillons qu'il récolta en cet état dans l'île d'Ouessant, en face de la rade de Brest, que je dois une partie des faits qui m'ont mis à même de composer ce mémoire. Les deux espèces rapportées d'Amérique par M. Alcide d'Or- bigny , m'ayant donné l'occasion d'étudier à fond ces Mousses, dont le seul port semblait indiquer qu'elles appartenaient à un genre naturel , et voulant d'ailleurs m'aicler de toutes les res- sources qui étaient à ma disposition , je profitai des relations amicales que j'avais avec M. de Pylaie, pour le prier de me c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. 243 donner , clans l'intérêt de la science , tons les renseignemens qu'il pourrait nie communiquer au sujet de la Mousse en question. J'étais surtout curieux de savoir si , comme M. Des- vaux l'écrivait à Bridel en 1827 , il avait en effet trouvé les cap- sules mûres de son Skitophyllum fontanum. Je dois dire que mes espérances, loin d'être trompées, ont été surpassées, que M. de la Pylaie, avec une générosité peu commune, non-seu- lement a mis à ma discrétion tous les échantillons de cette Mousse qu'il avait recueillis en 1819 et négligés depuis cette époque dans son herbier , empêché par d'autres soins et d'au- tres occupations, mais encore ma communiqué les notes pré. cieuses qu'il avait prises le jour de cette importante découverte, notes dont je ferai usage lorsqu'il s'agira de l'histoire spéciale de la Mousse en question. Dans sa monographie du genre Skitophyllum, ce savant a inséré séparément les deux espèces d'Hedwig et de Dillen dont il a été fait mention au commencement de cet historique, et qui ne lui étaient connues que par des figures. Il est le pre- mier qui ait vu que l'une était bien distincte de l'autre. Il a en conséquence nommé la dernière Skitophyllum Dillenii , nom spécifique que nous avons religieusement conservé. Maie M. de la Pylaie s'est écarté des règles adoptées par les bota- nistes en changeant celui de la troisième espèce. Le. Fontinalis Juliana Savi devait devenir le Skitophyllum Julianum et non pas & fontanum, le premier de ces deux noms spécifiques n'impliquant nulle contradiction. Vint ensuite Bridel qui dans son Species muscorum (tom. i p. 162 ) établit le genre Octodiceras sur l'espèce d'Hedwig, ou plutôt sur la figure que ce dernier en avait donnée, car l'auteur du Bryologia universa n'avait jamais vu , des trois Mousses qu'il réunissait à ce genre, que l'espèce d'Europe , Y Octodiceras Ju lianum dont la fructification lui était d'ailleurs , comme à tout le monde, complètement inconnue. Enfin un muscologue dont on connaît généralement l'habi- leté, M. Walker-Arnott {Mémoires de la Société d'Hist. nat. de Paris, tom. 2, p. 276) réunit ces plantes, avec doute cependant, au genre Dicranum et ne fait même qu'une seule espèce de la 16. 244 c - montagne. — Sur le genre Conomitrium. Mousse d'Hedwig et de celle de Savi, Mousses qui sont pour- tant si différentes comme on le verra plus loin. Toutefois , il faut convenir que ce savant fit preuve d'une grande sagacité en prévoyant dès-lors que ces Mousses devaient un jour constituer un genre spécial dont les caractères étaient encore à trouver. Voici dans quels termes il s'exprime au lieu précité : « C'est « avec doute que je joins ici le Skitophyllum fontanum , qui « a été trouvé en Europe, mais jamais en fructification. Peut- « être le Dicranum semicompletum lui-même, doit-il constituer « un genre, ainsi que Bridel l'a établi. Hedwig n'a figuré que « huit dents au péristome de cette Mousse qui d'ailleurs est « fort peu connue. » L'étude analytique que je ne tardai pas à faire du Conomi- trium Julianum communiqué par M. de la Pylaie, me montra pour la première fois un organe important pour la classification des Mousses et qui jusqu'ici était resté complètement ignoré, même dans les espèces de Dillen et d'Hedwig. Cet organe est la coiffe. Bridel, jugeant par analogie, l'avait crue cuculliforme. Mais l'observation prouve que l'analogie est quelquefois trom- peuse, car cette coiffe est au contraire entière à la base, co- nique ou en éteignoir. Or si, dans la famille des Mousses, ce ca- ractère à une très grande valeur et suffit seul pour constituer un genre, que sera-ce quand il viendra en confirmer un déjà si na- turel par tous ses autres caractères? Je me suis assuré que la coiffe était également conique et entière dans le Conomitrium Berterii. Ainsi sur les quatre espèces dont se compose aujourd'hui ce genre , il y en a la moitié dont les caractères tirés du port et de Xhabitat sont corroborés par un autre pris dans la forme d'un organe essentiel. Je crois donc qu'on peut cette fois, sans abuser de l'analogie, prononcer que cet organe, qui, comme on le conçoit facilement, doit tomber de bonne heure, en- traîné par le cours des eaux , se retrouvera un jour dans les deux autres espèces. On voit que c'est la forme spéciale de la coiffe qui m'a autorisé à établir le nouveau genre Conomitrium, et c'est de cette forme que j'ai composé le nom. Celui cYOcto- diceras imposé par Bridel ne pouvait être conservé puisqu'il im- plique contradiction, le nombre des dents étant de seize dans c. montagne. — ■ Sur le genre Conomitrium* 2^5 toutes les espèces. J'aurais adopté le Skitophyllum , en le mo- difiant toutefois de manière à rappeler l'étymologie, ei; Schis- tophyllum, comme l'avait fait Bridel, si M. de la Pylaie qui ne connaissait pas encore la fructification du Conomitrium Ju- lianum à l'époque de la publication de sa monographie, n'y avait réuni le genre Fisside ns d'Hedwig, dont la coiffe est cuculli- forme. Je me suis donc vu dans la nécessité de créer un nom nouveau pour un genre bien naturellement circonscrit par Bridel, puisque le sien était, selon moi , fondé sur une erreur, ou tout au moins sur un état anomal. J'ai ajouté une quatrième espèce aux trois autres déjà con- nues. Elle est due àBertero qui l'avait prise pour une Najade, parce qu'il l'avait recueillie dans des sources vives au sommet de collines très élevées, non loin de Quillola,au Chili. Des échantillonnes deux premières espèces, rapportés par M. Alcide d'Orbigny, me mettent à même de compléter leur description. Enfin , grâce à la découverte de M. de la Pylaie, je puis faire connaître la^fructification d'une espèce qui , depuis plus d'un siècle qu'elle est publiée, n'avait jamais été rencontrée avec des capsules. CONOMITRIUM Montag. Octodiceras Brid. Skitophyllum Lapyl. Fissioens Hedw. Schwœgr. Brid., Musc, récent. Cecalyphum , Pal. Beauv. Di- crancm, W. et M. Walker-Arnott. Hypnum Gmel. Fontinalis Dill. Savi. DC. Pollini, Dnby. Harisona Adans. Nomen è graecis vocabulis xwvoç et phpiov coalitum, formam ca- lyptrœ conicam dénotais. Car. essent. Peristomium simplex. Dentés sedecim bifidi, cruribus subinaequalibus. Calyptra conica basi intégra subre panda. Theca œqualis. Semina majuscula e luteo-fusca. Car. sex. Flos monoicus. Masculus gemmiformis brevissimè pedunculatus femineusque vel in duplicaturâ foliorum nidu- lantes vel apicem propriorum ramulorum terminantes. Anthe- i/[6 c. montagne. — Sur le genre Conomilrium. ridia3-5, parapbysibus paucis vel nullis cincta. Archegonia i-4 ? unico fecundo , paucissimis aut nullis paraphysibus stipata. Car. natur. Planta? tenerœ, fluitantes, filiformes, ramosae. Habitus subfïssidentoideus , pinnatus , elegans. Folia laxè dis- îicha, duplicato-fîssa, nervata, integerrima, tenerrimè reticu- lata; perichsetialia 3-4 ovata , concava , ininima. Theca erecta ovata,aut obconica, breviter pedunculata. — Patria in aquis vivis utriusque orbis aut in alveis torrentium Americae meridionalis. Yita caespitosa perennis. Genus Fissidentibus affine tàm forma frondis quàm dentium conformatione numeroque, sed ealyptrâ conicâ basi intégra ut et habitatione in aquis, maxime autem diversum. Sect. I. Pedunculis terminalibus. Conomitrium Hedwigii, Montag. Fissidens semicomplelus Hedw. Musc, frond. III. p. 34. t. XIII. — Ce- talyphum semicompletum Pal. Beauv. Prodr. p. 5^. — Skitophyllum semi- completum de La Pyl. Journ. Bot. Desv. ? i8i 3. V. p. i. t. 38, fig. i3. — Octodiceras fissidentoides Brid. Mant. Musc. p. 186. t. 1. fig. 7. — Ejusd. Bryol. univ. II. p. 676. — Dicranuml semicompletum. W.-Arn. Mém. Soc. Hist. naî. Par. 2. p. 276, et Mém. Soc. Lin. Par. I. p. 254. C. caule flexuoso fîliformi fluitante raraoso, foliis subdisticliis lanceolatis acutis . , , inferioribus minutis squamiformibus , pedunculis in ramis termi- nalibus , thecœ obovatae operculo conoideo-acuminato. Hab. Huncce muscum saxis et arborum radicibus aquâ exfossis adhaerentem in alveo cujusdam torrentis exsiccato quidem , sed post imbres inundato, in consortio sequentis at illi non immixtum, propè Valparaiso Regni chilensis, legit cl. Akide d'Oibigny Conomitrium Julianum, Montag. Muscus pinnatus aquaticus ramossissimus , Linarice foliis , capitu- lis... . Mich. Nov. Gêner, p. 114. n° 87 et 88. — lontinalis Juliana Savi. FI. Pis. 2. p. n4. — De Cand.Fl. Fr. VI. p. 236. — Pollini FI. veron. III. p. 385. — Duby Bot. Gall. p. 554. — Skitophyllum fontanum La Pyl. c. mojntagne. — Sur le genre Conomitrium. 247 Journ. Bot. Desv. i8i3. V. p. 52. t. 34, f. 2. — Octodiceras Julianum Brid. Bryol . univ. T. II. p. 678. Dicranum? semicompletuml W. Arn. Loc. cit. C. caule fluitante tenerrinio capillari subpinnaùm ramosissimo ramisque frondiformibus , foliis alternis distichis angustissimè lineari-binceolalis acutis- simis ; pedunculis ramulos axillares brevissimos terminantibus , thecae om- nium minimœ obconiese vel turbinatœ operculo convexo longissimè rectèque rostrato. Hab. In rivulis Italiae, Corsicae et in aquis puris fontium Galliae meridionalis occidentalisque vulgatissimum , sed semper usquedùm stérile repertum. In solâ insulâ Uxanthus dicta (Ile d'Ouessant) littoribus armoricis obversâ, banc speciem insignem capsulis maturis onustam in quâlam fonte nomine Lanc- grac'h insignitâ , aprili i8ic)*exeunte detexit et mecum nupcrrimè (1837) tan- tùm communicavit cl. de la Pylaie, indagator olim stretmus muscorum nec non generis Skitophylli monograplius egregius. Descr. Caulis fluitans repensque , tenerrimus , capillaris ; 2-4 pollicaris, junior simplex* tandem ramossissimus. Rami vel hypogynaei, vel ex axillis folio- rum orti, patentes, frondiformes , circnmscriptione varia, aut obovatâ, aut longé lanceolatâ, complanati, iterùm ramosi. Folia disticha approximata aut remotius- cula , plus minùsve palentia, augulum 45o — 8o° cum ramo efformantia , alterna, in aliis exemplaribus recta, in aliis verô deorsùm incurvata, inferiora squamuliformia , superiora augustissimè lanceolatâ acutissima, margine inte- gerrima, ad médium usque duplicato-fissa , è fissura ad basin ramulorum ra- diées varia; longitudinis emittentia. Retis areolae maximae variœ , subrotunda: oblongseve tetra aut pentagonœ (numquâm autem mihi ut Bridelio lineares visae), in apice foliorum juniorum aut perigonialium liberse, secùs nervum om- nium maximal, interstitiis crassis. Flos masculus alaris, gemmiformis subpe- dunculatus. Folia perigonialia quatuor, quorum exteriora ovata concava enervia breviùs mucronata sunt, interiora autem nervosa snbulata cseterum prioribus conformia. Antheridia quinque oblonga basi attcnuata subpedicellata laxè cellulosa, alia Iiumore rubro repleta, alia jam effœta. Inler folium cxtimum et intimum cauli proximum alia antheridia (3-4) observantur. Flos eemineus ad basin sœpiùs innovans, in speciminibus sterilibus olim à cl. Lenormand mecum communicatis jàm pi idem observatus sed non fecundatus. Est autem ad apiccm ramulorum 1-3 axillarium positus. Folia perichsetialia ramulorum terminaJia caeteris subsimilia teneriora tamen etpellucida; deorsùm sursùmve magis incur- vata, aecinaciformia, inœqualia; teitium intimum brevius fissura nullâ instruc- tum reperitur. Archegonium semper unicum, fœcundatum lauceolatum stylo coronatum absque paraphysibus. Pedunculus è v^ginâ oblongâ viridi ad apicem ramulorum axillarium subternorum terminalis , solitaiW, erectus, brevissimus, nequidem mediam millimetri parlcm metiens. Capsula minutissima obconica 248 c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. pyxidalave, concolor, viridis, epsdem ac peduuculus longitudmis. Peristomie dcntcs scdecim arnœuè purpurei , transversim striati, bifidi, cruribus brcvibus, obtusis, truncalis, obsoletisvc, apice varié pertusis. Operculum è basi convexâ longissimè acuminato-rostratum, margine rubellum , cœterùm luteolum , capsula? liuà cum pcduuculo lougitudincm adœquans. Cai/ïttra elongato-conica , acuta i tenerioriœtate uigrc-viridis, longitudinaliter striatula, è margine integro rcpando sulitiflcxo radicellas numerosas interdùm agcns et cum opcrculo cito decidua. Somiuula sphaerica lœvia. QBS;{jVoici l'espèce la plus anciennement connue de notre genre Conomitrium. Depuis Micheli qui l'observa, il y a plus d'un siècle, aux environs de Florence, jusqu'à l'époque actuelle, les lieux où elle a été rencontrée sont devenus chaque jour plus nombreux. Il n'est pas, au dire de M. de la Pylaie, une fontaine ou une source vive de la Bretagne qui n'en contienne de nombreux individus. C'est à ce savant qu'était réservée la gloire d'en découvrir la fructification encore ignorée aujour- d'hui de tous les bryologistes. Yoici les circonstances qui ont accompagné cette découverte; mais je vais laisser parler M. de la Pylaie lui-même, me bornant à transcrire la note qu'il a bien voulu me communiquer. « Enfin , par un singulier hasard , je viens de trouver ma a plante fructifîée. J'étais encore à l'île d'Ouessant et je rega- « gnais mon logement, forcé par la tombée de la nuit d'ache- « ver mon herborisation. Je ne pus pourtant me décider à « passer devant la fontaine de Lanegrac'h sans essayer d'y re- « cueillir encore quelque chose. Ne pouvant plus herboriser- « des yeux , je le fis avec la main , prenant autour de la fon- ce taine tout ce que je pouvais saisir au hasard. Le lendemain, « je visitai ma -récolte nocturne et trouvai mélangés avec « quelques débris de conferves, plusieurs exemplaires de mon « Skitophyllum fontanum fructifies. Les ayant déposés dans » un vase plein d'eau, je ne fus pas peu étonné de voir leur a pédicule se dégager de la gaîne et les capsules venir flotter « à la surface du liquide. » Cette Mousse est assez dissemblable à elle-même selon l'âge ou la localité, selon qu'elle estt stérile ou fructifiée. Non-seule- ment elle varie en grandeur, puisque les échantillons offrent c. montagne. — Sur le genre Coiiomilriuni. ^49 de un à quatre pouces de longueur , mais encore sa couleur et sa ramification, 1 écarteraient de ses feuilles, toujours étalées pourtant, et la longueur de sa nervure présentent de grandes va- riations. Je ne connais aucune autre espèce chez laquelle soient aussi nombreuses les racines qui partent de toutes les aisselles des feuilles caulinaires ou raméales , dans les points surtout où naissent les rameaux courts que j'ai dit porter les pédicelles à leur sommet. C'est principalement de Ja base de ces rameaux qu'il en naît davantage. Aussi est-ce un des moyens de propa- gation de l'espèce , le seul sans doute qui serve à la perpétuer dans les lieux où la fructification n'a pas été observée. A une certaine époque-, en effet, le rameau se détache de la tige-mère qui l'a engendré et nourri, et, muni de ses racines, il va se fixer sur les parois de la fontaine où il continue à végéter pour son propre compte. Il est à remarquer que , dans nos exemplaires, presque tous ces rameaux portent une fleur femelle à leur sommet. On explique d'ailleurs assez facilement le développe- ment successif et la ramification de la plante par les innovations hypogynes (innovationes hypogyneœ) qui partent de l'aisselle de la feuille immédiatement inférieure à celles qui forment le périchèse. J'ai même observé une de ces innovations déjà munie à son sommet d'une fleur femelle fécondée. Les racines en- vahissent tellement toutes les parties de cette jolie mousse qu'il en naît même du bord de la coiffe. Celle-ci tombe presque toujours en même temps que l'opercule, et cela a lieu de bonne heure. Ainsi que l'a observé M. de la Pylaie, la cap- sule elle-même munie de son pédicelle , sort aussi de bonne heure de la gaine avec laquelle celui-ci paraît peu solidement uni. Elle subit une sorte de désarticulation ; la base de ce pédi- celle étant obconique, abandonne facilement la gaine. C'est une des capsules les plus petites de la famille des Mousses. Elle a à peine un demi-millimètre de longueur et son pédicelle pas davantage. L'opercule et la coiffe ont une longueur double, c'est- à-dire un millimètre. Le péristome est composé de seize dents d'une belle couleur purpurine, à peine bifurquées, comme rongées au sommet et percées de trous. Il paraît que le sommet des dents, composé de cellules très menues, reste adhérent à i5o c. montagne. — Su?' le genre Conomitrium. l'intérieur de 1 opercule. Quand en effet on enlève celui-ci avec précaution sur une capsule arrivée à la maturité parfaite, où parvient à en conserver d'entières, et l'on voit alors qu'elles sont ou acuminées ou plus sensiblement bifides, et presque trans- lucides , tant ce sommet est mince. On remarque des lacunes plus grandes là où devrait se rencontrer la bifurcation. Les échantillons communiqués par l'inventeur sont chargés de fructifications. Le réseau des feuilles est différent de ce qu'en disent M. de la Pylaie, et Bridel qui l'a copié. Examiné, il est vrai, à un gros- sissement de 38o diamètres, les cellules qui le composent sont bien distinctes, arrondies, tetra- ou pentagones anastomosées entre elles par d'épais interstices , beaucoup plus grandes le long de la nervure où les feuilles paraissent perforées, que partout ailleurs. Sect. II. — Pedunculis axillaribus. Conomitrium Dillenii, Montag. Muscus americanus Linariœ foliis acutissimis Tourn. Inst. p. 555 (Coït. Bridel) Fontinalis parpa, foliis lanceolatis Dill. Hist. Musc. p. a5o, t. xxxm. fig. 4. Fissidens semicompletus Hedw. et auct. — Skitophyllum Dillenii , La Pyl. 1. c. p. 54. t. 36, fig. i4. — Octodiceras Dillenii Brid.Bryol. univ. II. P- 677. C. caule frondiformi fluitante prostratove simplici vel ramoso , foliis alternis distichis oblongo-lanceolatis subscalpelliformibus erectis evanidiuerviis; pe- ' dunculis solitariis rariùs gemcllis axillaribus cauligenis ; thecae ovata? operculo cuspidato incurvo. Hak. in eodem loco cum Conomitrio Hedwigii* Conomitrium Berterii, Montag. Najas? Spec. nov. ex Bertero Collect. !N° 1 1 75. C. caule fluitante fîliformi rarnosissimo , ramis superioribus subfasciculatis, foliis distichis dissitis, alternis. angustissiraè linearibus patenlibus , suprcmis longissimis ; pedunculis 1 ad 3 axillaribus cauligenis, thecœ ovatae operculo acumiuato. Hab. ad saxa in scaturigiuibus collium editiorum , loco la campana chica dicto (gallicè , la petite cloche) propè Quillota, in Regno Chilcusi , à bcato Ber- tero detectum et ci, ut par est, religiosè dicaturu. 2. c. montagne. — Sur le genre Conomitrium. 25 1 Obscuriores. Fissidens debilis Schwœgr. Supplem. t. i p. n.'F. caule debili suMexuoso patentif ramoso , foliis lineari-lanceolatis remotis distichis patentibus iutegerrimis nervo ultra medio. Brid. Bryol. uuiv. n. p. 706. Hab. In insulâ Borboniâ à clar. Aubert du Petit Thouars dctectus et cum Schwsegrichenio communicatus. De hâc stirpe non visa , forte meliùs cognitâ ad Conomitrium adnumerandâ plura nesciinus. An tan ùm forma? C. Hedwigii ? Analyse des espèces. Pédicelles terminant les rameaux 2 — axillaires. , . . . . 3 Opercule plus court que la capsule C. Hedwigii. — plus long — . C. Julianum. n ( Rameaux pinnés, feuilles patentes . fil C. Berlerii. \ Rameaux frondiformes, feuilles droites ..... C. Dillenii. DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES ESPÈCES. Les espèces du genre Conomitrium habitent de préférence les climats tempérés des deux hémisphères , presque toujours en dehors des tropiques ou au moins sur leurs limites. Ainsi les échantillons que Dillen dit avoir 'vu dans l'herbier de Sherard et qui provenaient de l'île de la Providence de même que le Fis- sidens debilis de M. Schwcegrichen trouvé par du Petit Thouars à Bourbon, appartiennent aux points les plus rapprochés de l'équateur où aient encore été observées cesMousses. A l'exemple de la vigne et du maïs , l'espèce européenne s'avance beaucoup plus au Nord, dans l'Ouest que dans l'Est. Sa limite d'un côté est Avignon , de l'autre, St.-Malo et Coutances. EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE [\. Fig. 1. Mousse de grandeur naturelle ; échantillon fructifié. Les capsules se voient à peine à l'œil nu. Fig. a. La même espèce stérile et beaucoup plus rameuse; grandeur naturelle. Fig. 3. Sommet d'un rameau de la première, où l'on voit mieux la forme des feuilles et leur duplicature. On en a coupé trois pour ménager la place. Ce dessin est fait à un grossisse- ment de seize diamètres comme les trois numéros suivans. Fig. 4. Capsule déoperculée. 252 c. montagne. — Sur le genre Couomitrium. Fig. 5. Opercule. Fig. 6. Coiffe. Fig. y. Moitié du péristome grossi à quatre-vingts diamètres. Fig. 8. Un des rameaux axillaires à l'extrémité desquels naît le pédicelle. On voit en a, une ileur femelle fécondée, terminant une innovation hypogyne et en b une capsule munie de son opercule; en c, enfin, se remarquent de nombreuses racines, au moyentdesquelles, à une certaine époque, le rameau , se séparant de la plante-mère , va se fixer au sol et végéter à part. Cette figure est grossie douze fois. Fig. 9. Fleur mâle gemmiforme. Fig. 10. Anthéridies vues à un grossissement de cinquante diamètres. Fig. 11. Gaine et base du pédicelle, coupés longitudinalement, pour montrer la manière dont celui-ci est articulé avec le premier (seize diamètres). Fig. 12. Réseau des feuilles caulinaires grossi trois cent quatre-vingts fois. Fig. i3. Séminules vues à un grossissement de quatre-vingts diamètres. Symblepharis, nouveau genre de Mousse du Mexique, Par Camille Montagne , D. M. Symblepharis Montag. Charact. essent. — Peristormum simplex. Dentés sedecim per paria approximati infernè trabeculis transversis connexi , apice liberi bifidi in conum conniventes. Capsula angustissima elongata subinsequalis exannulata. Operculum....Calyptra cylin- drico-subulata basi angustissima fîssa.Columella praesens.Semina pusilla globulosa laevia. Charact. sex. FIos monoicus , masculus gemmiformis in foliis caulinis alaris , antheridiis 8-1 5 clavaeformibus subpedicellatis , paraphysibus raris articulatis perichœtioque cinctis; femineus terminais vel ob innovationem pseudo-lateralis, archegoniis... uno foecundo paraphysibus paucissimis stipato. Charact. nat, — Habitus didymodontoideus vel dicranoideus. Caulisadscendens. Folia basi ampliatavaginantia , demùm linea- ri-subulata nervo instructa ad instar volutaj circinata. Capsula pedunculata cylindrica longissima subobliqua microstoma. Ha- bitatio arborea in regno mexicauo. Vita caspitosa. c. montagne. — Sur le genre Symblepharis. aS3 Sjmblepharis helicophylla (Montag Mss. ). Foliis à basi latâ oblongâ subauriculatâ vaginante longissimè lineari- subulatis apice dentatis, crispato-involutis. Hab. ad corticem arborum in Provinciâ Oaxaca Regni Mexi- cani à D. Andrieux lecta. Desc. — Caulis adscendens , mox erectus, 8-linearis simplex vel innovatione hypogynœâ ramosiusculus. Folia imbricata è basi subquadrato- oblongâ , obovatâve vaginantia , in subulam linea- rem longissimam producta , apicem versus margine dentata , dentibus sublente acri subspina?formibus , nervo mediocri con- tinuoinstructa, madore primo patenti-subreflexa, demùiTi invo- luto-falcata , siccitate ad instar helicis convoluto-crispatissima , pallide lutea. Ferichœtialia exteriora , si partem vaginantem longiorem excipias , caulinis similia , intimum autem unicum elongatum convolutum acuminatum nervo tenui , manifeste tamen , instructum. Retis areolae partis subulatae, tenuissimçe quadratœ , vaginantis verô elongatse parallélogramme. Peduh- culus è vaginulâ elongatâ cylindricâ terminalis vel innovatione pseudo-lateralis erectus semunciam metiens, sursùm tortilis , stramineo-luteus. Capsula angustissima vix quintam lineœ par- tem lata,sesquilineam longa, incurviuscula, subinsequalis , scili- cet arcu altero paululùm breviore dilutè fuscella, ore rubello. Peristomii dentés 16 per paria approximati,trabeculis 3-4 trans- versis infernè connexi , basi rubelli apice liberi ■ bifidi , albes- centes, siccitate introrsùm ad médium horizontaliter flexi, ma- dore verô erecti in conum conniventes. Operculum deest. Calyp- tra longissima basi helvola angustissima fissa, medio leniter ampliatâ apice subnlata dilutè luteo-fusca. Flos masculus gemmiformis in axillis foliorum caulis innova- tionumque sessilis. Perichœtium foliis ternis ovatis concavis nervosis acuminatis, acumine patulo, constat. Antheridia 8 ad 1 6 cylindricâ, subclavceformia,brevissimè pedicellata luteo-fusca raris paraphysibus œqualiter articulatis stipata. Obs. Ce genre, essentiellement distinct, soit qu'on le consi- dère dans l'ensemble de ses caractères naturels , soit qu'on ne fasse attention qu'à la conformation de son péristome, appartient à la tribu ou section des Trichostomoïdèes. On peut le regarder 2 54 sctilechtendal. — Révision du genre Anoda. comme un Dicrauum, dont les seize dents, rapprochées par paires, seraient réunies incomplètement dans les deux tiers inférieurs de leur étendue par la soudure mutuelle de leurs îrabêcules {trabeculœ Bryologor.). Le péristome de notre mousse pourrait encore être envisagé comme formé de trente-deux dents, réunies quatre par quatre dans une grande partie de leur lon- gueur, les deux externes de chaque côté par une soudure presque complète avec l'intérieure, qui lui correspond; les deux internes par des prolongemens allant de l'une à l'autre et laissant des ouvertures dans leur intervalle. Cette façon de voir est fondée sur ce que ces trente-deux dents, presque toujours libres et distinctes au sommet , sont d'ailleurs indiquées par des sillons qui régnent dans toute la longueur de la dent composée. On aperçoit même sur quelques-unes, dans la direction de ce sillon, des jours qui prouvent que la réunion , quoique normale, n'en est pas moins le résultat d'une soudure. Il est bon de noter que, entre ces huit paires de dents , il existe un grand espace, qui équivaut presque à la largeur d'une dent simple , circonstance qui empêche de réunir cette mousse aux vrais Dicranes. On ne peut pas la rapprocher davantage du genre Orthotheca , de quelques individus duquel elle semblerait avoir le port, puisque ce genre est caractérisé par une capsule droite , ainsi que son nom l'indique , par des dents à la vérité réunies deux à deux , mais libres et entières au sommet , enfin par une coiffe mitri- forme. Révision du genre Anoda, par Schlechtendal. (Linnaea. vol. xi, p. 2o5.) M. Schlechtendal s'occupe , dans son mémoire > du nom du genre Anoda, des caractères qui ont servi à Cavanilles à séparer ce genre des Sida: il rappelle l'attention des botanistes sur les caractères que, d'après l'observation de Kunth, les fruits de la famille des Malvacées présentent pour rétablissement de genres solides , et il indique avec beaucoup de détail la structure du fruit de Y Anoda, telle que Dillenius et Cavanilles l'ont déjà reconnue. Toutes les espèces de ce genre, à l'exception de VA. incarnata Kunth, sont annuelles et toutes se trou- vent dans le Mexique. Deux d'entre elles sont répandues , en outre , dans des contrées plus méridionales. C'est sous le nom de Sida crislata , que Linné a compris les trois plantes qui ont servi à Cavanilles à établir ses trois espèces d' Anoda, tout en méconnaissant les figures citées par Linné pour les variétés de sctïleciitendal. — Révision d u genre Anoda. 255 son Sida cristata. Dans ses Icônes, publiés en 1799, Cavanilles ajouta aux Anoda hastata , trlloba et Dilleniana , VA. parviflora , en changeant, sans aucun besoin, son nom à' A. crenatijlora Ortega. Kunth ajouta à ce genre l'A. incarnata, Reichenbach VA. brachyantha , De Candolle les Sida trian- gularis Willd. et acerifolia Znc.y enfin Spreng éleva à neuf le nombre des espèces de ce gonre , en y ajoutant son A. centrota. L'auteur ayant dû , à plu- sieurs reprises , examiner les Anoda du Mexique , parvint à ïàes résultats qui diffèrent de ceux qu'on avait obtenus jusqu'à ce jour, et s'est par cette raison décidé à publier ses observations. Nous allons donner un aperçu succinct de son mémoire, qui sera d'autant plus intéressant pour beaucoup de botanistes, que plusieurs des espèces traitées exprofesso par Scblechtendalse trouvent répandues et souvent confondues dans les jardins botaniques. sect. 1. — Carpidiis dorso mucrone breviore longioreve instructis. (Anodae légitima?.) 1 . Anoda cmtata. Foliis infimis e corda ta vel rotundata basi ovatis plus minus acuminatis et grosse dentatis ; superioribus summisque subpanduriformi-acumi- tiatis aut ovato-lanceolatis,aut subhastatis , aut trilobis quinquelobisve ; pedun- culis hirsutis elongatis summis folia supcrantjbus,calycis fructiferi laciniis trian- gulis acutè-acuminalis ; petalis 9-12 lineas longis, calyce dupîo longioribus emar- ginatis ; fructu e Carpidiis i5-ao composito, breviùs longiùsve mucronatis. — Sida cristata j L. Sp. pi. éd. 2 , p. 9^4, n. 21 , excl. var. (3. — Anoda Dille- niana j Cav. diss. 1 , p. 4o, t. 11, f. 1. (La figure a _, représentant la corolle , n'appartient pas à cette espèce. ) — A. tri loba , Cav. diss. 1, p. 39, t. x, f. 3. Ce n'est qu'après avoir comparé un grand nombre d'échantillons spontanés et cultivés , que l'auteur a acquis la conviction que les deux espèces de Cavanilles doivent être réunies comme des formes d'une seule espèce extrêmement poly- morphe. En effet , la longueur des pointes du fruit , le nombre des carpelles, la grandeur des fleurs d'un seul et même pied, la forme des feuilles ainsi que les dents de leur bord , sont tellement variables , que ces parties ne sauraient servir seulement pour y établir des variétés. Les caractères constans de cette espèce sont : le calice, la forme des pétales, des graines, la pubescence. L'auteur énu- mère en détail les différentes variations que cette espèce présente soit spontanée , soit cultivée. Il en possède des échantillons de différeus points du Mexique. 2. A. hastata Cav. Foliis inferioribus cordatis truncatisve plus miuùs penta- gonis seu quinquelobis simulque grosse dentatis, intermediis quinquelobis, lobis acutis , medio majore; summis tandem hastatis ; pedunculis elongatis parce pilo- sis vel subglabris , summis folia aequantibus vel superantibus ; calycis fructiferi laciniis ovatis obtusiusculis mucronatis , petalis semi-pollicaribus obovato- cuneatis integerrimis calyce duplo longioribus , fructu e carpidiis 10-12 brevis- simè mucronatis composito. — A. hastata Humb. et Kunth, Nov. gen. 5., p. 2on. — A. Dilleniana L. V., p. 226, n. 4/4, excl. synon. omnibus. — Sida centrota Spr. syst. — S. acerifolia Zuccag cent, observ. inRomas collect. p. i48. — Sida etc. Royen fl. Leyd. prod., p. 34g, n. 3 , excl. syn. Houston mss. — Sida etc. Linn. hort. Upsal. , p. Ï99, n. 3. — Sida cristata L. Sp. pi. éd. 2, var. £. — Cette espèce vient au Pérou ( Dombey), à Cuba , à Cumana et dans le Mexique C'est avec doute que Cavanilles est cité, sa figure étant très mau- vaise. Peut-être les herbiers de Paris donneront-ils des renseignemens à cet égard et feront-ils admettre un autre des nombreux noms de cette espèce. Quant au Sida acerifolia Zucc. , dont De Candolle a fait son A. acerifolia , l'auteur italien ne lui attribue nullement des fruits rautiques. 256 schleciitendal. — Révision du aenre Ano aa. 3. A. triangularis D. G. Foliis grosse dentatis basi integerrimis, infimis subcordatis latissimis breviter acuminatis intermediis summisque subrhombeo- ovatis seu triangalis rariùs trilobatis , pedunculis hirsutis folio saepiùs et petiolo brcvioribus; celycis fructiferi triangulis acutè acuminatis ;petalis semipollicaribus emarginatis, calycem sequantibus , fructu e carpidiis 12-1 5 breviter mucronatis composito. — Sida triangularis Willd. Enum. Herb. Willd., n. 12,722; Humb. et Kunth,nov. gen. 5., p^ 206. — S. deltoidea Horneruann cat. hort. Hafn. (fide Willd.) S. suberosa Hortul. (fide Willd.) — S. incarnata Spr. syst. m, p. 1 15 . n. 7g,excl.synon. Anodœ incarnata? Kunth. — Jnodabrachyan.thaB.eich. hort. bot., t. xxxiv. — Croît au volcan mexicain Jorullo (Humb.). — De Candolle range dans cette section VA. incarnata Kuntb , dont les fruits sont inconnus, et que nous rejetons pour cela à la fin de ce mémoire. sect. 11. — Carpidiis dorso muticis. ( Anodœ vicinae.) 4. A. crenatiflora Ortega dec. 8 , p. 96. Gaule petiolis pedunculis calyce fructuque pilis stellatis brevibus scabrido-pubescentibus; foliis glabriusculis basi cordatis , inferioribus brevioribus tri-quiuque lobis , superioribus summisque denticulatis integerrimisve , hastatis vel auriculato-bastatis vel sagittaot-hastatis, lobis bis lateralibus brevibus longioribusveaciitisobtusisvc, medio valdè elongato forma vario mucronutato; pedunculis inferioribus folio multo brevioribus, supe- rioribus foliaciliùsdecrescentia et minuta superantibus; calycis fructiferi laeiniis ovalis acuminatis erectis ; petalis calycem paulo superantibus crenulatis; fructu e carpidiis 8-10 muticis composito. — A noda par vijlora Cav. le. V., p. 19 , f. 4, n. 3i ; Reicbenb. hort. bot. 1, f. 44. — Sida crenatiflora Willd. herb. Sprengel syst. — Sida parvijlora Willd. Eu. , p. 726, n. 28. — Habite dans la vallée mexicaine de Queretaro (Ortega, Cavanilles) , et se trouve depuis une quarantaine d'années dans nos jardins botaniques. Elle est très distincte par ses petites fleurs jannes, mais elle varie beaucoup par la forme de ses feuilles. 5. A pubescens nov. sp. Pube brevi stellata et tota pubescens, caule peduncu- lis petiolis calycibusque scabriusculis; foliis profundè cordatis, plus minus crenato- dentatis atque hastatis ceterum triangulis acutè acuminatis, infera pagina molli- ter subcanescentibus ; pedunculis folia superantibus ; calycis fructiferi laciniis elongato-acuminatis , acutissimis , patentibus ; petalis calyce sesquilongioribus rotundato-obovatis cuneatis integerrimis, fructu e carpidiis? duodenis muticis composito. — Cette espèce fut rapportée par G. Ehrenberg de Minerai el Monte, au Mexique , et paraît annuelle , comme l'est la précédente. Par sa pubescetice étoilée, elle se rapproche de l'A. incarnata Kunth, 6. A. incarnata Kuntb in Humb. nov. gen. V., p. 207. — Humboldt l'a trouvée cultivée dans le jardin botanique de Mexico, et elle paraît être vivace. Outre d'autres caractères , les étamines , dépassant la corolle , ne permettent pas de la réunir à Y A. triangularis , comme De Candolle le croit possible et comme Sprengel Ta, fait. — L'auteur n'ayant pas à sa disposition les premières parties du Botanical Magasine, n'a pu comparer les figures du Sida ctistala , f. 33o , et du S. hastata. f. i54i. ad. stéinheil, *— Accroissement des feuilles, 2 57 Observations sur le mode d'accroissement des feuilles. Par Ad. Stéinheil. Dans mon mémoire sur l'individualité dans le règne végétal, tout en convenant qu'une individualité rigoureuse ne peut être reconnue dans les plantes (1), j'ai cherché à établir: que « la « partie du végétal , qui se rapproche le plus de l'état indivi- « duel, est l'embryon ou le verticille , quel que soit le nombre « des parties qui le composent, simple dans les monocotylé- « dones, double dans les dicotylédones.» Que « la plante n'est donc qu'une répétition indéfinie de ver- « ticilles ayant la même valeur que le premier (cotylédonaire), « mais qui peuvent être modifiés par des soudures, des dédou- « Blemens , des associations et des dissociations. » Ces données n'étaient certainement pas nouvelles dans la science, comme on le voit par les citations mêmes que j'ai faites dans mon mémoire et auxquelles je me contenterai d'ajouter ici l'opinion de M. Bernhardi, parce qu'elle me paraît très favo- rable à mon sentiment : suivant cet auteur (2) , la jeune plantule doit être considérée comme l'organisme végétal le plus simple, et sa destination est de produire un second organisme ou indi- (1) Je dois citer encore ici comme preuves , à l'appui de cette donnée, les observations de M. Hugo Molil sur les Nostoclis (voyez la Diss. inaug. de M/Frisoni, Ueber die Ferhindung der planzen zellen, Tubingen, septembre i835, etlebeau mémoire deM. Rœper sur l'inflorescence : la comparaison fort ingénieuse que ce savant établit entre la fleur et l'inflorescence me paraît bien confirmative de mon assertion, qu'il n'y a dans les plantes que des individualités relatives. (2) Ueber die merkwùrdigsten Kerscldedenheiten des entwikellen Pflanzen-embrjûj Lin. i832, pag. 1 5g. M. Gaudichaudjregarde l'embryon monocotylédoné comme le type primitif de tous les organes : suivant lui, il se double, se triple, etc., dans les dicotylédones et les polycotylé- dones; cette opinion a été appuyée par l'approbation de M. deMirbel: elle est trop analogue à celle que nous soutenons depuis i83o pour que nous ne soyons pas heureux de nous préva- loir de si bonnes autorités. Voy. Ann. Se. nat. janv. i836. p. 24 et suiv. VIII. B0T4N. — Novembre. I n 2 58 ad. STEmufciL. » — Accroissement des feuilles. vidu; plusieurs autres botanistes, sans l'exprimer aussi nette- ment paraissent partager cette manière devoir. La seule chose à moi particulière dans ce travail fut le but dans lequel je l'avais entrepris, c'est-à-dire, l'usage que j'en fis comme démonstration de la théorie que j'avais émise précédem- ment surlaphyllotaxiset sur la formation des nombres typiques dans les fleurs. Toutefois, je ne pus avancer dans la carrière que je m'étais imposée sans rencontrer des opinions contradictoires, et, comme elles sont assez nombreuses, il en est que je me suis contenté de signaler en passant; parmi celles-ci , les plus importantes peuvent être résumées en une formule unique que voici : « le végétal est une formation continue, s accroissant suivant une ligne qui marche de bas en haut en décrivant une spirale » , formule à laquelle j'oppose celle que j'ai adoptée : le végétal est un être articulé s'accwissant de dedans en dehors par dédouble- ment } c est-à- dire , par la production de nouveaux individus qui s' accroissent de haut en bas. Comme dans mes précédens écrits , j'ai cherché à démontrer certaines parties de cette proposition, savoir : i° que la spirale observable est le résultat d'une déviation habituelle qui éloigne les parties du plan primitif; i° que le végétal est un être multiple; ce qui me reste surtout à faire maintenant, c'est de montrer i° que c'est une erreur de croire que la formation d'une feuille marche d'un bord à l'autre; 2° que chaque article simple s'accroît de haut en bas, c'est-à-dire, en sens contraire de ce que l'on croit apercevoir à la première inspection ; j'espère que le travail que va nécessiter la démonstra- tion de ces deux propositions nous fournira encore quelques résultats accessoires. I. Que la formation du tissu vasculaire des feuilles est le ré- sultat d'un dédoublement j Que leur développement a lieu par une extension dans tous les sens , et qu'il ne marche pas d'un bord à Vautre. L'opinion que j'entreprends de combattre ici n'a pas , que je ad. stewheil. —* Accroissement des feuilles, 259 sache, fait le sujet d'un travail étendu; elle a été mise en avant comme conséquence logique de ce fait que les feuilles sont dis* posées sur leur axe suivant une ligne spirale et basée sur l'obser- vation ? en ce que très fréquemment quand les pétioles sont embrassans, un de leurs bords recouvre l'autre qui semble ainsi avoir été formé postérieurement ; on a dit alors que la péribase de la feuille, plus étendue que Taxe, décrit elle-même une spi- rale (1); et on pouvaitencore ajouter ici, comme fournissant une indication analogue , tous les exemples de feuilles convolutées; mais cette disposition n'est certainement pas la plus fréquente dans la préfoHation,etles autres modes de plissement des feuilles seraient aussi contradictoires à l'idée d'une formation spirale que celui-là lui est favorable; cependant, pour ne laisser subsister aucun doute à cet égard , il suffit d'étudier le développement d'une des feuilles qui le présente dans une plante où elle puisse être observée fort jeune, et avant que ses bords soient courbés en dedans. Or, dans le Ficus elastica nous trouvons ces condi- tions d'une manière fort satisfaisante; si l'on examine une de ses feuilles lorsqu'elle a acquis toutes les dimensions, on verra que les deux côtés en sont parfaitement égaux ; un peu plus tôt , au moment où elle va se développer, mais où elle est encore recou- verte par Vochrea', quoiqu'elle soit déjà fort grande, on verra en détachant cette enveloppe qu'une moitié de la feuille est immé- diatement appliquée sur le bourgeon terminal , tandis que la se- conde moitié revient dé l'autre côté recouvrir la première, qui par conséquent est plus intérieure, la supérieure ayant son bord plus rapproché du bord externe delà feuille suivante: il y a donc là une formation spirale, mais en apparence seulement, car à mesure que l'on étudiera une feuille plus jeune, on verra que la portion d'un côté qui est recouverte par l'autre est moins étendue; enfin, dans une feuille très jeune, le recouvrement est à-peu-près nul, et ce qui reste du 'limbe n'est pas un côté mais bien le milieu avec ses deux bords ; la feuille est réduite à une nervure moyenne très forte et bordée seulement d'une petite lame pellucide égale des deux côtés et commençant à se courber au sommet où un (1) Voy. Flora x835, n. 10, p. i53, »7< a6o au, STÊiNHEiL. — accroissement des feuilles. bord passe légèrement par-dessus l'autre ; ces deux bords, à mesure que la feuille grandit, s'étendent d'une manière toujours égale des deux côtés, quoique l'un soit plus extérieur que l'autre. Une feuille de Lupin, que je conserve, m'a fourni uue preuve bien remarquable de la simultanéité du développement des deux côtés de la feuille. Celle dont je parle ne présente que 5 folioles; mais la plus extérieure de chaque côté est formée par deux folio- les soudées ; de sorte que des deux côtés il y a eu sur les organes parallèles une influence identique qui a déterminé leur soudure; cette identité est une grande probabilité en faveur de la simul- tanéité, car les circonstances dans lesquelles se trouve une feuille par rapport à sa puissance de développement doivent varier à chaque instant à cause de l'accroissement des autres parties qui modifient Faffluence des sucs. Que l'on observe les phénomènes qui se passent dans des feuilles lobées ou ailées, on verra que l'épanouissement marche toujours parallèlement le long de la nervure médiane et que jamais il n'est ascendant d'un côté puis descendant de l'autre , comme il faudrait l'admettre dans la théorie que nous combattons. Enfin , la forme même des feuilles semble incompatible avec elle; cependant ici nous devons con- venir que, dans un grand nombrede plantes, un côté de la feuille est plus développé que l'autre; cela est surtout remarquable dans le Symphjtum officinale , et paraît être le résultat d'une tendance assez générale dans la famille des borraginées, qui doit peut-être à cette cause la disposition spirale de ses feuilles. On sait que c'est à propos d'un Symphrtum que M. Schimper publia d'abord une partie de ses idées sur la Phyllotaxis{\) } l'inflorescence scorpioïde est certainement le résultat d'un avor- tement constamment unilatéral dans une cime dichotomique (2). (1) Description du SympJiytum zeyheri: P.ullet. Féruss. , juin i83o. — Mag. jiir Pharmac. von geiger, octobre 1829, janvier i83o. (1) Je suis arrivé à ce résultat en me livrante quelques recherches sur les relations des parties de la fleur avec la bractée. Ce travail est encore trop incomplet pour que je puisse actuelle- ment m'en servir pour justifier mon assertion ; toutefois je l'ai émi>e avec coufiance, parce que M.Spennera été amené à une idée semblable par une voie probablement différente. Cet auteur rapporte les grappes scorpioïdes aux inflorescences centrifuges. Voyez Haudhuch clcr angewand- ten Rotanik , Friboure, i83/j. ad. steinheil. — ' Accroissement des feuilles. 261 Nous pensons donc que'ces inégalités clans le bord des feuilles, si remarquables^lans les Celtidées , les Bégoniacées, les Tiliacées etc., doivent être expliquées par un développement moindre de l'un des côtés et non pas par sa formation successive ; cette espèce d'avortement unilatéral est quelquefois accidentel; ainsi, j'ai trouvé une jeune pousse de Lilas où , d'un côté , le limbe des deux feuilles formant une paire était beaucoup plus étroit que de l'autre. Dans certains cas où ce phénomène est assez habituel pour concourir à former en partie le caractère spécifique des feuilles, il est très facile de s'en rendre compte; c'est ce qui arrive dans un grand nombre de feuilles composées où le côté interne de chaque foliole est plus étroit que le côté externe qui a joui d'une plus grande liberté d'extension; mais nous conve- nons qu'il n'est pas toujours facile de retrouver la cause de cette apparence; elle n'est pas particulière au limbe des feuilles et se retrouve assez fréquemment dans les verticilles de deux pièces des plantes à feuilles décussalives. J'ai observé aux environs de Strasbourg un rameau de Lysimachia vulgaris où une des feuilles de chaque paire était toujours beaucoup plus petite que l'autre; cette inégalité est très inarquée dans le Ruellia persici- folia où elle se trouve constamment; il est très fréquent de voir le bourgeon axillaire ne se produire que d'un côté, ce qui indi- que déjà une certaine inégalité entre les feuilles d'une paire. J'ai fait voir quelle influence ce phénomène acquiert sur la position des feuilles lorsque, comme dans l'Orme, il arrive jusqu'à l'avor- tement complet de l'une des feuilles (1). L'inégalité des deux feuilles se remarque encore fréquemment dans quelques Labiées, Malpighiacées, Hypéricinées , dans la plupart des Acanthacées, etc. ; or , clans toutes ces plantes les feuilles sont décussatives et leur formation est évidemment simultanée; l'inégalité y est donc la conséquence d'un avortement incomplet, quoique nous n'en puissions signaler que rarement la cause ; ce qui se passe entre les deux feuilles d'un verticille peut très bien, à ce qu'il nous semble, arriver aux deux côtés d'une feuille (2), se conduisant (i) Ann. sç. nat. , septembre i835. {2) Mon mémoire sur l'individualité a. pour but de montrer que les lois de l'accroissement 262 ad. steinheil.! — Accrois sèment des feuilles. relativement à la nervure médiane comme les feuilles se com- portent relativement à leur axe. Il y aurait peutvêtre des recher- ches assez curieuses à entreprendre sur X ^4. vor tentent unilatéral, qui pourrait bien dépendre souvent de la nature spécifique de la plante; quoi qu'il en soit, le fait de ce genre le plus remarquable que l'on connaisse est celui qui a été signalé par M. Decaisnes dans son beau travail sur les Garances, où l'on voit (pi. ïo,fig. 17) qu'à un certain moment un des cotylédons est plus développé que l'autre; cependant , rien dans le développement de ce jeune embryon n'annonce une formation spirale ; M. Decaisnes nous a dit depuis avoir fréquemment observé cette inégalité des cotylédons. Nous croyons que ce qui vient d'être dit suffirait, à la rigueur, pour donner gain de cause à notre opinion ; cependant voici encore une observation qui nous paraît tellement concluante, que nous éprouvons le besoin de l'insérer ici : Je remarquai en i836 au jardin botanique de Strasbourg un jeune se' on de Chèvre-feuille venu dans un lieu ombragé, et dont les feuilles, au lieu d'avoir leur bord entier: ( comme le sont toujours celles de cette plante et comme cela était aussi sur les autres branches du même individu), étaient assez profon- dément découpées en lobes arrondis; de plu*s, elles étaient mar- quées d'une ligne blanche, transparente et dépourvue de paren- chyme; cette ligne décrivait sur chaque feuille des courbes opposées, brisées d'espace en espace en forme dezig-zags, partant de la base pour arriver au sommet et concentriques au bord même de la feuille, mais moins sinueuses que lui; il faut encore sont les mêmes pour toutes ces parties. Voici encore deux faits qui corroborent cette manière de voir. Quand, dans les Escheweilera , on enlève une feuille, on voit paraître à sa place un bourgeon formé par deux feuilles opposées. Un Crassula ayant été tronqué au sommet, il se développa un fort bourgeon à l'aisselle de l'une des feuilles , de sorte que la partie supérieure de l'axe , qui ne végétait plus , se trouva fortement refoulée contre l'autre. Le bourgeon axil- laire de celle-ci , qui parut plus tard , ne trouvant pas de place pour se développer dans son aisselle , la fendit inférieurement et se montra sur son dos. Ces deux observations m'ont été communiquées par M. Decaisne. En voyant ainsi des paires de feuilles succéder à des feuilles , on doit en conclure que celles-ci ont la valeur d'une paire aussi. Ces faits ne sont pas d'ailleurs une ebose extraordinaire; on sait que , dans le PJdladelphus , la platane, etc. , le bourgeon est caché dans le pétiole delà feuille comme s'il n'était produit que parole. ad. steinhëïL. — accroissement des feuilles, s63 remarquer que leurs sinuosités sont toujours en sens contraire de celles du bord, de sorte que leurs concavités répondent aux convexités de celui-ci, et qu'elles viennent, parle sommet des angles saillans qu'elles décrivent, toucher au sommet des an- gles rentrans du bord ; ainsi, chacun des lobes de la feuille forme une petite portion de surface à-peu- près isolée et arron- die; la partie moyenne delà feuille, c'est-à-dire celle qui est circonscrite par la zone blanche , est plus étendue que la partie extérieure, et leur inégalité au profit de la première est d'autant plus étidente que les feuilles sont situées plus inférieurement sur le scion , c'est-à-dire plus anciennes. En étudiant ces feuilles avec attention , je ne tardai pas à être convaincu que la zone blanche privée de parenchyme devait être le résultat du travail de quelques-uns de ces insectes qui tracent des galeries entre les deux épidermes des feuilles. Il est vrai qu'ordinairement ces galeries sont assez irrégulières, et ici elles présentent une constance et une régularité de formes telles que plusieurs personnes ont été tentées de les regarder comme des sortes de taches analogues à celles que l'on remar- que sur les feuilles de quelques Pelargonium , Trifolium , etc ; mais cette idée n'est pas admissible, car, dans de pareilles taches, le tissu peut être décoloré mais pas détruit, et d'ailleurs, le dessin qu'elles forment sur la feuille est plus ou moins paral- lèle au bord de celle-ci et ne marche jamais en sens inverse de ses sinuosités. La cause qui a pu déterminer l'identité de forme que ce travail présentait sur toutes les feuilles me paraît assez facile à découvrir. Rappelons d'abord que les jeunes feuilles étaient marquées comme les autres , et que cependant on n'y voyait plus l'insecte; son travail avait eu d'ailleurs une influence très sensible sur le développement de la feuille, puisque son bord s'était découpé en lobes arrondis; il est évident que ces organes ont dû être attaqués lorsqu'ils étaient encore très jeunes et très petits; on sait qu'en général les feuilles, lorsqu'elles apparaissent au sommet d'un scion qui se développe , sont encore fort étroites et souvent presque linéaires, de sorte qu'il ne reste que peu d'espace entre la nervure moyenne et l'épiderme qui limite le bordj: ainsi l'animal se trouvait forcé de marcher presque en ligne 264 A1) - STtiNiiEiL. — . accroissement des feuilles. droite dans le champ étroit qui lui était ouvert; cependant il est allé légèrement en zig-zag, de sorte qu'il est venu de distance en distance toucher jusqu'à répiderme, et a de cette manière cerné complètement des portions de tissu cellulaire comprises dans une ligne courbe partant du bord à un point pour y revenir plus loin : ce sont ces portions qui constituent les lobes arrondis limités extérieurement par un bord très convexe et intérieure- ment par la ligne seulement un peu concave (i). Or, dans le principe, le bord était droit et la ligne blanche en zig-zag ; le parenchyme eu s'étendant a trouvé moins de résistance du côté extérieur que du côté interne; voilà pourquoi le bord externe s'est arrondi et la feuille a été profondément lobée ; si cette extension des portions isolées a trouvé une plus grande résistance du côté intérieur , cela vient de ce que ce côté intérieur se développait lui-même avec activité et rayonnait vers la circon- férence. Les conséquences de cette observation me paraissent être que: i° Il n'est pas probable que la formation d'une feuille ait lieu successivement d'un borda l'autre, puisque dans le fait dont il s'agit, deux lignes de démarcation ont été posées parallèlement près des deux bords, ce qui n'a pas empêché les deux côtés de se développer d'une manière parfaitement égale en avant et en arrière de ces deux lignes: Userait en effet naturel de croire que si l'un de ces côtés se formait avant l'autre, il aurait aussi ter- miné son extension avant lui, et aurait dans notre Chèvre-feuille montré un côté non gêné dans son accroissement presque ter- miné, tandis que l'autre plus en retard l'aurait été par les deux entraves longitudinales et serait resté plus petit. a L'extension de tout le tissu de la feuille a continué malgré l'isolement dans lequel se sont trouvées quelques portions; une feuille s'accroît donc par l'extension même de tout son tissu ; mais la partie centrale s'est développée plus que celle de la cir- conférence, puisqu'elle la dépasse en étendue dans une (i) Relativement à la ligne 'médiane considérée comme milieu d'une surface limitée par ces ad. steinheil. — accroissement des feuilles. 26 5 proportion d'autant plus forte que la feuille est plus ancienne. Dans l'observation mentionnée ci-dessus, il est résulté du travail de l'insecte une expérience fort analogue (quoique dans une direction différente) â celle qui a été publiée par M. Decan- dolle (1)1 et qui consiste à faire avec une épingle des marques équidistantes sur unefeuillede Jacinthe; les marques se trouvent au bout de quelque temps d'autant plus écartées entre elles qu'elles étaient plus inférieures; d'où l'on a conclu avec raison que ces feuilles s'alongent de haut en bas. Dans notrejChèvre-feuille nous avons eu , pour marques], la nervure moyenne, la galerie tracée par l'insecte et le bord de la feuille; la distance entre la galerie et la nervure moyenne étant devenue plus grande que celle comprise entre le bord de la feuille et la même galerie , nous en conclurons que l'accrois- sement a marché de la circonférence vers le centre, comme dans la Jacinthe il a eu lieu de haut en bas. L'analogie est d'autant plus évidente que, si nous examinons chacune des nervures de la feuille en particulier, nous trouverons que c'est de haut en bas quei'élongation a lieu pour elle; mais poussons cet examen un peu plus loin : dans la feuille de Jacinthe il y a eu élonga- tion des fibres déjà for mées,| mais non pas formation de nouvelles fibres; de même, dans l'accroissement de la feuille qui fait le sujet de notre étude, il y a seulement un mouvement délonga- tion qui va s'augmentant de haut en bas, mais non pas une for- mation de la circonférence au centre ; comment se forment donc les faisceaux vasculaires d'une feuille? Nous nous appuyerons ici sur notre mémoire relatif à l'individualité, et nous dirons qu'ils se forment comme ceux d'un rameau quelconque, puisque les lois d'accroissement sont les mêmes partout. Or, dans un scion quel qu'il soit, et cela se voit très nettement dans les bulbes , les parties les plus récentes sont toujours au centre, puisqu'elles sont repoussées vers la circonférence par de nouvelles parties qui se forment dans leur intérieur; le développement a donc lieu du centre à la circonférence par un véritable déboîtement ou (1) Organ. , t«m. 1, pag. 354. 266 ad. steinhêil. — - Accroissement des feuilles. dédoublement ( i ): la feuille diffère du scion parce que son accrois- sement est terminé, qu'il n'a lieu qu'en largeur et en longueur et pas en épaisseur, mais surtout parce que la formation de son système vasculaire est presque simultanée au lieu d'être succes- sive, comme cela se voit dans la plupart des scions (2). On trouve cependant des indices un peu vagues sans doute, mais qui font, présumer que le faiscea u central est plus jeune que ceux des côtés; car, s'il en est ainsi, il doit en résulter qu'il s'alongera un peu plus qu'eux et plus long-temps; telle est probablement l'origine des éperons et des gibbosités qui se forment sur les pétales, les sépales, les bractées, etc.; les stipules nous paraissent une preuve beaucoup plus positive en notre faveur: en effet, ne semble-t-il pas évident qu'elles représentent les premiers lobes de la feuille dont le développement a été limité par celui qu'a pris ensuite la nervure moyenne ; 1 elongation ayant lieu de haut bas, comme cela sera mieux prouvé tout-à-1'heure, on s'expli- que comment le limbe se trouve séparé par un petiote des pre- mières parties qui le constituaient ; les stipules sont au limbe ce que les écailles du bourgeon sont au scion. Ce n'est certainement plus une idée neuve ou hasardée que celle de comparer une feuille à un scion; Adanson l'avait déjà mise en avant (3); depuis, cette question a été discutée si sou- vent, et la chose est devenue si évidente que nous f croyons pou- voir bien nous servir de cette comparaison pour mieux étudier dans le scion les lois d'accroissement de la feuille; cependant , désireux que nous sommes d'obtenir l'assentiment même des personnes qui ne croient qu'aux démonstrations palpables, nous allons emprunter une observation au travail intéressant (1) Nous ne faisons qu'appliquer ici la formule d'accroissement du faisceau] ligneux en général , telle qu'elle a été donnée par M. Dutrochet , Mém. mus. . t. vir, p. 38o. (2) « Lorsqu'une feuille est jeune, les nervures existant déjà toutes formées , les poils sont très nombreux dans un espace donné....: , etc. » (DC. Org., t. i, p. 272.) (1) « Je considère les feuilles comme des tiges ou des branches qui seraient aplaties » {Fafn. pi., 1763 , t. 1, p. 36). Charles Bonnet {Recherches sur les usages des feuilles) va encore plus loin. Suivant lui (p. 137), «chaque branche, chaqne rameau , et même chaque feuille, peuvent être considérés comme une petite plante entée sur une p'anie principale ». Dans ce même tra- vail , il fait voir que des feuilles peuvent produire des racines : elles se comportent donc comme de véritables boulures. ad. steinhfil. — Accroissement des feuilles, 267 publié récemment par M. Meneghini : voici comment il s'expri- me à propos des tarions (1) : T^es fibres du bourgeon axillaire suivent la direction de celles delà f'emlle (dans l'axe des monocotylédones) Dans l'inflorescence indéfinie cette disposition reste normale; quand l'axe commun est rapidement alongé, toutes les parties qui le couvrent sont éloignées dans l'ordre même suivant lequel elles se trouvaient placées primitivement ; aussi , dans toute la portion de tige soumise à cette élongation les fibres qui se rap- portent aux productions plus récentes occupent une place plus centrale (2) ; seulement inférieurement les plus récentes retour- nent de nouveau du centre à la circonférence , devenant exté- rieures des plus anciennes; si le bout continue à s'alonger , les choses se passent comme dans le tronc; mais ceci n'a jamais lieu dans les turiows, parce que leur développement est terminé quand toutes les parties qui étaient toutes formées dans le jeune turion se sont a longée s. Ainsi le turion est ramifié comme un scion: il présente même plusieurs degrés de ramifications. Il est formé d'organes appen- diculaires (3) et d'organes axiles. L'accroissement y a eu lieu dans tous les sens(largeur, épaisseur et longueur), comme dans la tige la plus compliquée , mais les parties dont il est composé étaient toutes formées en même temps dans son bourgeon. Quand elles ont fini de s'étendre, son développement est ter- miné, ses fibres sont parallèles comme celles des feuilles; le turion est donc un ordre de formation intermédiaire entre le scion et la feuille , et cela confirme rigoureusement tout ce que nous avons dit ci-dessus ; enfin nous rappellerons encore que (0 Ricerche sulla strutlura ml caule délie monocotyledonl , p. 45, i vol. in-folio, Padova,i836. (2; Ces observations sont semblables à celles de M. Hugo Mobl , et si, comme nous le ferons voir plus loin , l'élongation marche de haut eu bas, il en résulte que , contradietoirement à l'opinion de cet auteur, le terme d'Endogènes est excellent et doit être conservé. (3) Il suffît d'étudier un bourgeon encore très jeune de ruscus aculeatus pour constater l'exactitude des observations de M. Meneghini, Sanf les fleurs, on y trouve toutes les parties que le turion possédera plus tard, a68 ad. sneinhi-il. — > Accroissement desfeailles. nous avons fait voir autrefois (i) que, quand les fibres du mé- rithalle se ramifient , elles se comportent comme celles de la feuille. Dans notre feuille rongée , la solution de continuité qui a modifié la forme de la feuille, en limitant çà et là l'extension du tissu cellulaire, n'a pas altéré la disposition des faisceaux vascu- laires ; les nervures traversent la zone blanche, comme si elle était pleine de parenchyme , et on ne voit pas qu'il s'en soit produit de nouvelles venant aboutir à ce bord accidentel, formé par l'insecte. Dans les feuilles lobées, des incisions, à peine visibles d'abord , peuvent augmenter par l'extension des lobes et simuler la formation de nouvelles parties; mais ce n'est qu'une apparence, et jamais, dans une feuille composée, on ne voit que , dans une même feuille , le nombre des folioles augmente à mesure que celle-ci s'étend. Pour résumer les observations qui précèdent, nous dirons que, si notre feuille a paru se développer de la circonférence au centre , cela vient uniquement de ce que le centre était formé par la portion inférieure des ramifications latérales , se com- portant comme des feuilles simples , et que , dans le développe- ment des feuilles, on doit distinguer: i° la formation par dédou- blement, a l'extension dans tous les sens. Celle-ci se compose de deux phénomènes très distincts : le premier, que l'on peut appeler l'extension propre du tissu , a lieu par l'accroissement individuel de chaque cellule , accroissement qui a été suffisam- ment constaté par M. Decaisnes , dans ses Recherches sur la ga- rance (i); le deuxième par l'élongation particulière de chaque portion, traversée par une nervure latérale , quand la direction d) Sur la iigc du Lamim album ( Ànn. se. nat. Févr., i834). Dupetit-Thouars, dans son dixième Essai sur la végétation, a décrit le système vasculaire de la feuille du maronuier. En remplaçant le nombre 7 par 5 , ou peut y reconnaître le système vasculaire du calice d'une labiée. 'i) RecJierehes anatomiques et physiques sur la garance,, Bruxelles, 1837, mémoires cou- ronnés, .. xii. La planche x , figure a 3 , nous montre l'épiderme des cotylédons de la garance avant la germination , et les fig, 2 et 3 le même organe dont les cellules se sont beaucoup accrues après la germination. Voyez aussi la figure ia, planche 1, où l'on remarque très bien , dans une jeune radicule , que les cellules diminuent progressivement d'étendue vers l'extrémité , qui , comme on 6ait-, est plu? jeune. ad. steinheil. — Accroissement des feuilles* 269 de celle-ci n'est pas parallèle à celle de la nervure médiane. Nous en parlerons plus loin, en traitant du troisième fait qui se re- marque dans le développement des feuilles , savoir l'extension en longueur, qui fera l'objet de la seconde partie de ce mé- moire. II. QUE L ACCROISSEMENT EN LONGUEUR DES FEUILLES A LIEU DE HAUT EN BAS. i ,e section. — Observations qui le prouvent d'une manière évidente. ( Feuilles simples. ) ■ L'expérience de M. de Candolîe sur les feuilles de la jacinthe est pour nous une première indication en faveur de cette théo- rie , et elle peut tout d'abord être appliquée à un grand nombre de monocotylédones, puisqu'on y voit fréquemment les feuilles déjà sèches au sommet , bien vertes au milieu , être encore à la base tendres et faiblement colorées, de telle sorte que ces feuilles continuant à s'alonger , on ne peut pas croire que cette élongation ait lieu ailleurs que dans leur partie inférieure ; toutefois une observation plus précise nous a encore mené , par une autre voie, à un résultat tout pareil. Si on prend une pousse d'Iris xiphium à une certaine époque , on la trouvera formée de deux gaines membraneuses, la plus extérieure couvrant l'autre , qui enveloppe immédiatement les feuilles. Celles-ci sont au nombre de deux, et la première enveloppe complètement la seconde , qui n'est pas fendue , si ce n'est tout-à-fait à la base , où elle enveloppe le rudiment d'une troisième feuille , dans l'in- térieur duquel on trouve celui d'une quatrième; chacune de ces feuilles forme un verticille complet : dans une pousse plus avancée et qui présente trois feuilles dé\eîoppées, on voit que, dans la seconde feuille , la partie supérieure , non fendue , s'est très faiblement accrue , tandis que la partie inférieure , fendue pour laisser passer la troisième feuille , et qui précédemment n'était encore qu'à l'état rudimentaire, a pris un accroissement 270 ad. steinheil. — Accroissement des feuilles. considérable , ce qui prouve que ces feuilles s'accroissent d'abord par le sommet , et ensuite par la base. Dans les aloés, les feuilles sont fréquemment garnies sur leurs bords d'épines assez écartées ; sur celles qui croissent en- core , on peut voir que les épines sont bien plus rapprochées à la base qu'au sommet; ainsi l'extension est déjà plus complète dans la partie supérieure. Cela est très évident dans Valoê Jerox. \1^4. mitrœformis présente ce phénomène d'une manière bien plus remarquable; les épines qui garnissent les bords des feuilles adultes sont d'un fauve doré ; lorsque l'on examine des feuilles assez jeunes, on voit que ces épines sont d'autant plus blanches et plus rapprochées entre elles , qu'elles sont situées plus près de la base; de plus, dans des feuilles bien jeunes, on voit que leur nombre est beaucoup moindre qu'il ne sera plus tard , et il est facile de se convaincre qu'il ne s'augmente pas par Tintercallation de nouvelles excroissances entre celles qui existaient précédemment. Il est vrai ^que , dans les plantes dont nous venons de parler, les conclusions que l'on peut tirer de ces faits sont toujours passibles d'une objection, en ce que, leurs feuilles ayant été considérées comme des phyllodes, on a dû être conduit à penser que ce mode d'élongation est particu- lier au pétiole, qui a été caractérisé précisément par là et consi- déré comme un organe distinct du limbe : c'est ce qui nous a engagé à tenter encore d'autres expériences. Nous avons , à cet effet , étudié les feuilles des Corypha et des Lataniers: on y voit que le pétiole est d'autant plus long que la feuille est plus ancienne; mais le limbe, c'est-à-dire la partie pîiée en éventail , paraît avoir pris elle-même fort peu d'exten- sion. C'est avec raison que l'on a dit que la division de ces feuilles n'est pas le résultat d'une déchirure; avant qu'elles soient pliées, on distingue très bien l'endroit où elles se sépareront et où elles sont seulement agglutinées par une sorte de duvet, de celui où elles sont et resteront véritablement soudées. J'avais espéré que les marques fournies par le sommet des angles rentrans me serviraient à constater un accroissement plus grand dans la portion inférieure des folioles de ces plantes ; mais je l'ai trouvé généralement très faible et à-peu-près égal dans toutes ad. steinheil. *— accroissement des feuilles. 27 1 les parties de la feuille; ainsi dans les feuilles que j'ai eu occasion d'examiner, l'accroissement en longueur du limbe était terminé , et il n'y a plus eu qu'une extension en tous sens. Je ne doute pas que je n'eusse mieux réussi , si j'avais eu à ma disposition des feuilles qui eussent été encore loin d'a- voir atteint toute leur longueur; car, quoiqu'elles ne s'alon- gent plus , on voit très bien, dans les folioles de ces plantes , qu'elles verdissent d'abord et se dessèchent ensuite, en com- mençant par en haut. Le sommet du pétiole est, dans les cory- phée et dans les lataniers, marqué sur le côté interne d'une émi- nence transversale, comparable en tout à la ligule des graminées, d'où il résulte qu'une feuille de cette famille ne diffère d'une feuille de latanier que parce que son pétiole est engainant, et que son limbe est simple : or, en observant des feuilles encore en partie engaînées d'une graminée , on voit que c'est leur partie inférieure qui, par la mollesse de son tissu, est seule encore capable de continuer l'élongation ; cependant, ayant fait des marques équidistantes sur des feuilles de graminées, je n'y trou- vai aucun changement au bout de quelques jours , tandis que la gaîne , qui n'existait pas d'abord, commençait à s'alonger ra- pidement: il faudrait tenter cette expérience long-temps avant le moment où la gaîne va paraître. Ces preuves ne suffisant pas , il m'a fallu en chercher autre part, et j'ai essayé d'étendre mes observations aux feuilles des dicotylédones. A cet effet, j'ai peint en rouge la moitié supérieure d'une très jeune feuille de Capsella bursa pastoris. La moitié inférieure ne tarda pas à être beaucoup plus longue que la portion peinte en rouge, quoique la feuille fût loin d'avoir atteint toute sa grandeur. Les feuilles de cette plante sont comme celles des monocotylédones , des synanthérées, des résédas , etc. , plus fermes au sommet , encore jaunâtres et molles vers la base. Une autre fois , j'ai fait avec un canif des incisions sur le milieu des feuilles d'un mesembryanthemum , en choisissant celles qui n'avaient atteint que le tiers de leur longueur ; au bout de plusieurs jours la feuille s'étant alongée, la marque se trouva beaucoup plus rapprochée du sommet que de la base. Une seconde expérience, faite dans les serres du Jardin- iyx ad. st£ ittïTEtL.' — ■ accroissement des feuilles, des-Plantes, en enfonçant une épingle dans le milieu de la feuille d'une autre espèce du même genre, 'produisit le même résultat d'une manière beaucoup plus évidente, (i) Au lieu de multiplier ces expériences sur un grand nombre de végétaux , j'ai préféré me servir de celles que l'on trouve toutes faites dans la nature : elle a pris soin elle-même de faire des marques sur les feuilles , et il suffit d'y regarder pour trouver facilement des faits assez nombreux , comme nous l'avons déjà observé à propos des aloës. Le mesembryanthemum delta idwn a des feuilles anguleuses , dont les bords sont marqués par de petites pointes cbarnues.On en remarque surtout une au sommet et deux principales sur chaque côté. Or, si la distance qui sépare la dent latérale inférieure de la dent terminale , comparée à celle qui sépare la même dent de la base de la feuille , devient proportionnellement moindre à mesure que la feuille avance en âge, il est évident que la portion inférieure s'est accrue plus long temps. Voici les mesures que j'ai observées dans une feuille toute formée. L'intervalle supérieur est à l'inférieur comme 10 est à 16 Feuille plus jeune. La distance supérieure est à l'inférieure comme i 3 est à \i\ Autre 10 Autre Ta Feuille très jeune 8 — encore plus jeune 7 i4 20 7 7 Quoique la progression ne soit pas rigoureusement constante, on voit que la portion inférieure tend généralement à gagner : on peut d'ailleurs expliquer les exceptions , en remarquant que les feuilles de la partie inférieure du rameau ont presque toutes (ï) M. H. Mohl dit que les feuilles des plantes grasses non péliolées , et qui s'accroissent du sommet 'vers la base, ont les grains renfermés dans leurs cellules, d'autant plus rappro- chés de l'aspect des grains d'amidon et plus éloignés de celui de la chlorophylle, qu'ils sont examinés plus près de la base de la feuille: Unters. iiber die Cloroph. , dissert, inaug. par Wilh. Michler; iu-8° , Tubingeu 1837. On \erra par les observations suivantes qu'il n'y a pas que les feuilles non péliolées qui croissent de haut eu bas, AT), steinhf.il. — Accroissement des feuilles, i-j3 la tête plus grosse et la base plus courte ; ainsi l'une d'elles m'a présenté pour la portion supérieure =: r3 , et pour l'inférieure =16. Cela vient de cequeees feuilles'se développent moins long temps que les autres, parce que leur accroissement est arrêté par celui des jeunes feuilles qui s'élèvent au dessus. Or, l'arrêt de développement ayant porté sur la partie inférieure, on voit qu'ici l'exception confirme la règle. Dans certains Crassula, qui ont des feuilles assez larges , ter-' minées par une petite pointe , on remarque que , dans le très jeune âge de la feuille, elle est formée de deux parties presque égales, l'une supérieure cylindrique, qui forme la petite pointe, l'autre inférieure, un peu arrondie, tendre et manquant encore de la portion atténuée qui termine inférieurement la feuille adulte sur laquelle plus tard la moitié terminale de son premierâge ne forme plus qu'une sorte de mucro. Que l'on sème des graines du Clarckia elegans, et qu'on vienne à les examiner quelque temps après qu'elles auront levé, on sera tout étonné de remarquer de grandes différences dans la forme et les dimensions des cotylédons. Il suffit, pour se rendre compte de ces différences, de suivre avec attention !e développe- ment d'im seul individu; au commencement, les cotylédons paraîtront entiers, sessiles , et ne seront aucunement atténués à leur base , qui se termine par une ligne perpendiculaire à la ner- vure médiane. Un peu plus tard, on voit que le bord forme déjà inférieurement un angle très sensible avec l'axe du cotylé- don ; celui-ci est marqué d'une échancrure à son sommet, ce qui . prouve que la nervure médiane n'a pu s'alonger à la pointe de manière à égaler l'extension du tissu cellulaire environnant : il est déjà évident que la partie inférieure est nouvellement for- mée , car la portion supérieure est restée telle qu'elle était pri- mitivement et se trouve limitée à la base par une petite ligne de cellules rougeâtres que l'on ne voyait pas d'abord , et qui persiste de manière à servir dorénavant de limite invariable entre la portion ancienne et supérieure et la portion nouvelle et infé- rieure; or, cette dernière finit par devenir égale à la première et même plus grande. Ainsi celle-ci n'a pu profiter de l'augmenta- tion d'accroissement produit par la plantule , devenue plus forte. VIII. Botan. — Novembre. 18 274 AD - steinheil. — accroissement des feuilles. Comme les deux parties du cotylédon restent séparées par une échancrure , il finit par avoir la forme d'un violon. Il est rare de rencontrer des exemples aussi concluans; mais, dans une foule de cas, la marche des phénomènes, sans être aussi nettement tracée, est encore facile à apprécier ; ainsi, dans YUr- tica biloba, on remarque que, dans l'état jeune, la scissure pénètre jusqu'à moitié environ delà feuille, dont plustard elle n'occupera plus que le tiers ouïe quart. Les feuilles de YUrtica nweasont à- peu-près rhomboïdales , c'est-à-dire formées de deux moitiés égales: l'une inférieure, qui va s'élargissantdebasen haut, l'autre supérieure , qui va diminuant dans le même sens. Avant le par- fait développement , la portion inférieure est sensiblement plus courte que la supérieure , et la feuille est presque en forme de cœur. La forme d'une jeune feuille de Y dsclepias syriaca est précisé- ment l'inverse de celle qu'elle affecte plus tard. D'abord elle est en oeuf renversé , arrondie au sommet et atténuée à la base. Quand son accroissement est complet, elle est plus large à la base qu'au sommet. Il est très facile d'observer la marche de l'accroissement dans une feuille douée de nervures penniformes, car les points d'inser- tion des nervures sont autant de marques écrites sur l'axe central ; elles seront , comme les épines des aloè's, plus rapprochées dans la partie la moins avancée et vice versa-, de sorte que, si une moitié géométrique de la feuille renferme plus de folioles que l'autre, c'est qu'elle est moins développée, ou d'une autre ma- nière: si on apprécie la moitié par le nombre des nervures , celle des deux moitiés à nombre égal qui sera la plus longue sera aussi la plus avancée : ainsi dans Y^sclepias syriaca une feuille jeune a présenté dans sa moitié supérieure 6 paires de nervures latérales, et dans sa moitié inférieure 18 , en tout 24. Dans une feuille plus avancée la moitié supérieure avait 8 nervures et l'in- férieure 18 sur 26; dans une feuille développée chaque moitié avait treize nervures. Quoique le sommet des feuilles du Polygonum orientale soit acuminé au lieu d'être arrondi, il est, cependant, très évidem- ment développé avant la moitié inférieure qui est encore jeune, ad. stetntteil. — Accroissement des feuilles. 27^ tendre et presque raucilagineuse quand le sommet est déjà ferme , sec et coloré en vert foncé. Les mesures confirment cet aperçu: dans une feuille assez jeune le pétiole égalait 1/7 de la feuille totale, la moitié supérieure possédait 9 nervures et la moitïf; inférieure \L\. Dans une feuille plus avancée le pétiole égalait 1/6, la moitié supérieure avait 9 nervuses et la moitié inférieure 10; dans une autre plus avancée encore le pétiole égalait 1/4 du limbe, la moitié supérieure avait 1 1 nervures et l'inférieure 9; dans une feuille bien formée le pétiole légèrement bordé au sommet, mais mesuré depuis le point où le limbe s'élargit brus- quement, égale les 2/3 de celui-ci dont chaque moitié|renferme 7 nervures; enfin , dans une autre également bien développée mais dont le pétiole est resté plus court , la moitié supérieure possède 8 nervures et l'inférieure 7 seulement. Le Diospyros virginiana et d'autres plantes encore m'ont fourni des faits analogues. On voit par ces exemples queues feuilles à nervations rameu- ses se sont comportées commes celles à nervures parallèles dont nous nous sommes occupés d'abord ; l'ensemble de la feuille , quoique composé d'élémens dont la direction n'est pas la même r s est comporté comme une feuille simple et les nervures latéra* les supérieures , que nous regardons comme formées en dernier, ont terminé les premières leur accroissement particulier de haut en bas qui est cause de l'élargissement de la feuille ; cela est surtout évident chez XAsclepias srriaca ; ces faits sont très dignes de remarque en ce qu'ici l'accroissement général domine l'élonga- tion partielle; nous y trouvons un argument de plus en faveur de notre doctrine émise ci-dessus de la formation simultanée de» nervures dans les organes appendiculaires ; de pareilles feuilles doivent se partager assez difficilement en lobes ou en folioles; nous venons plus loin que les choses ne se passent pas toujours de la même manière, mais auparavant, ajoutons encore quel- ques faits à ceux que nous venons d'énumérer. A la fin de l'automne, le Cirsium lanceolatum présente des ro- settes de feuilles étalées sur le sol ; les feuilles les plus développées ont six expansions principales séparées par cinq étranglemens; ces six expansions sont égales des deux côtés et tridentéesexceptéles deux inférieures qui sont aussi plus petites et plus rapprochées. 18. 276 ad. steinheil. — Accroissement (lès feuilles. entre elles que les supérieures. Dans une feuille plus jeune, on voit qu'avant leur développement ces lobes sont plies sur leur face supérieure et ils se recouvrent réciproquement de telle sorte que le plus élevé est toujours enjambé par celui qui lui succède au-dessous; le développement de ces lobes commence par celui qui est terminal et se continue peu-à-peu vers la base quoique ces derniers plus exposés à l'influence de la lumière par le fait qu'ils recouvrent les autres, eussent dû se déplier les premiers si la feuille ne s'accroissait pas comme celles qui sont parfaite- ment simples. Dans des feuilles très jeunes de la même plante, on verra les îobes inférieurs tellement réduits que l'on ne peut pas toujours s'assurer exactement de leur nombre. L' .Anthémis triloba, le Matricaria Parthenium et le Sonchus oleraceus peuvent également servir à la vérification de la loi que nous avons posée et qui est probablement applicable à la généralité des feuilles lyrées; du moins, l'a vons-nous retrouvé clans plusieurs de forme analogue. Dans le Jasminum officinale la paire inférieure des folioles est souvent plus petite que les autres ; de plus , on remarque que chez lui la disproportion entre les folioles latérales et celle qui termine le pétiole est beaucoup plus marquée dans les jeunes feuilles que dans d'autres plus avancées; ainsi, dans le premier cas , les folioles latérales sont à la foliole terminale comme 1 : 3 à-peu-près ; plus tard , elle est comme t : 1. Dans ces der- nières aussi la paire inférieure est devenue égale aux paires supé- rieures , de sorte qu'on ne peut douter que leur accroissement ait lieu de haut en bas ; elles se comportent donc comme des feuilles simples , ce qui est conforme à l'analogie comme nous le voyons par l'exemple de la variété laciniée du Lilas. J'ai cherché si les autres organes des plantes étaient soumis à la même loi ; malheureusement, comme la saison était avancée , je n'ai pu multiplier autant que je l'aurais voulu mes observations à ce sujet ; voici les résultats de celles que j'ai eu occasion «de faire. Le genre Pelargonimn est très commode pour ce que je vou- lais étudier, parce que le pédoncule y est articulé au-dessous du point où s'arrête l'éperon calicinal qui est soucié longitudinale- ad. steinheil. — Accroissement desfeuilles, 277 ment avec lui ; de sorte que ce pédoncule se trouve naturelle- ment limité en deux parties; les ayant mesurées sur une fleur dont les pétales venaient de tomber , je trouvai : Sépale; longueur 19 Portion supérieure du pédoncule soudée à l'éperon . 20 Portion inférieure du pédoncule ' ao Sur un bouton près de s'épanouir, j'obtins : Sépale 18 Portion supérieure du pédoncule . \y — inférieure ici . i3 Ainsi , l'accroissement a été d'autant plus fort qu'on l'a con- sidéré dans une partie plus inférieure. Les pétales du Pelargonium sur lequel j'ai pris ces mesures sont marqués de lignes d'un pourpre foncé surmontées d'une tache blanche; ces marques me sont devenues fort utiles pour appliquer aux pétales le même procédé d'étude. J'ai trouvé dans le bouton : Pour le pétale tout entier . . .... .... 17 Depuis la base jusqu'à la naissance des lignes pourpres. 2 Depuis ce point jusqu'au niveau des deux lignes Manches ménagées dans le dessin pourpre. ... 6 De ce point au sommet 9 Dans un pétale semblable mais développé, je trouve : Pétale tout entier 38- De la base à la première ligne colorée 9 . Depuis ce point jusqu'au niveau des lignes blanches , 9 De là au sommet du pétale 20 Ainsi, nous reconnaissons dans le pétale trois régions, savoir, de la base à la naissance des lignes pourpres , de ce point au niveau des lignes blanches et de là au sommet. L'accroissement total du pétale a été de 21 répartis ainsi qu'il suit: pour la par- tie inférieure il a été de 7, pour la partie moyenne de 3, et pour la région supérieure de 1 1. La partie inférieure arrivée de 2 kg s'est augmentée de 7/9 , la partie supérieure^arrivée de 9 à 20 ne s'est 278 ad. steinheil. — Accroissement des feuilles. accrue que de î~ , ce qui fait une différence énorme en faveur de la portion inférieure; mais la portion moyenne a été moins favorisée, puisqu'elle n'a gagné que 3/9 , et en effet, on conçoit assez bien que le développement y ait été moins sensible, la par- tie inférieure salonge, [a. partie supérieure s'étend, mais le mi- lieu refoulé par l'accroissement dans tous les sens des autres parties doit s'étendre un peu moins que le reste. Dans le Gentianci Pneumonanthe, on trouve des marques fixes dans le point où le filet de letamine se sépare de la corolle , et aussi dans la distinction que Ton peut faire du tube et du limbe dans le calice. Total . 1 1 Total . 23 à) Fleur bien développée du G. Pneumonanthe. Calice, tube 5 — limbe 6 Corolle , portion inférieure au point où naît rétaminc 8 Partie supérieure i5 Filet des étamines, portion soudée 8 ^ -, . . — portion libre ..... 6 J b) Fleur égale à la moitié de la précédente, et dont la corolle n'est pas encore bleue. Calice , tube . . ~ . . 4 — limbe. « 5 Corolle , partie inférieure ......... 3 — partie supérieure g Filet, partie inférieure 3 — partie supérieure 2 j Total. 9 } Total . 12 ! Total. 5 En comparant les mesures obtenues dans les deux fleurs de Gentiane , nous voyons que la portion inférieure s'est accrue proportionnellement un peu plus que la supérieure; dans le calice de la jeune fleur, le tube forme les 4/9 du calice total et dans la fleur développée les tt ; la différence est bien faible à la vérité, car elle équivaut à tï , comme on le voit en réduisant les fractions au même dénominateur; or, je ne pense pas que mes mesures aient atteint un tel degré de précision qui eût été d'ail- leurs tout-à-fait illusoire , les dents du calice étant inégales entre ad. steinheil. «— Accroissement des feuilles, 279 elles; j'ai pris ma mesure sur une dent de moyenne grandeur. Dans la jeune corolle , la portion inférieure ne forme que les h de la corolle entière, c'est-à-dire 1/4, et plus tard elle en forme les ~ , c'est-à-dire un peu plus que i/3. L'étamine présente, au contraire, une exception qui doit être attribuée, peut-être, à la manière dont l'accroissement de sa partie inférieure est lié à celui de la corolle. L'étendard du Coronilla glauca m'a fourni une confirmation de ma théorie : dans la jeune fleur, l'onglet de ce pétale est au limbe comme 1 esta 3, et dans la fleur épanouie'comme îest à 2. Dans le bouton de cette fleur, l'ovaire est de moitié plus court que le style qui alors est à peine infléchi , bien loin d'être courbé à angle droit ; quand la fleur est épanouie, l'ovaire est presque égal au style ; il s'accroît donc après lui comme les phénomènes de îa maturation de tousles fruits le démontrent suffisamment. Comme, dès qu'on les aperçoit, les ovules y sont également espacés(ils se touchent)et toujours en même nombre, l'accroissement de l'ovaire paraît être égal sur toute sa longueur; il n'en est pas de même du style, car il ne présente pas dans le bouton cette sorte d'épais- sissement que l'on remarque à sa base dans la fleur développée ; l'élongation de l'ovaire le pressant contre l'étui formé par la ca- rène, il est forcé de se courber, et le plia lieu à l'endroit le plus tendre, le plus jeune , c'est-à-dire, à la base où le style finit par se redresser en formant un angle droit avec l'ovaire; il y a tout lieu de croire que c'est l'extension propre de l'ovaire qui détermine cette augmentation en épaisseur du style dont, sans cela, la base s'alongerait en devenant plus grêle. Que l'on compare le calice d'un Rumex pendant l'estivation à ce qu'il est devenu à l'époque de la maturité du fruit , et on aura encore l'occasion de s'assurer que c'est surtout par îa partie infé- rieure qu'il s'accroît; cela nous paraît au moins indiqué par la formation des grains que l'on remarque alors, et dans une espèce probablement nouvelle, que nous avons rapportée de Barbarie, le sépale dans la fleur présente de chaque côté au sommet une petite dentelure ; et au-dessous une autre encore plus petite ; tandis que dans le fruit les bords sont, garnis de dentelures très o.8o au. STEiNHEiL. — accroissement des feuilles. marquées dont les plus inférieures sont les plus fortes et se relè- vent comme des cornes sur la tète d'un bœuf. Nous avons encore mesuré une monopétale à corolle régu- lière et à tube très étroit, et une autre à corolle irrégulière , et nous avons trouvé : Jasminum multiflorum. a) Bouton. Longueur de la corolle = 12 — du limbe 8 — du tube • . . . . 4 b) Plus tard , Longueur totale . . . '. . = 22 — du limbe. . «, i4 — du tube 8 c) Près du moment de l'épanouissement : Longueur totale ', = 32 — du limbe 16 — du tube , 16 ci) Fleur épanouie : Longueur totale. . . = 53 — du limbe. 25 — du tube 28 Ainsi, peu-à-peu le tube, c'est-à-dire la partie inférieure, gagne ; mais en même temps l'extension générale joue un rôle très considérable dans l'agrandissement de cette corolle, comme nous en trouvons la preuve à la base du limbe ; celui-ci , même dans le bouton très jeune, est marqué à la base da chaque divi- sion par deux petites oreillettes: quand la fleur est bien ouverte, c'est à peine si celles-ci se sont éloignées de l'orifice du tube d'une quantité égale à leur propre longueur, ce qui pretr \e que ce n'est pas à ce point qu'a eu lieu l'accroissement de a por- tion divisée; il n'en est pas de même du tube, car l'insertion des et aminés s'élève à mesure que la fleur grandit ; dans le bou ton, l'anthère naît immédiatement au-dessus de la base et ad. steinheil. — Accroissement des feuilles* 281 est portée par un filet excessivement court; plus tard, le filet n'est guère alongé, mais son insertion a lieu un peu au-dessous du milieu du tube dont la partie inférieure est par conséquent déformation récente. Dans le Columnea scandens, la corolle est couverte de poils, qui sont beaucoup plus serrés sur le bouton, et se trouvent dans la fleur épanouie espacées d'une manière à-peu-près égale; mais dans le bouton, on remarque qu'ils sont un peu plus serrés à la base ; les mesures sont : a) La longueur de la corolle épanouie étant. . . = 102 La longueur de la partie inférieure, en la comp- tant depuis la base jusqu'à la naissance du lobe inférieur, est 5a Longueur de la portion supérieure comprise entre le sommet et le point de la naissance du lobe inférieur 5o b) Bouton; longueur totale . 21 Longueur de la moitié inférieure 9 — de la moitié supérieure 12 Ici , quoique l'extension ait été fort considérable , elle n'a que fort peu modifié la proportion des parties; il y a eu , cependant , un bénéfice sensible au profit de la partie inférieure ; nous nous expliquerons facilement pourquoi cette augmentation a été si faible en remarquant que le tube ne s'est pas développé et reste à l'état rudimentaire; toute la portion qui a l'air d'un tube n'est à proprement parler que la gorge de la corolle. Nous avons dû aussi étendre nos recherches aux jeunes plan- tes qui sortent de la graine au moment de la germination ; nous avons semé à cet effet des graines de Raphanus satwus, de Convolvulus tricolor et à'Helianthus annuus. Nous avons trouvé dans le Raphanus sativus : a) Au moment où la radicule n'a pas encore paru à la base de la tigelle , et où les cotylédons sont encore plies sur eux-mêmes : Longueur du cotylédon avec son pétiole. . S= 8 — du pétiole seul 2j — du limbe seul ........ ; 5 ~ Largeur du limbe. . i . | .,'.,'., '.' jg 282 ad. STEiffHEiL. — Accroissement des feuilles. h) Les cotylédons étant sur le point de se déplier, il s'est produit une ra- dicule presque égale à la tigelle ; la base de celle-ci en est devenue la partie la plus épaisse. Longueur de la radicule = i5 — de la tigelle. ........ 22 — du cotylédon avec son pétiole. . 10 — - du pétiole seul ....... 3 — du limbe seul. ...... „ 7 Largeur du limbe i3 La largeur du limbe était 12, elle est devenue i3; ainsi l'extension générale a produit f pour 6; le limbe a crû en longueur de 1 \', si nous mettons \ pour l'extension , nous voyons qu'il s'est âlongé encore plus que le pétiole, qui a passé de 2 f à 3. c) Huit jours plus tard , un cotylédon a pris de l'avance sur l'autre : c'est celui qui était extérieur ou enveloppant. Le radicule * d'une longueur variable, est évidemment tronquée par le bout. Longueur moyenne de la radicule sur plu- sieurs échantillons =20 Longueur de la tigelle , qui s'épaissit vers la base 38 Longueur du plus grand cotylédon. ... 17 — du pétiole seul 8 \ — du limbe seul 8 \ Largeur du limbe 16 Quoique l'extension fort sensible ait contribué à l'élongation du limbe , on voit que celle du pétiole a été beaucoup plus forte, puisqu'il est main- tenant égal au limbe; la tigelle a beaucoup gagné aussi, surtout quand on pense qu'en même temps elle s'est épaissie à la base. d) Quatorze jours plus tard, mes plantes ayant fort peu changé d'aspect : Premier échantillon. Tigelle . = 4o ( Elle s'est encore épaissie vers la base , tandis que la radicule s'est raccourcie et multipliée par ramifications.) Longueur du pétiole dans le plus long coty- lédon r. . . . . 16 Longueur du limbe. . 12 Largeur du limbe. . ,. ! . . • ..»..•;•_•;•- 24 ad. steinheil. — Accroissement des feuilles. 283 Deuxième échantillon. Longueur de la tigelle 4o — du pétiole du plus long cotylédon. 25 — du limbe . . . 12 Largeur du limbe » 20 On voit par ces mesures que le pétiole du cotylédon s'est accru beaucoup plus que le limbe , quoique l'extension en lar- geur ait été considérable dans celui-ci ; aussi je pense qu'on doit l'attribuer en grande partie à l'extension spéciale de chacune des ramifications de la nervure médiane. Convolvulus tricolor. — La tigelle sort d'abord de la graine et ne présente aucune trace de radicule ; les cotylédons sont res- tés enfermés dans les enveloppes de la graine ; ils sont encore plies delà manière qui est connue dans ce genre; la tigelle s'a- longe davantage et prod uit une radicule qui l'égale bientôt et la dé- passe même un peu. Si à cette époque on enlève les enveloppes de la graine et si l'on étale le cotylédon , on remarque qu'il est aussi large que long , échancré au sommet, porté par un court pétiole, arrondi et marqué de cinq nervures longitudinales ; voici les longueurs proportionnelles de ces parties : à) Dans le moment où elles sont telles que nous venons de les décrire : Radicule. . == ag Tigelle ••....' 22 Longueur du cotylédon et du pétiole. . . 8 Longueur du pétiole seul . 2 Longueur du limbe seul 6 V) Lorsque les cotylédons sont bien développés. La radicule m'a paru plus courte, sans que j'aie acquis autrement la preuve qu'elle se desséchait par la base ; la tigelle s'est alongée , et la base en est maintenant la partie la plus épaisse, tandis que d'abord elle en était la plus mince ; la plumule n'est visible que si l'on sépare les pétioles des cotylédons. Les mesures sont : Longueur de la radicule =18 — de la tigelle . 24 — du cotylédon avec son pétiole. V i4 284 AD - steinheil. — Accroissement des feuilles. — du pétiole 6 — du limbe. . 8 Largeur du limbe 1 1 c) Huit jours plus tard. La plumule n'a fait aucun progrès, mais la plan- tule s'est beaucoup alongée, comme cela arrive toujours dans les lieux enfermés. Longueur de la radicule simple grêle effilée. . = j„ ad. steinheil. -'—Accroissement des feuilles, 29! aura lieu sur le bord. La formation des lobes nous paraît donc être le résultat de l'accroissement spécial que prend chaque nervure de la feuille; tant que cet accroissement est subalternisé à celui de la nervure médiane , la feuille reste simple , quelle que soit la profondeur des divisions, et je dis qu'il reste subalternisé au développement de la nervure médiane quand il suit le même ordre qu'elle, c'est-à-dire qu'il marche de haut en bas, en sens contraire de l'ordre de formation , parce qu'alors 1 elongation des nervures latérales ne devient complète que quand celle de la nervure -médiane est en quelque sorte terminée; c'est ce qui est très évident dans certains Solanum où les lobes inférieurs devien- nent à la fin aussi longs que la feuille elle-même. Si au contraire le dédoublement a été assez complet pour que , antérieurement à l'époque de l'élongation , chaque nervure ait acquis la valeur d'une feuille, l'ordre de développement suivra celui de la formation et la feuille sera composée , son axe princi- pal se comportera comme un rameau. On conçoit qu'un nombre infini de degrés peuvent se placer entre ces deux extrêmes, et ainsi se trouvent expliqués tous les passages que l'on observe entre les feuilles les plus simples et les plus composées, même dans un seul individu où la manière dont les sucs nutritifs se trouvent dirigés à telle ou telle époque delà végétation peut arrêter à différentes phases la multiplication des lobes. La théorie que nous avons émise ici est directement opposée en apparence à celle qui a été adoptée par M. De Candolle dans son organographie ; car l'ancienne explication était plutôt un énoncé du fait qu'une véritable théorie; M. De Candolle pense que les feuilles découpées sont des feuilles composées à folioles soudées; il cite à l'appui de cette opinion les observations qu'il a faites sur les Gleditschia et les trous restans au milieu^de cer- taines feuilles (Dracontium pertusum) comme étant des indices de l'isolement primitif des lobes; mais nous pensons que ces faits peuvent aussi bien s'expliquer par notre théorie; car, si les nervures latérales se comportent comme des feuilles simples qui s'alongent inférieuremertf en s'atténuant, elles pourront bien, 296 ad. steinheil.' — Accroissement des feuilles. dans les cas où leur élongation serait très grande, déterminer la formation de lacunes dans le tissu cellulaire. A vrai dire, si l'on admet avec nous que le développement des végétaux est centrifuge, c'est-à-dire que chaque partie y est le résultat d'un dédoublement, la discussion se trouvera réduite à une simple querelle de mots, car dès- lors soudé veut dire non ou imparfaitement dédoublé ; or , diaprés ce que nous avons dit plus haut et ce que nous avons écrit précédemment sur l'individualité, il est clair que nous regardons chaque dent et chaque lobe comme étant virtuellement une foliole et même une feuille si l'on veut; alors la théorie de M. De Candolle n'est plus qu'une antre manière d'exprimer le même fait ; nous aime- rions mieux, cependant, réserver sa définition pour les feuilles divisées qui s'accroissent de bas en haut, et la nôtre pour celles qui le font en sens contraire. Pour nous donc, les feuilles découpées sont des appendices primitivement simples qui ont commencé à se multiplier parce que chacune des ramifications de leur nervure principale s'est mise à se développer de haut en bas pour son propre compte, ce qui résulte, peut-être, de ce que le mouvement a été brisé par les angles des nervures. Mais il y a des personnes qui attachent un sens plus littéral à la formule démonstrative de M. DeCandolle; entre ces personnes et nous il existe une dissidence réelle, en ce qu'elles pensent que les lobes sont des parties primitivement distinctes et posté- rieurement entregreffées ; cette discussion est au fond la même que celle que l'on a soulevée sur le développement ; car, dire que celui-ci est centripète , c'est dire aussi que les parties en sont multiples avant d'être simples; en effet, le développement centri- fuge(ou dédoublement) multiplie des parties simples^ la direction inverse, doit donc réunir des partiesmultiples. Or, il nous semble que l'on peut jusqu'à un certain point ré- soudre cette question àpriori, car, sous peine de nier une chose qui nous paraît inniable, il faut admettre, au moins dans de certaines limites, le dédoublement comme un fait bien constaté- admettre le dédoublement, c'est avouer que les parties des végé- ad. stëinheil. — -Accroissement des feuilles. 297 taux se multiplient en s'étendant ; si donc on prétend que les par- ties qui semblent multipliées sont au contraire le résultat d'une as- sociation, il faudra définir quel est l'élément de cette association, c'est-à-dire le point au-delà duquel cette multiplication n'est plus possible ; mais, n'est-il pas évident qu'une feuille composée ren- ferme virtuellement un nombre indéfini de ramifications suscep- tibles de produire des lobes, puisque chacune de celles qui existent ne diffère de l'axe qui la porte que par le degré de ramification qui l'a produite, de sorte que par la pensée on peut les mettre à la place l'une del'autre.Il faut donc admettre qu'il s'est formé un nombre indéfini de parties primitives qui se sont soudées indéfiniment; en transportant ensuite cette idée de la feuille au scion , du scion à la plante entière et de là à tout ce qui peut sortir d'une plante par des boutures, il faudra admettre que le premier individu a été formé de tous ceux qui se développeront plus tard; on retom- bera donc dans la théorie que l'on combat, avec cette seule diffé- rence que l'on aura pris l'avenir pour le passé (1). a Mais n'est-il pas possible de démontrer par l'observation ce que nous sommes portés à admettre par raisonnement. Voici par quelle voie nous croyons pouvoir y arriver : rappe- lons-nous d'abord les observations de M. Dutrochet sur la mul- tiplication des faisceaux ligneux (2). C'est la racine de YEchium (1) Nous avouons que nous nous déclarons ici en faveur de la théorie de l'emboîtement indéfini des germes, au moins quant à la multiplication par boutures : elle nous paraît incoutes- table dans les végétaux : le dédoublement est un fait. Celte théorie est combattue, en appa- rence, par celle de la divisibilité non infinie de la matière; mais il nous semble que celte objec- tion peut être annulée; car ce n'est pas un emboîtement actuellement mdëûni, que l'on suppose, mais virtuellement, c'est-à-dire qu'il peut y avoir un certain nombre de générations présentes en même temps, et que /quand la plus externe s'épanouit, il s' en "produit une nouvelle au centre. Il serait absurde de supposer qu'un être se formât de toutes pièces, avec la faculté de se multiplier à l'infini par extension : ce serait mettre l'avenir avant le passé, puisqu'il faudrait que sa formation commençât par les parties qui naîtront de lui. Les végétaux ne sont donc 'ormes. qu'en, vertu d'une force créatrice, qui se transmet des êlres présens aux êtres luturs, ce qui force à admettre que le monde a exislé de tout temps avec des êtres analogues à ceux que nous connaissons ; c'était la théorie de Lamarck , qui est démentie par notre géologie actuelle. On se trouve dès-lors obligé d'admettre une puissance créatrice ayant agi unjonr avec prévision, et ainsi nous nous trouvons amenés à repousser toules les opinions des panthéistes sur l'organisa- tion spontanée de la madère brute. (2) Mém. mus. ~ t. vil , p. 38o. 298 ad. steinheil. — Accroissement des feuilles. vulgare qui a servi de point de départ à ses importantes recher- ches. Une coupe transversale de cette racine présente, suivant lui, des festons ligneux dont les uns sont simples, renfermant dans leur intérieur un rayon médullaire; d'autres sont doubles et alors l'un d'eux est circonscrit par l'autre, et ils sont séparés par une légère couche de tissu cellulaire; les festons simples se transforment en festons doubles par la formation d'un nouveau feston dans leur intérieur; alors le feston le plus extérieur finit par se rompre à son sommet en deux fragmens qui ne tardent pas à se redresser au sommet et à se transformer en festons sim- ples par la production d'un rayon médullaire dans leur intérieur; plus tard, il s'y produit un nouveau feston, ils redeviennent dou- bles et ainsi de suite; c'est donc un déboîtement continuel ré- sultant de la production dé parties nouvelles dans l'intérieur de celles qui existent. Voici maintenant ce que nous avons vu de la disposition des faisceaux dans les cotylédons du Lierre (1) : deux faisceaux vien- nent en se rapprochant constituer le pétiole ; bientôt ils se bifur- quent de manière à être formés chacun par deux ramifications, l'une interne \ l'autre externe. Les premières se rapprochent pour former la nervure médiane, tandis que les extérieures forment chacune une nervure latérale. Ici la coupe transversale nous présenterait, comme dans l'observation de M. Dutrochet, un faisceau central devenant double et accompagné à droite et à gauche d'un fragment du faisceau primitivement simple; si maintenant nous supposons qu'un développement semblable à celui qui a divisé les deux premiers faisceaux du pétiole ait lieu seulement pour les deux branches qui constituent la nervure médiane du cotylédon, nous voyons que chacune d'elles se bi- furquera de nouveau; le côté extérieur restera libre, les bran- ches intérieures de chaque côté se rapprocheront pour former une continuation de la nervure médiane et nous aurons un appendice à cinq nervures principales semblable en ceci à la feuille du Lamium album qui se forme également par la réunion (1) 'Ann.se. nat. , septembre 18 35. ad. steinheil. — Accroissement des feuilles. 299 de deux faisceaux. Si, au contraire, les festons latéraux simples se développent en même temps que le feston du milieu, chacun d'eux produira un feston central placé entre deux demi-festons, et la feuille plus ou moins complètement trilobée sera équiva- lente à trois folioles; en continuant ce raisonnement, on peut augmenter àl'innni le nombre des lobes, et suivant que ce. seront la nervure médiane ou les nervures latérales qui seront supposées se dédoubler, on aura une feuille palmée ou penniforme. Or, ce raisonnement est fondé sur l'analogie; mais voyons si nous ne pourrons pas arriver à prendre la nature sur le fait de manière à y voir réellement exécutées les opérations que nous supposons ici. Nous avons dit plus haut que, lorsqu'une feuille peut être soumise à notre investigation, les nervures qu'elle doit renfer- mer y existent déjà au moins à l'état rudimentaire; que par conséquent nous pouvions regarder leur formation comme simul- tanée , mais que cependant les plus extérieures ont une avance quelconque sur les plus intérieures; si donc nous pouvions par une expérimentation habile arrêter cette formation au milieu de son cours , nous verrions disparaître les parties les plus^inté- rieures dont la place serait occupée par les plus extérieures, de même que dans la racine REchium les festons intérieurs se trouvent à la place de ceux qu'ils ont divisés; dès lors, nous serions bien convaincus de la formation centrale de toutes ces parties, et nous ne pourrions nous refuser à admettre que c'est par dédoublement qu'elles se multiplient. Mais ce que nous ne pouvons pas faire la nature le fait pour nous et nous pouvons nous en assurer tous les jours: quand une jeune branche commence à paraître encore faible et languissante , les premiers appendices foliacées qu'elle porte n'ont souvent pas le même nombre de folioles que les feuilles vigoureuses qui se montreront sur la plante adulte; puis, quand elle se charge de fleurs vers lesquelles se portera toute l'activité de la végétation, le même phénomène reparaît, le nombre des parties est dimi- nué dans les appendices; il est bien évident que dans ce cas la moindre vigueur de la végétation a supprimé quelques-unes des pièces qui devaient se développer; il y a eu avorteraient, et cet 3oo ad. sTEtNHEiL. — Accwissement des feuilles. avortement n'a pu porter que sur les parties qui se seraient développées en dernier; il ne s'agit donc plus que de savoir si ce seraient les parties intérieures ouïes parties extérieures : l'ana- logie entre toutes ces modifications si nombreuses est tellement évidente que peu d'exemples nous suffiront: chacun pourra les multipliera son gré. J'ai conservé un dessin d'une feuille du Staphylea pinnata formée de sept folioles ; mais celles de la paire la plus élevée sont immédiatement rapprochées de la foliole terminale et sont en même temps soudées au pétiole par la moitié extérieure de leur limbe, de sorte que, réunies à la foliole terminale, elles consti- tuent un limbe unique dans lequel deux incisions profondes séparent le tissu cellulaire entre la nervure médiane et les deux premières nervures latérales; si celles-ci s'étaient alongées à leur base, elles seraient devenues libres; ainsi la formation a été arrêtée au moment où elle allait isoler les deux festons externes du sommet de la feuille ; si cet arrêt avait eu lieu plutôt, il aurait agi plus bas, car les folioles inférieures étant développées norma- lement, il a bien fallu qu'elles fussent formées avant celles qui ont été arrêtées; il suffit de supposer le pétiole raccourci pour voir que les pièces les plus élevées sont en même temps les plus intérieures. Prenons unebranche chargée defeuilles sur un jeune Frêne, nous remarquerons d'abord que le nombre de folioles est moindre dans les feuilles inférieures; le nombre de celles-là est d'ailleurs très variable, on y trouvera 5, 7, 9, 1 1 , i3; compa- rons maintenant une feuille à cinq avec une feuille à sept folioles, nous verrons que dans toutes deux les deux premières paires sont exactement semblables, mais que dans l'une d'elles la folio- le terminale représente ce qui dans l'autre constitue deux paires et une foliole terminale. Si je voulais procéder en sens inverse etcommencer ma comparaison par le sommet, j'aurais déjà contre moi une grande probabilité (malgré l'analogie qui résulte du voisi- nage des folioles impaires) en ce que les folioles supérieures sont plus jeunes que les inférieures: mais les nervures latérales de la foliole terminale sont dans la même direction que la nervure moyenne des folioles, il suffit donc de supposer qu'elles s'accrois- ad. steinheiï*. > — ^4 accroissement des feuilles. 3oi sent et s'isolent par une élongation inférieure pour comprendre qu'elles deviennent des folioles, et cela est conforme à ce que uons savons du mode de développement clés feuilles ailées; nous pouvons d'autant moins supposer que l'augmentation du nom- bre des folioles soit le résultat d'un plus grand développement dans la partie inférieure (ou extérieure), que quand celui-ci a lieu il en résulte que la feuille est doublement ailée, ce qui nous prouve suffisamment par analogie l'aptitude de la foliole termi- nale à subir ces métamorphoses. On trouve d'ailleurs fréquemment la preuve matérielle de cette transformation ; souvent les feuilles ailées avec impaire ont (abstraction faite de celle-ci) un plus grand nombre de folioles d'un côté que de l'autre, Dans ces sortes de monstruo- sités on remarque que la dernière foliole qui se trouve en plus d'un côté est insérée tout-à-fait au sommet du pétiole en con- tact immédiat avec la foliole terminale. Le limbe de celle-ci est plus étroit du côté délia foliole surnuméraire, de sorte qu'il descend un peu plus bas de l'autre côté, et alors on ne peut se refuser à reconnaître que c'est aux dépens de la partie inférieure de ce limbe qu'il s'est formé une foliole. Il est donc bien constaté que la formation a marché d'étage en étage par le développement de la sommité centrale qui s'est gra- duellement isolée des nervures latérales accrues, et si nousassi- milonsles nervures moyennes aux festons de Dutrochet, nous dirons qu'ici les fragmens des festons extérieurs ont cessé de se développer, tandis que celui du milieu s'est multiplié par de nou- velles formations. Voyons encore comment les choses se passent dans une plante à feuilles paîmatinerves; le Rubus cœsius est très propre à ce genre de recherches, en ce qu'on y trouve près des fleurs des feuilles simples en apparence. Celles-ci sont inégalement dentées et un peu plus profondément incisées vers le milieu des deux bords. Nous en trouvons au-dessous qui sont profondément tri- lobées, enfin , plus bas les feuilles sont ternées. En examinant la série de ces modifications, nous remarquerons que les deux nervures latérales extérieures sont semblables à toutes les autres 3o2 ad. steinheil. — accroissement des feuilles. quand la feuille paraît simple; elles deviennent de plus en plus comparables à la nervure médiane à mesure que la feuille se di- vise et lui ressemblent touf-à-fait quand la feuille est ternée. Quand cela est arrivé , les deux premières nervures de la foliole terminale commencent déjà à subir la même évolution qui a été accomplie pour celles qui sont devenues des folioles latérales et chez celles-ci, on remarque que la nervure inférieure du côté externe présente la même tendance. Nous pensons devoir prévenir ici une objection que l'on pour- rait nous faire; il y a des cas où les folioles latérales tendent à avorter, c'est du moins ainsi que l'on doit probablement expli- quer la forme simple des feuilles de certaines rosacées dont le pétiole est couvert de glandes (i). Ceci ne prouve rien contre ce que nous venons de dire, de même que l'avortement des pre- mières feuilles d'un scion ne prouve pas que celles qu'il porte ne sont pas d'autant plus récentes qu'elles sont plus élevées. L'avortement des parties encore jeunes est déterminé dans ces cas par l'extrême développement qu'acquièrent trop rapidement celles qui leur succèdent. Nous voulons prévenir (a) encore une autre conséquence que ( i) M. Geny, jardinier de la faculté de médecine à Strasbourg , nous a communiqué des feuilles d'abricotier où les glandes s'étaient transformées en très petites folioles. (i) La crainte que nous manifestous ici nous est inspirée par une noîe qui [se trouve à la fin de la Flore française de M. Mutel , à propos d'une discussion , qui s'est élevée entre lui et nous relativement à deux espèces de scilles, discussion sur laquelle nous croyons inutile de revenir, si ce n'est pour convenir que, en effet, nous n'avions pas très bien interprété une partie de son texte, ce qui ne nous empêche pas de garder notre opinion. M. Mutel , en terminant sa noie, annonce que nous lui avons dit à Bone qu'il n'y a qu'une seule espèce répandue sur toute la terre. C2ci est contradictoire dans les termes: il aurait fallu dire qu'il n'y a que des individus et pas d'espèce ; mais cette formule est complètement panthéiste, avons-nous dit, et, comme non* avons à cœur dejenier toute doctrine de ce genre , nous déclarons que nous n'avouerons jamais que les opinions signées par nous. On conçoit facilement combien le souvenir d'une conversa- tion , tenue quatre années auparavant, peut être trompeur et susceptible d'une fausse interpré- tation. Nous avons , avant et après notre départ pour l'Afrique, publié quelques écrits, qui prouvent que notre sentiment, sauf quelques légères modifications, était le même alors et au- jourd'hui (voyez Observations sur les fumeterres , Arch. bot,, 1. 1, p. 41 5, et Observations sur la végétation des dunes. Mém. soc. se. Seine-et-Oise , 1.8 35). Laissons à chacun ses propres er« leurs, et il aura bien assez à faire. Si, d'ailleurs, nous avions l'opinion qui nous a été attri- buée, ce serait , ce nous semble, un motif pour distinguer toutes les formes, et il eût été peu logique de nous reprocher d'avoir signalé des différences même individuelles. ad. steinheil. -—Accroissement des feuilles. 3o3 l'on pourrait tirer de ce travail, et qui serait, suivant nous, une interprétation fort inexacte de notre pensée. Il semble que les feuilles, à l'aide de quelques dédoublemeiis et de quelques sou- dures, soient susceptibles de se modifier à l'infini, et que, par conséquent, il ne puisse exister aucune forme spécifique. Mais , ce qui peut bien être en théorie générale se trouve fortement limité dans les faits particuliers, à cause de cette harmonie qui existe entre les développemens des différentes parties d'une plante qui se limitent réciproquement, harmonie qui nous révèle une dépendance mutuelle de ces parties, résultant de la nature spécifique de la plante, ou, si l'on veut, de son Mysterium , comme on a dit. C'est une preuve bien grande en faveur des théories d'après lesquelles on regarde comme impossible la con- fusion des espèces, conséquence forcée de toute cette science dont les disciples ne voient dans les êtres vivans que des expressions diverses d'un grand tout appelé vaguement la Nature. Pour résumer la dernière partie de cemémoire, nous dirons que les trois phénomènes que nous avons signalés plus haut dans le développement des feuilles suffisent pour expliquer la forma- tion des lobes et des divisions ; que dire que les feuilles lobées sont des feuilles composées dont les folioles se sont soudées, c'est, dans la plupart des cas, prendre pour le passé un avenir qui s'accomplit rarement, pour un fait positif une simple virtualité ; que la multiplication des parties a lieu dans les végétaux par dédoublement du centre vers la circonférence, c'est-à-dire que chaque partie est centrale avant d'être périphérique, simple avant d'être composée. Nous sommes loin d'avoir épuisé le sujet que nous avons en tamé. Voici quelques questions qu'il nous paraîtra intéressant de développer plus tard , si les circonstances nous le per- mettent. i° Déterminer dans quelles conditions la tigelle ou le méri- thalle s'accroissent par le sommet, et quelle est la cause de ce phénomène qui paraît exceptionnel. 3o4 H. mohl. *~ Sur les cellules des plantes. i° Quelles sont les formes de feuilles qui coïncident le plus généralement avec une élongation descendante, une élongation ascendante ou une élongation mixte, et chercher jusqu'à quel point les groupes formés d'après ces modifications peuvent coïncider avec ceux que l'on a appelés familles on tribus. 3 Ô Rechercher quelles sont les modifications qu'une famille éprouvera de la part des agens extérieurs; voir en quoi elles dé- pendent de sa loi d'accroissement, de telle sorte que l'on puisse jusqu'à un certain point prévoir l'aspect des variétés relativement à la forme des feuilles et les produire à volonté. • V ; Ueber die F 'ermehrung der Pflanzen-Zellen durch Theilung.— Sur la multiplication des cellules des Plantes par division : Dissertation inaugurale soutenue sous la présidence de M. H. Mohl, par A. Wilhelm Wihter de Brackewheim. — Tubingen, Septembre i835. Apre une courte introduction signée par M. Mohl lui-même, l'auteur donne un aperçu rapide et fort bien fait sur l'histoire de nos connaissances relativement an tissu cellulaire; il résulte de cet exposé qu'aucun observateur n'a encore réussi à suivre la formation des cellules dès leur origine. M. Mirbel a fait voir qu'elles se forment de différentes manières, mais il ne parvint pas non plus à en observer les premiers commencemens. Jus- qu'à ce jour les phytographes sont toujours partis de cette idée que chaque Cellule doit être très petite dès son commencement et qu'elle s'accroît peu-à-peu; quoique ce soit le cas habituel dans les cellules du parenchyme la nature s'en écarte dans le développement des cellules à l'intérieur des cellules-mères (grains polliniques et spores), et elle prend une route entièrement différente dans les cas où la multiplication des cellules a lieu par la division de celles qui sont devenues grandes. h. moiil. — Sur les cellules des plantes. 3o.„ Les plantes clans lesquelles on peut le mieux observer ce phénomène sont les algues à un seul rang de cellules, peut-êtr& même ce mode de développement leur est-il particulier; il est vrai que M. de Mirbel l'a reconnu dans les cellules-mères des grains de pollen, mais l'auteur conserve encore quelques doutes relativement à ces observations. Dans le Conferva glomerata(V\. 5,fig. i, 2,3) la marche decette division est très facile à suivre; on n'y voit jamais au sommet des filamens déjeunes cellules non développées, et le dernier article est aussi longquelesprécédens,seulementun peu plusgrèle. Les rameaux naissent à l'extrémité latérale supérieure d'un article (ou cellule) et il n'existe aucune communication entre la cellule qui porte le rameau et l'article inférieur de celui-ci ; ils sont séparés par une cloison ; mais si l'on étudie les commencemens d'un rameau on voit qu'il n'en est plus ainsi ; il paraît d'abord une petite protu- bérance qui se transforme en une excroissance latérale cylin- drique contenant de la chlorophylle et dont la cavité est en communication avec celle de l'article qui la porte; lorsque le rameau s'est alongé davantage on remarque au niveau de son insertion un rétrécissement dirigé vers l'intérieur de la cellule et qui resserre la matière verte dans le fil, formant ainsi une sorte de cloison percée au milieu comme un anneau , cette cloison se développe à mesure que le rameau s'accroît, et à la fin elle interrompt complètement la communication entre la première cellule et son expansion qui est devenue un véritable rameau. Ainsi séparé , celui-ci s'allonge déplus en plus , jusqu'à ce qu'il forme une très longue cellule cylindrique, qui se par- tage d'une manière tout-à-fait semblable, en deux cellules dis- tinctes dont la terminale s'alonge seule , pour se partager de nouveau et ainsi de suite. Le bout de l'axe principal présente les mêmes phénomènes. Dans le Scytonema myochrous (Pi. 5,fig.6) le partage de la cellule n'a également lieu que dans la cellule terminale ; celle-ci est gon- flée, ovalaire, et son diamètre longitudinal dépasse deux à quatre fois celui des autres cellules, dont elle se distingue encore par l'absence d'un contenu grenu et par sa couleur rougeâtre. Dans la partie inférieure de cette grosse cellule terminale, il se forme VIII. Botan. — Novembre. 20 3o6 h. MoitL. — Sur les cellules des plantes. des cloisons (le plus souvent une seule à-Ia-fois) et par-là cette portion inférieure devient une cellule particulière dans laquelle apparaissent bientôt des grains fins en même temps que sa couleur passe au jaune-brun, alors elle prend la forme des autres cellules du fil. Quoique ce développement n'ait lieu que dans la cellule terminale, elles paraissent toutes susceptibles de l'acquérir, car si l'on déchire une portion du fil les cellules que cette rupture a rendues terminales s'accroissent à leur tour. Dansles oscillatoires qui ont une grande analogie avec les Scjto- nema,\es cellules paraissent également se former parla division descellules terminales (fig. 4)- Dans un Rivularia(nova species?)ï\ semble au contraire que ce soient les cellules du milieu du fil qui jouissent delà propriétéde sediviser;si on étudie déjeunes ra- meauxde cette plante (fig. 9, 10), on trouve la seconde cellule (qui dans le filament développé est fort longue et cylindrique) encore très courte,et celles qui lasuivent paraissent ovales sans rétrécisse- mens et sans cloisons. Dans des filamens plusalongés(fig. 11,1 a)les cellules placées auprès de la seconde s'alongentet présentent plu- sieurs cloisons peu marquées, mais qui s'épaississent ensuite, et en- fin on ne trouve plusde différence entre les nouvelles cloisonset les anciennes. Lorsque plus tard le contenu grenu des filamens a disparu, on reconnaît dans les cellules les plus voisines de la seconde qui est cylindrique, que les cloisons les plus tardives ne se sont pas toujours développées parfaitement, de sorte que quelques-unes ne sont pas closes (fig. 8). Plusieurs observations faites sur \esZygnema font croire que leurs cellules jouissent aussi de la propriété de se partager en deux par une cloison : ainsi dans leZ. longatum Ag. les cloisons ont une structure toute particulière. La paroi terminale de chaque cellule (fig. 6) n'est pas plane, mais prolongée en un cône obtus, que Von ne peut bien voir qu'en séparant deux articles, car dans l'état habituel le bout conique se trouve retroussé à-peu- prês comme un doigt de gant, de sorte qu'il paraît bien rac- cour ci ; or, on trouve quelques filamens où une partie des articles sont de moitié moins longs qu'à l'état habituel fig. 7), et dans ceux-là il n'y a qu'une cloison sur deux qui présente cette forme particulière, d'où il résulte que ces dernières partagent le filament h. mohl. — Sur la connexion des cellules. 307 en articles d'une longueur normale, tandis que les cloisons in« termédiaires sont semblables à celles de toutes les conferves; les cloisons droites semblent s'être formées en dernier et être encore incomplètement développées. Ces observations nous prouvent. que dans les algues la mul- tiplication des cellules par division est un fait assez fréquent; elles font voir aussi que la forme des cellules n'est pas comme plusieurs phytotomistes paraissent le cioire, la conséquence seulement d'une extension entons sens et d'une compression mécanique des parties environnantes. Peut-être quelques per- sonnes trouveront encore dans ces descriptions des faits ana- logues à ceux que l'on observe dans le groupe des diatomées et y verront un motif pour le rapprocher du règne végétal. (1) Ad. Steinheil. Ueber die J^erbindung der Pflanzen-Zellen un ter einander. — Sur la connexion des cellules végétales } dissertation inau- gurale soutenue sous la présidence de M. H. Mohl, par E. Frisoni de Stuttgard. — Tubingen, septembre i835. Dans cette thèse comme dans la précédente on trouve une préface signée de M. Mohl; il dit avoir déjà observé une sub- stance différente de celle des cellules, servant de lien entre elles comme une espèce de colle, mais ce qu'il en a dit ailleurs, étant insuffisant , il a cru devoir proposer ce sujet de thèse à un élève; il espère que les observations qui vont suivre montreront qu'il y a une plus grande analogie de structure entre les algues gélatineuses et les végétaux supérieurs qu'on ne l'a cru jus r qu'à ce jour, et qu'elles jetteront quelque lumière sur le mode de production des cellules, sur le contenu des méats inter- cellulaires et sur les voies par lesquelles s'élèvent les sucs. Vient ensuite un exposé rapide de l'histoire de la discussion (1) Nous ne donnons pas ici l'explication des planches 3 , 6 et 7, qui se rapportent à ce mémoire ainsi qu'au suivant, les figures ayant été indiquées suffisamment dans le texte. {Note du rédacteur. '■ 20'. 3o8 h. moiil. — Sur la connexion des cellules. qui partagea long-temps les anatomistes, relativement à la com- position du tissu cellulaire; l'auteur résume les principes de ceux qui ne voyaient dans ce tissu qu'une masse homogène criblée de pores , et ceux de l'école qui soutient que chaque cellule est douée d'une membrane particulière; cette doctrine ayant prévalu la plupart des phytotomes pensèrent que les cel- lules sont réunies par soudure; mais personne ne se demanda s'il n'existe pas une substance intermédiaire. Moldenhawer pourtant n'avait pas négligé ce point, il crut avoir remarqué un système de fibres entourant les cellules et formant avec elles un tissu cellulaire bien lié qu'il appelle de ce nom (Zell- gewebe). Personne n'a pu retrouver ces fibres. Dans ces der- niers temps une opinion pareille fut reproduite par Agardh avec des modifications; cet observateur pense que les plantes sont formées de trois substances différentes : i° un mucilage organique, 2 des membranes, 3° une substance grenue; les nostochs surtout lui paraissent formés de ce mucilage, mais il existe aussi dans les végétaux plus élèves; c'est en lui que les cellules naissent, et toutes celles d'un organe en même temps,sous forme de corpuscules infiniment petits; ainsi l'accroissement des organes des plantes n'est pas du à la formation de parties nou- velles entre les anciennes, mais seulement au développement des parties qui ont été formées simultanément; en se pressant les utricules prennent une forme anguleuse, et compriment le mucilage dans leurs interstices; celui-ci s'étant durci devient un organe déterminé, puisqu'il forme une substance fibreuse qui traverse toute la plante et sert de lien à toutes ses parties comme le tissu gélatineux des animaux qui paraît remplir des fonctions analogues: les cellules y sont renfermées mais ne sont jamais soudées. M. Mobl fut par ses recherches amené à une idée qui , au fond se rapproche de celles de Moldenhawer et d'Agardh, mais qui en diffère totalement par les détails; il en donna un aperçu dans ses recherches sur la tige des palmiers (quoique la publi- cation de M. Martius n'ait paru qu'en i834> on ne peut pas lui reprocher de s'être servi du travail d'Agardh, publié en i83i , puisque le sien a été fait en 1828 et 1829.) Il écrivit encore h. mohl. — Sur la connexion des cellules. 3og quelque chose à ce sujet dans son travail sur le pollen (voy. Ann. se. nat. , sec. série, Bot» tom. in,. pag..i55) où il .se contenta d'annoncer que la gelée qu i sert de lien aux cellules dans les Ulves se comporte de même dans les végétaux supé- rieurs, mais qu'il est difficile d'en démontrer anaîomique- ment la présence. Après ce préambule l'auteur en vient à ses observations particulières. C'est dans les algues qu'il étudiera d'abord la substance ho- mogène, gélati ni forme, parce qu'elle y est plus développée, mais en négligeant les Diatomées, dont la nature est douteuse et les nostochs, dans lesquels cette 4 substance forme la masse principale, cle sorte qu'elle y est connue depuis long-temps. Il suffira de remarquer que, dans ces êtres comme dans plusieurs algues d'un ordre supérieur , la substance mucilagineuse se trouve sous deux formes; car dans les genres à organisation la plus simple qui se rapportent ici (Protococcus, Palmella), elle n'existe que comme une gangue reliant les grains isolés dans une masse commune, mais qui n'est pas douée d'une enveloppe extérieure plus ferme, tandis que dans d'autres la délimitation arrêtée, plus solide, presque durcie en membranes, de la masse, donne les premiers indices d'une formation qui appartient aux végétaux supérieurs , savoir d'une enveloppe entourant extérieurement tout le végétal comme une grande cellule. Si dansées Protococcus et les Palmella chaque cellule doit être con- sidérée comme un individu particulier, il semble que dans les nostochs on ne doive appliquer ce nom qu'à la masse générale; mais les cellules particulières y sont reliées en filamens confer- voïdes, et chacun de ces filamens (ce qui est surtout évident dans le Nostoch sphœricum,¥\. 6,fig.8) s'approprie, comme une sorte d'enveloppe particulière encore mal développée, la portion la plus voisine de la masse mucilagineuse; ainsi on ne sait trop ce qui doit être considéré comme l'individu, mais il paraît que la masse homogène dans laquelle sont logées les cellules peut leur fournir un lien enveloppant de deux manières différentes; i° par la délimitation de la surface générale qui réunit les individus sous une forme déterminée, i° par la formation dans l'intérieur de la masse d'une enveloppe pour les séries particulières de 3io h. mohl. — Sur La connexion des cellules. cellules qui en sont circonscrites comme des individus distincts. Supposons que l'enveloppe intérieure soit bien formée et que l'extérieure soit ramollie et semi-liquide, et nous aurons un végétal formé d'individus indépendans, doués d'une enveloppe membraneuse, mais qui au lieu d'êtres libres sont réunis en une masse plus ou moins solide, d'une forme plus ou moins déterminée-, tels sont les Hydrurus , Rivularia, Oscillatoria, etc. C'est le cas maintenant d'étudier la formation de cette enveloppe qui entoure chaque filament confervoïde. Dans \eRwulariaPi- sum (Pi 6, fig. 1,2) on reconnaît à l'aide d'un grossissement suf- fisait que les filamens sont formésdedeux parties essentiellement distinctes, savoir : i e d'une pellicule extérieure, homogène, en forme de tuyau (fig. 20), 2 d'un filament confervoïde (fig. 1,2 b) formé de cellules courtes, circulaires, superposées; l'union de ces cellules n'est pas très ferme à la partie inférieure du filament, de sorte qu'elles se partagent fréquemment à différens endroits et que l'on peut tirer la partie supérieure du fil hors du tube extérieur comme d'une gaîne; le fil extérieur tubulaire possède une en- veloppe gélatineuse qui ne paraît pas complètement homogène , mais striée longitudinalement de bas en haut et de dedans en dehors; ces stries se confondent avec la surface extérieure du fil tubuleux et l'on voit qu'elles résulteni de ce que dans la masse extérieure sont placées beaucoup de parties en forme d'entonnoir à demi dissoutes et s'emboitant réciproquement. Vers le sommet où le filament confervoïde devient mince et filiforme et a des articles longs et vides de grains, l'enveloppe extérieure se perd sans être limitée d'une manière bien nette, mais en devenant toujours plus tendre et plus transparente. 3^a relation de cette enveloppe extérieure avec le filament confervoïde et son mode de développement seront encore mieux connus par l'étude de quelques végétaux voisins plus rapprochés des vraies conferves que le Rwularia. heScytonema myochrous est surtout instructif sous ce rapport; sa structure est dans le fond analogue à celle du Rivularia-, ses filamens (PI. 6, fig. 3, 4? 5 ,6) sont également formés d'un fil intérieur confer- voïde, composé de cellules superposées et d'une enveloppe ex- térieure tubuleuse uniforme ; l'espace libre entre le filament et ij. MoiiL. — Sur la connexion des cellules. 3l r son enveloppe extérieure est rempli d'une niasse gélatineuse ; le filament intérieur se partage fréquemment en petites cellules; les deux bouts d'un filament rompu croissent régulièrement en longueur, traversent l'enveloppe extérieure et paraissent comme deux rameaux superposés (fig.5); souvent les cellules du fil inté- rieur se contractent, s'oblitèrent et forment un fil noueux , de sorte qu'alors on reconnaît mieux l'enveloppe extérieure (fig. 6). En étudiant les extrémités encore végétantes de cette plante, on voit que le tube extérieur s'amincit en une pellicule très tendre (fig. 3), tandis que la partie intérieure gélatineuse prend de l'accroissement; à différentes places (probablement par suite d'un accroissement trop rapide) la couche la plus extérieure du tube homogène s'isole circulairement et se courbe au dehors à la manière d'un entonnoir (fig. 4), ou bien reste dressée et appliquée contre la continuation plus jeune du tube. La couche interne gélatineuse forme l'enveloppe extérieure du fil confervoïde qui continue à se développer; elle se durcit «à la circonférence et forme une nouvelle enveloppe tabulaire, qui se confond infé- rieurement avec le côté interne au tube crevé : tout-à-fait à la pointe du fil le tube extérieur s'amincit tellement, que l'ex- trémité qui pousse n'est recouverte que d'une substance molle gélatineuse. Le tube extérieur des rameaux se forme de la même manière ; celui de l'axe est percé et les rameaux , sor- tant par l'ouverture, reçoivent une enveloppe formée par la substance gélatineuse interne du vieux fil et qui se durcit en- tièrement. La structure de cette plante se rapproche de celle du Rivularia, avec cette différence que dans le Scytonema le tube extérieur est plus fort et la substance gélatineuse interne plus épaisse. On trouve une structure analogue dans les oscil- latoires, car elles ont aussi un tube extérieur homogène et un filament confervoïde intérieur; leurs filamens sont en outre plongés dans un mucilage abondant et réunis en masses qui croissent ensemble : aussi ces plantes se placent plus bas que le Scytonema et se rapprochent des Nostochs , et de X Hydrurus* Dans les conferves proprement dites le mucilage gén rata disparu et ne forme autour des fils qu'une enveloppe si mince qu'ils deviennent lisses, mais ne sont plus réunis en 3 1 2 h. mohl. — Sur la connexion des cellules. masses, tandis que chaque fil possède un tube extérieur homo- gène , semblable à celui des Scytonema et. du Rivularia. Cette enveloppe n'est pas facile à voir dans la plupart des cas, mais elle est si évidente dans plusieurs espèces, qu'il ne reste au- cun doute sur son existence; dans plusieurs grandes espèces de Zygnema on voit nettement autour du fil confervoïde une enveloppe membraneuse épaisse, très transparente et continue; comme les jets sont un peu noueux à leur extrémité, on trouve aux points où deux cellules se touchent un espace triangulaire, circulaire, rempli de mucilage et très analogue aux méats intercellulaires, quelquefois par l'action d'une force extérieure, les filamens du Zygnema se séparent comme ceux des Rivularia, et les fragmens s'écartent, alors l'enveloppe ex- térieure devient très évidente. Cette enveloppe homogène est encore bien plus remarquable dans le Conferva glomera'.a, elle se continue sur les ramifications et représente une cellule rameuse. (Pi. 5, fig. i, 2, 3; pi. 6, fig. 7.) On retrouve dans les algues à filamens rameux la substance homogène, quoique sous une forme un peu différente ; non- seulement elle forme une enveloppe autour de la plante, mais elle est aussi intercalée entre les cellules particulières, comme Eysenhard (Linn. 1828, pag. 174) et Agardh l'ont observé. Dans les algues filamenteuses associées, p. Ex. le Bangia atropurpurea , la masse mucilagineuse forme encore une partie importante de la plante, car outre que la périphérie en est uniquement formée , les parties formées de cellules y \sont placées sans avoir de communication immédiate entre elles. La même chose se voit dans les Ulva. Cette substance se retrouve encore dans les Conferves ma- rines, les Floridées et les Fucoïdées; dans ces plantes les cellules ont pris un plus grand développement, et, plus rapprochées, elles ont acquis la forme angulaire qu'on retrouve dans les végétaux supérieures. Elles croissent comme les cellules des Fougères et des phanérogames , par des couches qui se forment dans leur inté- rieur et possèdent en partie des points poriformes [Furcellaria lumbricalis,V].6,ûg. g, 10). Des coupes longitudinales et transver- sales de ces plantes font voir que partout où leurs cellules ne sont il. mohl. — Sur la connexion des cellules. 3i3 pas en contact immédiat , il existe entre elles une substance homogène d'une consistance intermédiaire entre la gélatineuse et la cornée; cette masse forme la plus grande partie du végétal quand les cellules sont écarte'es, mais lorsqu'elles sont rappro- chées elle se trouve surtout entre les angles des cellules, à la place des méats des végétaux supérieurs , méats qui par suite de sa présence manquent absolument; elle ne forme entre les cellules qu'une couche très mince; on trouve cetle substance dans toutes les algues marines à fronde composée ; l'auteur propose de lui appliquer le nom de Substance intercellulaire. Dans le Thallus des lichens , la substance intercellulaire prend un développement moins remarquable que dans les algues; mais on peut encore la reconnaître; car les cellules qui constituent cette couche extérieure des Lichens, qui devient transparente dans l'eau, sont réunies par elle de telle sorte qu'il ne reste pas de méats intercellulaircs, soit que ces cellules soient arrondies et parenchymateuses, comme dans le Peltidea crocea, ou qu'elles soient allongées et rapprochées d'une manière irrégulière comme dans le Borrera ciliaris (Pi. 7, fig. 1 ); il n'est cependant pas rare de retrouver la substance intercellulaire, quoiqu'en moindre quantité entre les cellules longitudinales qui forment la couche inférieure du Thallus, ce qui leur fait perdre leur aspect fibreux ; elle est surtout très évidente dans la couche moyenne des Usnea , où elle réunit les cellules longitudinales en une masse cornée. Cette union de cellules ne put échap- per àMeyer, mais il ne vit pas la substance intercellulaire et décrivit les cellules comme simplement soudées (Nebenstunden meiner Beschœftigungen im Gebiete der Pflanzenkunde, tom. 1, pag. T2, 26, etc.) Dans la couche seminifère du fruit des lichens , nous trouvons les cellules fibreuses et les cellules-mères plongées dans une masse intercellulaire. Dans les plantes chez lesquelles la tige et la feuille ne sont plus confondues en un même Thallus, il devient difficile de reconnaître la substance intercellulaire à cause de l'existence des méats; mais dans certains cas on peut encore le faire, tellement qu'il n'existe peut-être pas un végétal où on ne puisse la retrouver dans quelque organe. Ainsi elle existe dans les 3 1 4 lL mohi,. — Sur la connexion des cellules. Mousses et les Jungermannes; chez les premières on rencontre surtout à la pointe des feuilles une masse homogène entre les angles des cellules dont elle remplit les interstices {Tetraphis pellucida,ï > \. r j,ûg.i)î ce n'est qu'à de très forts grossissemens qu'on en rencontre une couche très mince, entre les parois la- térales des cellules les plus extérieures sur le bord des feuilles ; généralement et surtout à la base des feuilles, les cellules sont si rapprochées que la substance homogène disparaît. Chez les Fougères on trouve surtout la substance intercellu- laire dans la couche de cellules prosenchymateuses brunes à parois épaisses, qui réunit les faisceaux vasculaires ; parmi les espèces indigènes le Pteris aquilina en fournit un fort bel exemple; peut-être y en aurait-il de meilleurs dans les espèces ligneuses; dans les plantes de cette famille on trouve entre chaque cellule une couche mince de substance intercellulaire qui existe en plus grande quantité entre les angles; elle est d'un jaune brun comme les parois cellulaires , mais ordinaire- ment plus foncée; par fois la coloration ne se présente que chez elle et dans la couche externe de la membrane cellulaire, dont les couches intérieures sont totalement incolores , ce qui peut faire confondre la couche externe des cellules, qui se développe la première avec la substance intercellulaire et faire attribuer à celle-ci une trop grande épaisseur, sorte d'erreur dont il faut bien se méfier surtout chez les végétaux vascu- laires. Cette prudence est spécialement utile lorsque l'on étudie le bois des dicotylédones, il y arrive très fréquemment que la couche la plus extérieure de la membrane cellulaire, qui est nettement séparée des productions plus tardives, ail l'aspect de la substance intercellulaire elle-même , ou , sous de faibles grossissemens, de la ligne de séparation des cellules et des vais- seaux, p. ex. dans le bois des conifères. Sur une coupe trans- versale de bois de sapin (PI. 7, fig.7), on ne trouve pas de méats entre les vaisseaux (les prétendues cellules poreuses), mais une substance intercellulaire homogène : l'If présente des phéno- mènes analogues. La substance intercellulaire se comporte d'une manière très h. mohl. — Sur la connexion des cellules. 3 1 5 analogue entre les cellules prosenchymateuses du bois des dicotylédones; on la reconnaît d'autant plus facilement que les parois cellulaires sont plus épaisses; ainsi on devrait pré- férer pour ces recherches les bois solides des tropiques, et parmi les nôtres celui du buis (PI. 7,6g. 6). La couche cellulaire externe paraît nettement séparée de ses additions internes et la substance intercellulaire est assez abondante entre les cellules qui sont arrondies. Lorsque dans l'écorce ou le pétiole des dicotylédones on trouve sous l'épiderme des faisceaux isolés ou une couche de cellules alongées , on peut beaucoup mieux observer la sub- stance intercellulaire, ainsi p. ex. dans la tige annuelle du Sam- bucus nigra; au premier aspect les cellules y paraissent irré- gulières, dispersées dans une substance transparente homo- gène qui fait penser à la théorie de Wolff. Mais par une obser- vation plus attentive on remarque que cette masse est formée de parois cellulaires et de substance inlercellulaire, seulement les lignes de démarcation en sont délicates ; les cellules ne sont pas rapprochées d'une manière égale, lorsqu'elles le sont fortement on remarque dans leur paroi des profondeurs ana- logues à des pores, alors la substance intercellulaire est à peine visible; mais lorsqu'elles sont très écartées celle-ci n'en remplit pas toujours les interstices et on remarque des lacunes irré- gulières. La substance intercellulaire de ces végétaux est tout aussi hygroscopique que celle des Fucus; par la dessiccation elle se contracte, de sorte que l'on croit avoir devant les yeux un tissu à parois peu épaisses, mais si on le mouille la substance reprend sa transparence et son étendue primitives; cela se voit encore dans plusieurs autres plantes. Dans le tissu cellulaire parenchy- mateux des phanérogames, la substance intercellulaire existe en trop petite quantité, pour remplir les interstices ; c'est pourquoi les méats sont remplis d'air; mais différens exemples font voir que ce tissu n'en est pas entièrement privé. Les feuilles coriaces présentent sous leur épiderme une ou plusieurs couches de cellules privées de chlorophylle, qui ont souvent été décrites comme appartenant à l'épiderme; elles 3 1 6 h. mohl. — Sur la connexion des cellules. sont liées par une substance intercellulaire plus ou moins abon- dante. Le Nerium oleander (PI. 7, fig. 5) en fournit un exemple remarquable, surtout au-dessus et au-dessous des nervures mé- dianes des feuilles ; ce tissu présente une grande analogie avec la couche cellulaire décrite plus haut dans le Sambucus. La substance intercellulaire se remarque encore mieux dans les pétioles enflés de certaines plantes, par exemple: Laurus nobilis, Camelliajaponica, Olea capensis, Ceratonia Siliqua. On la retrouve aussi développée et plus évidente que dans les Fu- coïdées, dans l'albumen huileux de plusieurs monocotylédones Tulipa sylvestris, Fritillaria imperialis, Morœa chinensis, Lilium Martagon; dans cette dernière plante (PL 7, fig. 8) les cellules à pa- rois épaisses sont séparées par de grands intervalles remplis d'une substance homogène, incolore , transparente comme les parois elles-mêmes; aux places où les cellules sont rapprochées, il y a entre leurs parois des canaux très évidens; à la surface de l'albumen , la masse homogène dépasse les cellules et forme une couche ; l'épiderme est formé de la même manière que cette couche externe. M. Brongniart a fait voir que par la ma- cération l'on sépare de l'épiderme des plantes une lame ho- mogène; des coupes transversales, faites sur celles dont l'épi- derme est très fort, font voir qu'elle n'est probablement qu'un développement extérieur de la masse intercellulaire. On peut même voir, dans plusieurs cas , les cellules de l'épiderme plon- gées dans la masse homogène et recouvertes par elle du côté exté- rieur. L'épiderme de X Aletris fragrans (Pi. 7, fig. 3) est surtout intéressant à examiner sous ce rapport: on voit au-dessous de lui la substance intercellulaire qui remplit les méats et recouvre ex- térieurement les cellules, et l'on voit aussi, à l'aide d'une bonne lumière, que la couche extérieure de cette subst nce intercel- lulaire s'épaissit en membrane, comme nous l'avons vu dans le Scytonema. Comme le président de cette thèse a déjà fait voir, dans un travail précédent, que la substance intercellulaire occupe une place importante dans l'enveloppe externe celluleuse ou grenue du pollen, et que celle-ci en est entièrement formée à certains en- droits, et en grande partieà d'autres, on peut ici négliger ce point h. mohl. — Sur la connexion des cellules. 317 aussi bien que ce fait , que dans les spores des cryptogames supé- rieures , cette substance forme une portion aussi importante de l'enveloppe extérieure que dans le pollen , puisque cela a été démontré dans son travail sur les spores {Flora, i833). Dans les grains du pollen et dans les spores, l'enveloppe externe est surtout remarquable en ce qu'elle fournit de nombreux exemples dans lesquels on trouve une partie de l'enveloppe tout-à-fait homogène , analogue à une membrane de cellule, tandis qu'une autre partie est cellulaire, ce qui ne peut s'expliquer que d'une manière forcée, d'après les opinions généralement reçues sur la structure des plantes. Conclusions. Il résulte de tout ce qui précède, que, dans tout le règne végétal , les cellules et les vaisseaux sont plongés dans une masse homogène, qui leur sert de lien , et les couvre à ia surface de la plante. Dans les organismes inférieurs , la masse de substance intercellulaire dépasse celle des cellules; dans les végétaux plus élevés, elle diminue tellement , qu'il faut une observation très attentive pour la reconnaître. On pourrait reprocher à l'auteur d'avoir généralisé le résultat d'un petit nombre d'observations ; mais il fait remarquer que la substance intercellulaire existe toujours d'une manière évidente, lorsqu'un écartement suffisant des cellules permet de l'apercevoir, et que le fait de la séparation des cellules par la macération, la coction , l'acide nitrique , prouve que ces cellules sont réunies par une substance moins réfractaire qu'elles-mêmes. Quant à la nature chimique de cette substance, l'auteur pense qu'elle est analogue à celle de la membrane cellulaire, de même que la paroi des cellules n'a pas toujours les mêmes ca- ractères physiques et chimiques, n'est pas toujours du ligneux , de la fongine, de la médulline, de la subérine, du gluten (albu- men des graminées), une substance particulière dans l'albumen des monocotylédones à semences huileuses; de même la nature de la substance intercellulaire paraît varier suivant celle des parois cellulaires ; dans les algues , elle est hygroscopique, et, dans le nostoch, elle se rapproche de la bassorine ; elle est également très hygroscopique entre les cellules alongées de l'écorce et dans l'enveloppe externe des grains du pollen ; entre 3 1 8 h. mohl. — Sur la connexion des cellules. les cellules alongées du bois , elle paraît se rapprocher du li- gneux; dans les graines huileuses des monocotylédones, elle partage la nature de l'enveloppe cellulaire. La présence de la substance intercellulaire dans les coins des cellules prosenchymateuses, qu'elle remplit à l'état normal , est un indice qui fait penser que les méats intercellulaires ne sont pas destinés à conduire des sucs , mais que cette fonction appartient aux cellules et aussi aux trachées. On aurait tort de croire que la substance iutercellulaire, dé- crite ci-dessus , a été déjà vue par Agardh, car, i° il ne l'a vue que dans les algues et l'admet théoriquement dans les autres plantes; -i° il dit qu'il n'y a pas de méats intercellulaires; 3° il pense que les cellules ne sont jamais soudées par les côtés, mais qu'elles sont seulement liées par la substance intermédiaire durcie. Ad. Steinheil. Herbiers d'Orient. — • Collections botaniques recueillies en Perse et dans l'Asie- Mineure par M. Aucher-Eloy. Les parties occidentales de l'Asie, après avoir été le sujet des recherches de plusieurs des botanistes les plus distingués du xvi e du xvu e et du commencement du xviu e siècle , parmi les- quels on doit citer en première ligne notre célèbre Tournefort, ont été beaucoup plus négligées depuis cette époque. La Perse surtout, visitée dans quelques unes de ses parties par Rauwolf Kaempfer et Tournefort , n'a depuis long-temps été parcourue avec le soin et le temps convenable par aucun botaniste; aussi les plantes de ce pays si intéressant qui lient la flore des côtes orientalesde la Méditerranée à celle de l'Inde sont-elles encore au nombre des moins connues. Les plantes de cette région sont maintenant beaucoup plus rares dans les herbiers que celles du Brésil , de l'Inde ou de la Nouvelle-Hollande. M. Aucher-Eloy , botaniste français , établi depuis plusieurs années à Constantinople , après avoir exploré avec attention l'Egypte, les îles de l'Archipel , la Syrie et une grande partie de F Asie-Mineure, après avoir fait un premier voyage dans quelques parties de la Perse, a consacré toute l'année 1837 à se rendre en Perse et à en visiter les parties septentrionales, et il se propose de AUCiiKR-ELOY. —r Herbiers d'Orient. 3 19 rester pendant l'année j 838 dans ce même pays pour en parcou- rir les parties méridionales. La nécessité de couvrir les frais d'un voyage aussi long et aussi dispendieux à décidé M. Aucher à recueillir un nombre d'échan- tillons de chaque plante plus considérable qu'il ne l'avait fait précédemment et à en former des collections que les botanistes qui désireraient se procurer les plantes de cette région intéres- sante, pourraient obtenir pour le prix de 4o fr- par centurie. Déjà M. Aucher a adressé quelques collections destinée* à plu- sieurs botanistes de Paris. Ces collections provenant de ses voyages précédens permettent d'apprécier l'intérêt des plantes qu'il a recueillies et le bon choix des échantillons. M. Adolphe Brongniart, professeur au Muséum d'histoire na- turelle, que M. Aucher a prié de lui servir d'intermédiaire auprès des personnes qui désireraient posséder cet Herbier d'Orient, s'est chargé du placement des collections; il espère qu'une par- tie de ces herbiers arrivera à Paris dans le courant de i838; les personnes qui sont dans l'intention d'en faire l'acquisition sont priées de le lui faire savoir d'avance, afin qu'aussitôt l'arrivée des collections, il puisse s'occuper de les délivrer aux souscripteurs. L'extrait suivant d'une lettre qu'il vient de recevoir de M. Au- cher indiquera quelques-uns des résultats de son dernier voyage et les projets de ce zélé botaniste pour 18 38. « Téhéran, 2 5 septembre 1837. «. Monsieur, J'ai reçu à Erzcroutn la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et j'ai tâché jusqu'ici de remplir les indications que vous m'y donnez; mais il y a des obstacles financiers qui me rendent certaines choses impossibles. J'ai traversé l'Asie mineure et l'Arméuie en mars et avril, et, quoique ce fût encore l'hiver, j'y ai recueilli beaucoup d'espèces intéressantes de Liliacées, de l^arcissées, d'Iridces, etc. Ce n'est qu'en Perse que j'ai pu recueillir à plei- nes mains des plantes et des insectes Je me suis rendu en toute hâte sur la Caspienne qui m'intéressait particulièrement; j'ai pris la route d'Adabil parce que je voulais, chemin faisant, visiter la haute montagne du Saralau ; malheureuse- ment toute la région alpine était encore ensevelie sous les neiges; j'ai fait toute- fois une délicieuse herborisatiou dans la région moyenne. Je suis descendu sur le littoral de la Caspienne par une route fort peu fréquentée et cependant assez praticable. Les forêts de cette côte offrent le plus magnifique spectacle Y Acacia julibrissin,\e Gleditàchia caspica, des espèces particulières de Chêne, d'Orme , de Frêne, de Tilleul, d'Erable et tous les arbres fruitiers cultivés en Europe en forment la masse. Au reste, à l'exception du Juniperus hispanica et d'un ma- gnifique Cyprès qui ne croissent que dans les parties les plus élevées et marquent le passage du pays nu au pays boisé , il n'y a sur toute cette côte aucune espèce d'arbre vert, ni Pin, ni Sapin, ni Thuya, ni Cèdre, etc. L'ensemble de la végé- tation n'a pas le moindre rapport avec la région méditerranéenne. Dans les par- ties basses, elle est tout-à-fait européenne, et on pourrait s'y croire aux environs de Paris. Quant aux plantes marines, il n'en existe aucune dans la Caspienne ; non-seulement tous les Russes fui sont sur cette côte me l'ont assuré ; mais 3ao aucher-j-loy. — Herbier s d'Orient. sur une étendue considérable que j'ai parcourue, je n'ai pu parvenir à découvrir le plus petit fragment de plante marine, même après les plus fortes tempêtes. D'ailleurs , les eaux de ce grand lac, parleur nature à peine salée et que j'ai bues sans dégoût, ne sont nullement propres à la production des Thalassiophytes. Je serais fort surpris qu'il existât dans les collections d'Europe aucune plante ma- rine bien authentiquement venue de la Caspienne. On connaît, il est vrai, des déserts caspiens une grande quantité de Salsola,d'Anabasis et d'autres plantes qui affectionnent les terrains salés ; mais l'influence delà Caspienne est tout-à-fait nulle sur ces plantes qui babitent indistinctement tous les déserts de l'Asie cen- trale et se trouvent identiquement les mêmes à des hauteurs considérables sur le plateau de la Perse et du Korassan. Les pluies , les brouillards, une humidité chaude , des rivières à passer à gué vingt fois par jour rendent les collections d'histoire naturelle d'une extrême difficultéà faire, surtout sur les côtes du Ghilan et du Mazanderan. J'y ai perdu la plus grande partie de mon bagage. La fièvre n'a pas tardé à venir; elle m'a ménagé quant à moi , mais elle a horriblement maltraité mes compagnons de voyage, et surtout un Français mon aide pour l'Or- nithologie. Quoi qu'il en soit, je suis resté dans le pays jusqu'à la fin d'août. J'ai visité avec soin les montagnes les plus élevées , entre autres le mont Dulfeck si digne d'être cité pour ses plantes nouvelles. Je me suis ensuite rendu dans les Albourz dont j'ai parcouru avec attention la plus haute montagne, l'Ëlamout-Kou célèbre par la résidence qu'y faisait le fameux Hassan connu sous le nom du Vieux de la montagne. La région alpine m'a fourni quelques centaines de plantes très curieuses. Enfin , j'ai fini mon année botanique par le Pic de Damavend; c'est un volcan éteint depuis des milliers d'années quoi qu'en disent certains géographes; les parties les plus élevées composées d'énormes blocs de pierres calcinées , de lave, de pierre ponce, sont d'une pauvreté insigne en botanique; je suis parvenu à gra- vir jusqu'au cratère, et c'est à peine si j'ai rapporté 10 plantes d'une excursion aussi pénible. ce En somme, j'ai recueilli pendant cette première partie de mon voyage un peu plus dcmille espèces de plantes , toutes par 4o et ôo exemplaires. Les échan- tillons sont fort beaux et parfaitement desséchés ; j'ai peu d'insectes jusqu'à pré- sent, 3ooo individus au plus, 3oo oiseaux, 5o reptiles , 3oo coquilles tant ter- restres que fluviatiles, 20 petits rongeurs, quelques poissons du lac de Van. Ces collections étant restées en dépôt sur divers points de la route que j'ai suivie, il m'est tout-à-fait impossible de songer à vous en faire un envoi avant mon retour à Constantinople. « Quant aux poissons , le peu d'argent dont je puis disposer ne m'a pas permis de m'occuper de les recueillir, malgré les facilités qui me sont offertes particuliè- rement pour ceux de la Caspienne. En effet, M. l'ambassadeur de Russie en Perse a eu la bonté de mettre à ma disposition les pêcheurs russes de la côte, non-seule- ment pour la pêche , mais comme escorte et comme chasseurs dans le pays des Turcomans où se trouve une si grande qnantitéde rongeurs que, dans une affaire qui a eu lien l'an dernier entre le Schah de Perse et les Turcomans, une colline entière, qui était minée par ces animaux, s'est écroulée sous un régiment de cava- lerie persanne qui a été englouti et a forcé l'armée persanne à la retraite. Toute- fois, les frais de cette pêche et de cette chasse ne laisseraient pas que d'être trop considérables pour ma bourse, car mon zèle m'a porté à voyager en ce pays avec des moyens si faibles qu'on répugnerait à y ajouter foi. » j. h. lé veillé. — Sur VHymenium des Champignons. 32 1 Becherches sur VHymenium des Champignons > Par J. H. Léveillé, D. M., Membre de la Société Philomatique. (Lues à la Société Philomatique le 12 mars 1837.) Les spores ou sporules des champignons ont été regardées par Gsertner et Cl. Richard comme descayeux, des bourgeons; MM. Ehrenberg et Ad. Brongniart ne voient en elles que des embryons nus; Mieheli, Hedwig et presque tous les mycologues les considèrent comme de véritables graines. J'adopterai cette dernière opinion sans , cependant, chercher à la justifier. Dans les graines, on peut suivre la formation de l'embryon, sa germination et toutes les phases de sa vie; dans les spores , il n'en est pas de même: on ignore complètement les phénomènes qui se passent en elles pour parvenir de corpuscules microsco- piques à l'état de Champignons parfaits qui étonnent quelquefois parleur poids et leur volume. On aurait sans contredit résolu le problème le plus curieux et peut-être le plus difficile de la Mycologie, si on était parvenu à faire lever, croître et fructifier une spore; aussi, ne saurais-je trop engager les personnes qui cultivent cette partie de la Botanique à multiplier et à varier leurs expériences. Quand un organe, comme les sporules, est appelé à jouer un rôle aussi important, on serait tenté de croire qu'il a*particu- lièrement fixé l'attention des savans et qu'il doit être parfaite- ment connu; que l'on consulte les anciens auteurs et même ceux du commencement du dix-huitième siècle, on verra qu'ils regar- daient les Champignons comme des plantes d'une nature par» ticulière n'ayant ni semences, ni fleurs et tirant leur origine de la fermentation et de la décomposition des sucs de la terre et VIII. Botaw. — Décembre. 2 1 332 j.h. léveillé. — Sur ÏHymenium des Champignons. des végétaux. Harvey avait proclamé cette grande vérité : que tout provient d'un œuf, lorsque Micheli, le premier, démontra dans son Gênera plantarum publié en 1729 que l'origine des Champignons n'était pas équivoque, et qu'ils étaient, comme les animaux et les végétaux,soumisàla loi générale de la nature, et il les classa, ainsi que les autres Cryptogames, d'après les organes de la fructification. Parmi les nombreux auteurs qui, depuis cette époque, ont étudié les Champignons sous le même point de vue et dont on consultera toujours les travaux analytiques avec fruit, je citerai Schmiedel , Gleditseh,Tode, Hedwig, Bulliard, Schmidt, Ditt- mar, Persoon , MM. Nées d'Esenbeck, Link, Ehrenberg, Fries, Kunze, Ad. Brongniart, Corda, Schlechténdal, Montagne, Chevallier, Desmazières et surtout Greville dont les analyses surpassent en fidélité et en exécution tout ce qui a été fait jus- qu'à ce jour. Malgré ces nombreux travaux dont quelques-uns ont coûté plusieurs années d'expériences et d'observations, on n'a pas encore une idée exacte et bien arrêtée des organes de la fructification. On sait bien que la Truffe est composée d'un tissu particulier dans lequel sont répandues un grand nombre de vésicules qui renferment des spores dont la surface est iné- gale , verruqueuse et auxquelles M. ïurpin a donné le nom de Truffinelles;que les Lycoperdacées cachent sous leur enveloppe simple ou double un nombre immense de filamens et de spores; on sait que les Nidulaires et les Carpoboles ont les spores réu- nies sous forme de gâteaux ou de sphères, et que ces derniers les lancent à une certaine distance à l'aide d'un mécanisme particulier; que les Pézizes, les Helvelles, les Morilles les lais- sent échapper subitement et en si grand nombre qu'elles repré- sentent un petit nuage; on sait encore que, dans les Phalloï- dées, l'Hymenium se convertit en un latex fétide qui entraîne avec lui les spores; l'odeur qu'il répand est si fétide et tellement analogue à celle des matières animales en décomposition que les insectes le dévorent avec la même avidité; enfin, on sait que , dans les Agarics , les Bolets , les Hydnes, les Clavaires, etc., les spores se détachent lentement de l'Hymenium , et qu'elles produisent l'effet d'une poussière extrêmement fine à la surface j. n. léveilltL — i Sur l'Hymenium des Champignons. 323 des corps sur lesquels elles tombent, sans qu'on observe aucun phénomène particulier, aucun changement dans la structure des Champignons , si ce n'est la dissolution du chapeau dans les Coprins ou Agarics fimétaires. Ce qu'on ignore, c'est la structure intime de l'Hymenmm, et la destination des parties qui entrent dans sa composition. , Persoon est le premier auteur qui a employé le mot hyme- nium ; dans les Helvelles, dit-il, il est composé de thèques et de paraphyses: les thèques sont remplies de spores; dans les autres Champignons, il représente une membrane homogène qui se rapporte au chapeau par la substance, la forme et la po- sition. M. Fries les considère comme un réceptacle formé de cellules interrompues, allongées et contiguës dans lequel les spores sont plongées. M. Rrombholz définit l'Hymenium: la surface celluleuse du Champignon qui renferme les organes nécessaires pour la production de l'espèce. Aucune de ces défi- nitions ne donne une idée juste de cet organe, parce que les auteurs ont voulu trop l'étendre en y comprenant la structure qui diffère dans les différentes classes des Champignons. Mon but n'est pas de faire l'examen de l'Hymenium dans toutes ces classes; ce serait entreprendre l'histoire de toute la Myco- logie, et ce travail serait beaucoup au-dessus de mes forces. Je veux seulement comparer l'Hymenium des genres qui compo- sent le cinquième ordre du Synopsis fungorum de Persoon publié en 1801 , et qu'il a désigné sous le nom d : ' Hyrnenotheciû Cet ordre a été adopté par tous les mycologues, sauf quelques très légères modifications. M. Fries les appelle Hymenomycetesj ils forment la première classe de son Systema mycologicum ; cette classe divisée en plusieurs ordres comprend les Agarics , les Bolets , lés Hydnes , les Pezizes, les Morilles , les Helvelles, les Tremelles , les Sclerotes et tous les genres intermédiaires. Ce simple énoncé suffit pour démontrer que cette classe est trop étendue et qu'elle embrasse des champignons qui diffèrent trop entre eux sous le rapport de l'Hymenium (r) qui , dans des gen (i) Hymenium. I. E. Fungus mox apertus, spoiïdiis ia superficie niduîantibus , i» perfectjo ribus ascis inclusis. Fries Syst. myc. L. III. 3$ 4 J - H - vèvvwLÉ. — Sur ï Hymenium des Champignons. res, présente une surface pénétrée de spores que Ton trouve contenues dans des vésicules particulières dans les genres qui ont atteint le plus haut degré d'organisation. Cette distribution reposant sur une définition aussi vague de la membrane fruc- tifiante ne saurait demeurer intacte pins long-temps, et, malgré tous les illustres auteurs qui l'ont adoptée, il faut qu'elle soit divisée en deux , et qu'on en éloigne quelques genres qui n'au- raient jamais dû en faire partie. Cette séparation faite et appuyée sur une analyse rigoureuse, dépouillée de toute idée théorique , et dont on peut démontrer la légitimité avec la plus grande fa- cilité à l'aide des moyens peu amplifians dissipera, j'ose l'espé- rer, quelques-uns des nuages qui enveloppent encore la fruc- tification des Champignons , et qui font regarder à des hom- mes supérieurs dans les sciences naturelles la Mycologie comme «ne étude vague qui ne repose sur aucune base certaine, et qui n'est , en quelque sorte, susceptible d'aucune classification. Si on examine de profil une petite partie de la surface des lames de l'Agaric micacé (pi. 8, fig. i), on y voit deux sortes d'or- ganes: les uns beaucoup plus saillants que les autres sont vési- culeux , allongés , diaphanes ; les autres représentent des ma- melons terminés par quatre pointes: chacune de ces pointes supporte une spore. IZAgaricus Candolleanus présente les mê- mes organes, moins les corps vésiculeux. Si , avec un instrument tranchant, on fait une section perpendiculaire à l'axe des pores du Polyporus erythropus, et que par ce moyen on obtienne une couche extrêmement mince, qu'on la soumette au microscope, on verra qu'elle est percée d'un très grand nombre de trous dont les parois sont tapissées par l'Hymenium dont la surface est parsemée de corps allongés, diaphanes et de mamelons. Que l'on répète la même expérience sur le Polyporus versicolor, on ne -voit que les mamelons et pas de vésicules. Le Thelephora ter- restris, refiexa, etc. présentent aussi ces mamelons et pas de corps vésiculeux. A défaut d'Agarics, de Bolets, de Théléphores, que l'on examine l'Hymenium des Daedalea, des Merules, des Hydnes, des Merismes, des Clavaires, etc., on rencontrera tou- jours la même organisation, seulement les organes vésiculeux manqueront dans un grand nombre d'espèces. j. h. lé veille. — Sur FHymenium des Champignons. '5i 5 Les organes dont je parle ne sont pas nouveaux, ils ont été indiqués et figurés par Michelidans la planche 76; les planches 65, 68 et surtout la 7V, quoique renfermant plus de détails, n'en donnent pas une idée aussi exacte. Il considérait les organes placés à la marge des lames des Agarics et des pores des Bolets comme des fleurs nues, stériles, à un seul filet, tantôt solitaires , tantôt quaternées , Gleditsch a fait connaître égale- ment ces organes. M. Nées d'Esenbeck les a figurés dans l'ana- lyse de f \]A 'garicus pluteus (1), mais plutôt comme luxe de végé- tation, comme particularité que comme un organe important, tandis que , pour l' A 'garicus cinereus (2) , ils constituent les organes mêmes de la fructification : et on voit très manifes- tement que les spores sont supportées par un organe particu- lier et disposées par quatre. Ce caractère mentionné par Micheli, reconnu par MM. Link, Nées d'Esenbeck, Persoon, Fries, joint à la déliquescence qu'éprouvent les lames a suffi pour dis- tinguer les Coprins des autres sections établies dans le genre Agaricus. Enfin, quelque temps avant de lire à l'Institut son mémoire sur l'Hymenium, M. le docteur Montagne m'a montré un dessin représentant avec une rare fidélité le membrane fruc- tifiante de 1 : 'Agaricus rutilas de Schœffer, et dont, à mon grand étonnement, il n'a pas reconnu l'importance. Je pense que les corps diaphanes que l'on observe à la marge des lames des Agarics et des pores des Bolets, et figurés par Micheli, pourraient bien être ses fleurs nues, stériles et monstrueuses; mais le doute disparaît quand il dit que la sur- face des lames est ornée de semences et de corps diaphanes coniques ou prismatiques. Ces corps, je les désignerai sous le nom de Cystides (3). Micheli pensait qu'ils étaient destinés par une admirable prévoyance de la nature à tenir les lames des Agarics éloignées les unes des autres, afin que les semences eussent atteint, avant de tomber, une parfaite maturité. Bulliard les regardait comme des vésicules spermatiques , et, sous (1) Syst. der Pilze. tab. a 5. fig. aoi. (a)' Loc. cit. tab. 25. fig. ao3. (3) Kuçri?. Vesicula,Cystidimn. 326 j. H. léveillé. — Snr V Hjmenium des Champignons. ce nom, il a réuni plusieurs organes différens : i° les vé- sicules blanches qui recouvrent la surface des hypoxylons quelque temps avant le développement des réceptacles ; 2° les vésicules globuleuses et libres qu'on remarque sur le chapeau de quelques Agarics et notamment sur VJgaricus micaceus; 3° les spores même de quelques Champignons, comme il est facile de le voir quand il dit que ces vésicules sont globuleuses ou ovales, sessiles ou pédiculées, solitaires ou rapprochées quatre par quatre, comme on le voit dans l'Auriculaire caryo- phyllée et l'Auriculaire phylactère. Cependant , il a parfai- tement figuré les Cystides dans l'analyse de X égarions mi- caceus (t). Les Cystides sont des corps vésiculeux, diaphanes, perpen- diculaires à la surface sur laquelle ils sont placés; ils sont formés d'une seule membrane ; leur surface, ainsi que l'a observé M. De- caisne, est quelquefois réticulée et rappelle les cellules des végé- taux d'un ordre supérieur; leur existence n'est pas constante. Quelques Agarics n'en présentent qu'à la marge des lames, comme XAgaricus pulver ulentus , œruginosus s corrugis et quelques Amanites. Beaucoup de Champignons n'en présentent pas; je n'en ai vu sur aucun Tremelle, ni sur le Phlebia mesenterica, Hfdnum repandum et Craterellus cornucopioïdes . Leur forme est variable. Micheli les a dessinés coniques et prismatiques ; on les trouve généralement sur les lames de forme cylindrique, fusiforme , mais à la marge des lames ou des pores ils sont assez spuvent coniques et le plus souvent en forme de massue ou de matras ; dans le Coprinus comatus ils sont si nombreuses et si développés qu'ils s'entremêlent et qu'il est presque impossible de séparer les feuillets les uns des autres sans les rompre. Les Cystides sont continus et rarement cloisonnés ; c'est cette der- nière forme qui a causé tant d'erreurs et a fait croire qu'ils ren- fermaient des spores. Il n'est pas rare de voir des spores collées à leur surface; elles y adhèrent assez fortement et se détachent facilement dans un peu d'eau. C'est encore une cause d'erreur qu'iî est utile de signaler. (i) Hist. des Champ, de Fr. p, 4 44> $^XX) H- ««• °» jr. h. réveillé. — Sur FHymenium des Champignons, 327 Avec M. Guillemin , je donnerai le nom de Basides (1) aux mamelons sporophores qui sont répandus en nombre immense sur les lames des Agarics, dans les pores des Bolets, sur les pa- pilles des Théléphores , sur les aiguillons des Hydnes, et sur les divisions des Clavaires , etc. Parmi eux s'élèvent quelque- fois des Cystides qui les! surpassent constamment en hauteur. On les observe quelquefois à la marge des lames et des pores; dans ce cas, leur nombre est très limité. Leur forme est peu variable, ils ne diffèrent guère qu'en hauteur. Ils représentent des petites élévations à sommet déprimé, ou des cylindres tron- qués dont, l'extrémité est terminée par des pointes. Dans un grand nombre d'Agarics, de Bolets, d'Hydnes et de Thélépho- res que j'ai analysés, ds m'ont toujours offert quatre divisions. Dans une seule espèce que je n'ai pu déterminer et qui n'était peut-être qu'une variété de VAgaricus rimosusies Basides étaient tronqués et les spores inégales ^ irrégulières y adhéraient im- médiatement. Dans quelques Champignons comme le Clavaria cinerea, cristata (fïg. 8), le Typhula villosa y Pistillaria micans , les Basides n'ont que deux divisions. Enfin , dans les Tremelles ils sont simples, coniques et portent à leur sommet une seule spore ovale ou réniforme (fig. 9). Il résulte de là que l'on peut distinguer les Basides en tétraspores , dispores ou monospores, suivant qu'ils sont simples ou qu'ils sont terminés par quatre ou par deux pointes. Quand les Champignons sont jeunes, on voit très bien les Basides, on distingue difficilement les pointes parce qu'elles sont rapprochées les unes des autres ; à une épo- que plus avancée les pointes divergent, et on les voit avec la plus grande facilité. Une seule fois j'ai trouvé un avortement com- plet des organes de la fructification dans ÏAgaricus vellereus; la surface était lisse, unie et ne présentait ni Basides, ni Cystides.. Il m'a été impossible par aucun moyen de trouver des spores fcî aucun corps qui fût comparable à ces organes. Il arrive souvent aussi, quand on analyse VJgaricus rutilus, que l'on est étonné du petit nombre de spores qu'il présente ; dans ce cas, elles sont détachées, et, si on examine les lames, elles laissent voir mani- (i) B«at?,Basi(iium.) 328 t. h. léveillé. — Sur V Hymeiiium des Champignons* festeraent les Basides et les Cystides. Ceci n'arrive que quand on étudie un vieux Champignon. Les spores (fig. 6#, y a) que l'on considère comme les corps reproducteurs, sont fixées à l'extrémité des Basides (fig. 3, 4» 7 , 8 , 9), et s'en détachent d'autant plus facilement qu'elles ap- prochent plus de leur maturité ; leur nombre est immense ; elles affectent principalement la forme ronde ou ovale; dans un grand nombre d'espèces elles sont allongées. M. le docteur Montagne a remarqué que celles de XAgaricus rutilas sont cloisonnées. Cette disposition n'est pas constante : sur le même individu je les ai trouvées simples et cloisonnées. Celles du Poly- porus erylhropus se sont présentées à moi sous forme allongée et renfermant trois sporidioles.Dans plusieurs espèces des sous- genres Russula et Galorrheus ^ je les ai vues rondes et leur sur- face inégale, verruqueuse ; le Coprinus micaceus les a présentées à M. Decaisne et à moi également rondes et tuberculeuses comme celles que l'on observe dans les vésicules de la Truffe (fig. 3 a); enfin elles sont réniformes dans quelques Tremelles (fig. 9), et sont fixées aux Basides par l'extrémité et non par la dépression qui se remarque à leur surface. lia fructification des Tremelles est le point qui m'a présenté le plus de difficultés, et en même temps qui m'a donné le plus de satisfaction, car ce n'est guère qu'après sept années de re- cherches sur ce genre que j'ai obtenu un résultat qui permet d'en fixer la classe dans la mycologie; la poussière blanche ou plutôt les spores qui sont répandues sur la surface et dans les plis des Tremelles , ne peuvent donner une idée de leur fructi- fication. Dans presque tous les Champignons , l'hymenium est tourné vers la terre ; dans les Tremelles il recouvre toute leur surface; de sorte que les spores et sporidies retombent sur l'hymenium à mesure qu'elles se détachent. Pour constater la disposition des Basides et des spores , il ne faut pas expérimen- ter sur des Tremelles saupoudrées de blanc et qui ont atteint l'âge adulte, mais bien sur celles qui sont jeunes. La dernière partie de l'Hymenium qu'il me reste à examiner est de peu d'importance ; mais , comme pour tous les myco- logues, c'est elle qui renferme ou plutôt qui sécrète les spores , j. h. lé veillé. — Sur tHymenium des Cïiampignons. 3^9 je dois y porter la plus grande attention. C'est l'Hymenium même, c'est lui qui se moule si exactement sur les lames des Agarics, des Dsedalea ,dans les pores des Bolets, sur les Clavaires, les Hydnes, etc. Il n'y a pas de parrie dont la structure soit plus simple : elle consiste (fig. 5) en cellules allongées simples ; elles se dirigent toutes dans le même sens, de la partie adhé- rente à la partie libre, de la base au sommet, du fond à l'ou- verture ; elles sont couchées à plat sur la surface qui les porte, comme les vésicules du Citron sont couchées sur les loges de ce fruit. M. Nées d'Esenbeck a commis une grande erreur en figu- rant dans son Systema der Pilze le tissu hyménial des Agarics j des Daedalea, des Clavaires et autres, comme des vésicules, des cellules allongées , placées les unes à côté des autres , toutes de la même hauteur, et perpendiculaires à la surface du réceptacle sur lequel elles sont implantées; mais l'erreur a été bien plus grande quand il les a remplies de spores et qu'il leur a donné le nom d'utricules (asci). Cette opinion a été adoptée par l'illustre auteur du Systema mycologicum , et l'expression d'utricules libres ou fixes avec ou sans paraphyses est devenue un des signes distinctifs des Agarics et des Pezizes , des Bolets et des Morilles, des Clavaires et des Géoglosses , etc. MM. Ad. Bron- gniart , Chevallier et Duby, ont partagé le même sentiment. Comment pouvait-il en être autrement? qui oserait vérifier une masse aussi grande d'observations, qui oserait douter de la vé- racité et de l'exactitude des expériences d'un homme aussi con- sidérable et aussi distingué dans la botanique que l'est M. Nées d'Esenbeck? Dans son mémoire sur l'Hymenium, M. le docteur Montagne [n'a pu se soustraire à l'influence de M. Nées, comme on le voit par le passage suivant (i) : « On savait depuis long- temps que cette membrane est composée de tubes en ccecum , placés par myriades et parallèlement les uns à côté des autres, comme les fils de soie dans le velours mais un point sur lequel on n'avait que des notions ou fausses ou imparfaites , est celui qui a rapport à la manière dont se développent et surtout dont s'échappent de ces tubes ou utricules les séminnles ou (i) Compt.rend. de l'Acad. des Se. janv. iSS?, n. i, pag. 18. 33o j. h. t^VEiLLK, *— Sur ritymenium des Champignons. utricules des Agarics Avant sa chute , cette sporidie est or- dinairement supportée par un pédicelle plus ou moins long , qui se forme peu à peu, quoique d'une manière très prompte , eu égard à la vie éphémère de ces végétaux , aux dépens du sommet de l'utricule qu'elle chasse devant elle; on croyait que les séminules sortaient dans tous les cas par un pore dont on supposait que le sommet était percé. » Je n'hésite pas à le dire, malgré l'autorité de M. Montagne en mycologie, malgré les heaux travaux qu'il a faits dans cette partie, je pense que cette manière de voir l'Hymenium n'est pas la véritable , et de plus , elle me paraît destinée à soutenir une erreur qui, malheureusement, est déjà trop accréditée, et à en propager une nouvelle. Cette opinion que je manifeste sur un travail qui a coûté tant d'expériences peut paraître sévère, mais elle est le résultat de la conviction, et d'une conviction acquise par douze années d'expériences et de recherches faites avec des instrumens aussi parfaits qu'on peut le désirer. J'ai répété un grand nombre de fois mes expériences devant M. Persoon , et ce savant a partagé entièrement mon opinion : il ne concevait pas comment des organes aussi constans et aussi faciles à voir avaient pu échapper au grand nombre de mycologues qui ont fait des recherches microscopiques ; mais ce qu'il concevait en- core moins, c'e$t que les organes que j'ai décrits, étant connus dans les sous-genres Coprinus et Gomphus , dans les Auricula- ria phylactoris et carjophyllea, n'aient jamais été recherchés et retrouvés dans les autres genres; depuis, MM. de Jussieu et Ad. Brongniart ont reconnu l'existence de ses organes, et M. Decaisne a bjen voulu les dessiner d'après nature. Ii me fal- lait véritablement des autorités aussi recommandables et aussi imposantes pour que je me permisse de m'élever contre une opinion professée par tous les mycologues. Il me reste à parler du tissu sous-hyménial , que les auteurs appellent interlamellaire quand il s'agit d'Agarics , et simple- ment tissu fongueux dans les autres genres. Ce tissu est le Champignon lui-même : il affecte les formes les plus variées ; l'Hymenium est toujours appliqué immédiatement sur lui. Sa consistance est molle, cassante, charnue, fibreuse, élastique, j. h. léveillé. — Sur l'Hymenium des Champignons. 33 1 etc. Ce n'est que par extension qu'on la dit ligneuse. Sa couleur varie : le plus ordinairement elle est blanche ou fauve, quel- quefois jaune, rouge, verte, bleue; enfin c'est ce tissu qui croît si rapidement que sa croissance est devenue proverbiale. C'est avec lui que nous fabriquons l'amadou; c'est lui qui renferme les principes acres et caustiques, vénéneux et nutritifs, qui font rechercher ou repousser les Champignons. Je vais examiner maintenant l'Hymenium des Helvelloidées. Si on soumet au microscope une tranche très mince d'une Mo- rille ou d'une Pezize , je prends Xaurantia obtenue, en faisant deux sections parallèles et perpendiculaires à la surface de la membrane fructifiante : elle paraît ordinairement opaque; si on y ajoute un peu d'eau , elle paraît plus claire et laisse voir quelques spores et quelques élémens de son organisation ;mais confusément ; si on exerce une pression légère à l'aide d'un in- strument ou d'une lame de verre, alors on voit un nombre con- sidérable de cellules alongées (fig. 10) en forme de petites massues , placées les unes à côté des autres et parallèles. Une extrémité plus mince est fixée au tissu sous-hyménial (c); l'autre est libre, obtuse et plus grosse. Elles sont formées d'une mem- brane mince , diaphane , qui permet de voir huit spores ovales qu'elles renferment (fig. 10 ). Chaque spore contient deux spo- ridioles. Parmi ces cellules , on en voit d'autres (a) qui sont fixées par une extrémité; libres de l'autre, placées à côté des premières, de la même longueur, filiformes, et diaphanes égale- ment. Hedwig, qui a fait connaître cette organisation, a donné aux premières le nom de thèques , et aux secondes celui de pa- raphyses. Les mycologues modernes regardent avec M. Nées d'Esenbeck les thèques comme des utricules fixes (ascifixi), et en font le caractère principal des Champignons de la classe des Hyménomycetes qui ont atteint le plus haut degré d'organisa- tion ; les paraphyses paraissent être des thèques stériles : on peut les comparer aux Cystides, auxquels ils ressemblent par la dispersion dans les organes principaux, par la diaphanéité et la vacuité apparente. Les spores que les thèques renferment sont ovales, rondes, alongées, continues, cloisonnées, renfermant 332 J. H. léveillé. — Sur VHymenium des Champignons, quelquefois un, deux, trois ou quatre sporidioles (i)'; elles sont au nombre de huit dans chaque thèque , et c'est à cause de la constance de ce nombre que Hedwig a nommé octospores les Pézizes, expression qui demeura long-temps dans la science, parce qu'elle représente à l'esprit le caractère principal d'une classe dont les espèces sont très nombreuses. Les Helvelloïdées lancent leurs spores sous forme de nuage. Le mécanisme de ce phénomène est inconnu. Quand on exa- mine une thèque, on ne voit jamais son extrémité libre ouverte; elle l'est, cependant, pour laisser échapper trois ou quatre spores dans un moment et le reste dans un autre. Plusieurs fois, j'ai vu des spores sortir dans l'eau, et jamais je n'ai pu voir l'ouverture de la thèque. On ne sait si le nuage est formé seu- lement par les spores , ou s'il y a en même temps un fluide ré- duit en vapeur. Dans le genre Ascobolus, j'ai vu la surface de l'Hymenium mouillée très sensiblement après l'émission de spores; je l'ai vu également dans le Rhytisma acennum, mais jamais sur les Pézizes, les Helvelles et les Morilles. Bulliard ne connaissait pas les organes de la fructification des Pézizes, quoique son histoire des Champignons ait été publiée trois ans après (1791) le second volume des analyses microsco- piques d'Hedwig (1 788). Dans cet ouvrage, il a cherché à expli- quer comment pouvait avoir lieu la dispersion instantanée des spores, et, pour cela, il a inventé une théorie et un petit appa- reil particulier. « Il me semble , dit-il , que les petits filets qui « portent les semences de ces Champignons mimeux, si je puis a m'exprimer ainsi , sont irritables , qu'ils sont disposés par éta- « ges, qu'ils se recouvrent les uns les autres , que, lorsqu'on a souffle dessus ou qu'on les agite dans l'air, les filets les plus « extérieurs se contractent, que bientôt ils se redressent , que « ceux qui sont placés au-dessous rompant dans ce moment-là « le lien qui les retenait dans une position gênante se déten- « dent, et lancent les graines dans une direction verticale; ces « graines, dans ces sortes de Champignons, sont si fines qu'elles (2) Descriptio et adumbraffo , etc. Musc, frond. a vol. — Hist. desChamp.de Fr. p. 5a. fl. 11. fig. 6./. j. h. leveillé. ■ — Sur V Hymenium des Champignons. 333 « se mêlent dans l'air comme une fumée ; si l'on souffle « l'instant d'après sur la surface du Champignon où se trouvent « ces graines, on n'en voit point paraître; ce n'est pas que les « filets ne se contractent et ne se redressent comme auparavant ; « mais, n'ayant pas laissé écouler assez de temps pour que l'air « ait pu dessécher ceux de ses filets qui sont chargés de graines, « il n'y a que ceux qui les ont lancées précédemment qui se « redressent ; voilà pourquoi la dissémination^'de ces graines ne « se fait pas , ou, si elle se fait, sont en trop petite quantité pour « être aperçues. » Telle est la théorie de Bulliard , mais il dit à ses lecteurs avant de l'exposer. « Il peut se faire que ce que j'en « vais dire ne soit pas exact, mais ce sera toujours avec la plus « parfaite soumission que je rentrerai dans la véritable route, « dès qu'on me fera connaître que je m'en suis écarté » Il est probable que Bulliard a connu plus tard les travaux d'Hedwig, alors il aura changé d'opinion et aura reconnu lui- même qu'il avait commis une erreur. Les thèques, dans les Helvelloïdées, sont supportées par une surface ou un chapeau dont la forme est presque aussi variable que dans la classe précédente. Dans les Helvelies, il représente une mître; dans les Morilles, on croit voir des cellules d'abeil- les; les Pézizes ressemblent à des cuvettes, des sous-coupes; les genres Spathularia, Geoglossum empruntent leur nom de leur forme même, etc. Sa structure est celluleuse, et les cellules sont polygones; celles qui ferment les poils que l'on remarque à la surface de ces Champignons seulement sont allongées. Sa con- sistance varie également, molle, cassante comme de la cire dans quelques Pézizes, elle est tenace dans les Helvelies, élastique dans les Burcardes , enfin, dure et coriace dans les genres Tym- panis et Cenangium. Il résulte de ces recherches que les auteurs méthodiques et systématiques ont confondu sous le nom d'ut rie ules f (c2^') les Basides qui supportent les spores et les thèques qui les renfer- ment, et que les mots ^4sci fixi, Asci liberi employés pour dis- tinguer ces deux organes sont réciproques, et qu'ils ne peuvent en donner une idée nette et précise. Une différence aussi grande dans l'organisation entraîne nécessairement la séparation en 334 J. h. iivEiLLÉ- — Sur ÏHymenium des Champignons, deux classes dont j'ai parlé dans le commencement de ce mémoire. Je donnerai le nom d'Hymenomycètes avec M. Fries ou de Basidlospori aux Champignons à Hymenium recouvrant la tota- lité du réceptacle ou le plus souvent la partie inférieure; sa consistance est molle, charnue; sa structure celluleuse ; les cel- lules sont alongées, vides et parallèles au plan qu'elles recouvrent; sa surface est parsemée de Basides sporophores parmi lesquels on remarque, mais pas constamment, des Gystides. Les spores se détachent des Basides spontanément , sans qu'on remarque aucun phénomène particulier. Ces organes ne sont visibles que pendant la vie des espèces; quand elles sont desséchées, on ne retrouve que le tissu propre de l'Hymenium. La seconde classe sera désignée sous le nom d'Hymenothecii de Persoon ou de Thecospori, et comprendra les Champignons dont l'Hymenium recouvre la totalité du réceptacle, mais plus souvent sa partie supérieure; sa consistance est variable; il est composé de cellules ou de thèques allongées en forme de peti- tes massues qui sont placées les unes à côté des autres et per- pendiculaires au plan sur lequel elles s'attachent ; on trouve parmi elles, et pas constamment, des paraphyses; elles renferment dans leur intérieur huit spores dont elles^se débarrassent succes- sivement et par saccades. Tous ces organes sont visibles sur les individus vivans et desséchés. Si je cherche maintenant à faire l'application de l'analysé pour rétablir l'ordre dans les genres et les espèces qui ne seraient pas à leur place, je trouve qu'il faut retrancher de l'une et l'au- tre classe les genres Sclerotium et Rhizoctonia chez lesquels on n'a pas encore trouvé la plus légère trace de fructification , ainsi que le genre Acrospermum dont quelques espèces ne sont que des Agarics arrêtées clans leur développement, et qui n'attendent qu'une circonstance favorable pour arriver à l'état parfait ; lé Scleroglossum herbarum , ainsi que l'a démontré l'analyse de M. Greville , n'a pas le moindre rapport avec les Agarics et les Pé • zizes. J'ai démontré déjà que le genre Spermœdia ou Sclerotium clapus DC. n'était pas un Champignon , mais une maladie du grain produite par un Champignon (Sphacelia segetum). L'ana- j- h. léveillé. *w Sur VHfmênium des Champignons. 335 lyse m'a confirmé la légitimité du genre Schyzophillum ; il doit être placé, comme l'a fait M. Fries , à côté des Agarics. Les lames de cette espèce offrent une particularité qu'on ne retrouve nulle part; chaque lame se divise toujours en deux; une surface de ces lames est toute couverte de cellules allongées qui ressem- blent à des poils , tandis que l'autre est recouverte de Basides qui supportent quatre spores globuleuses. Pour saisir l'organi- sation de ce Champignon, il faut l'analyser très jeune. C'est pro- bablement pour l'avoir examiné dans un âge avancé que M. Ehrenberg a douté un instant de la famille à laquelle il pouvait appartenir. Le genre A&teropliora de Dittmar, ou ^dgaricus ly- coperdoides de Bulliard prendra place à côté du Sepedonium qui se développe sur les Bolets ; j'ai constaté plusieurs fois sur l'Hy- menium lisse ou plissé de l'Agaric dont il empêche le déve- loppement , des Basides qui supportaient quatre spores ovales. Le Craterellus cornucopioides de Persoon, qui a été unePézize, une Helvelle, un Merulius, est un Champignon basidiospore qui forme un genre seulement à cause de la forme d'entonnoir parfait que prend le réceptacle. On devra rapporter à côté du Merulius le Peziza perula de Persoon. Sa forme est bien celle des Pézizes , mais sa cavité présente un Hymenium à Basides tétràspores. Le genre Solenia analysé sur le sec semble n'être qu'un pore de Bolet et devoir rentrer dans la première classe. Le Cantharellus Dutrochetii qui , d'après les dessins de M. Tur- pin (1), présente la fructification des Trichospores ou des Ly- coperdacées, se range dans les Basidiospores , comme j'ai pu m'en convaincre en examinant des individus recueillis dans la cave de M. Dutrochet , où M. Turpin lui-même avait pris les siens. D'un autre côté, il faudra éloigner des Basidiospori ou Hymenomycètes les genres Geoglossum^SpathuIaria^ Mitrida qui ont été confondus avec les Clavaires par rapport à leur forme, et peut-être aussi le genre Sparassis qui est une Clavaire pour les uns et une Helvelle pour les autres. Je pourrais augmenter ce nombre de mutations ; mais, comme les échantillons dont je me suis servi pour faire l'analyse ne •■ (i) Nouv. Ann. du Muséum, t. 3 p; 5g et Mém. de l'Acad. des Se. t. xiv. 336 j. h. lé veillé. — Sur VHymenium des Champignons* m'ont pas offert toutes les garanties suffisantes , je craindrais moi-même de tomber dans l'erreur et de mériter le blâme pour avoir publié des faits dont je n'aurais pas acquis la plus complète certitude. Enfin, je terminerai ce travail en rappelant que M.Turpin, dans les mémoires du Muséum, a cherché à établir que le nombre deux était le multiple des Agames, comme les nombres trois et cinq étaient les multiples des monocotylédo- nées et des dicotylédonées. Mes recherches prêtent un nouvel appui à celles de M. Turpin. EXPLICATION DES PLANCHES. PLANCHE 8. Fîg. i. Lames de VAgaricus micaceus vues de profil. Fig. 2. Cystide grossi. Fig. 3. Basides grossis. — a. Spore verruqueuse. Fig. 4« Lame vue à plat , qui laisse voir le tissu sous-hyménial ou inlerlamellaire et la posi- tion quaternaire des spores. Fig. 5. Tissu hyménial de VAgaricus micaceus. Fig. 6. Lactifluus acris , le baside est à peine saillant ; les pointes sont renflées à leur partie moyenne ; les spores sont globuleuses et hérissées. Fig. 7. Hjdrum auriscalplum. Divisions du Baside courtes ; spores globuleuses. Fig. 8. Dœdalea abietina. Fig. g a. Intérieur d'un tube de Boletus erythropu* , Cystides cylindriques. Spores, allongées renfermant trois sporidioles 5 — b. figures plus grossies, afin de montrer ces sporidioles. Fig. 10. Membrane interne ou hymenium du Cypella taxi Lev. Spores ovales. Fig. 1 1 . Polyporus versicolor. Fig. 12. Telephora terrestris , spores ovales montrant à l'intérieur deux points plus clairs } — a spores très grossies. Fig. i3. Schyzophyllum commune. Baside très court, divisions allongées, spores globu- leuses. Fig. 14. Pistillaria micans. Baside bifide, spores ovales. Fig. i5. Clavaria cristata. Baside bifide , spores globuleuses. Fig. 16. Dacrymyces. Spores subréniformes , sporidioles globuleuses. Planche 9. Fig: I7. Agaricus lactifluus piperatus. Baside de formes différentes, suivant l'âge plus ou moins avancé du cbampiguon. Fig. 18. Agaricus Candolleanus. Croissant dans les serres du Muséum : — A. coupe trans- versale^ chapeau, afin de montrer sa structure et les modifications du tissu utriculaire , dont il est formé ; — b, utriçules cylindriques formant l'Hymenium ; ~ B. portion d'une lame, vue j. h. léveillé. — Sur l' Hymenium des Champignons. 33 7 à plat pour montrer la disposition quaternée des spores et le tissu hyménial ;— C. Spores vues à plat, très grossies ; — D. Baside au milieu des utricules cylindriques de l'hymenium; en a. les utricules formant lame; — E. Basides très grossis, représentés dans deux états diffé- rées : sur les individus très jeunes , les branches du Baside sont dressées et rapprochées • plus tard elles s'écartent et se recourbent; — F. Spores grossies et isolées. On voit en a le point de leur insertion sur les branches du Baside. Fig. 19. A. Agaricus semiorbicularis ? Les Cystides présentent , relativement aux Basides, un très grand développement : ils sont coniques ou renflés au sommet ; on en voit qui semblent avoir été courbés, à en juger par les plis qu'ils présentent; — B. portion d'une lame, vue à plat ! — C. Spores vues à plat.- elles sont plus ou moins visibles, suivant l'âge du Baside ; ce qui dépend de leur coloration plus intense ou de l'allongement des branches. Fig. 20. Coprinus, On voit l'énorme grandeur d'un Cystide relativement au Baside ainsi qu'au tissu de l'Hyménium; les utricules, placées horizontalement, appartiennent au tissu moyen des lames. PLANCHE IO. Fig. 2t. Merulius Cantharellus, A. Les Basides sont rarement à quatre branches: on en trouve le plus ordinairement cinq, sept et même huit; mais ce dernier chiffre, le plus élevé, est aussi le plus rare de même que le premier (',). Les branches du Baside sont assez courtes et les cellules de l'Hyménium se montrent seulement comme de très petits mamelons ; B. la même figure plus grossie; - C. portion d'une lame , vue à plat; les spores , vues ainsi, sont comme de petites perles blanches ; — b. les Basides sont plus éclairés que le tissu hyménial sous-jacent en c ; — D. Baside isolé et vu de trois-quarts ; — E. Spores détachées: on voit en a le point d'insertion , qui , à cause de la dépression qui en résulte , leur donne la forme d'un grain de blé. Fig. i2. Merulius tremellosus croissant sur des poutres humides et ombragées dans une des serres chaudes du Muséum. — Quelques Cystides offrent , comme celles des Coprins, des sortes de réticulations sur leur surface. Les Basides sont très courts et dépassent à peine les utricules de l'Hyménium. Fig. 2 3. Agaricus (Russula) ruber. Les Basides et les spores sont très serrés : — a tissu sous-hyménial presque globuleux à parois excessivement minces ; — b. Basides cylindriques et placés perpendiculairement sur le tissu sous-hyménial , qui le dépasse très peu et qui , dans certains points , est à peine appréciable; — B. portion d'une lame vue à plat. Fig. 24. Agaricus ( Russula ) pectinaceus. Spores hérissées, vues sur individus très jeunes. Fig. 25. Agaricus dycmogalus : — a. lissu sous-hyménial à utricules cylindriques: on voit le passage de celles du centre de la lame avec celles qui formeront les Cystides en c; — b. Ba- side ; — B. portion d'une lame , vue à plat : ou distingue les spores et le tissu hyménial; — C. Baside séparé. PLANCHE I I . Fig. 26. Bolelus edulis. — A. Coupe transversale de la partie inférieure du chapeau : on distingue fréquemment entre les orifices des tubes des dépressions indiquant le signe de démar- cation de chacun des tubes , sans qu'il soit cependant possible de les isoler; — B. coupe trans- versale d'un tube , prise au dessous de l'orifice : celui-ci est presque toujours formé en partie par des prolongemens filiformes d'autant plus courts qu'on examine le tube plus profondément ; VJTI. P.oTAN. — Décembre. 22 338 ad. brongni art. — Rapport sur le mémoire précédent. — C. portion interne d'un de ces tubes , pour montrer la disposition quaternée ou ternée des spores; — D. coupe verticale d'un tube, afin d'en montrer l'organisation; le tissu utriculaire sous-byménial est ovoïde : on voit quelques utricules se prolonger et prendre l'apparence de poils. Fig. 27. Boletus chrysantheron. Spores disposées quatre par quatre, rarement trois par •rois , assez espacées avec des Cysttdes jaunes plus foncés. Fig. 28. Polyporus versicolor. Basides allongés, à branches très courtes, dressées et écar- tées suivant leur âge ; en a spores détachées. Fig. 29. Thelephora terres tris. Fig. 3o. Tremella cerebrina? Les Basides sont monosporés; les spores avaient l'apparence vésiculeuse : on observait , mais très rarement , des sortes de poils cloisonnés , dépassant de beaucoup le Baside. Fig. 3i. Figures prises dam Micheli , tab. 73 et 76. Fig. 32. Peziza , afin de montrer les différences entre les groupes des Champignons octo- sporés et basidiosporés Rapport/«zY à la Société Philomatique sur un mémoire de M. le docteur Léveillé , intitulé : Recherches sur Vhymenium des champignons. ( Commissaires : MM. Adolphe Brongniart et Guillemin. ) La Sociéténous ayant chargés, M. Guillemin et moi, d'exami- ner et de lui rendre compte d'un travail sur la structure de l'hy- menium ou membrane fructifère des champignons , qui lui a été communiqué par M. le docteur Léveillé, nous devons d'abord lui exposer les motifs qui nous ont engagés à retarder si long- temps ce rapport sur un travail dont nous allons chercher à faire sentir toute l'importance. On sait depuis long-temps que beaucoup de champignons, ceux qui reçoivent plus spécialement ce nom , sont recouverts sur une étendue plus ou moins considérable de leur surface par une membrane, qui, à l'époque de la maturité du champi- gnon , se recouvre et laisse échapper une poussière fine, for- mée de grains, tous parfaitement identiques, que les botanistes ont généralement admis pour les corps reproducteurs de ces végétaux cryptogames. ad. brongniart. — Rapport sur le mémoire précédent. 33o, Mais, indépendamment de ce fait incontestable, tous les botanistes modernes qui se sont occupés de ce sujet ont admis que cette membrane était formée de vésicules cylindroïdes , allongées , placées parallèlement les unes aux autres et perpen- diculairement à la surface que la membrane recouvre , fixées par une extrémité , libres par tout le reste de leur surface , et que , dans l'intérieur de ces vésicules, qu'on a désignées sous les noms de Thecœ ou d'^sci , se trouvaient renfermées les sporules ou corps reproducteurs, qui, s'échappant à la maturité, forment :ette poussière fine qu'un champignon laisse tomber dans cette circonstance sur tous les corps sous-jacens. Or, cette opinion sur l'organisation de la membrane fructifère de tous les vrais champignons, admise depuis Hedwig jusqu'à nos jours par tous les botanistes qui se sont occupés de cette question, M. Léveillé venait nous déclarer qu'elle était complè- tement erronée dans la majorité des genres de cette famille, et particulièrement dans les Agarics, les Bolets , les Clavaires, etc., genres qui ont toujours été considérés comme devant former le type essentiel de cette famille , et qui en renferment la majo- rité des espèces. Cette opinion était tellement nouvelle , tellement en contra- diction avec tous les travaux récens des auteurs les plus juste- ment estimés par l'exactitude de leurs recherches, que nous avons dû mettre une grande réserve avant de l'approuver ou de la rejeter : c'est le désir de vérifier sur des espèces de champi- gnons aussi variées que possible les observations de M. Léveillé, qui nous a fait ajourner jusqu'à cette époque le rapport sur son mémoire. Dans le courant de l'été et de l'automne, votre rapporteur s'est occupé à examiner, avec toute l'attention dont il est capable, la structure de la membrane fructifère ou Hymenium de tous les champignons qu'il a rencontrés, et il ne s'est arrêté dans ces recherches que lorsqu'il a été convaincu de l'uniformité de la structure essentielle de cette membrane dans toutes les espèces des genres qu'il a pu examiner. Désirant éclairer son opinion par l'observation de plantes analogues , faite par une autre personne , il avait prié l'un de 34o ad. îmoNGNfART. — Rapport sur le mémoire précédent. nos 'collègues , M. Decaisne, aussi exercé dans l'emploi du mi- croscope qu'habile à figurer ce qu'il y observe , d'examiner, de son côté, pendant un séjour à la campagne, toutes les espèces qu'il rencontrerait , et c'est après avoir rapproché ces dessins, faits séparément, que votre commission a cru pouvoir établir son opinion sur des bases assez solides pour venir vous la soumettre. Si on cherche à savoir comment on est arrivé à admettre d'une manière générale, dans les champignons à fructification superfi- cielle ou hyménomjcètes , la structure que nous indiquions pré- cédemment, c'est-à-dire l'existence d'une membrane formée par des thèques, placés les unes à côté des autres, comme les fils dressés du velours et renfermant les sporules,on verra que cette opinion a pris son origine dans des observations très exactes sur la fructification des Pezizes, publiées, en 1789, par Hedwig, et dans lesquels il a le premier bien fait connaître par d'excel- lentes analyses microscopiques la forme des thèques qui forment cette membrane, la disposition et la forme des sporules qu'elles contiennent , enfin la position de ces thèques et des filamens ou paraphyses qui les séparent. Ces observations d'Hedwig, comme toutes celles de cet habile scrutateur de la nature , sont de la plus grande exactitude; mais les mycologues, qui lui ont succédé dans ce genre de recherches n'ont pas été aussi heureux que lui , et poussés par l'analogie qu'on était porté à admettre entre la structure de la membrane fructifère des autres genres de champignons et celle des Pezizes, ils ont cru reconnaître, dans la couche de cellules superficielles qui forme cette membrane , les thèques pleines de sporules si bien vues par Hedwig ; les dimensions beaucoup plus petites de ces cellules, les sporules détachées de leur position naturelle et portées à la surface de ces cellules , les ont induits en erreur, et ils ont décrit l'hvme- nium ou membrane fructifère des Champignons des genres Agaricus, Boletus, Hydnum,Cantharellus, Clavaria , etc., comme présentant la même organisation que celle des Pezizes. En exa- minant leurs figures , on voit seulement que ces parties ne se sont jamais offert à eux aussi nettement que dans ce dernier genre , de sorte que lé même observateur , figurant les thèques ad. bro^gniart. — Rapport sur le mémoire précèdent. 34 1 des Pezizes , les représente d'une manière très nette, qui ne laisse aucun doute dans l'esprit , tandis que celles des autres genres n'offrent presque jamais cette structure d'une manière aussi claire. L'organisation de la membrane fructifère des Champignons des genres Agarics , Bolets , etc. , considérée comme composée de thèques juxtaposées, nous paraît avoir été d'abord indiquée par Link(i), d'après les observations de Dittmar, qui lui-même en a publié plusieurs dans la Flore d'Allemagne de Stunn, en 1 81 3 et 1814. Nées von Esenbeck, en publiant, en 18 17, son Système des Champignons, contribua encore à propager cette opinion , en appliquant ce caractère de structure de l'iiymenium à tous les Champignons proprement dits , changeant seulement le nom de thèque, donné par Hedwig aux utricules allongées qui renferment les sporules dans les Pezizes , en celui à'Asci. En i82i,Fries,dans son Systema mycologicum y adopta cette même opinion et définit la classe des Hyménomjcetes par la présence de ce&ascï ou thèques formant la membrane fructifère et renfermant les sporidies disposées en série dans l'intérieur, disposition qu'Hedwig avait si bien représentée dans les Pezizes, mais qu'on étendait à tort , ainsi que vous le verrez aux Cham- pignons autres que ceux de la tribu des Helvellées. Persoon , qui avait le premier introduit une classification précise et bien définie dans cette vaste famille, mais qui, dans son Synopsis fungorum } n'avait admis comme caractère que la position des organes reproducteurs sur une membrane super- ficielle dans les Champignons de son ordre des Hyméno thèques 3 en citant simplement les observations d'Hedwig sur les Pezizes, se rangea plus tard, en 1822, à l'opinion généralement adoptée et caractérisa son ordre des Sarcomyci , qui correspond aux Hy- ménomjcetes de Fiïes delamême manière que ce dernier auteur; enfin jusqu'à l'époque où M. Léveillé a présenté à la Société le mémoire que nous devons examiner, cette opinion était restée généralement admise par les mycologistes de tous les pays. Ce n'est pas cependant que d'autres manières de concevoir la (1) Observationes iaordioes plaolarum nalurales. Naturf. Magazin. Berlin. 1809. 342» ad. browgniart. — Rapport sur le mémoire précédent. disposition des organes reproducteurs des Champignons à mem- brane fructifère n'eussent été émises par divers auteurs ou que des exceptions assez notables à la structure des thèques n'eussent été signalées. Ainsi, comme M. Léveillé l'a fait observer dans son mémoire, Micheli, cet observateur plein de sagacité, qui avait devancé de beaucoup ses contemporains et même les botanistes qui l'ont suivi pendant bien des années, relativement à l'organisa- tion des cryptogames, avait déjà évidemment aperçu, quoiqu'il l'ait représenté assez imparfaitement, la structure des organes reproducteurs des Agarics , que M. Léveillé nous a mieux fait connaître. Bulliard également avait admis que les semences des Agarics, qu'il désigne cependant ^ en général, comme des vési- cules spermatiques, étaient nues à la surface des lames des Aga- rics ou des cavités tubuleuses des Bolets, il avait même aperçu , dans quelques cas , leur disposition quaternaire , particulière- ment dans les Agarics de la section des Coprins , où celte dis- position ^st plus apparente et plus facile à observer. Enfin , dans ces dernières plantes , cette structure est si évidente, que les mycologues, qui admirent la présence des thèques dans les Agarics et autres genres de cette tribu ne purent cependant révoquer en doute la réunion quatre par quatre des sporules; mais, pour faire concorder cette disposition avec l'organisation qu'ils avaient admises , ils supposèrent que les thèques des Coprins renfermaient quatre séries longitudi- nales de sporules. C'est ainsi que Link les a figurées, et cette manière de les considérera été adoptée par les auteurs qui ont traité de cette famille dans des ouvrages généraux. Ainsi, malgré les observations, imparfaites il est vrai, et sur- tout assez grossièrement figurées, de Micheli et de Bulliard, tous les mycologistes modernes considérèrent et représentèrent la membrane fructifère ou l'hymenium des Champignons à fructi- fication superficielle comme formée dans tousses genres de cette famille de thèques allongées, cylindriques , placées parallèle- ment entre elles et perpendiculairement à la surface de la membrane et renfermant ordinairement une seule série de spo- rules , et, dans les Coprins par exception , quatre séries longitu- au. brojngwiakt. — Rapport sur le mémoire précèdent. 343 dinales de ces corps reproducteurs. C'est cette opinion générale- ment admise que M. Léveillé est venu combattre dans le mé- moire que nous allons examiner et dans lequel il établit que la disposition des organes reproducteurs des Agarics, des Bolets, des Théléphores, des Clavaires et même des Tremelles, ainsi que des genres qui se groupent autour de ceux-ci , a beaucoup plus d'analogie avec la manière dont Micheli et Bulliard les avaient considérés qu'avec la théorie que s'étaient formée à ce sujet les mycologues modernes depuis les travaux de Link jusqu'à ceux des auteurs les plus récens. En effet, suivant lui, la surface de feuillets des Agarics est recouverte par une couche d'utricules à-peu-près cylindriques, dirigés perpendiculairement à cette surface, assez adhérens entre eux , mais qui, au lieu de contenir les sporules dans leur intérieur, comme les thèques des Pezizes et des autres genres de la tribu des Helvellées, portent à leur extrémité libre et extérieure quatre sporules, rarement trois seulement;, fixées chacune à l'extrémité d'un prolongement conique ou sétacé de ces utricules ; une partie seulement ou la plupart de ces utricules se terminent ainsi par quatre sporules pédicellés complètement libres, et qui se détachent avec la plus grande facilité de l'extrémité decesquatre pointes. Il donne à ces utricules sporulifères si long-temps con- sidérées comme des thèques le nom de Baside {Basidium) , et en indique l'existence dans tous les genres de Champignons ap- pelés jusqu'alors Hyménothèques , sauf ceux qui forment la tribu des Helvellées et quelques Cla variées qui par l'existence de vraies thèques se rattachent à cete section des Helvellées. Dans presque tous ces genres, les sporules sont régulièrement quaternées; dans les Clavaires, elles sont géminées; enfin, dans les Tremelles, elles^sont solitaires. Outre ces Basidium portant les sporules, quelques espèces de Champignons , parmi les Agarics en particulier, offrent à la sur- face de l'Hymenium de grosses cellules saillantes qui sont sur- tout très apparentes dans les Coprins où Micheli et Bulliard les avaient déjà reconnues; elles avaient été vues sur ces Champi- gnons, ainsi que sur quelques autres Agarics, par d'autres observateurs qui les admettent simultanément avec les thèques. 344 AD - browgniart. — Rapport sur le mémoire précèdent. Il est évident, d'après cette exposition succincte de l'opinion de M. Léveillé comparée à celle des botanistes qui admettent l'existence des thèques dans tous ces Champignons, qu'il y a une très grande différence dans ces deux manières de considérer la structure des organes reproducteurs des Champignons hymé- nothèques. Dans une de ces opinions, les sporules sont extérieures, pédi- cellées, ordinairement quaternées; dans l'autre , elles sont con- teneusen une seule série longitudinale dans l'intérieur de vési- sicules membraneuses. C'est entre ces deux opinions que votre commission a dû chercher à déterminer celle qui lui paraissait s'accorder réellement avec la nature. Or, après les vérifications nombreuses et très attentives faites pendant tout l'été et l'automne par vos commissaires et par M. Decaisne, elle ne peut conserver aucun doute sur l'exactitude des observations de M. Léveillé ; dans tous les genres qui ont été soumis à leurs observations, dans un grand nombre d'espè- ces différentes d'Agarics et de Bolets, dans plusieurs Théléphores, dans des Chanterelles, dans des Clavaires et même dans desTre- melles ils ont reconnu la structure signalée par M. Léveillé. Ils ont vu presque constamment les sporules fixées à l'extré- mité de quatre pointes coniques plus ou moins allongées qui ter- minent chacune des cellules de THymenium; ils ont reconnu ces sporules ainsi quaternées à différens âges depuis leur première jeunesse jusqu'à leur état adulte , sans jamais les avoir vues dans l'intérieur des cellules qui leur servent de base. En examinant cette membrane fructifère perpendiculaire- ment à sa surface, la disposition quaternée des sporules est fa- cile à reconnaître, et on voit qu'elle est presque constante, les cas où les sporules sont simplement ternées étant très rares, mais se rencontrant accidentellement sur les mêmes feuillets ou les mêmes tubes. La disposition géminée des spores dans les Cla- vaires et leur disposition solitaire dans les Tremelles , ont éga- lement été constatées ; enfin ils ont reconnu que dans le Can~ iharellus cibarius les sporules sont ordinairement réunies six par six ou rarement par cinq ou par sept. La généralité de cette structure, et le soin que vos commissaires ont mis à la vérifier, ad. beongniart. — Rapport sur le mémoire précédent. 345 ne leur laisse aucun doute sur l'exactitude des observations de M. Léveillé et sur les déductions qu'il en a tirées relativement à la classification des Champignons à membrane fructifère en deux ordres , les Helvellèes thecaspores et les Jgaricinées basi- diospores. Nous devons ajouter que depuis la lecture du mémoire de M. Léveillé, des observations sur le même sujet, publiées en Allemagne par M. Ascherson ( i ) d'une part et par M. Corda (2) de l'autre , sont venues confirmer les siennes. Persuadée de l'importance de ces recherches pour la théorie générale de la reproduction des Cryptogames, et de l'exactitude des résultats obtenus par M. Léveillé, votre commission vous propose de donner votre approbation à ses travaux et de l'en- courager à les poursuivre dans la même direction. Centurie déplantes eellulaires exotiques nouvelles, Par Camille Montagne, D. M. La marche de la science est si rapide de nos jours, tautd'hommes s'empressent à l'envi d'enrichir son domaine qu'au moment où l'on s'y attend le moins, on voit paraître des travaux sur les mê- mes matières dont on a aussi fait long-temps soi-même l'objet de ses études et de ses méditations. De là naît pour le natura- liste qui tient à ne pas être dépassé dans la carrière, la nécessité urgente de se hâter de mettre au jour le résultat de ses recher- ' 1) Les observations de M. Ascherson sur ce sujet paraissent avoir été publiées pour la pre- mière fois duns le tome 5o des annonces de Froriep , que nous n'avons pu consulter à Paris, et dont nous iguorons la date exacte de publication; nous ne connaissons ce mémoire que par l'extrait succinct qui en a été donné dans le Flora oder Botanisch-Zeitung ; (2) Une figure d'une espèce de Coprin {Coprinus petasiformis) donnée par M. Corda dans son nouvel ouvrage intitulé Icônes Fungorum hucusque cognitorum ( tab. 7; f. 3oo ) s'accorde coin, plètement avec les observations de M. Léveillé. 346 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. ches, aussitôt, du moins, que celles-ci ont acquis ce degré de maturité et de perfection relative que comportent l'humaine natnre et les facultés départies à chacun de nous. Ne prévoyant pas l'époque à laquelle seront publiées dans les différens ouvrages à la rédaction desquels leurs auteurs ont daigné m'associer, les descriptions complètes et détaillées des plantes cellulaires rapportées de son voyage dans l'Amérique australe par M. d'Orbigny, ou celles recueillies à l'île de Cuba par M. Ramon de la Sagra et aux Canaries par MM. Webb et Berthelot, je me suis décidé , d'après l'autorisation que m'en ont donnée ces savans, à en tracer ici succinctement les caractères diagnostiques et à en indiquer les principales affinités, de manière à les faire suffisamment connaître et à rendre leur distinction aisée. J'aurai soin de préciser aussi les lieux où ces ^espèces ont été recueillies, et, en général, de noter toutes les circonstances susceptibles de contribuer à leur diagnose. Toutefois, comme on le sent bien, les descriptions ne pouvant, sans quelque préju- dice, être distraites des ouvrages auxquelles elles sont destinées, elles ne sauraient faire partie du présent travail. Outre l'appréhension dans laquelle je devais naturellement être, de perdre parla lenteur obligée de la marche des ouvrages en question, le fruit de plusieurs années d'études assidues et de laborieuses recherches , il estime autre considération que je dois mentionner ici, et qui m'excusera encore mieux, du moins j'ose l'espérer, aux yeux des botanistes qui seraient tentés de blâmer mon empressement à livrer à l'impression cette sorte de Pro- drome de trois publications différentes, c'est que les figures d'un grand nombre de ces plantes sont déjà et depuis long- temps entre les mains des savans, sans que rien fasse pré- voir l'époque plus ou moins reculée et tout-à-fait indépendante de ma volonté, à laquelle il me sera possible d'en donner une description convenable. A l'égard de certaines plantes qui ne font point partie des col- lections dont je viens de parler , n'étant pas retenu par les mêmes considérations, j'entrerai dans plus de détails et ferai en sorte de laisser le moins possible à désirer sur leur compte. De ce nombre sont plusieurs Champignons inédits recueillis au Chili par feu c. montagne. — Fia ites cellulaires exotiques. 347 Bertero, quelques Mousses exotiques de ma propre collection, un petit nombre de Cryptogames de France que je dois aux communications amicales de mes correspondans , et enfin plusieurs Lichens de la Guyane que j'ai reçus de mon ami M. Leprieurdont la seconde tentative pour arriver anx sources du Maroni n'a malheureusement pas eu l'heureuse issue qu'il avait droit d'attendre de son courage et de son expérience. A l'instant où je termine ce manuscrit, je reçois de ce botaniste une suite de cen t soixante Lichens magnifiques appartenans a ux trois seules tribus des Trypetheliacées , des Verrucariées et des Graphidées. Ils feront l'objet d'un travail spécial qui probablement ne sera pas dépourvu d'intérêt. Parmi le petit nombre de genres nouveaux qu'on trouvera dans cette Centurie, il en est un établi par M. Auguste de Saint- Hilaire lui-même sur un Champignon qu'il a observé vivant au Brésil. Ce savant m 'ayant donné son agrément pour la publica- tion, dans ce travailles plantes cellulaires nouvelles qu'd a dé- couvertes dans ses voyages à travers les provinces les plus recu- lées de l'empire du Brésil, je ferai mes efforts pour ne pas rester au-dessous de la tâche qu'il a bien voulu me confier. Toutes les autres Cryptogames de sa collection , et elles sont en assez grand nombre, ayant déjà été décrites dans différens ouvrages et, entre autres, dans la flore du Brésil de M. Martius, je me contenterai d'en donner plus tard une énumération complète, lorsque j'aurai étudié les Mousses qu'il doit incessamment soumettre à mon examen, Je profiterai également de cette publication pour faire connaî- tre quelques Hépatiques dont l'étude m'est commune avec l'il- lustre Président de l'Académie des Curieux de la Nature, M. Nées d'Esenbeck. Qu'on ne soit donc pas surpris de voir paraître ainsi à la fois une centurie toute entière de plantes cryptogames nouvelles. Outre qu'elles sont presque toutes exotiques, et qu'il n'y en a qu'un nombre excessivement petit qui appartienne à la France, tout étonnement cessera dès-lors que l'on voudra bien considé- rer que la plupart ont été recueillies dans des contrées non encore ou jusqu'ici très mal explorées, ou bien prises dans des collée- 348 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. tions immenses et variées. J'aurais même pu facilement en dou- bler le nombre, mais je ne l'ai pas voulu. Qui pourrait en effet clouter que parmi des plantes recueillies dans des pays si éloignés et si divers , et dont les caractères , soit morphologiques, soit surtout microscopiques , sont d'une va- leur si contestable, selon la manière de les envisager, il ne m'eût été facile, si j'y eusse eu la moindre propension, de trouver ma- tière à créer, invita naturâ sans doute, un nombre beaucoup plus grand de nouvelles espèces? Ce ne sera certes pas celui qui voit chaque jour décorer de noms génériques si nombreux que la plus heureuse mémoire saurait à peine les retenir, des produc- tions végétales indigènes qui, bien souvent, ne sont pas même des espèces, mais de simples anamorphoses dues soit auxcircon-r stances atmosphériques, soit aux accidensde localité, d'habitat ou de support. J'ai cherché, en un mot, dans celle-ci, comme dans mes publications précédentes, à éviter autant que possible d'établir de ces espèces si légères qu'un souffle suffit pour les ren- verser. Je n'ai pourtant pas la prétention d'imaginer que toutes les espèces nouvelles que je donne ici soient de tout point irré prochables. Peut-être en est-il parmi elles quelques-unes qui ne sont que des formes plus ou moins remarquables d'espèces bien tranchées ; mais n'ayant pu, faute d'intermédiaires, saisir la tran- sition, j'ai dû les séparer jusqu'à nouvel ordre comme la nature semble l'avoir fait elle-même. Je ne terminerai pas ce court avant-propos sans réclamera cet égard de nouveau l'indulgence des botanistes qui, ne dédaignant pas de s'occuper de ces productions inférieures du règne végétal, savent par eux-mêmes combien il est difficile d'établir en sem- blable matière une opinion quine soit pas sujette à contestation. ÀLGiE. i. A dînantes brachypus (Montag. mss.): stipite brevi crasso, frustulis binis, supremo gibbo transversim striatulo. Hab. ad fila Confervce allantoidis Montag. parasitans , propè Callao Regni Peruviani cl. d'Orbigny legit. J c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 34q Spccies maxime polymorpha secundùm aetatem, A. intermediœ Kutz. proxima, à quâ stipitia crassitudine aliisque notis diversa. 2. Trochiscia moniliformis (Montag. mss.): corpusculis glo- bosis seriatim transversèque punctatis viridibus in fila monili- formia conjunctis. Hab. ad fila Callithamnii Jloccosi Ag. Ad Callaolegit cl. du Petit-Thouars. Nulli hucusquè descriptarum affinis. 3. Scftonema rubrum (Montag. mss.) : decumbens , rubrum, dichotomè ramosam intricatum , ramis divaricato-geniculatis, sporangiis diametro subbrevioribus. Hab. ad folia dejecta in Insulâ Cubœ. cl. Ramon de la Sagra. 4- Conferva allantoides (Montag. mss.) : filis setaceis longis- simis intricatis exsiccatione collapsis nitentibus nigroque punc- tatis, ramosis, ramis alternis iterùm ramosis, supremis simplici- bus interdùm subsecundis, articulis (maxime variantibus) dia- metro 2-5pI6 longioribus, alternatim siccitate constrictis. Hab. in aquis subsaisis propè Callao cum Soleniâ intestinali permixtam lcgit cl. d'Orbigny. A Conferva diffusa Roth simili articulis perquàm variis mihi diffère vi- detur. 5. Conferva brachyclados (Montag. mss.) : filis tenuissimis (4-5 pollicaribus) irregulariter dichotomè ramosis, ramis prima- riis longissimis patentibus , secundariis -appressis , ultimis bre- vissimis spinœformibus secundis pectinatis, articulis inferioribus cylindricis diametro quintuplé, supremis oblongisduplo tantùm longioribus. Hab. in portu La Havane, Ins. Cubae ; cl. Ramon de la Sagra legit. Amœnè viridis (vert pomme) membranacea arachnoidea in caespites médiocres intricata , sicca nitens nigro-punctata, articulis alternatim collapsis. Proxima C.diffusœ et C. membranaceœ Ag. inter quas ambigit. A prima gracilitate, longitudine articulorum, totoque habitu recedit. Conferva membranacea ex eâdem maris plagâ ( Ins. S tœ Crucis) oriunda et mihi tantùm phrasi Agliardianâ nota , descriptione fusiorc et icône adhùc caret. 35o c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 6. Conferva viridifusca (Montag. mss.) : caespite erecto un- ciali, filis tenuissimis intricatis viridi-fuscis ramosis, ramis pau- cis alternis elongatis, articulis inferioribus diametro subduplô longioribus , supremis brevioribus exsiccatione alternatim con- strictis. Hab. in arenà ad littora brasiliensia propè Macahé, à cl. Auguste de Saiwt- Hilaire lecta. Cum nullâ aliâ comparanda haec genuina species. 7. Callithamnion clandestinum (Montag. mss.) : filis caespito- sisarachnoideisirregulariterramosissimis , ramis intricatis ramu- lisque remotis adscendentistrictis , articulis diametro quintupla subduplô longioribus. Hab. ad fila et praesertiru in axillis ramorum Confervœ fascicularis Mert. in portu Callao lecta? à cl. d'Orbigny. Obs. Cette espèce qui est voisine du C. arachnoideum Ag. , dont pourtant elle me semble différer par la grandeur, la mienne étant microscopique, et celle de M. Agardh ayant jusqu'à deux pouces en hauteur, a été figurée dans le Voyage de l'Amérique méridionale par M. Alcide d'Orbigny. Pour éviter à l'avenir la répétition de cette observation, je ferai suivre de ces mots cum icône , la phrase caractéristique des espèces de ce voyageur qui sont dans le même cas. 8. Callithamnion planum (Montag. mss.) : filis (an collapsu?) planis pluries dichotomo-ramosis , ramis ultimispinnatis, pinnis iterùm dichotomis, supremis elongatis incurvis obtusissimis dif- formibus apicem ramuli subabortivi superantibus ; articulis fili primarii diametro décuplé , ramorum duplô longiores,pinnula- nim tandem subaequalibus {cum icône). Hab. Ad Valparaiso Regni Chilensis legit cl. d'Orbigny. Obs. Cette espèce qu'il est impossible de confondre avec le C. versicolor quoiqu'elle lui ressemble, m'a offert deux sortes de fructifications, i* des conceptacles à gongyles tripartites dans l'aisselle des derniers rameaux , 2 des urcéoles situées le long du c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 35 r filament principal et contenant des spores ou gongyles d'une autre forme. 9. Calliihamnion Orbignianum (Montag. mss.) : filis pinnatis, pinnis ramellisque oppositis in trunco horizontalibus, supre- mis patentibus utrinque pectinato-bipinnatis {cum icône). Hab. In Oceano Pacifico Peruviam alluente propè Callao hancce specieui totius generis haud dubiè speciosissimam legit cl. d'Orbigny. A C.JhccQso et Plumulâ similibus facile notis allatis distincta. 10. Callithamnion Thouarsii{ Montag. mss.): filis à basi ra- mosis, ramis bipinnatis, pinnis pinnulisque oppositis patenti- erectis, ultimis snbsecundis, articulis fili primarii pinnarumque diametro quadruplé longioribus , pinnularum subaequalibus {cum icône). Hab. Ad Valparaiso detexit cl. navarcbus du Petit-Thouars. Habitus confervoideus sed hujus generis certo. Analoguin Confervœ compositœ Harv. quâcum nec confundendum. ri. Callithamnion Pylaisœi (Montag. mss.) : filis capillari- bus vagè ramosis, ramis circumscriptione lanceolatis, ramelli9 decussatis seu tetrastichè oppositis inaequalibus patenti-erectis pinnulatis, pinnulis brevibus acutissimis! sœpiùs secundis sed et oppositis, rariùs alternis, articulis inferioribus diametro oc- tuplô , superioribus sesquilongioribus aequalibusve, concepta- culis globosis limbo hyalino cinctisin axillis pinnularum sessili- bus numerosissimis ! Ceramium speciosum et moniliforme de La Pyl. herb. Hab. Ad oras Americ» borealis praesertim in Insulâ Terrâ-Novâ ubi à cl de La Pylaie lectum. Desc. Fila 2-3 uncialia circumscriptione thyrsoidea, alternatim ramosa. Rami clongati circumscriptione lanceolati,ramellis laxiùs densiùsve vestiti , inferiori- bus suprà médium cujusque articuli, superioribus veiô sub ipso articulo ortis., inaequalibus ( id est aller altero brevior) decussatis vel simpliciter oppositis pa- tenti-erectis Iaxis, supremis imbricatis pinnulatis, pinnulis brevibus crectis va- riis, secundis alternis oppositisve spinaeformibus acutissimis. Articuli inferiores cylindrici longissimi (callus seu basis ipsa planta? deest) diametro octuplô longiores, 35a c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. tîemùm scnsiin breviores , ultimi tandem acuti subœquales. Fructus : conccpta- cula globosa nuraerosissima limbo hyalino cincta, per très radios tripartita, in in axillis vel ad latus internuin pinnularum sessilia. Adsiint et pinnularura arti- culi incrassati materiam grumosam goagyloideam continentes quae an ad fructiû- cationem pertineat , me latet. Affin. Stirps pulchella, conspicua colore roseo in sanguineum vergente. Callithamnio cruciato Ag. ramificatione analoga , sed habitu, magnitudine tota diversa. A C. polyspermo Ag. secundùm dcscriptionem proximo , differre vide- tur ramis tetrastichè oppositis inaequalibus articulis diametro infernè8plo — loplô, non 5plo tantùm longioribus etc. Affinitatem quamdam habet haec species cum C. tetragono Ag. quod habitu et forma articulorum facillimum est distinctu. 12. Polysiphonia havanensis (Montag. mss.) : filis ultra seta- ceis sanguineis irregulariter subdichotomè ramosis s. virgatis, ramis patenti-erectis hinc indè spinulosis , sensim attenuatis ul- timisque strictis fastigiatis lubricis, articulis inferioribus supre- misque bitrivenosis diametro aequalibus, mediis duplô longiori- bus, genictilis pellucidis. Hab. in portu La Havane, Ins. Cuba?, à cl. Ramon de la Sagra lecta. Cœspites 2-3 pollicares basi purpureo-nigricantes, apice sanguinei lubrici. Fructificatio latet. Charlae basi laxè , apice arctè adhaeret., Affin. A Polys'phoniâ strictâ Duby (Hutchinsia Ag. non Lyngb. ) simili, tenuitate insigni articulisque inferioribus sequalibus vel diametro brevioribus , non ut in illâ ôplo longioribus, nec non ramis spinulosis, diversissima. Ab Hut- chinsiâ roseolâ Ag. , Polysiphonia Mibi , ramis virgatis proximâ, brevitate articulorum, colore sanguineo , non autem roseo, tandem filis apice lubricis differre videtur. Hutchinsia lubrica Ag. filis basi pcnnâ passerinâ crassioribus distincta. i3. Polysiphonia camptoclada (Montag. mss.) : filis laxè di- chotomis subfastigiato-corymbosis roseo-purpureis flavo-varie- gatis, ramis virgatis ramulisque primo erectis strictis , demùm patenti-recurvis, articulis inferioribus diametro sesqui, ramorum duplo triplôve longioribus , ramulorum tandem multoties bre- vioribus (cum icône). Hab. in portu Callao Regni Peruviani à cl. d'Orbigny lecta. Polfsiphoniœ amentaceœ ( Hutchinsia Ag. ) affinis differt autem brevitate articulorum. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 363 \[\. Polysiphonia dendroidea (Montag. mss.) : filis compressis inordinatè decomposito-ramosis, ramis distichis tri -quadripinna- tis corymboso-subfastigiatis, articulis diametro triplo breviori- bus multistriatis (cum icône). Hab. Ad Corallinas parasitantem in portu Callao cl. d'Orbigny et ad littora chi- lensia cl. Gaudichaud legerunt. A Polysiphonia dendriiicâ Grev. (Hulchinsia Ag.)babitu, ramification e 3-4 pinnata , articulisque brevissimis multistriatis (7 ad 9) distinctissima. i5. Sphacelaria filicina Ag. var. recurpa (Montag. mss.) : mi- nima , pinnis pinnulisque divaricatc-recurvis. Hab. Ad Rupellam Galliœ in Oceano legit mecumque communicavit D. Che- valier. Pollicis magnitudinem vix attingit. Omnibus partibus minima. Articuli fili primarii diametro œquales pinnarum pinnularumque dimidio breviores, centro maculati , non autem slriati. An species genuina ? Caulerpa Lam\ char. gen. reform. Surculus horizontalis , repens, radiées fi- brosas emittens et frondem membranaceam vitream multifor- mem sessilem aut stipitatam intùs fibris tenuissiiais reticulatis spongiosam sursùm erigens. Fructus : massa granulosa viridis re- ticulo interno parietibusque frondium affixa, demùm in spori- dia mobilia? abiens. ï6. Caulerpa fastigiata (Montag. mss.) : surcuîo (filo primario) repente frondibusque erectis dichotomis fastigiatis filiformibus, apice ramulosis, ramulis brevioribus longioribusve obtusis sub- oppositis aut subfascicuiatis adscendentibus , axillis rotun- datis, Hab. In Oceano Atlantico ad littora Cubensia legit cl. Ramon de la Sagra. Nulli descriptae affinis. Ab omnibus gracilitate differt. Habitus Bryopsidis vel Vaucheriœ. Obs. Les tiges rampantes de cette espèce étant aussi grêles que les frondes qui sont capillaires , il est impossible à la vue VIII. Botait. «■* Décembre. 2 3 354 Ci montagne. *— Plantes cellulaires exotiques, simple de fixer le genre auquel elle appartient. Ce n'est que par l'observation microscopique qu'on peut reconnaître l'organisa- tion propre à ce genre, telle que je l'ai fait connaître dans un Mémoire (2) récemment lu devant l'Académie des Sciences. Sans le secours des moyens amplifians, on serait porté à classer cette Algue soit parmi les Bryopsis dont elle a le port , soit parmi les Vaucheriesdont les coniocystes sont encore inconnii's. Aussi ne serais-je pas surpris si le faucheria fastigiata Ag. était identique avec notre nouvelle espèce de Caulerpe. 17. Caulerpa Wehbiana ■', Montag. (Mémoire sur l'organisa- tion des Caulerpées, etc. Comptes rendus des séances de l'Acad. des Se. 1837, 18 septembre, page 529) : surculo repente sessili, frondibus simplicibus bi-trifidisve , ramulis (ramentis Ag.)linea- ribus quadrifariam imbricatis patenti-erectis, apice dilatato pal- mato-lobatis, lobis obtusis mucronatis (cura icône analyticâ). Hab. la portu Arrecifae ( Puerto ciel Arrecife) Insulae Lancerotte dictas hanc clegantissimam specicm per arenarn mobiiem detexit repentem cl. Webb. r Parvula, Caulerpce cupressnidi Ag. proxima, tamen distincta. 18. Rhodomela calamistrata (Montag. mss.): fronde filiformi compressa continua tenuissimè punctatâ bipinnatâ, ramis ramu- lisque alternis distichis secundis involuto-setaceisperspicuè arti- culatis, articulis diametro aequalibus. Hab. Ad Sphcerococcum musciformem Ag. parasitantem legit in portu La Havane Ins. Cubse cl. Rainon de la Sagrâ. Elegantissima species, pusilla, sexlineas vix metiens. Color huraectatae viola- ceus, exsiccatse nigrescens. Fiuctus ooanino hujus gen cris. A R.floccosâ affini toto cœlo diktat. An hùc Fucus lenellus Wahl , Ceramium tenellum Ag. Syst. p. i4i ? 19. Halymenia leiphœmia (Montag. mss.) : fronde tenuissimâ à basi stipitatâ filifcrmi ramosâ in laminas obovatas vagè fissas amœnè roseas expaosâ, marginibus segmentorum undulatis pal- lidis ! (cum icône). (1) Voy. Mémoire sur l'organisation et le mode de reproduction des Caulerpées et en par- ticulier du Caulerpa Webblana, espèce nouvelle des Canaries par C. Montagne. Comptes ren- dus de l'Académie des Sciences (crtraif , 18 septembre 1837. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 355 Hab. ad littora chilensia propè Valparaiso, à cl. Du Petit-Thouars lecta. Species genuina , habitu proprio non defmiendo ab omnibus congeneribus diversa. 20. Delesseria peruviana (Montag. mss.) : fronde eîorigatâ basi cuneatâ nervosâbisbifidâ, segmentis lanceolatis acutis, sorisin disco frondis sparsis. Hab. ad Callao Regnî Peruviani, à cl. d'Orbigny lecta. 21. Delesseriaphylloloma (Montag. mss.) : fronde tenuissimâ aveniâ oblongâ è margine proliféra ramentis subpedicellatis, basi rotundatis , apice vagè fissis , lobis emarginatis ? soris in disco frondis sparsis. Hab. Ad oras Peruviœ propè Callao ubi à cl. Du Petit-Thouars lecta est. Quibusdam Halymenice palmatœ formis similis, sed genericè distincta. 22. Delesseria bipinnatifida (Montag. mss.) : fronde tenuis- simè membranaceâ costatâ lineari è margine ! bipinnatim proli- féra, pinnis lineari-lanceolatis nervosis patenti-erectis (cum icône). Hab. In mari Pacifieo regnum Chilehse alluente prsesertim propè Valparaiso à cl. d'Orbigny détecta. T>. hypoglosse) primo adspectu non absimilis , à quâ tamen eximiè distincta prolifîcationibus non è costâ mediâ , sed è margine frondium oriundis. Acrofeltis Montag. mss. nov. gen. Char. gen. Semina pyriforraia in apotheciis clypeiformibus terminalibus nidulantia. 23- ^dcropeltis chilensis (Montag. mss.) : fronde lineari plana subsimplici vel basi filiformi tantùm ramosâ margine denti- culatâ, peltis gongyliferis terminalibus [cum icône), Hab. ad oras cbilenses propè Coquimbo, à cl. Du Petit-Thouars lecta. An hùc Delesseria conferta Ag. è NovâHollandiâ? 24. Desmarestia peruviana (Montag. mss.) ; fronde plana 356 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. raembranaceâ ecostatâ margine dentatâ, tripinnatâ, pinnis pinnu- lisque oppositis lanceolatis {cum icône). Hab. ad oras pcruvianas in portu Callao, à cl. Da Petit-Thouars détecta. Species pulckra totius generis minima (pollic. 5) cuni nullâ aliâ comparanda. 10. Haliseris plagio gramma (Montag. mss.) : fronde lineari dichotomâ integerrimâ lineis obliquis parai lelis crebris à costâ ad marginem utrinque percursâ ; soris capsularum ad costam aggregatis. Hab. Ad littora cubensia, praesertim in portu La Havane à cl. Ramon de la Sagra inventa est. Si staturam, quse vix digitalis est, excipias, ' Haliseridi polypodiôidl primo ob- tntn similliraa ; sed oculo armatoobservata, ob nervos secundarios obliquos inter sese parallèles sat crebros , quibus tota frons à costâ média ad marginem percursâ est , non potest non diversa censeri. Capsula? etiam pro ratione planta; majores quàm in illâ. Species, meo quidem judicio, si qua, distinctissima. 16. Sargassum polyceratium (Montag. mss.) : caule angulato inuricato , foliis parvulis ovato-oblongis breviter pedunculatis grosse irregulariterque dentato-spinosis nervo continue per- cursis, vesiculis (raris) sphœricis petiolo foliaceo dentato suffultis; receptaculis in racemum subdiebotomum foliis vesicuiisque immixtum dispositis, filiformibus longissimis subincurvis toru- losis spinosisque, spinulis patentibus. Hab. In portu La Havane à cl. Ramon de la Sagra détecta. Nota? essentiales positse sunt in vesiculis folium dimidiatum terminantibus et in forma elongatâ nliformi receptaculorum bipartitorum vel geminatorura quae insuper tàm numerosa sunt ut alga nostra ferè intégra ex illis constare videatur. Faciès Sysimbrii polyceratii , undè nomen. LICHENES 27. Biatora erythrella (Montag. mss.) : thallo squamoso albis- simo rubedine sparsim tincto (an colore peregrino?), squamis foliaceis adscendentibus imbricatis incisis , apotheciis stipi- tatis pianis marginatis demùm difformibus amœnè rubellis. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 35? Hab. ad terram in montibus apricis Insulse Dominiez Anîillarum lcclaïii cel. Bory mecuin communicavit. An satis à Bœomyce imbricato Hook., niihi ignoto, diversa ? 28. Opegrapha Leprieurii (Montag. mss.) : thaîîo hypo- phlseode cartilagineo lurido-olivaceo nitido,apotheciis emergen- tibus angustis flexuosis simplicibus et subsimpliciter ramosis confertissimis pulvere atropurpureo conspersis, in maculas irre- gulares seriatas coadunatis, disco îïinœformi, margine proprio subcylindrico tenuissimè striulato, thallode nullo. Hab. in cortice mihi ignoto circa Cayennaci in Guiana , à ci. Leprieur dé- tecta. Species, si qua , distiuctissima et apotheciis in maculas fuscas coalitis ut et pulvere atro-sanguineo quo eadem iuquinata sunt , cum nullâ aliâ confun- denda. 29. Medusula oïivacea (Montag. mss.) : thalio laevigato viridi- olivaceo hypophlaeode , verrucis parùm elevatisplanis albis, apo- theciis radiatim congestis dichotomè vel subsecundè ramosis, disco lato planiusculo, margînibus albido-pulverulentis à thalio subdiscretis vel cum eo confluentibus. Hab. ad corticem laevigatum arborum Guiana? ubi a cl. Leprieur lecta est. Desc. Thallus viridi-olivaceus lœvigatus (an color corticis mutatus ?) latè expan- sus nec, ut videtur,limitatus. Pulvinnlae (stroma) orbiculares oblongaeve , 2-lineas latae, albae, planse , parùm supra crustam elevatse. Apothecia c centro radiantia, pluries bifida,vel uno latere ramosa, ramulis flexuosis , apice obtuso, plano- concava , pro longitudine latiuscula, pruinâ albâ velata. Margo tenuissimus bine indè à tballo subdiscretus , albido-pulverulentus , cum pulvinulâ autem ut plu- rimùm confluens. Thecae oblongse triannulatse quatuor sporidiis globosis refertsc. Ab omnibus speciebus mihi cognitis descriptisque distincta. 30. Trypethelium cruentum (Montag. mss.) : thalio cartilagineo tenui olivascenti-umbrino aut subnullo , verrucis convexis con- fluenti-seriatisdifformibus cruentis, intùsatris (Sarcothèce Fée) ; périt hechs globosis vel ovatis, ostiolo papiliato demùm nudo nigro areolâ albidulâ cincto. Thecse, sporidia si mavis, ellipticse ventricosae biloculares quoque loculo sporidium maximum gio- bosum continente. 358 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. Hab. ad corticem rugosum arborum in Guianâ à cl. Leprieur détecta. Nulla cum speciebus descriptis similitudo indèque novani et distinctissimam hujus generîs speciem censeo. HYPOXYL 3r. Hysterium Guepini (Montag. herb.) : gregarium , è cortice erumpens, peritheciis brevibus ventricosis utrinque acuminatis nigris opacis intùs albicantibus labiis tumidis, disco lineari ca- naliculato. Asci ampli clavati limbo hyalino lato cincti, sporidiis ellipticis intùs granulosis 7-9 referti. Hab. ad corticem non definiendam circa Andegavum Galliae occidentalis , à cl. Guepin lectum mecunique communicatum. A forma lenticulari H. pulicaris Pers.non tantùm habitu proprio, sed et clia- racteribus microscopicis diversum videtur. Denuô autem observandum , unico enim specimine viso. H. ruguloso Schwz ex descriptione nimis proximum. 32. Thamnomyces Bacillum (Montag. herb.) : simplex, cy- lindricus, loculis tribus oblongis, stromatis apicem versus tri- punctulatam nidulantibus ; sporidiis midis reniformibusl locu- lorum parietibus affixis. Hab. Hancce speciem gqnuinani et eximiam ad cortices in Antillis lectam mecum amicissimè communicavit cl. Mougeot. • ! * 33. Sphœria (Cordyce-ps) portentosa (Montag. mss.) : lignosa, simplex, elongato-linguseformis, atra, undique periiheciis super- ficialibusl ovato-globosis crassis papillatis tecta; stipiteglabro... .... asci clavaeformes sporidiis navicularibus bilocularibus duplici série dispositis, referti. Hab. In regno chilensi ad ligna legit cl. d'Orbigny. Sphœriis polymorphes , Geoglosso etscruposce affinis; à prima stromate intùs atro, à reliquis vero peritheciis omnino superficialibus, ut in S. pithyophilâ Schm. et Kzc. ex. gr. ? diversissima. 34. Sphœria (Obtecta) Berkeleyi (pesm&z. in litt.) : peritheciis minimis latentibus seu cauli immersis nigris, ostiolo conico-acu- minato punctiformi microscopico. Thecae filiformi-clavatae spo- ridiis globosis uniserialibus refertse. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 35g Hab. Ad caules umbelliferarum siccos circa Insulam Galliœ detexit cl. Des- mazières. Hœc species minutissima in substantiâ caulis lignosâ tola abs- condita est. Sphœriœ inquilinœ proximae analoga, differt autem nostra i° macula nullâ, i° peritheciis ni gris ! non pallescentibus, 3° ostiolis conico-acuminatis non autem cylindricis, supeificia- libusl oculo nudo inconspicuis , nec ut in illâ valdè prominulis. Tertiam partem S. inquilinœ magnitudine vix adéquat. Obs. J'avais dédié celte jolie petite espèce à son inventeur, mon ami M. Desmazières, lorsque, au moment de l'impression, ce savant m'écrivit qu'il venait de la reconnaître dans la Sphœria Angelicœ publiée par M. Berkeley dans le Magaz. of zooL.and Bot. vol. i. p. 48. plat. 3, tig.7. J'ai suivi ses intentions en chan- geant le nom spécifique en celui du Mycétologue anglais qui nous a devancés dans la publication de cette singulière Hypo- xylée. En effet , elle ne croît pas seulement sur l'Angélique , mais M. Desmazières l'a rencontrée indifféremment sur un grand nom- bre d'Ombellifères des environs de Lille. Le nom donné par l'auteur anglais étant trop restrictif, devait conséquemmentêtre changé. 35. Dc/^Vfetf (Erumpens) myriococca ( Montag. mss.): lineari- elongata rufo-fusca intùs cinereo-nigra cellulis peripbœrieis mi- nutissimis, nucleo albido. Hab. aa ramos \itis viniferae emorîuos circa Leinoviceua Galliae , à cl. Lamy lecta. Stroma tubercularioideum eloegato-lineare confluens, pollicem et quod exce- dit longura,scmilineam latura, rufo-fuscum, intùs ciuerco-nigTiim,è rimis corticis erumpens et epidernride cîevatàutriaquelirnbatuin, extùs cellulis mmierosissimis ^ninimis concoloribus albo farctis nigro-puuclatum ; asci Affiuis D. decolorantiYv. à quâ forma elongata praxipuè et loco diversa. 36. Dothidea (Asteroma) Eugeniœ (Montag. mss.) : amphigena, maculaeformis , centro opaca atra fibrillis ramoso-pinnatis , rainis patentibus in ambitu radiata, cellulis confertis minimis collapsis ostiolo instructis. 36o c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. Hab. in foliis vivis cujusdam Eugeniae speciei in Porto-Ricco à Bertero lecta et mecuni sub nomine Depazeœ Eugeniœ à Balbisio communicata. Elegans uli sunt pleraeque spccics hujus tribus. Maculae anrphigenaa, varias araplitudinis , confluentes , saepiùs minimae, 1-2 lineas latae, centro opacae , aînbilu fibrillis ténuîssïmis articulatis raraoso-pinnatis , ramis altérais decrcscen- libus vadiatae. Cellulœ praeserthn in centro raacularum c'onfertae , sed tamen dis- tincte , minutissirnœ '., collapsœ, pezizae formes , euniorphae , ostiolo sub vitra augenlibus tantùm conspicuo instructae et sat similes peritheciis Sphœriœ com- planalœ Tode , à quibus mole solùui primo intuitu recedunt. Dolhidea DiospyriFr. epipliylla differt insuper amplitudine inacularum fus- ccsceuliâque pagina? folii inferioris. A D. Lauri Borboniœ Schwz. nostra rece- derc videtur minutie cellularum. A D. Corallinâ Montag. (Prodr. Juan Fern.) eodem caractère ut et forma fibrillaruin articuîis subglobosis non obovato-oblon- £is compositarum , diversa. rè FUNGI 07. Blennoria Rubi( Montag. Herb.) : è fibris lignosis canes- centibus erumpens, îuberculisatris piinctiformibus apice planis modicève concaviusculis , sporidiis in gelatinâ sub aquâ cele- riter diffluenti cylindricis minutissimis utrinque truncatis. Hab. Ad ramulos Rubi dejectos corticeque orbatos circà Andegavum à cl. Gucpin lccta. Coryneo similis sed omninô hujus geueris ni fallant characteres microsco- pici. 38. Sporendonema cellare ( Montag. Herb.) : floccis ramosis in laminam undulatam orbiculari-vittseformem fulvam con- textis. Hab. In cellà vinariâ ad terrain, ut videtur, nudam detexit Cel. Dutrochet, mecumquc humanissimè communicavit. Orbicuîaris , pollices très diametro adaequans, primo lutea, dcmùm fulva , è lamina crusîaceâ vittseformi uudulatâ quatuor linèas latâ constans. Fiocci erecti, semiirillimetrura. ïongi, ramosi, dilaté lutei, continui, pellucidi , globulis (sporidiis) refcrti , inter se in crustam figurae jàm anteà memoratae Conglutinati. Certo hujus geueris et ab omnibus congeneribus forma, amplitu- dine , habitatione distinctissiina. Admodùin singularis, semel inventa. 39. Stilbwn (Atractium Lk.) cinnabarrinum (Montag. mss.)î c. montagne. ■ — Plantes cellulaires exotiques. 36 1 gregarium incarnaturn, capitulo convexo hemisphœrico cinna- barrino ! stipite brevi farinaceo. (Sporidia oblonga.) Hab. Adcortices dejectos in Cuba Insulâ à cl. Ramon de la Sagra deteclum. Csespes lineam latus ex pluribus individuis (7-20) constans. Stipes capillaris basi expansâ bfevissimus , junior pulvcre albido conspersus , apice attenuatus. Capitulura hemisphaericum primo lœve cinnabarrinuni , deraùia rugosum in- aequale. 4o. Hypochîius holoxanthus (Montag. mss.) : effusus unico- lor vitellinus , ambitu vix byssino submarginato. Hab. Ad cortices in Insulâ Cubae legit cl. Ramon de la Sagra. Cortici arctèadhaereus, maculas ameenè luteas , aureasve irregulares bilinearcs efformat unicolores (non ut in congeneribus marginé discolores), ambitu promi- nente. Flocci hyalini conidiis luteis numerosissimis obruti sunt. Globuli sporidii- feri croceo-vubri magni sub lente acri jàm conspicui. An ad genus Thelephorœ pertineat hic fungus, vel ad Hypochnos , res maxime ambigua et diffi- cilis. H. aureo Fr. proximus. A Thelephorâ connpersâ Fr. Ecl. defectu pulveris olivaceo-cinerei nec non characteribus genericis differt. 4i. Hypochnus? albo-cinctus (Montag. mss.): effusus orbi- cularis ! niveus in centro primùm viridis , demùm griseo-albus , globulis sporidiiferis luteo-viridibus. Hab. Ad cortices et muscos quos incrustât in Cuba Insulâ legit cl. Ramon de la Sagra. Ab H. nigro-cinclo cui proximus meâ sententiâ differt : i° forma constanter orbiculari , 2 floccis semper niveis non fragilibus; 3° globulis sporidiorumluteo- \iridibus. An tantùm thallus cujusdam lichenis? 4a. Didymium polymorphum (Montag. mss.) : gregarium, pe- ridio compresso cinereo vario, simplici obovato obeordato orbi- culari ve, confluentiâ polycephalo (botryoideo) circumvoluto , farina niveâ obducto, ad speciem cinereo, stipite firmo brevi (etiam nullo in eâdem grege)albo-striato sporidiisque nigrican- tibus. Hab. Ad cortices putiedineferècoDSUinplos in Insulâ Cubae, lecta à cl. Ramon de la Sagra. An à D. farinaceo reipsâ différât , raihi adhùc in dubio est. Fingo plures hnjusce generis species curopsèas ut distinctas ab auctoribus prœdicatas tantùm 36a 0* montagnf. — Plantes cellulaires exotiques. esse formas à paucis verè genuinis plus minùsve recedentes. Cœterùm quàm maxime variant in nostrâ, forma peridii , stipitisque longitudo. 43. Didymium gyrocephalum (Montag. mss.) : peridiis com- pressisin capitulumhelvelloideumsubtùsumbilicatum, cinereum circumscriptione sphsericum 1. irregulare , squamulis flavo-vi- rentibus secedentibus exlùs veslitum, gyroso-confluentibus, stipitibus è basi membranaceâ latè expansâ longé subulatis au- reis , sporidiis nigris. Hab. in foliis dejcctis etmusçis super arboris truncum putredine consumptum degentibus , loco Serra da Estrada nova dicto , in Provinciâ Rio de Janeiro à Gel. Auguste de Saint-Hilaire lectum. Desc. Hypothallus membranaceusaureo-pellucidusirregulariter suprà muscos et folia bine indè effusus, in stipites abiens gregarios lineam ad summum altos è basi expansâ ssepiùs compressa sensïm ad apicem subulatum attenuatos stria- tosque , ejusdem texturae et coloris. Peridium membranaceum compressum in capitulum subsphaericum gyroso-complicatum, cerebri vel intestinorum circum volutiones œmulans. Merabrana quâ constat peridium duplex est : interior tenuissima niveo-hyalina, indè sporidiis inclusis cinerea , sublùs insertione stipitis umbilicata, floccos reticulatos albos sporidiaque nigra includens; exte- rior priori adnata in squamulas furfuraceas flavo-virescentes demùm tota fatis- cens.Sporidia globulosa minulissima nigra floccis jàm memoratis affixa aut tantùm innixa. te: An à Physaro (Didymium Fr. ) polycephalo Schwz. mihi ignoto perbrevi- terque descripto distinctum sit neenc, autoptis dijudicandumrelinquo. 44- Tulostoma exasperatum (Montag. mss.) : caespitosum, sti- pitesquamis imbricatis reflexis squarroso, peridii verrucosi ore prominente lacerato déhiscente. Hab. ad ligna putredine ferè consumpta in sylvis Insulae Cubae banc speciem eximiam legit cl. Ramon delà Sagra. Àb omnibus congeneribus,praeter notas è conformatione exceptas , vegetatiouc csespitosâ ad ligna putrida abundè diversum. 45. Geaster (Plecostoma) ambiguus ( Montag. mss.) : peridio exteriori simplici multifido rigescente subinvoluto, interiori ses- sili ore plano-conico plicato-striato. Hab. ad terram in Peruviae provinciâ de Chiquitos dicta, à cl. d'Orbigny lectus. Affinitas cum congeneribus multiplex. À G, hygrometriço P'ers. autem, peri-< c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 363 dii interioris cono striato,à G. striato, DC proximo, peridio sessili non pedi- cellato, à G.fimbriato Fr. , peridii exterioris rigiditate, a Geastris tandem saccato et mammoso plicis vel striis oris conici peridii interioris differt. Foetidaria Aug. S. Hil. in litt. Stipes volvatus? cylindricus. Pileusconvexus, reticulo duplici inaequaliter cancellatus è funiculis teretibus efformato. Genus inter Phallum et Clathrum intermedium. 46. Fœtidaria coccinea Aug. S. Hil. Ann. Se. nat. Bot. 2 e sér. m. p. 191. Desc . SUpes 4-poll. longus,diametro î-poll. cylindricus , apice subattenuatus rugosus, foraminulis excavatus , fistulosus , tenuis , fragilis , coccineus. Pileus diametro circiter 1 1/2—2 poil., convexus, reticulo duplici inaequaliter cancel- latus è funiculis teretibus crassis transversè striatis efformato, obscure coc- cineus. Ad basin unius ex observatis individuis fragmenta aderant membranae albae , quae verisimiliter volva. Planta odore fœtidissimo , iisdem muscis obtecta , quae in cadaveribus putridisque vegetabilibus se delectantur. Hab. in loco culto propè praedium Jucutacoara ad urbem Villa da Victoria; provincia Espirito santo Brasiliensium. Auguste de Saint-Hilaire. 47. Peziza (Lachnea? ') ascoboloides (Berteromss. sub ^927) : cupula concava aurantio-flavaintùsconcolorpapillato-granulata, qre ciliis albis deciduis instructa. P. coufluenti affinis sed reverâ distincta. Hab. in vinaceis decompositis. Rancagua in Cnile. 48. Peziza (Lachnea) Valenzueliana (Bertero mss. sub n°926) : cupula latè campanulata pallidè fulva glaberrima, margine dé- muni planiusculo subdepresso undulato integro ciliato , subtùs pallidior in stipitis rudimento producta. Hab. ad terram. in locis umbrosis, in hortorum mûris destructis|; Rancagua , Majo, posi pluvias. Desc. Subgregaria sessilis aut vix stipitata ; cupula initio concava urceolata êxtùs pruinoso-pallida , intùs pallidè fulva, ore integro subcontracto (anideà 364 c. montagne.' — - Plantes cellulaires exotiques. * P. applanatœ Fr. affinis ? ) dein dilatato-campanulaîa limbo depresso ideôque ferè infundibuliformis, margine tenui subundulato iniegerrimo, ciliis fascicuïatis erectis instructo , intùs dilutè fulva , extùs pallidior, lente visa papuloso-crystal- lina , uti in P. granulata Bull, infernè in conum producta breviusculum et in slipitis rudiraento decrescens. 2 lin. lata ad 6. Cupula intcrdùm auriformis. Valeuzuelianam banc Pezizœ speciem in honorera D.Mich. Valenzuela artis mctallurgicaî valdè addicti et Botanices scrutatoris indefessi qui ipsam cum pluribus aliis detcxit, appelavi. Bertero. 49« Thelephora (Resupinata) poljcocca (Montag. mss.) : or- bicularis, coriaceo-membranacea, effusa, ambitu reflexa sub- tùs ochracea, bymenio purpurascente , papillis hemisphaericis confertis. Hab. ad ligna; Rancagua. Chile. Bertero sub n° 1000. Sicca transversim rimosissima. Forma colore et substantiâ Merulium Corium Fr. refert, papillis tantùm distincta. An à T. incamatâ reverâ diversa? 5o. Thelephora (Resupinata) rufo-fulva (Montag. mss.) : longé effusa, margine undique libero reflexa, extùs rufo-tomentosa, hymenio fulvo-purpurascente* Hab. adramos emortuos. Raucagua in regno chilensi. Bertero sub n° 916. Primo pezizoidea subcupulœforrnis , T. quercinœ, amorphce, flocculentœ ? affinis scd distinctissima species. 5 f. Irpex (Apus) maximus ( Montag. mss.) ; pileo coriaceo tenui reniiormi plano-convexo velutiuo marginem versus repan- dum acutum concentricè sulcato demùm basi glabrescenti subradiato dentibusqué confertis acutis pubescentibus ochro- leucis. Rab. ad truncos in Cuba Insulâ , lectus à cl. Ramon de la Sagra. Pileus 8 poil, transversim latus , 6 poil, longus , vix lineam serais cum dentibus crassus , subtùs vel ad marginem prolifer. Eximiè distincta species nec -cum «lia aliâ confundenda. Si. P o lyporus (tyus kxxnuus) cubensis (Montag. mss.) : albido- pallens, dimidiatns, pileo piano subtùs convexo carnoso-sub- eroso, crasso , rigido, glabro, concentricè sulcato, margine jobtuso repando, poris îongis exiguis rotundis sequalibus ob- tusis. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 365 Hab. ad truncos propè La Havane Ins. Cuba?, à Ramon delà Sagra lectus. Affinis P. alutaceo Fr. à quo differt niagnitudine et glabritie. Magis appro- pinquat hicce noster P. stipticum Fr. praecipuè var. acidulum qui tàm forma subtùs plana quàm structura molli subspongiosâ fibrosâ manifesté est diversus. P. mariantes Pers. in Gaudicli. Uran. magis adhùc P. cubensi affinis, tamen zonis pubescentibus distinctus videtur. Pç^ 53. Polyporus (Mesopus) tricholoma (Montag. mss. ) : pileo tenui coriaceo-rigido convexo subinfundibuliformi ad oras brun- neas pilis rigidis ! onusto stipiteque glabris luteo-fucescentibus ? poris angulatis pallidè helvolis. Hab. ad ramos dejectos putridos in Ins. Cubœ, à cl. Ramon de la Sagra lectus. Maxime afïinem P '.briimalijciliato et flexipediVt. nostram speciem glabrities pileique teuitasà primo , pori angulatià secundo, cilia rigida tandem ab ultimo satis distinguunt. 54. Polyporus (F av olus) polygrammus (Montag. mss.): mag- nus , sessilis, subreniformis , pileo coriaceo-membranaceo ligneo- fulvescente glaberrimo nitido, lineis multis obscurioribus concentricis zonato, poris mediis hexagonis griseo-fucescen- tibus. Hab. ad ramos et truncos arborum in Ins. Cubae , à cl. Ramon de la Sagra lectus. Similis P. lûrto Sw. Fr. à quo non solùm colore glabritieque pilei , sed et alveolarum amplitudine colore et regularitate differt. P. apiario, vespaceoque Pers. in Gaudich. Uran. proximus, diversus tamen pileo submembranaceo ïiec crasso, fulvescente nec unquàm nigrescente, poris tandem dimidio minoribus. A P. scutigeroFv. quoeum etiam comparari potest, pilei glabritie aliisque notis longe distat. 55. Cantharellus morchellocephalus (Montag. mss.) : pileo carnoso supernè planiusculo anfractuoso freticulato umbrino , plicis ad marginem anastomosantibus dein bifurcis, demùm simplicibus decurrentibus pallidioribus, stipite tereti glabro lœvi fucescente. Hab. locis umbrosis berbidis in maceriebus et quisquiliis pulridis in hortis. Bertero sub nomine : Merulius , nov spec. absque numéro. 366 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. Desc. Species tàm ab omnibus descriptis diversa ut ferè nullâ descrîptione indiget. Fungus solitarius terrestris. Slipes teres , solidus glaber laevis, fuscescens, versus apicem incrassatus. Pileus orbicuîaris planiusculus, veuis anastomosant tibus crebris anfractuosus, glaber, umbriuus, margine incrassato involuto anfrac- tubus majoribus instructo; ex ipsis anfractubus nascuntur lamellœ seu potius plicae^.quae initio anastomosantur dein bifurcae et parallelae evadunt , demùm sim- pliceSjOmues vero pallidiores membranacea?parùm profundae. Fungus portentosus a-pollicaris. Pilei diameter îoiineas metiens (ex Bertero) odor saporque nulli. Stirpes elegantissima forte novum genus formanda ob id quod in utrâque parte pilei hymenium observatur (Nota Berteroana.) 56. Agaricus (Dermocybe) Hilarianus (Montag. mss.) : pileo subcarnoso-inembranaceo convexo tenuissimè radiatim striatulo glabro lamellisque confertis emarginato-adnexis cinnamomeo- kiteis , stipite farcto lanugine rubiginosâ toto vestito. Hab. ad truncum arboris propè prœdium Uba in Provinciâ Rio de Janeiro, à Cel. Auguste de Saint-Hilaire lectus et ei merito dicatus. Desc. Stipes longitudine (i -2 poil.) crassitudineque (i/4 — i lin.) varius , totus rubiginoso-villosus apice stiiatus, basi leviter incrassatus , ligno , ramis , stipi- tibus affixus. Pileus carnoso-membranaceus glaber, 3-8 lin.latus, chmamomeo- lnteus, radiatim à centro subumbonato? ad marginem denticulatum tenuissimè striatulus , in striis ( in speciminibus siccis) punctulatus. Lamellœ confertœ inœquales concolores (in vivo saturatè sulphureae Aug. S. Hil. in litt.) angustae posticè emaiginataB stipitique adnexae. Sporidia ochracea? Ab A. furfuraceo Pers. simili lamellis non ventricosis et pileo glabro distin- guendus. 5j. Agaricus (Pleurotus) eugrammus (Montag. mss.) : sessilis ; pileis imbricatis coriaceo-membranaceis dimidiato-reniformibus, margine expanso flabelliformi lobato, tenuissimè radiatim amœnèqne lineolatis pallidis , lamellis convexis integerrimiscon- coloribus utrinque acutis. Hab. ad corticem arborum in Cuba Insulâ , à clar. Ramon de la Sagra lectus Cum solo A. flabelliformi Fr. comparandus et forsan ab illo mihi prorsùs ignoto parùm diversus. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 867 58. Agaricus (Pleurotus) Delastrii (Montag. herb.) : caespi- tosus, è rimis corticis erumpens! pileis cypbelliformi-resupina- tis è cinereo umbrino-nigricantibus basi in stipite rufo-tomen- toso attenuatis, margine inflexo ; lamellis inaequalibus centro convexiusculis integerrimis , fusco purpureis, ore albo prui- nosis. Hab. ad corticem Populi albce emortuse in loco Parc des Ormes dicto circà Laudunum Galliae detectus et mecum sub noraine Agarici Rhinanthi, à cl. Delaslre communicatus. Desc. Caespes è pluribus individuis constans sub epidermide nascitur demùm ex ejusdem rimis erumpit vigelque. Pileus resupinatus vel longiùs slipitatus, subnutans, 2-4 lin. lalus, cinereus vel ssepiùs urabrino-nigricans, pube tenuissimâ ad oras subfarinosus , margine plerùmque inflexo et deorsùm in stipite 2-3 lin. longo , i/4 — i 1/2 lin. crasso , tomento rufo brevissimo toto obducto attenuatus. Adsunt et individui solitarii , ut et alii brevissimè stipitati, ferè apodes. In quibusdam autem , pileus in stipitisapice subnutat, cyphellam aut tubam incur- vam non malè referens. Lamellœ insequales , undulatae, angustae utrinque acutae indè centro convexiusculae integerrimae , fusco-purpureae, margine albo, prui- nosae. Ab omnibus varietatibus et formis A. applicati Batsch , non tantùm forma aliisqne notis indicatis , sed et vegetatione subepidermicâ, meo judicio, prorsùs distinctus. A. ringenti Fr. maxime affinis à quo margine non sfriato, lamellisque fusco- purpureis non verô carneis tantùm recedit. Forsan tamen specificè non differt. Ut ut est, non debui hanc sive omninô genuinam, siye tanlummodô pro florâ gal- licâ novam speciem prœterraittere. 59. Agaricus (Omphalia) omphalomorphus (Bert. et Montag. mss.) : pileo ochreaceo-fulvo lepidoto-squamuloso, centro pro- fonde umbilicato limbo planiusculo, lameliis inaequalibus pal- lidis decurrentibus , stipite solido ferrugineo-nigricante. Hab. ad viarum margines locis herbidis et ad muros. Rancagua , Chile , Jun. i828.Terrestris nec ramis putridis adhœrens, radiculo parvulo fusco à basi stipitis incrassatâ orto. Bert. in Sched. sub n° 907. Desc. Stipes tener solidus vix pollicaris sature fusco-ferrugineo quasi nigri- cante apice dilutior ibique ampliatus et in pileum transit lamellis decurrentibus prseditus. Pileus umbilicato-infundibuli formis, ore latiusculo , limbo dein pla- 368 c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. niusculo lepidoto-squamulosus seu furhiraceus ochraceo-fulvus ; lamellœ iu- œquales nonnullae brevissimae in stipitis apicc decurruut pallidè flavicantes gla- brae integrae. Substantia carnosa subalutacea; odornullus. Altitudo 2-poll. lati- tudo pilei 1 poil. A. ochraceo-fasco Meyer afftnis.l 60. Agaricus (Omphalia) chilensis (Montag. mss.) : pileo piano griseo-cinerascenti centro umbilicato demùm infundibuliformi subpubescenti margine denticulato, lamellis csesiis griseisve in stipite farcto concolori basi nigricanîe vix decurrentibus. A. parilis ? Bert. in Schedula sub n° 907. Hab. ad terramin mûris locis muscosis , Rancagua in Chile. A.parili reverâaffinis sed multominor vix 3 -lin. altushaud gregarius. Pileus ex lamellarum productione ad marginem denticulatus. Lamellœ va vivo (ex schedulis Berteroanis) subcaesiaa vel griseae pallidiores distantes insequales vix decurrentes. Fungillus tener, substantia carnosula, scd tenuis. Stipes solidus, fibrillosus, tenuis, teres, basi per aetatem nigricans. 61. Agaricus (Omphalia) versatilis (Bertero et Montag. mss.) : pileo umbrino fuligineo velutino difformi convexo dein cyathi- formi margine repando undulato, lamellis confertis primo albis demùm carneo-flavescenîibus , stipite solido tenui albicante, (interdùm excentrico) fibroso-striato, basi inflexo radicante. Hab. ad parie les. Jul. post pluvias. Rancagua, Chile. an ad Hyporrhodios referendus? sub n. 910. Desc. Fungus 2-3 pollicaris, rariùs ultra ; junior minutus; Pileus convexo- hemisphaericus umbrino-fuligineus ; Stipes centralis albus brevis ; adultus, pileus cyathiformis , in centro valdc depresso sive umbilicatus umbrino-fuligineus ve- lutinus, in centro interdùm pallidior, margo undulato-repandus attenuatus , etiam uno lafere productior, tune stipes haud centralis manet atque A . petaloidem Bull, refert. Lamellœ namerosse decurrentes, initio albae demùm carneae flaves- centes. Stipes solidus teres fibroso-striatus fuligineo- albidus, basi inflexus ibique radiculis pluribus instructus. Fungus polymorphus, sœpiùs solitarius vel 2-3 ex eâdetn radice prodeunt. Odor vix ullus. Substantia subcarnosa exsucca. Stipes in adulto saepiùs e#centri- cus sed numquàm lateralis. A. cinerascenti Balscli. et A. cyathiformi Bull, affiuis. c. montagne. — Plantes cellulaires exotiques. 36g 62. Agaricus (Mycena) hœmatocephalus (Montag. mss.) : pi- leo convexo plicato rubro-sanguineo , lamellis paucis subcultri- formibus pallescentibus , stipite levi umbrino basi dilatatâ membranaceâ adfixo. Hab. ad folia dejecta propè Rio de Janeiro à Cel. Auguste de Saint-Hilaire lectus. Desc. Stipes glaberrimus setâporcinâ vix crassior, 1-2 poil, longus, cinereo- fuscus , nitens, intùs subfistulosus filamentosus apiceque ruber, basi in menibra- nulam orbicularem pallidam dilatatus. Pileus raenibranaceus tenuis umbraculi- formis sangaineus, 4 lin. latus, disco obscuriori ruguloso (exsicatione ?)radiato- plicatus , œargine obversè crenato. Lamellœ paucae distincte œquales albidse subventricosae posticè valdè atténua tac stipiti contiguae. Sporidia Obs. Cette espèce a des rapports par son habitat , son mode de végétation et plusieurs autres de ses caractères avec les ^t, androsaceus ytorquatus, stylobates, stipitarius, etc; mais sa véri- table place est entre la seconde et la troisième espèce dont il diffère surtout par lacouieur.il est encore distinct de XA. torqua- tus par la forme de son chapeau, l'absence du collier ou anneau auquel viennent s'insérer les lamelles , et de XA. stylobates par la glabréité de son chapeau et de son pédicule, par ses lamelles rares (12 à 14) toutes égales, enfin, par le rebord beaucoup plus étroit et lisse de la membrane orbiculaîre au moyen de laquelle son pédicule se fixe sur la feuille. On ne confondra pas non plus notre espèce avec VA. bambusinus Fr. originaire de la même contrée, si Ton fait attention que celui-ci, outre que sa couleur est différente, est encore remarquablement distinct par des feuil- lets adnés au pédicule. 63. Agaricus ( Mycena ?) ruderum (Bertero et Montag. mss.) s pileo conico campanulato , initio flavo-f usco demùm pallescenti- umbrino, lamellis insequalibus liberis pallidioribus , stipite sub- piloso albicante demùm umbrino. Hab. in hortis et ruderatis inter quisquilias putiidas. Rancagua in Chile, Junio 1828. Desc. Stipes teres pollicem allus et ultra , striatus subpilosus sive fibris im- plexis sericeus, initio albus, deinumbrinus fîstulosus , basi in tuberculum, è radi- VHT. Bqtan. ^Décembre, 2^ 370 c. montagne. -— Plantes cellulaires exotiques. cularum origine incrassatus, apicem versus pruinoso-pulverulentus. Pileus ini- tio subsphœricus, dein conicus, per œtatem campanulatus, in fungo juniore flavo- helvolus dein fucescens, tandem pallescens glaber lœvis, apice obtuso nec umbo- nato, margine integrononreflexo. Lamellœ concolores, sed pallidioresinaequales libéra? integerrimae tenues exsuccae aresceutes. Sporidia rubro-fulva, ex Bertero. An igitur Mycena? Fungus parvus haud in pigmehtum fatiscens , fragile. Odor nullus. A. plexipedem Fr. refert, ab co tamen pilco haud urabonato diversus. A, metato Fr. magis affinis. 64. Agaricus (Clitocybe) curvipes (Bertero et Montag. mss. non Pers.) : pileo convexo subcarnoso umbonato glabro flaves- cente, umbone badio, lamellis adnatis concoloribus, stipite solidiusculo , basi curvato , furfuraceo-squamnloso pallidiore. Hab. suprà parietes argilla et quisquiliis compositos. Rancagua, Ghile. Julio 1828, post pluvias. Desg. Pileus couvexo-hemisphaericus apice umbonatus glaber lœvis: margine integro, umbone badio, caeterùm flavesceute. Lamellœ concolores per aetatem alutacese exsuccœ inequales in stipitem adnatœ. Slipes teres lœvis basicurvatus adradicem incrassatus pallidior , imo flavo-albidus. Fungus pollicaris, odore et saporenullo. Ab A. dryophilo Bull, loco natali slipiteque pallido differt. Ab A. harïo- lorum ejusd. pileo convexo umbonato stipite solido basi incuivo diversus. 65. Agaricus (Clitocybe) macrosporus (Montag. mss.): cœs- pitosus, pileo tenuissimo convexo-infundibuliformi, margine involuto stipiteque brevi crasso pleno strigosis cervinis., lamellis perangustis incequalibus villosulispallidisdecurrentibus. Sporidia subglobosa maxima. Hab. ad cortices in Insulâ Cuba caespitosè crescens à cl. Ramon de la Sagra lectus. Ad subtribum OEsipiorum ut videtur pertinet. Pileus pollicemlatus. Stipes 4 lin. altus, 3 lin. crassus. Lamellœ angustissimœ. (La suite au prochain cahier ) Extraits du Botanical magazine. 871 Extraits du Botanical magazine pour l'année i836. (Voy. tome v, mai i836. ) 3458. Cereus Napoleonis. C. 'ramis diffusis repentibus triangularibus raris- sime articulatis répandis, tubes culis 4-5-spinosis , spinùs rigidis patentibus. Cereus triangularis var. major Salm-Dyck. — Cactus Napoleonis Hort. 3459. Pimelea hispida R. Brown Prodr. p. 36o. C'est la plus jolie espèce du genre Pimelea. 3j6o. oreopsis coronata. Anima, caule -erecto debitt flextioso glabro , foliis spathulatis integris vel ternatira-pinnatinive-sectis integerrimis flaccidis basi ciliatis, infhms longé petiolatis, pcdunculis elongatis, involucro interiore piloso , radii coi ollis profonde quadi ifidis , coionâ macuiarum atro-sanguiaeâ , acheniis bi-îri| .tîeaeeis. Les graines de cette nouvelle espèce ont été récoltées dans le Texas par M. Drummond. On les a reçues en Angleterre dans le printemps de 1 835. 346 1. Veronica labiata Br. Prodr. p. 434. Veronica Derwentia Andr. Rep. t. 53i. A la suite de cette espèce, on trouve les descriptions de trois nouvelles espèces de Veronica récemmejnt découvertes dans la Nouvelle-Zélande, par M. Richard Cuningham. Nous les publierons dans un article particulier. (V. plus bas , p. 38i.) 346'2. Troximum glaucum Nutt. in Frazer's Cat. i8i3. Pursh. FI. Am. v. 2. p. 5o5. La belle plante représentée dans ce numéro du Botanical magazine est d'un aspect très différent du Troximum glaucum, figuré dans le même recueil (tab. 1667) par Sims. 3463. Gilia tricolor Benth. in Bot. Reg. fol. 1622. Hort, Tranf* »u. s. v. 1. t. 18. f. 3. Lindl. Bot, Reg, t, 170^. 343 - - 372 Extraits du Botanieal magazine. 3464. Vesicaria grandiflora. Annua , stellatim pubescens, caulibus erectis flexuosis , foliis oblongis radicalibus sublyrato-pinnatifidis petiolatis , caulinis sinuato-dentatis sessilibus, racemis eîongatis multifloris , petalis rotundatis pa- tentibus brevissime unguiculatis, siliculis substipitatis membranaceis globosis glaberrimis 4-6-spermis stylo longioribus , stigmate capitato. Cette espèce nouvelle a été trouvée dans le Texas par Ber- landier et Drummond. 3465. Penstemon Cobcea. Elatus puberulus, foliis oblongo-ovatis denticulatis nitidis , panicuîa terminali foliosa , pedunculis 3-5-floris, pedicellis bractcatis, corollâ pubescente (magnâ) tubo inflato , limbo bilabiato quinquelobo , lobis 2-3 rotundatis patentibus intus lineatis, appendice intus barba to, calycis pu- bescentis laciniis oblongo-lanceolatis erectis. Cette belle espèce de Penstemon , trouvée dans le Texas par Drummond avait été décrite sans figure par M. Nuttall (PI. of jirkansa, in udmer. phii. journ. 18S4, p. 182.) 3466. Telekia speciosa Baumg. Enum. stirp. Transylv. Lessing Comp. p. 209. — Molpadia suaveolens Cass. in Dict. Se. nat. v» 32. p. 4oo. — Buphtalmum speciosum Schreb. le. et descr. PI. Ban. Hung. v. 2. p. H7. t. n3. — Inula Caucasica Pers. Syn. PI. v- 2. p. 45o. — Inula macrophylla Bieb. < C'est la première fois que cette Composée a été figurée dans un ouvrage anglais, quoique son introduction dans les jardins d'Angleterre date de 1739. 3467. Lupinus subcarnosus. Herbaceus annuus, caule pubescenti-sericeo, foliolis quinis obovato-lanceolatis subcarnosis supra glaberrimis subtùs (mar- gineque prœcipue) sericeis, stipulis elongato-subulatis , racemo pyramidali, pe- dicellis altemis longitudine florum, calycibus sericeis bibracteatis bilabiatis, labio superiore breviore bifido, inferiorc lanceolato apice tridentato dente intermedio longiore , vexillo orbiculari intense cœruleo medio macula alba plica longitu- dinali divisa. Nouvelle espèce trouvée d'abord dans le Texas près de Bejar, par Berlandier, et récoltée depuis en abondance par Drum- mond entre Brazoria et San-Felipe. 3468. Collomia Cavanillesii Hook. et Arn. Bot. of Beecb. Voy. v. 1 . p. 37. i83i. Collomia coçcmea Lehm. Hort. Hamb, i83a. Bentb. iri Extraits du Botanical magazine. 373 Bot. Rcg. t. 1662. Collomia laieritia Sweet Br. FI. Gard. t. 206. Phlox linearis Cav. An. Se. v. 6. p. 17. t. 527. ( non Collomia linearis , Nutt). 346g. Petrophila acicularis Br. in Trans. Linn. Soc. v. 10. p. 69. Prodr* Fi. Nov.-Hol. p. 364. 3470. Potentilla atrosanguinea Lodd. Bot. Cab. t. 786. Hy brida, Russeliana. Bot. Reg. t. i4g6. 3471. Trifolium reflexum Linn. Sp. pi. p. 1079. Prodr. v. 2. p. 201 (non Waldst. et Kit. nec DC. 1. c. p. 197). Ce trèfle, quoique cultivé en grand dans les éiats du sud de l'Amérique Septentrionale, sous le nom de Buffalo-Clover , est très peu connu des botanistes européens. 3472. Penstemon Murrayanus. Elatus glaberrimus glaucus, foîiis integer- rimis oblongis inferioribus snathulalis superioribus seu bracteatis connato-per- foliatis , floribus racemosis, corollis glaberrimis, tubo subcylindraceo longitudinc staminum , filamento quinto nudo. Originaire de San-Felipe dans le Texas où il a été découvert en i834 par Drummond. 3*73. Linaria canadensis Spreng. Syst. Veget. V. 2. p. 797. Antirrhi- num canadense Linn. Sp. pi. p. 86 1. 3474. Coreopsis diversifolia. Annua , hirsuta vel glabra , ramosa , foliis ternatis pinnatis etiam bipinnatis, foliolis rhorabeo-rotundatis obovatis obtusis integerrimis , pedunculis elongatis glaberrirais unifions, involucro utroque mo- nophyllo subocto-partito , radiis apice 4 -fidis, acheniis ovalibus muticis subin» curvis hinc disco piano margine incrassato. 3476. Coreopsis auriculata ; var. diversifolia Elliot. Carol. V. 2. p. 43 7 . Espèce trouvée dans le Texas en i834, par Drummond. 3476. Euphorbia bupleurifolia Jacq. Hort. Schœnbr. v. ï. p. 55. t. 106. 3477. Anchusa versicolor Stev. Act. Mosq. p. 21. Lycopsis rosea Reich. le. Bot. t. 33o. (exel. syn.) 3178. Pereskia Bleo Humb. et Kuntti , Nov. Gen. v. 6, p. 69. De CancL Piod. V. 3. p. 474. Lindl. Bot. Reg. t. ify3. #74 Extraits du Botanical magazine. 3479. Peristerla pendula. Scapo brevi paucifloro, columnœ alis seu lobis parvis porrectis labelli basi disco cristato crasso , lobo superiore disco ca- naliculato cristato. On ne connaissait cju une seule espèce native de Panama de ce curieux genre d'Orchidée (P. elaia Bot. mag., t. 3 16). L'es- pèce nouvelle publiée par M. Hooker provient de Démerara. 348q. Linum Berendieri. Annuum monogynum multicaule ramosum, caule anguloso, foliis altérais linearibus rigidiusculis glabris mucronato-acuniinalis marginibus laevibus, fioribus subcorymbosis, fructibus racemosis, sepalis brac- teisque lanceolato-acuminatis marginibus serrulato-scabris , capsulis globosis acutis. Linum Plotzii Hook. in herb. Tex. Nouvelle espèce découverte dans le Texas par Berlandier (non Berendier , comme l'écrit M. Hooker ) et par Drum- mond. 348i. Chœtogastra gracilis DG. Prodr, v. 3. p. i33. Chamisso in Linnaea, V. g. p. 407. Rhexia gracilis Humb. et Kunth, Rhex. t. 52. Les graines de cette belle Mélastomacée ont été envoyées de Bio-Grande do Su! dans le Brésil méridional , par M. Twee- die. 3482. Cooperia. Scapus cavus. Germen ereetura. Perianthium tubo erecto cyliudrico ore ampliato, limbo albo regulari 1 178 uticiàli sub sole patente. Filamenta decurrentia , subgequaba , apice ad fancem tubi libéra. Antherse subulato-lineares , (dein lineares) erectae, nou versatiles, a tertiâ parte infeiiore dorso affîxae.j Pollen difforme (quod in Zephiranthe acutè ovale). Stigma cras- sum trilobmn vix trifidum. Semina coraplanata , testa tenui nigrâ. W. H Cooperia Ckloro-solen ; scapo ultra-pedali viridi infra rubescente; foliis sesqui-pedalibus , 178 une. latis , canaliculatis , tortilibus, acutis, viridibus;. germiuc sessili ; spatha 1 1/2 unciali siilcatâ , spice fenestrata; perianthii sulco 4 i;4 unciali viridi , limbo 1 178 unciali albo, sepalis viridi-apiculatis , extus viridi-lineatis ; filamentis 178 unciae liberis ; stylo incluso semi-unciam vel ultra tubo breviore. W. H. Le genre Cooperia appartient à la famille des Amaryllidées , et il est excessivement voisin du Zephyranthes dont il ne dif- fère que par les anthères subulées avant leur inversion et par Extraits du Botanical magazine. 3^5 le pollen difforme au lieu d'être ovale. Trois espèces consti- tuent ce genre : savoir Cooperia Drummondii , C Texana et Ç. Chloro - solen } trouvée par Drummond dans le Texas. 3483. Rhodante Manglesii Lindl. Bot. Reg. t. 1700. 3484. Coreopsis senifolia Mich. Am. v. 2. p. i38. - 3485. Nemophila insignis Benth. in Hort. Trans. v. 1. n. s. p. 47g. Bot. Reg. 1. 1703. 3486. Oncidium cornigerum Lindl. Bot. Reg. t. i54a. Gen. et Sp. Or- chid, p. 199. 3487. Senecio ampullaceus. Herbaceus, etecttis, glaberrimus^ striatus, foliis oblongis obtusis carnosis interne pracïpûe dentatis basi subcordatis semi-ainplexi- caulibus, infimis spathulatis, panicula corynibosa, involucris demum ampulli- formibus nitidis, radiispaueis patentibus, achetais cylindraceo-attenuatis sericeo- pubescentibus striatis,. Espèce nouvelle découverte dans le Texas par Drummond. 3488. Collinsia bicolor Benth. in Hort. Soc. Trans. n. s. v. 1, p. 48o. Bot. Reg. t. 1734. 3489. Jaborosa [integrifolia Lam. Encycl. v. 3, p. 18g. Illustr. t. n4, Hook. Bot. Mise. v. 1, p. 348. 3491. Leptosiphon androtaceus Benth. in Bot. Reg. fol. 1622. Hort. Trans. n. s. v. 1. t. 18. f. 1. 3492. Lupinus Texensis. Herbaceus, annuus , caule pubescenti-sericeo , foliolis quinis lanceolatis acutïusculis supra glabenïmis , subtus (margineque praecipue) sericeis , stipulis subulatis , racemo pyramidali . pedicellis altérnis longitudine florura , calycibus sericcis bibracteatis bilabiatis ulrinque bractea parva , labio suucriore breviove bifide» , inferiorc acuminatp integerrirno , vexillo orbiculari intense cœruleo , medio macula alba plica longitudinal! divisa. Cette espèce est très voisine du L. subcarnosus , décrit plus haut (n. 3467) et également indigène du Texas. 376 Extraits du Botanical magazine. 34g3, Poinsettia pulcherrima Graham in Edin. New.'phil. journ. Mardi i836. Euphorbia pulcherrima Willd. Herb. ! Euphorbia Poinsetliana Buist. Mess. Cette Euphorbiacée est une des plus belles acquisitions que les jardins aient faite dans ces dernières années. Ses bractées , d'une grandeur extrême et d'une couleur vive de sang, lui don- nent un aspect des plusbrillans, et en ce moment (décembre 1 837) les serres du Jardin de Paris en possèdent plusieurs pieds en fleurs .Willd enow en avait des échantillons dans son herbier; mais elle a été retrouvée de nouveau dans le Mexique par M. Poin- sette, auquel on a dédié le nouveau genre qu'elle constitue et qui a pour caractère essentiel la présence d'un appendice necta- rifère à la partie supérieure et externe de Pinvolucre. 34g4. Physostegia truncata Benth. Lab. Gen. et Sp. p. 5o5. Cette Labiée a été récoltée dans le Texas par Berlandier et par Drummond près de San-Felipe de Austin. 34g5. Eschscholtzia crocea Bentb. in Hort. Soc. Trans. v. 1. n. s. p. 4o6. Lindl. Bot. Reg. t. 1677. 34g6. Gentiana quinqueflora Pcrs. Synops. Plant. 1. 285. Gentiana amarelloides Pursh, FJ. Amer. Septent. v. 1. p. 186. Nuttall Gênera, 1,172. 0497. Rodriguesia Barkeri Bulbis ancipiti-compressis oblongis , foliis lineari-lanceolatis enerviis lœvibus, perianthio undulato , sepalo inferiore (e duobus fonnato ) fere ad médium bifido , segmentis patentibus, labello apice integro. Orchidée brésilienne, voisine du R. recurva Lindl. 34g8. Fuchia discolor Lindl. Bot. Reg. t. io85. Fuchsia Lowei Hort. 3499. Oncidium crispum Lodd. Bot. cab. t. i854. Lindl, Gen. et Sp. Orchid, p. 197. 3500. Dryandva pteridifolia Brown. in Linn. Trans. y. 10. p. 21 5. Ejusd. prod r. v. 1. p. 399. Dryandra blechnifolia. R. Br. 11. c. 35oi. Tradescantia pirginica L'mn. Sp. PI. p. 4n. Var. flore albo. Scliultes, Syst. Veg. v. 7* p. 1174. Extraits du Botanical magazine. 377 3502. acacia prominens Allan-Cunn. mss. ( 1817 ). G. Don Syst. of Gard. v. 2. p. 4o6. n. 67. 3503. Passiflora Kermesina Hort. Berol. — Lindl. Bot. Reg. t.'i633. 3fo4. Rodriguezia plani/olia. Lindl. in Hort. Trans. v. 7. p. 67. Ejusd. Gen. et Sp. Orchid, p. ig5. Gomeza recurva Lodd. Bot. cab. (non Bot. Mag.) t. 660. 3505. Coreopsis filifolict. Glaberrima , caulc erecto striato, foliis oppositis pinnatifidis bipinnatifîdisque , foliolis lineariformibus subcarnosis supra canali- culatis, radii corollis 8-9 obovatis Iuteis, disco purpureo-sanguineo. Les graines de cette nouvelle espèce qui se rapproche du C. tenuifolia ont été récoltées par M. Drummond dans le Texas, et des échantillons ont été distribués sous le n. 10 1 des collec- tions de ce voyageur. 3506. Gaura parviflora Dougl. mss. Hook. FI. Bor. Ara. v. 1. p. 208. 3507. Cyrtopodium punctatum Lindl. Gen. et Sp. Orchid, p. 188. Epi" dendrum punctatum Linn. Sp. PI. p. i348. Helleborus ramosissimus cauli- culis et floribus maculosis. Plum. Sp. p. 9. t. 187. Cette superbe Orchidée est originaire du Brésil. Elle avait été trouvée anciennement par Plumier dans l'île de Saint-Do- mingue. 3508. Rheum Emodi Wall. mss. Cat. E. t. 6. Mus. N. 17*7. Reum aus- trale Don Prod. Nep. p. 75. Sweet Br. FI. gard. t. 269. 3509. Sisyrynchium grandiflorum Dougl. in Bot. Reg. t. i364. 35 10. Helianthus decapetalus Linn. Sp. pi. p. 1277. Pursh FI. Am# v. 2. p. 571. Var p frondosus. Linn. 35 1 1 . CalUopsis tinctoria Var. atropurpurea Hook. Calliop&is bicolov Reichenb. 35i2. Thunbergia alata Bojer. mss. — Hook. Exot. FI. p. 177. Siras Bot. Mag. t. 2591. (p) Corolla^ alla. 378 Extraits du Botanical magazine. 35i3. Dryandra lenui/ollaBr. in Linn. Trans. 10. p. 2i5. Ejusd. Prodr. i.p. 3 9 8. 35i4. Myanihus barbatus Lindl. Bot. Reg. t. 1778. P. Labello albo. 35 1 5. Sarracenia rubra Walt. Carol. p. i52. Hook. Ex. FI. v. 1. t. i3 (excl. Syn. S. psittacina) Lodd. Tab. t. 3o8. 35i6. Streptanthus hyacinthoides. Foliis oblongo-linearibus acuminatis, pe- talis linearibus limbo reflexo , filamentis duobus coadunatis abortivis , floribus pendulis. Le genre Streptanthus appartient à la famille des Crucifères et se compose de plusieurs espèces qui croissent dans les par- ties méridionales de l'Amérique du Nord. L'espèce ci-dessus décrite, qui ressemble par son port à un Myacinthus ou plutôt à un Uropetalum, a été découverte par Drummond à San-Fe- lipe de Austin. 3517. Strobilanthes Sabiniana Nées ab Esenb. in Wall. PI. As. rar. V. 3. p. 86. Ruellia Sabiniana Wall. Cat. n. 2338. Lindl. Bot. Reg. t.. 1238. Ruellia macrocarpa Wall. Cat. n. 2348. ex parte Ruellia argentea Wall. Cat. n. 233g- 35 18. Bletia patula. Foliis radicalibus lanceolatis plicato-nervosis l , scapo elato subramoso , floribus patentissimis, scpalis lanceolato ellipticis basi atte- nuatis suba?qualibus patulis , labello cucullato , lobis lateralibus rotundatis medio emargirïato transverse plicato , disco lamellis 6 subramosis inaîqua- libus. M. Fischer, de Pétersbourg, a communiqué cette plante sans nom spécifique. Elle est originaire d'Haïti. 35i 9 . Cotoneasier laxiflora Jacq. fil. in litt. — Lindl. Bot. Kcg. t. 229. 3520. Bégonia sanguinea Radd. in Spreng. Syst. veget. v. 2. p. 625; Luik et Otto , Icônes PI. rarior. hort. reg. bot. Berol. p. 25. t. i3. 3521. Fuchsia macroste mma Ruiz et Pav. FI. Peruv. v. 3. p. 88. t. 3 2 4. f. 6. 3522. Vaccinium virgatum Ait. Hort. Kew. éd. 1. v. 2. p. 12. Andr, Bot. Rep. t. 181 ? (ramis floriferis foliosis) Vacciniumcorymbosum Linn. Extraits du Botanical magazine. 379 3523. Sollya heterophylla Lindl. Bot. Reg. t. 1466. Don Brit. FJ. Gard. t. 23a. Lodd. Bot. Reg. Tab. t. 1975. Billardiera fusiformis. Labill Nov.-Holl. v. 1. p. 65. t 90. 3524. Rodriguezia secunda Humb. et Kunth. Nov. Gen. et Sp. PI. v. 1. t. 92. Lindl. Bot. Reg. 1. g5o. R. lanceolata Lodd. Bot. Tab. t. 6j6 (non Ruiz et Pav.). Pleurothallisl coccinea Hook. Exot. FI. t. 129. 3525. Silphium terebinthaceum Linn. Suppl. p. 383. Jacq. Hort. Vind. v. 1. p. 16. t. 43. 3026. Monarda aristata Nutt. in Herb. Hook. Coll. towards a FI. of the Arkansas, p. 187. Benth. Lab. p. 3 18. Monarda citriodora Cervant., ex Lag. ! Nov. Gen. et Sp. 2. Cette espèce a été primitivement trouvée par M. Nuttall dans le territoire de l'Arkansa. Elle a été aussi envoyée du Texas par Berlandier et Drummond. 3527. Euphorbia Bojeri. Fruticosa spinosa, foliis numerosis coriaceis pa- tentissimis obovato-oblongis retusis cum mucrone basi utrinque spina valida pa- tente, peduncullis axillaribus cymosis dicholomis, bracteis duabus semiorbiculatis coloratis basi unitis concavis involucrum includentibus , iuvolucri glandulis 5 semiorbiculatis. Originaire de Madagascar et introduite dans les Jardins de Maurice et d'Europe, par M. Bojer. (On la cultive depuis plu- sieurs années dans les Jardins de Paris sous le nom iYE. Mi- hi.) 3528. Amaryllis psiltacina. Hybrida. Cette hybride, d'une grande beauté, a été obtenue de X^4- maryllis Johnsonii (qui est elle-même une hybride fertilisée) par le pollen de V Amaryllis psittacina , etc. C'est X Amaryllis psittacina Johnsonii GovfdLïi in Hort. Soc. Trans. v. 5. p. 36i. 3529. Convallaria opposilifolia Wall, in 'Asiat. Res. v. i3. p. 38o. cum Icône. Lodd. Bot. Tab. t. 64o. Hook. Exot. FI. v. 2. t. 125. 3530. Ribes speciosum Pursh, FI. Am. v. 2. Suppl. p. 731. Lindl. Bot. Reg. t. i557. Sw. Br. FI. Gard. t. i4g. Ribes stamineum Sm. in Rees. Cycl. Hook. FI. Bor. Am. v. 1. p. 229. Ribes fuchsioides FI. Mex. ined. 38o Extraits du Botanical magazine. Berland. Mem. soc. phys. Genev. v. 3. t. 3. R. triacantha Menz. rass. cum Icon. nitidiss. 353 1. Allium Cowani Lindl. Bot. Reg. t. 768. Hort. soc. Trans. v. 6, p. 98. 353a. Bégonia Fischeri Otto. mss. Caulescens, foliis oblongis acutis inae- qualiter cordatis dentato-serratis utrinque glabris oitidis, stipulis ovatis integcr- rimis, floribus masculis 4-pctalis, petalis exterioribus rotundatis concavis mar- ginibus piano -1 evolulis , floribus fceraineis 6-petalis , petalis ovato-lanceolatis , alis germinis inaequaliter rotundatis. Cette plante a été envoyée du Jardin de Berlin en i835, et elle a fleuri en mars i836. 3533. Vesicaria gracilis. Ânnua multicaulis , caulibus filiformibus rigidis scabriusculis , foliis! lanceolatis integris vel subangulatis inferioribus subspa- thulatis petiolatis omnibus nudiusculis, racemis elongatis, petalis patentibus obcordatis subsessilibus , siliculis globosis membraceis glaberrimis tetraspermis stylum aequantibus. Découverte dans le Texas par Drummond. 3534. Epidendrum màcrochilum. Bulbis ovatis rugosis diphyllis , foliis lineari-oblongis coriaceis obtusiusculis , sepalis petalisque obovato-lanceolatis patentibus apicibus incurvis, labello libero trilobo, lobis laleralibus ovatis acutis columnam amplectentibus , intermedio maximo obcordato disco calloso ecristato, lateralibus reflcxis , columna apteTa. Nouvelle espèce originaire du Mexique. 3535. Banhsia occidentalis Brown Linn. soc, trans. v. 10. p. 24. Ejusdo Prod. p. 3ga. 3536. Broughtonia sanguinea Br. in Hort. Kew. éd. a. v. 5. p. 217. Lodd. Bot. Tab. t. 79b. Lindl. Gen. et Sp. Orchid, p. 118. Dendrobium sanguineum Sw. FI. Ind. Occ. v. 4. p. 1529. Epidendrum sanguine um Sw. Prodr. p. 124. Viscum radice bulbosa minus, etc. Sloane, Jam. v. 1 p. a5o. t. i2i, f. 2. 3537. Malva Munroana Douglas mss. — Lindl. Bot. Reg. t. i3o6. 3538. Ornithogalum conicum Jacq ColL v. 3. p. 2?2. ïc. rar. v. 2. t. 428. Extraits du Botanical magazine. 38 1 3539. lsopogon Baxieri Br. Prodr. FI. Nov.-Holl. Suppl. v. 1. p. g. Grah. Descr. of plants in Edio. phil. journ. for Jan. i836. 3540. Drosera fillformis Rafinesque , DC. Prodr. 1. 3 18. Drosera tenuU folia Wild. En 11 m. p. 34o. 354i. Verbena Tweediana. Pubescenti-hirsuta erecta suffruticosaraceraosa, foliis ovalo-lanceolatis acuminatis membranaceis grosse inaequaliter serratîs basi cuocatis integerrimis in petiolum gracilemattenuatis, spica corymbosa, calycibus cylindraceis 5-costatis tubo corollae 2/3 brevioribus , limbo 5-lobo, segmentis cuneatisemarginat is subœqualibus. Niven, in litt. Les graines de cette charmante espèce de Verbena ont été envoyées par M. Tweedie qui i'a trouvée à la Laguna de la Mo- lina dans la Banda orientale. Description de trois espèces nouvelles du genre Veronica, de la Nouvelle-Zélande, par M. Richard Cunningham. (Extr. du Botanical magazine, nouv. sér. ? janv. i836, n° 346 1.) î. Veronica speciosa : glaberrima, racemis terminalibus brevibus erectis|con- fertifloris , bracteis ovato-lanceolatis pedicello dimidio brevioribus, laciniis caly- cis ovatis aculiusculis tenuissimè ciliatis dimidium tubi corollae subaequantibus , foliis (oppositis) planis obovatis coriaceis dccurrentibus, apiculo calloso obtuso, marginibus integerrimis incrassatis colora tis, caule fruticoso erectiusculo v. obtuso. Napaka ab indigenis vocatur. Hab. in Novae Zelandiae insulâ septentrional!, in collibus arenosis juxtà aestua- rium Huvii Hokianga, ad oram occidentalcm , ubi in mense decembri floret. Frutex spectabilis 3-6 pedalis, caulibus pluribus robustis adscendentibus et in loco natali valdè insignis. Folia 3-4-pollicaria. Flores speciosi cyaneo-violacei, ferè facie Lysimachiœ atro-purpureœ. Stamina exserta pistillum aequantia. Capsula bipartibilis , elliptica, acuminata, glabra, calyce duplô longior. 2. V . ligustrifolia : racemis pedunculatis terminalibus pubigeris folium sub- œquantibus , bracteis oblongo-lanceolatis pedicello duplô brevioribus , laciniis calycis ovato-lanceolatis acutiusculis longitudine tubi corollae , foliis ovali-oblon- gis angusto-lanceolatisve obtusiusculis integerrimis glabris , caule fruticoso. 382 n. cunningham. — Nouvelles espèces de Veronica. Hab. in insulâ septentrionali Novae-Zelandiae : in collibus umbrosis ad ripas fluminis Kaua-Kaua(Bay of Islands).' Frutex gracilis bipedalis. Folia opposita, ovalia vel attenuato-lanceolata, sessi- lia. Flores albidi spicato-racemosi. Calyx persistens , laciniis aequalibus. Corollae lacinise acutiusculse. Obs. V. angustifolia Acb. Richard (fl. Nov. Zeland. p. 187) cui affinis dif- fert : spicis gracilibus pedunculatis axillaribus folio duplô et ultra longioribus, laciniis calycinis obtusis tubo corollae dnplo brevioribus , foliis lineari-angustis acutis subtùs glaucescentibus. 3. V. diosmifolia : coryrnbis axillaribus terminalibusve multifloris , bracteis ovatis pedicello duplo brevioribus , laciniis calycis ovalibus obtusis dimidium tubi corollae aequantibus , foliis decussatis petiolatis lanceolatis acutis integer- rimis serrulatis\e , serraturis simpliciter incisis remotis , suprà concavis laevibus subtùs discoloribus , caule fruticoso erecto. Ab incolis Firiti dicitur. Hab. in Novse-Hollandise sylvis densis propè ortum fluminis Wiccady ; etiam circà cataractas pra3ruptas rivi Keri-Keri ( Bay of lsiands ) , alibique in insulâ septentrionali. Frutex gracilis virgatus 3- 1 2-pedalis , cum habitu omuinô Trachy menés. Rami stricti , erecti, foliosi. Folia 9-lineis longa, avenia, subtùs carinata. Flores albi. Capsula elliptica , acuta , compressa, biparti bilis , calyce ciliato triplé longior. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. ORGANOGKAPHIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. Essai sur la disposition symétrique des inflorescences , par MM. L. et A. Bravais (suite et fin) 1 1 Sur la métamorphose des an ibères en carpelles , par M. Hugo Moiil. f . 5o L'influence de la nature du sol sur la distribution des végétaux, démon-,. trée par la végétation du Tyrol occidenlal , par le docteur F. Unger. y 5 Sur la formation des cristaux dans les cellules des plantes, par le D. F. Unger. g4 Résumé des travaux de MM. Schimper et Braun sur la disposition spirale * des organes appendiculaires , par Ch. Martins et A. Bravais. ... 161 Observations sur le mode d'accroissement des feuilles, par Ad. Steinheil. %5y Sur la multiplication des cellules des plantes par division. Dissertation soutenue sous la présidence de M. H. Mohl, par W. Winter de Brac- K.ENHEIM. 3o4 Sur la connexion des cellules des plantes , par M. H. Mohl. ... . . Recherches sur l'Hymenium des Champignons , par M. Léveillé. . . . Rapport sur le mémoire précédent , par M. Ad. Brongniart . MONOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS DE PLANTES. Notice sur quelques plantes cryptogames nouvellement découvertes en France , par J. B. H. Desmazières 5 Observationes botanica? , aucl. J. F. Tausch . 43 Description du F hilippodendron , nouveau genre de plantes , par M. A. Poiteau i83 Novae species Algarum, quas'.in itinere ad oras maris rubri collegit E. Rup- pell, cum observationibus nonnullis in species rariores aDteà cognitas, auct. J. G. Agardh 1 90 Monographie du genre Conomitrium, de la famille des Mousses , par le docteur C. Montagne. 23g Symblepharis, nouveau genre de Mousse du Mexique, par G. Montagne. 252 Révision du genre Anoda, par Schlectendal 254 Centurie de plantas cellulaires exotiques nouvelles., par M. C. Montagne. 345 Extraits du Botanical Magazine pour 1 836 • . . . . 371 384 TABLE DES ARTICLES. Description de trois espèces nouvelles de Veronica , par M. Richard CUNNINGHAM. .!. ;...«: . 38 1 EXTRAITS DOÛVRAGES GENERAUX ET MELANGES. Antonii Laurentii de Jussieu introductio in Historiam plantarum . . 97, 193 Ordinesnaturales in borto Parisiensi primùm dispositi,auct. A. L. de Jussieu. 23i Herbiers d'Orient , par M. Aucher-Eloy. . ,....; 3 18 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MÉMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME, Planche 1 , 2. Cryptogames nouvelles de^France. 3. Philippodendron regium. 4. Conomitrium Julianum. 5. Mode de multiplication des cellules. 6, 7 . Mode d'union des cellules. 8, 9, 10, 11. Structure de l'hymeniumdes Champignons. FIN DU HUITIÈME VOLUMES Jnn.c^ScTenc.mU 2*» S^rà Bfft .7b ni . 8. /Y i Boûytù- effets a . 2 B-otrytù olèûcweb-hUea 3 Sporocube 77 es/ha \i '*J0&\\y\ '»--•'- ' -', l/i/i tû'jr Jc/tv/r /lit/ .i'""' JVi Bot.ïhmS.rt—' o> » \\ I II A# ( xj 5 I i . /^' su; v/ « 'lavariar'um o. Sclerotium concavum 6 /'/'■, r,a (zayrundef • / Filà'arium lalerltàan Ann.des Se nat .2? S Bot .Tom.8.n 3. IMI N.J.-PPOIMi'.^ilJilUTJH RKCH N Jnn . der Se. ?iaà. 2 "H? Série 3ot. Ton, . 8 J J l 4 i '. \ltwf-ai/nf (/<'/■ Conomtiri//ni Jufmnum Ann des Scierie nat ' . 2° Jet Bot.Tomt.Tl. C Mode dé y Multiplication des Celùdeur, .Lui . - &>%w \ ■■ :J ■. ''•■' -"-C:::~ï--*,-- Jim des Scicne /iat 2 e Jerte 3ot.ro,». Ô.Tl.ç. 3 3 3 m 92 vj j 3 V c 0°0 oo 00 oo U O^O °n° o o o ) hA/1 rv J '.Jhcatsn*' del Siraeêure de* CJIymeaium de